Parc national du Canada Jasper

Pleins feux sur l'intégrité écologique

Pleins feux sur la conservation :
Dix meilleures réalisations du parc national Jasper

Les parcs nationaux protègent des milieux naturels qui figurent parmi les plus spectaculaires et les plus variés au Canada. Leurs paysages saisissants et leur décor naturel inspirant offrent un cadre idéal pour communier avec la nature, mieux la connaître, l’apprécier, la respecter et s’engager à la protéger.

Pour que les parcs nationaux soient légués intacts aux générations à venir, Parcs Canada s’emploie à en préserver et à en rétablir la santé écologique. Voici certaines de nos réalisations à cet égard :

Surveillance de l’intégrité écologique

Parcs Canada a instauré un programme de surveillance de l’intégrité écologique dans tous les parcs nationaux des montagnes, y compris le parc national Jasper. Il s’agit de la première fois que Parcs Canada tente de créer un système de surveillance uniforme à l’échelle du réseau pour rendre compte rationnellement et systématiquement de l’état écologique des parcs, dans le but d’appuyer la prise de décisions. Chaque parc surveille à la fois des éléments communs à tous les parcs du pays et des éléments propres à ses écosystèmes respectifs. Citons à titre d’exemples l’abondance des amphibiens et des oiseaux, la qualité de l’eau, la structure de la forêt, le bilan massique des glaciers et l’activité humaine à l’échelle régionale.

Baguage d'oiseaux avec des enfants dans le parc national Jasper 
Baguage d'oiseaux avec des enfants dans le parc national Jasper 
© Parcs Canada

Dans le parc national Jasper et les autres parcs nationaux des montagnes, ce programme est dirigé par des écologistes dévoués qui sont chargés d’élaborer une stratégie de mise en œuvre sur cinq ans. Les mérites du programme sont fondés sur la viabilité des projets, une gamme complète de facteurs écologiques et la validité scientifique.
Le programme permet de surveiller les conditions actuelles, de manière à mesurer les changements survenus chez les principaux indicateurs écologiques, et il fournit des conseils aux diverses équipes de gestion sur les mesures à prendre en réponse à ces changements. Considération encore plus importante, la surveillance écologique donne à la population canadienne la possibilité d’approfondir ses liens avec la nature par des initiatives telles que Citoyens de la science.
En effet, par des possibilités de bénévolat, particuliers et groupes peuvent travailler directement avec le personnel de Parcs Canada à recueillir des données qui contribueront à façonner les décisions de gestion en matière d’écologie. Les résultats de la surveillance écologique jouent aussi un rôle très utile en servant à renseigner le public sur les écosystèmes de montagne et les effets – positifs ou négatifs – de nos choix et de nos activités sur la santé de nos parcs nationaux.

Conservation du caribou

Comme une pièce de 25 ¢ canadienne lancée dans les airs, le sort du caribou des bois demeure en suspens. Pile, les efforts de conservation du caribou sont couronnés de succès; face, l’espèce disparaît à jamais. Parcs Canada travaille d’arrache-pied à améliorer les chances de survie des caribous des bois appartenant à la population des montagnes du Sud, une espèce qui figure depuis longtemps parmi les grands symboles du parc national Jasper.
Dans le parc national Jasper, l’altération de la dynamique prédateurs-proies et les activités humaines qui facilitent l’accès des prédateurs au territoire du caribou sont les principales menaces qui pèsent sur cette population. Les recherches en cours et les travaux de surveillance du caribou, du loup et du wapiti aident les chercheurs à mieux comprendre les relations complexes en jeu dans les écosystèmes de montagne. À la lumière des résultats de ces recherches et des menaces cernées, Parcs Canada a pris des mesures de rétablissement afin de réduire les risques pour le caribou.
Pour régler le problème de l’accès des prédateurs, le parc national Jasper a imposé une fermeture saisonnière de la route Cavell en 2009. Le caribou est bien adapté à un manteau neigeux épais, ce qui lui procure normalement un avantage par rapport à ses prédateurs (p. ex. : le loup), qui ont de la difficulté à chasser dans la neige épaisse. La création de pistes de neige compactée pour les skieurs réduit cet avantage et permet aux loups d’accéder à des secteurs par ailleurs inaccessibles. La route Cavell, très fréquentée par les amateurs de loisirs d’hiver, procurait aux loups un moyen d’accès direct à l’habitat hivernal du caribou. En collaboration avec les exploitants commerciaux et les amateurs de plein air du secteur Cavell, Parcs Canada a fermé la route au public pour éviter que la neige n’y soit tassée pendant les périodes où les impacts seraient les plus importants. La route a été rouverte à temps pour la fin des loisirs d’hiver – à peu près au moment où la neige se tasse naturellement et où les loups peuvent se déplacer plus facilement dans la zone subalpine, même sans l’aide de pistes tracées.
Malgré la mise en place de ces mesures et d’autres initiatives pour faciliter le rétablissement du caribou, l’avenir de l’espèce demeure incertain dans le parc national Jasper. Il faudra poursuivre les recherches amorcées et mettre en œuvre un programme de rétablissement pour faire pencher la pièce de monnaie en faveur du caribou.

Caribou des bois dans le parc national Jasper 
Caribou des bois 
© Parcs Canada





Sentiers du confluent des trois vallées : Une cohabitation réussie

Le confluent des trois vallées est un secteur où convergent les vallées de l’Athabasca, de la Miette et de la Maligne pour créer un habitat montagnard et des corridors fauniques importants.

Vélo de montagne sur le vaste réseau de sentiers du parc national Jasper 
Vélo de montagne sur le vaste réseau de sentiers du parc national Jasper
© Parcs Canada

En 2004, Parcs Canada a élaboré et mis en œuvre un plan pour améliorer le réseau de sentiers de ce secteur, dans le triple but d’enrichir l’expérience offerte dans le parc, d’améliorer la conservation et de créer des possibilités d’intendance pour influencer ses propres décisions. Le confluent des trois vallées abrite aussi le lotissement urbain de Jasper, qui compte une population de 4 700 habitants, et un réseau de sentiers de 280 km pour la randonnée, le cyclisme et l’équitation. Jusqu’à présent, environ 240 personnes ont fait don de 2 050 heures pour participer à des travaux d’aménagement de sentiers et de remise en état écologique. Les initiatives de conservation consistent notamment à éloigner certains sentiers des corridors fauniques et des zones humides tout en accroissant la qualité de l’expérience offerte aux utilisateurs. Les résultats sont encourageants, et ils permettent aux visiteurs, aux résidents et aux espèces fauniques qui préfèrent se tenir à l’écart des humains, par exemple le grizzli, le loup et le couguar, de cohabiter sans conflit ni abandon forcé du territoire.

Centre des Palissades pour l’enseignement de la gérance

Néo-Canadiens en canot sur le lac Edith 
Néo-Canadiens en canot sur le lac Edith 
© Parcs Canada

Le Centre des Palissades pour l’enseignement de la gérance se fait connaître! Cette excellente école d’intendance pour les jeunes fait prospérer une culture d’apprentissage et de collaboration avec l’aide de divers partenaires, dont la division des écoles publiques Grande Yellowhead, la station de ski Marmot Basin, Outward Bound Canada et le programme Faites connaissance de Robert Bateman. Le Centre des Palissades offre des expériences exceptionnelles aux élèves canadiens et cible en particulier les jeunes de la 9e à la 12e année. Il leur propose des projets axés sur l’écologie et la culture ainsi que des activités récréatives en plein air qui les exposent à divers moyens de découvrir les paysages et l’écosystème des montagnes. Le programme vise à insuffler aux jeunes la passion et le respect des parcs nationaux et des lieux historiques nationaux du pays.

Collaboration entre le parc national Jasper et le Foothills Research Institute

Le parc national Jasper travaille depuis longtemps avec divers partenaires, dont le Foothills Research Institute (FRI), établissement de recherche à financement public-privé qui cherche des pratiques de gestion exemplaires pour assurer la durabilité de l’exploitation des forêts et de l’extraction des ressources sur les versants est et dans les contreforts des Rocheuses.

Grizzli 
Grizzli
© Steve Michel

À titre de partenaire, le parc national Jasper participe à des projets parrainés par le FRI de concert avec le gouvernement provincial de l’Alberta, le secteur forestier et les sociétés pétrolières et gazières. Parmi les projets de collaboration les plus réussis, citons une étude dirigée par Gordon Stenhouse (Ph.D.) sur l’écologie et la répartition du grizzli dans la région des contreforts. Dans le cadre de ce partenariat, Parcs Canada et le FRI ont élaboré un modèle détaillé de l’habitat du grizzli dans le parc, ont déterminé l’effectif et le profil démographique de la population de grizzlis dans la moitié nord du parc et ont découvert les liens existant entre les ours du parc et les populations vivant plus à l’est. Les données recueillies serviront à la mise sur pied d’un programme de surveillance complet qui permettra à Parcs Canada de mesurer les changements survenus dans le profil de répartition des ours du parc et d’établir des liens avec les activités en cours dans la région.

Prévenir… Un gage d’avenir

Réduire la menace d'incendie ensemble 
Réduire la menace d'incendie ensemble 
© Parcs Canada

Des centaines de collectivités forestières du pays sont menacées par les feux de forêt. Dans le parc national Jasper, Parcs Canada a de la difficulté à rétablir le processus naturel du feu et à préserver l’habitat faunique en raison de la présence du lotissement urbain et des installations avoisinantes. Pour sauvegarder la collectivité, dissiper les préoccupations des intervenants et stimuler les processus naturels, Parcs Canada a élaboré le programme Prévenir… Un gage d’avenir, en partenariat avec la municipalité de Jasper et plusieurs titulaires de domaines à bail commerciaux, dont le Fairmont Jasper Park Lodge.
En combinant les techniques de rétablissement de l’écologie des forêts à la réduction du combustible, Parcs Canada a créé un environnement qui optimise les conditions propices à la faune tout en respectant les valeurs publiques importantes. Ces techniques ont été appliquées à un territoire de plus de 1 000 ha (10 km2) du milieu « périurbain » de Jasper, et elles retiennent l’attention de collectivités et de gestionnaires du feu qui doivent faire face aux mêmes problèmes ailleurs dans le monde. Dans le parc national Jasper, les secteurs aménagés sont désormais mieux protégés contre l’incendie, et nous sommes prêts à rétablir le feu dans le paysage élargi de la vallée de l’Athabasca et les bassins hydrographiques environnants.

Bartramie de Haller

Bartramie de Haller 
Bartramie de Haller 
© Parcs Canada

La bartramie de Haller est une petite mousse verte qui forme des tapis denses au ras du sol, dans les secteurs humides et ombragés. Elle est inscrite à titre d’espèce menacée à l’annexe 1 de la Loi sur les espèces en péril (LEP). Cette même loi fait de Parcs Canada l’organisme responsable des efforts de rétablissement de l’espèce. Il existe dix populations connues de bartramie de Haller en Amérique du Nord, dont deux dans le parc national Jasper. Les biologistes de conservation ont découvert que les espèces comptant de petites populations sont particulièrement vulnérables à la disparition.

Les mesures de rétablissement visent principalement à maintenir ou à accroître à long terme l’effectif des populations à tous les endroits où l’espèce est présente. Pour atteindre cet objectif, il faut protéger les populations des menaces connues et surveiller étroitement les conditions de chaque lieu de croissance. En coopération avec les gouvernements de la Colombie Britannique et de l’Alberta, Parcs Canada a approuvé un programme de rétablissement pour la bartramie de Haller en septembre 2010.

À mesure que s’approfondissent les connaissances sur la biologie et la répartition de la bartramie de Haller, les interprètes de Parcs Canada, les chercheurs et les membres de l’équipe de rétablissement peuvent mieux faire connaître au public l’importance et les besoins de cette mousse spéciale.

Rétablir la connectivité des écosystèmes aquatiques

Les ponceaux suspendus et ceux qui créent une forte dénivellation peuvent fragmenter les écosystèmes aquatiques en entravant le passage des poissons et d’autres espèces aquatiques. Entre la collectivité de Jasper et le poste d’entrée Est du parc, la voie ferrée, la route et le pipeline ont altéré le débit d’eau à 52 endroits le long de la rivière Athabasca, faisant de la connectivité des milieux aquatiques un défi de taille. Parcs Canada a amorcé un inventaire des ponceaux en 2005 pour cerner les travaux correctifs à exécuter en priorité. Depuis, plusieurs ponceaux ont été réparés sur les rivières Cottonwood, Cabin et Pyramid.

Avant et après la remise en état du ruisseau 
Avant et après la remise en état du ruisseau Pretty 
© Parcs Canada

Le secteur privé contribue lui aussi à faciliter la circulation des poissons dans le parc. En 2009, la société Kinder Morgan a remplacé 12 ponceaux par des ponts ou des ponceaux à fond ouvert sur des affluents de la rivière Athabasca. Ces travaux et plusieurs autres, qui font partie de la phase de remise en état du projet de doublement du pipeline Trans Mountain, ont donné lieu à des gains écologiques nets dans les milieux aquatiques.

Aujourd’hui, les travaux se poursuivent. En 2010, les ingénieurs du ministère des Pêches et des Océans ont inspecté plusieurs ponceaux et conçu des plans pour l’aménagement d’ouvrages (p. ex. : déversoirs en roche) destinés à réduire la fragmentation. Parcs Canada a réparé un ponceau au lac Talbot à l’automne 2010 en s’inspirant de l’un de ces plans, et il prévoit entreprendre d’autres travaux dans l’avenir. En voyant à la santé des écosystèmes aquatiques, il contribue à la santé globale du parc national Jasper.

Lignes directrices individuelles des stations de ski – Un juste équilibre entre l’agrément et la protection à la station Marmot Basin

Mobilisation d'élèves au Centre d'apprentissage Marmot 
Mobilisation d'élèves au Centre d'apprentissage Marmot
© Parcs Canada

En février 2008, Parcs Canada a approuvé les Lignes directrices pour l’aménagement et l’utilisation du territoire de la station de ski Marmot Basin. Pour favoriser la conservation, ces lignes directrices fixent des limites permanentes pour la croissance et l’aménagement de la station de ski. Elles prévoient également le retranchement d’une parcelle de 119 ha (18 %) du domaine à bail pour protéger l’habitat d’espèces telles que le caribou des bois et le grizzli. À l’heure actuelle, Parcs Canada travaille de concert avec la station de ski Marmot Basin afin d’amorcer des études sur la chèvre de montagne et le caribou, dans le but de recueillir des données à intégrer au futur plan à long terme de la station de ski.

Réhabilitation du territoire par l’enlèvement des plantes non indigènes

Certaines tâches semblent n’avoir jamais de fin, comme l’arrachage des pissenlits sur la pelouse. Imaginez un parterre de 11 000 km2. C’est le défi que doit relever le parc national Jasper, qui s’est doté d’un programme visant à redonner la santé à des parcelles perturbées et endommagées en y faisant prospérer des communautés de plantes indigènes. Les plantes non indigènes envahissantes (mauvaises herbes) s’arrogent le territoire des plantes indigènes, appauvrissent la biodiversité et dégradent l’habitat faunique. Les mesures destinées à limiter leur propagation représentent donc une étape importante de ce processus de réhabilitation.

Un travail bien fait par une des nombreuses équipes de lutte contre les mauvaises herbes 
Un travail bien fait par une des nombreuses équipes de lutte contre les mauvaises herbes
© Parcs Canada

En 2010, une équipe de lutte contre les mauvaises herbes a passé 444 jours-personnes à arracher un volume impressionnant – 7 600 kg – de plantes non indigènes envahissantes dans la ville de Jasper, au bord des routes et dans les secteurs sauvages du parc. L’équipe a eu recours à diverses méthodes, dont le fauchage, la tonte à fil, l’arrachage à la main et la pulvérisation d’herbicides, pour s’attaquer à plus de 15 espèces envahissantes prioritaires. Parmi ces plantes, les plus dommageables sont la linaire, la centaurée, la clématite tangutica, le chardon des champs, la grande marguerite et la renoncule âcre. Avec l’aide de l’industrie, d’entreprises et de bénévoles, un grand nombre de parcelles perturbées, par exemple des carrières de gravier, d’anciennes décharges et des routes abandonnées, ont été ramenées à leur état d’origine dans les dernières années et servent maintenant d’habitat à la faune.