Parc national du Canada Elk Island

4.0 GESTION DE L'INTÉGRITÉ ÉCOLOGIQUE

Bison des plaines En 1907, bison des plaines été envoyés au parc par chemin de fer en passant par Lamont, vers leur destination finale, le parc national Buffalo, près de Wainwright. Quarante-huit bêtes échappèrent à la capture : leurs descendants vivent encore dans le parc de nos jours.
© Parcs Canada, 1995

4.1 Aperçu

La préservation ou le rétablissement de l'intégrité écologique par la protection des ressources naturelles et des processus écologiques sont la première priorité du ministre pour tous les aspects de la gestion des parcs.

– Loi sur les parcs nationaux du Canada, 2000

Parcs Canada définit l'intégrité écologique comme « l'état d'un parc jugé caractéristique de la région naturelle dont il fait partie et qui sera vraisemblablement maintenu, notamment les éléments abiotiques, la composition et l'abondance des espèces indigènes et des communautés biologiques ainsi que le rythme des changements et le maintien des processus écologiques. »
(Loi sur les parcs nationaux du Canada, 2000).

En d'autres mots, il y a intégrité écologique lorsque les éléments naturels du parc national (plantes, animaux et autres organismes) et les processus (croissance et reproduction) ne sont pas endommagés, et que les gens utilisent le parc et ses environs d'une manière à respecter les besoins de ses plantes et animaux et à permettrent à ses processus naturels de se produirent.

L'intégrité écologique n'est pas un résultat statique. Il s'agit plutôt d'un enchaînement de caractéristiques qu'un paysage ou une région devrait posséder. L'intégrité écologique se mesure ainsi :

  • la santé de l'écosystème, y compris sa capacité d'évoluer, de se développer et de s'adapter aux changements;
  • la diversité biologique, y compris les processus écologiques et évolutifs qui permettent aux espèces de continuer à fonctionner;
  • l'aptitude des communautés végétales et animales à résister ou à s'adapter aux agents d'agression et aux changements;
  • l'aptitude des végétaux et des animaux à se reproduire pour former des populations saines;
  • l'intégration des êtres humains dans l'environnement d'une manière qui permette de maintenir à la fois la qualité de la vie humaine et la biodiversité.

4.2 Contexte environnemental

Un legs de l'époque glaciaire

La progression et le retrait des grands glaciers au cours de la dernière époque glaciaire ont façonné le paysage nordaméricain, et la région d'Elk Island n'y a pas échappé. Un escarpement surplombant de 60 mètres les plaines du nordouest souligne la limite de la formation d'Edmonton, une couche de substratum rocheux qui s'étend vers l'ouest directement sous le parc national Elk Island. Lorsque le glacier continental est passé sur cet escarpement, les couches de glace se sont repliées et ont formé des renflements, forçant du coup la couche isolante de débris glaciaires à la surface.

À la fonte des immenses couches de glace il y a 12 000 ans, la glace recouverte de débris qui s'étendait sur Elk Island se mit aussi à fondre lentement, ce qui a créé l'une des moraines de glace morte les plus vastes de toutes les Prairies; la moraine du lac Cooking. À mesure que se désagrégeait toute cette glace sont apparus divers types de paysages. Connu couramment sous le nom de topographie en cuvettes et en bosses, le parc renferme toutes sortes de tertres, de monticules de prairies, de crêtes linéaires, de kames, de chenaux d'écoulement de la période post-glaciaire, d'étangs de kettle, de tourbières basses, de marais et de dunes.

Les glaciers ont laissé d'autres traces sur leur passage, notamment une couche de till de 75 mètres (un mélange de boue, de sable, de roches et de gravier) au-dessus du substratum de roche sédimentaire. Nulle part dans le parc on ne trouve de substratum exposé, ce qui constitue une caractéristique qui distingue Elk Island des autres parcs nationaux en Alberta et en Colombie-Britannique.

Ressources aquatiques

Les lacs, les étangs et les zones humides sont aussi des vestiges de la période glaciaire, dont l'importance s'est accrue par la présence d'une forte population de castors en évolution. S'élevant de 30 à 60 mètres au-dessus des plaines environnantes, le parc se situe littéralement au sommet d'un bassin hydrographique régional. Malgré cet emplacement, le drainage y est mauvais. Les 250 lacs et étangs du parc, qui couvrent 20 pour cent de sa superficie, sont peu profonds, très féconds et importants pour la sauvagine de la région. Les marais, les tourbières basses et les marécages offrent un habitat humide diversifié.

Climat

De par sa petite taille et son relief topographique limité, le parc jouit d'un climat relativement uniforme, semblable à celui de la région. Comme la forêt est dense et que le parc se situe à une altitude légèrement élevée, la période sans gel y est plus courte, le sol y gèle plus tôt dans l'année, et la couche de neige y reste plus longtemps que dans les plaines des alentours.

Flore

Le parc recèle de toute une gamme de parcelles d'habitat pour la faune et la flore. Le relief en bosses et en creux crée une variété de microclimats qui appuient une riche mosaïque composée de tremblaies, de zones humides, d'une forêt boréale mixte des basses-terres, de cariçaies, d'arbustes et de prés.

Elk Island renferme plus du quart de toutes les espèces de plantes vasculaires que l'on trouve en Alberta, et même plusieurs espèces rares. C'est aussi l'un des quelques endroits dans la province où pousse la tenticule mineure, qui est la plus petite plante à fleurs en Amérique du Nord.

Faune

De par son relief et son habitat diversifiés, le parc est fréquenté par des animaux sauvages de toutes sortes, y compris 44 espèces de mammifères, plus de 250 espèces d'oiseaux, cinq espèces d'amphibiens, une espèce de reptile et deux espèces de poissons. Les populations d'oiseaux chanteurs et de sauvagine y sont assez considérables. Les wapitis, les cerfs, les orignaux et les bisons forment l'une des populations d'ongulés les plus denses sur le continent.

Des espèces fauniques rares, menacés ou en voie de disparition trouvent refuge dans le parc. Une population de bisons des plaines génétiquement purs et exempts de toute maladie cohabitent avec les wapitis indigènes pour lesquels le parc avait été créé à l'origine. Le rétablissement du bison des bois dépend du troupeau de cette espèce menacée que possède le parc. Les orignaux ont fait leur apparition dans le parc entre 1910 et 1914. Le castor, relâché dans le parc dans les années 40, s'est multiplié; on en dénombre aujourd'hui plus de 2 000. Dans les années 80, Parcs Canada a introduit le cygne trompette, suivi du pékan. Les espèces introduites étaient toutes autrefois indigènes dans la colline Beaver.

4.2.1 Ressources naturelles rares et uniques

L'expression « ressources naturelles rares et uniques » renvoie aux caractéristiques et aux animaux qui sont importants ou vulnérables ou encore qui exigent une reconnaissance particulière. Toutes ces ressources sont situées dans la zone II (Figure 5 – Zonage du parc), où l'activité est maintenue au minimum et l'incidence des mesures sur les ressources est prise en compte dans toute décision de planification.

Les évaluations environnementales feront une place particulièrement importante à ces secteurs vulnérables afin de déterminer les niveaux acceptables de changement au fil du temps.

Caractéristiques

Terres humides salines

De tous les types de zones humides que l'on trouve dans le parc, les terres humides salines sont les plus rares. Dominées par le troscart des marais, elles longent la limite est du parc et la rive sud du lac Walter.

Trous de savon

Des trous de savon se forment lorsque des sels solubles s'accumulent à la surface de l'eau, sous l'effet de l'évaporation. On y trouve une communauté unique de zigadènes élégants, qui poussent sur une terre mal drainée. On peut apercevoir les trous de savon du côté est du sentier Hayburger.

Zone humide de conifères et de feuillus

La zone humide de conifères est constituée de marais où pousse un ensemàle d'épinettes blanches, d'épinettes noires et de mélèzes. Il ne s'en trouve nulle part ailleurs dans l'Ouest du Canada. On la trouve dans la partie nord du parc.

Îles arbustives du lac Astotin

De gros peuplements mûrs d'épinettes blanches indigènes couvrent plusieurs des grandes îles du lac Astotin. Ces peuplements sont uniques parce qu'ils ont réussi à survivre aux feux et au broutage intensif des ongulés. Ils constituent un habitat important pour certaines espèces d'animaux.

Forêts mixtes de peuplement mûr

Le secteur le plus représentatif de la forêt mixte de peuplement mûr ne se trouve que dans le nord du parc; très localisée, elle ne couvre qu'une très petite superficie du parc. La disparition de cette forêt entraînerait la perte d'un habitat essentiel pour certains oiseaux.

Pin de Banks

Un petit peuplement isolé de pins de Banks pousse à l'ouest de la promenade, au sud de la sortie qui mène au centre administratif du parc. D'après les derniers dénombrements effectués, il n'y aurait qu'un seul arbre vivant parmi ce peuplement de pins de Banks.

Terrains sablonneux

Il y a, dans le parc, trois endroits où le sol sablonneux est exposé naturellement à la surface, tel des dunes : le sudest du lac Moss, le coin sud-ouest du sentier du Bison-des-Bois (les « collines Blueberry »), et la rive ouest du lac Walter. Les collines Blueberry sont particulièrement intéressantes parce que la texture du sol confère à l'écorce des trembles une teinte blanchâtre.

Associations végétales de bouleaux blancs

Les communautés de bouleaux blancs sont rares dans la région. On les trouve surtout au sein de peuplements denses, sur la rive ouest des lacs Tawayik.

Terres salines naturelles et sources souterraines

Le parc recèle de nombreuses sources, et on les considère importantes pour deux raisons : elles constituent une source de minéraux pour les populations d'ongulés du parc, et la chimie de l'eau contribue à créer une communauté végétale unique en son genre.

Faune

Bison des bois

Le bison des bois est la seule espèce faunique du parc considérée comme une espèce menacée par le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada. Le bison des bois n'est pas un animal indigène d'Elk Island; le troupeau a été transplanté dans le parc en 1965 dans le cadre des efforts déployés pour rétablir le bison des bois.

Blaireau d'Amérique

Le blaireau, espèce que l'on considère rare dans la région, semble se multiplier autour du parc. Plusieurs blaireaux ont été aperçus récemment dans le parc. Le rétablissement de la population de blaireaux d'Amérique permettrait d'améliorer les rapports prédateur –proie qu'entretient cet animal avec l'écureuil terrestre.

Lièvre de Townsend

La présence de coyotes et l'absence de pâturages ouverts rendent le parc inhospitalier pour le lièvre de Townsend, que l'on trouve toutefois ailleurs dans la région.

Musaraigne d'eau

La musaraigne d'eau est une espèce rare du parc et elle est difficile à repérer dans la région. Comme son nom l'indique, la musaraigne d'eau fréquente la rive des cours d'eau et des zones humides.

Pékan

Les pékans ont été réintroduits dans les collines Beaver et dans le parc au milieu des années 80. Bien que l'on signale la présence de plusieurs pékans tous les ans, on ne connaît pas leur situation.

Martre commune

La martre commune est un animal migrateur rare dont la population n'est pas établie de façon définitive dans le parc et la région. On a surtout trouvé des pistes au pied de pessières mûres, sur les îles du lac Astotin.

Renard roux

Le renard roux a toujours été peu commun dans la région avoisinante du parc. De nos jours, il n'est pas rare d'en apercevoir à l'extérieur du parc. Le renard n'est pas un résident du parc en raison de la forte population de coyotes.

Ours noir

Les ours noirs sont rares dans la région. Le parc n'offre pas un habitat convenable en raison de sa petite taille, de l'absence de corridors pour le relier à un habitat étendu et de la source limitée de petits fruits. Les ours noirs sont habituellement retirés des terres privées avoisinantes.

Vespertilion nordique

Le vespertilion nordique est la chauve-souris la plus rare dans le parc. La région d'Elk Island se trouve à la limite nord de l'aire de distribution de la chauve-souris. Les chauves-souris observées se trouvaient près de bâtiments et dans des clairières dégagées par l'homme. En règle générale, on en sait bien peu sur son cycle biologique.

Oiseaux

Des 253 espèces d'oiseaux consignées dans le parc, 137 espèces y nichent. Voici les oiseaux nicheurs du parc les plus rares.

Paruline à flancs marron

La paruline à flancs marron est l'une des espèces de paruline les plus rares à nicher dans le parc. Des couples reproducteurs ont été aperçus dans des peuplements mûrs de trembles dont le sous-étage est constitué de coudriers à long bec, habituellement sur les versants sud.

Cygne trompette

Un programme de réintroduction du cygne trompette est en place depuis 1987. Il a pour objet de rétablir la population dans le secteur des collines Beaver et d'élargir son aire de distribution. Le cygne trompette avait été inscrit sur la liste des espèces menacées en 1987, mais le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada estime aujourd'hui qu'il n'est « pas en péril ». Si plusieurs couples reproducteurs sont retournés au parc et dans la région, les objectifs du programme de rétablissement n'ont cependant pas encore été atteints.

Goglu des prés

Le goglu des prés est un oiseau rare. La baissière est le seul endroit où l'on a observé cet oiseau dans le parc. Selon les dossiers, le goglu niche dans le parc.

Grimpereau brun

Le grimpereau brun est l'un des résidents permanents du parc les plus rares.

Troglodyte à bec court et coulicou à bec noir

Le troglodyte à bec court et le coulicou à bec noir sont de rares résidents estivaux du parc.

4.3 Menaces à l'intégrité écologique

En dépit de son niveau élevé d'intégrité écologique, le parc national Elk Island n'est pas entièrement à l'abri des contraintes s'exerçant sur l'environnement. Les indicateurs de l'intégrité écologique dont il sera question plus loin se fondent sur les principaux agents d'agression résumés ci-dessous. Élaborée à partir du Plan de conservation de l'écosystème (1999), la liste a été revue par un groupe interdisciplinaire composé de gestionnaires des ressources, de biologistes de la faune, de résidents locaux, d'utilisateurs du parc et d'employés du parc.

L'utilisation du territoire autour du parc provoque un accroissement de la fragmentation et une diminution de la connectivité de l'habitat. Le parc est devenu une petite parcelle de forêt boréale mixte à trembles des basses-terres nichée au sein d'une collectivité agro-industrielle.

La proximité du parc de l'expansion urbaine (Fort Saskatchewan et Edmonton) accroît les risques de contamination atmosphérique, qui pourraient avoir une incidence sur la qualité de l'air.

Les routes et les installations du parc influent sur la connectivité des parcelles de l'habitat aquatique, perturbant du coup le développement de certaines zones humides. Les pratiques de gestion de l'eau adoptées à l'extérieur du parc ont des répercussions sur l'hydrologie, la qualité et l'écologie de l'eau et de l'habitat aquatique. Un barrage qui gênait auparavant l'écoulement du principal réseau hydrographique à l'extérieur du parc a eu pour effet de faire disparaître plusieurs espèces indigènes de poisson qui migraient autrefois de la rivière Saskatchewan Nord jusque dans le lac Astotin. La zone rurale a pris beaucoup d'expansion le long du réseau hydrographique.

La consommation à l'année de la végétation par un grand nombre d'ongulés modifie la structure, la fonction et le type de plantes que l'on trouve dans le parc. Depuis plus d'une vingtaine d'années, il n'y a pas eu un grand nombre de décès chez les ongulés. Pour procéder au retrait d'ongulés, il faut une infrastructure (p. ex. des pièges, de grands enclos) et du temps pour rassembler les animaux, les piéger et les garder durant l'hiver. Les fortes densités d'ongulés et l'accroissement des mesures de gestion adoptées peuvent donner lieu à un déséquilibre entre les profils de broutage naturels, la structure de la végétation et la succession. Les wapitis, les orignaux et les cerfs se nourrissent de jeunes feuillus tandis que les bisons piétinent et cassent les jeunes conifères, ce qui nuit à l'établissement d'une pessière.

L'absence du feu a modifié la végétation du parc, et particulièrement l'étage inférieur.

Les maladies animales domestiques dans l'écosystème des collines Beaver posent une menace constante pour les ongulés du parc. L'élevage de bovins en liberté est bien établi dans les régions bordant le parc, où l'on trouve également un certain nombre de fermes à gibier. Les employés du parc consacrent beaucoup de temps et d'efforts à la surveillance des maladies contagieuses chez les populations de bisons et de wapitis. Le fait que les ongulés vivent en forte densité dans un parc clôturé peut également exacerber l'incidence d'agents pathogènes et de parasites naturels (douve du foie, tique du wapiti).

Des plantes exotiques envahissent continuellement le parc. Certaines d'entre elles sont extrêmement envahissantes et font concurrence à la végétation indigène. Le parc a mis en place un programme continu visant à prévenir l'empiétement et l'établissement de ces plantes exotiques, notamment des herbes nocives.

4.4 Gestion de l'intégrité écologique

Malgré le fait qu'il soit entouré d'une clôture, le parc national Elk Island n'est pas un écosystème fermé. Il n'est ni autosuffisant ni à l'abri des facteurs qui peuvent jouer de l'extérieur. Pour protéger et rétablir la biodiversité dans ce sanctuaire clôturé, il faut que les ressources qui s'y trouvent soient gérées de façon plus intense que dans les autres parcs nationaux du pays. La gestion de l'intégrité écologique à Elk Island pose un défi, celui de faire en sorte que les mesures de gestion évoluent en fonction de la vision et des objectifs d'intégrité écologique du parc, et qu'elles en tiennent compte.

La gestion de l'intégrité écologique repose sur les notions suivantes.

  • la grande priorité est de rétablir ou de préserver d'importants processus écologiques, tout particulièrement le feu, le broutage et l'inondation des terres par le castor.
  • le parc reconnaît que l'être humain modifie l'écosystème et qu'il s'agit là d'un processus évolutif.
  • la comparaison du passé et du présent tient compte des changements qui se sont produits à l'échelle locale, régionale et mondiale.
  • il est nécessaire de comprendre les grandes différences d'échelle du paysage que nous étudions. En raison de la fragmentation de l'habitat naturel sur le continent, bon nombre de processus naturels ne peuvent tout simplement plus être reproduits, p. ex., la migration des bisons ou les feux de grande surface. Elk Island ne représentera jamais un système où les processus écologiques de grande envergure sont tout à fait rétablis.
  • au sein d'écosystèmes fragmentés de petite taille, les perturbations peuvent avoir une incidence plus marquée en raison d'un pouvoir tampon restreint.
  • l'intégrité écologique n'a rien de statique; elle tient compte de l'adaptation constante du paysage et des changements qui en découlent dans l'écosystème. Nous mettrons davantage l'accent sur l'évaluation de l'état actuel de l'intégrité écologique, comme s'il s'agissait tout simplement d'une des étapes d'un processus en pleine évolution.
  • le parc doit améliorer sa suite actuelle d'indicateurs (Section 4.12) et être en mesure d'adapter son programme de gestion.

4.5 Sensibilisation et appui relatif à l'intégrité écologique

On ne saurait rallier le public à la cause de l'intégrité écologique sans les renseigner au sujet des objectifs et des initiatives du parc, étant donné que ce sont justement les décisions et les gestes du public qui influent sur l'écosystème. La participation des gouvernements, des résidents de la région, des visiteurs et de tous les citoyens canadiens est essentielle à la réalisation des buts, des objectifs et des mesures qui se rapportent à l'intégrité écologique.

4.5.1 But stratégique

Le public comprend le mandat du réseau de parcs nationaux de même que la gestion, la planification et les programmes du parc national Elk Island, qui visent à favoriser un sentiment commun de responsabilité à l'égard de l'intégrité écologique de même que sa compréhension.

4.5.2 Objectifs

Communiquer avec les principaux partenaires, le grand public, ainsi qu'avec les établissements de tourisme et d'enseignement.

Intégrer des messages au sujet de l'intégrité écologique dans tous les principaux produits et activités de communication du parc.

4.5.3 Mesures clés

  1. Donner de l'information sur le programme de brûlage dirigé à nos partenaires et à nos voisins.
  2. Offrir des programmes sur l'intégrité écologique au public, au personnel, aux propriétaires fonciers locaux, aux groupes d'intérêt et aux écoles de la région.
  3. Coordonner le programme de sensibilisation à l'environnement du parc en collaboration avec les districts scolaires locaux et régionaux.
  4. Préparer des messages portant sur le parc et les diffuser à la télévision, dans des dépliants et dans le cadre de programmes d'interprétation.
  5. Collaborer avec des entreprises touristiques locales dans le cadre d'initiatives de marketing et de communication des messages.
  6. Participer à l'examen du programme scolaire de l'Alberta en ce qu'il se rapporte à la gestion écosystémique.

4.6 Gestion intégrée des écosystèmes régionaux

Les collines Beaver sont reconnues comme l'un des derniers corridors fauniques du centre-est de l'Alberta. Si la clôture confine le bison, l'orignal et le wapiti dans le parc, tous les autres mammifères sont cependant en mesure d'y entrer, d'en sortir et de le traverser à leur guise. Dans le contexte régional, ce secteur est en voie de devenir le centre industriel de l'Alberta.

La viabilité à long terme de tout écosystème repose sur la capacité de la collectivité de bien gérer le milieu physique, biologique, économique et social. L'activité commerciale et industrielle est essentielle au développement économique et contribue à améliorer la qualité de la vie au sein de la collectivité. Les aires protégées sont d'importants refuges permettant de préserver des ressources communes, telles que l'eau, l'air, le territoire et la biodiversité. Il faut travailler de concert pour élaborer des politiques durables en matière d'aménagement du territoire à l'intention des collectivités des collines Beaver et pour mettre en oeuvre une technologie et des pratiques d'aménagement saines sur le plan environnemental.

4.6.1 But stratégique

Les projets de collaboration pour l'utilisation du territoire assure la durabilité à long terme de l'écosystème des collines Beaver pour le plaisir des générations futures.

4.6.2 Objectifs

S'adonner à une utilisation durable du territoire, dans le cadre de l'Initiative sur les corridors fauniques des collines Beaver, en collaboration avec nos voisins et des intervenants clés de la région. Reconnaître le lien qui existe entre la conservation de l'environnement, l'économie et la santé humaine.

4.6.3 Mesures clés

  1. Entreprendre des discussions avec des groupes d'intervenants clés qui visent à atteindre des objectifs semblables en ce qui a trait à la gestion durable de l'écosystème.
  2. Favoriser la participation au groupe de travail sur les collines Beaver, et prendre part à ses activités.
  3. Aider les intervenants à rédiger l'énoncé de mission et la vision du groupe de travail sur les collines Beaver.
  4. Participer à l'élaboration de mesures visant à assurer la subsistance des ressources communes, à rétablir les corridors écologiques pour les animaux terrestres et aquatiques, et à assurer la prospérité et la qualité de la vie au sein de la collectivité.
  5. Participer à l'élaboration d'un cadre de recherche et de surveillance portant sur les aspects sociaux et écologiques et sur l'utilisation durable du territoire.

4.7 Rétablir ou préserver les processus écologiques

Dans le parc national Elk Island, la planification de la conservation repose sur les notions suivantes :

  • le feu et le broutage par les ongulés sont des processus essentiels à la préservation de l'intégrité écologique de l'écosystème;
  • l'inondation des terres par le castor joue un rôle écologique important;
  • l'interaction entre l'être humain et l'environnement a toujours existé.

4.7.1 But stratégique

Le feu, le broutage par les ongulés et l'inondation des terres par le castor préservent la durabilité de cette zone de transition.

4.7.2 Objectifs

Rétablir les processus naturels que sont le feu, le broutage et l'inondation des terres par le castor.

Gérer le taux de broutage pour qu'il se maintienne dans la gamme naturelle des variations.

4.7.3 Mesures clés

Brûlage dirigé
  1. Préparer des plans de brûlage dirigé pour le parc. Ces plans établiront la fréquence des feux, la diversité des plantes et des animaux que l'on trouve dans le parc de même que les ressources culturelles et naturelles, à la fois rares et uniques.
  2. Dans la mesure du possible, aider nos voisins des collines Beaver à mettre en oeuvre leurs initiatives de gestion du feu.
  3. Déterminer les études qu'il faudrait mener pour améliorer les activités de brûlage dirigé et l'utilisation du feu, et en favoriser la réalisation.
Broutage par les ongulés
  1. Déterminer les études qu'il faudrait mener sur le broutage, et en favoriser la réalisation.
  2. Mettre en oeuvre la Stratégie de réduction des populations d'ongulés (1999) pour maintenir le taux de broutage dans la gamme naturelle des variations.
Inondation des terres par le castor
  1. Surveiller l'inondation des zones humides à l'aide de la télédétection afin d'en déterminer les incidences à court et à long termes sur l'écosystème.
  2. Réaliser une étude sur les populations de castors en vue d'en déterminer la situation et la répartition.
  3. Retirer des castors là où ils menacent l'infrastructure du parc.
  4. Déterminer les études qu'il faudrait mener sur l'incidence de l'inondation des terres, et en favoriser la réalisation.

4.8 Qualité de l'air et de l'eau

La proximité du parc de l'expansion urbaine et industrielle accroît le risque de contamination de l'air et de l'eau dans le parc, de même que dans les environs. La pratique intensive de l'agriculture à l'intérieur des collines Beaver est également un sujet de préoccupation du point de vue de la consommation et de l'écologie, en raison de son incidence éventuelle sur la qualité de l'eau et de la charge de contaminants biologiques qui en résulte. Dans un petit parc comme Elk Island, les pratiques de gestion des déchets et l'aménagement de ponceaux sont susceptibles d'appauvrir la qualité de l'eau.

4.8.1 But stratégique

La qualité de l'air et de l'eau est préservée dans l'écosystème des collines Beaver.

4.8.2 Objective

Collaborer avec les administrations avoisinantes dans le cadre de programmes de gestion sur la qualité de l'air et de l'eau pour le secteur des collines Beaver.

4.8.3 Mesures clés

Qualité de l'air
  1. Mettre en place des postes d'observation atmosphérique dans le parc, en collaboration avec les Services météorologiques d'Environnement Canada et d'autres partenaires de l'industrie, en vue de surveiller la qualité de l'air dans le parc et dans la région avoisinante.
  2. Participer à des projets de recherche et de gestion sur la qualité de l'air dans l'écosystème des collines Beaver.
Qualité de l'eau
  1. Surveiller la qualité de l'eau dans les plans d'eau des collines Beaver pour y déceler la présence de contaminants.
  2. Tous les cinq ans, surveiller la diversité des populations d'invertébrés et de poissons dans l'écosystème des collines Beaver.
  3. Évaluer le processus de traitement des eaux usées du parc et se pencher sur les incidences qu'il pourrait avoir sur les eaux du lac Astotin.

4.9 Végétation

Le parc national Elk Island est situé dans la région naturelle de la forêt boréale; on peut mieux le qualifier comme une zone de transition où le tremble domine la forêt boréale mixte des basses-terres. Les types de végétation y changent constamment, en raison du cadre géographique et des conditions climatiques. Des espèces non indigènes ont envahi de petits îlots de prés dans le parc. La gestion des populations d'ongulés, la suppression des feux de forêt et l'inondation des terres par le castor ont également eu une influence considérable à cet égard. Malgré tous ces éléments de tension, la végétation du parc demeure résiliente. Le rétablissement des processus naturels constitue le principal outil pour préserver la diversité et les profils naturels de la végétation.

4.9.1 But stratégique

La végétation du parc est représentative de la composition, de l'évolution et de la diversité naturelles de la région.

4.9.2 Objectifs

Rétablir et préserver une végétation qui soit représentative.

4.9.3 Mesures clés

  1. Rajuster les objectifs établis aux fins de la préservation et du rétablissement d'une végétation qui soit représentative au moyen de l'information recueillie par l'entremise du programme de suivi biologique.
  2. Faire du brûlage dirigé et du broutage par les ongulés des outils de gestion en vue de préserver et de rétablir la végétation du parc.
  3. Déterminer les études qu'il faudrait mener pour identifier, rétablir et préserver une variété d'espèces végétales indigènes, et en favoriser la réalisation.
  4. Évaluer le programme actuel de surveillance et de gestion des plantes exotiques, notamment en ce qui a trait au foin apporté dans le parc pour nourrir les animaux sauvages excédentaires en captivité et les chevaux du parc.
  5. Mettre à jour la liste des plantes du parc, et mettre l'accent tout particulièrement sur les espèces en péril.

4.10 Zones humides et écosystèmes aquatiques

4.10.1 But stratégique

Les zones humides et les écosystèmes aquatiques favorisent la diversification des espèces végétales et fauniques.

4.10.2 Objectifs

Accroître les connaissances en ce qui a trait à l'hydrologie dans le parc et dans la région avoisinante.

4.10.3 Mesures clés

  1. Promouvoir les partenariats qui visent la protection et la préservation de zones humides rares et uniques qui se trouvent à l'extérieur du parc.
  2. Utiliser la télédétection pour surveiller la fragmentation du paysage, et intégrer l'information recueillie dans le programme de surveillance des zones humides.
  3. Atténuer l'incidence de la promenade Elk Island et de l'infrastructure connexe sur les zones humides (Section 8.0).
  4. Surveiller les populations de castors en réalisant tous les trois ans des études sur leurs caches à nourriture.
  5. Déterminer la nécessité de mener des études sur l'écologie des zones humides, tant à l'intérieur qu'à l'extérieur du parc, et promouvoir la réalisation de telles études.
  6. Accroître l'éventail des indicateurs de l'écosystème aquatique (p. ex, l'herpétofaune et les invertébrés).
  7. Déceler les lacunes de l'inventaire aquatique et établir des priorités pour la recherche.

4.11 Faune

La gestion d'ongulés dans une aire clôturée constitue un défi constant. Les enjeux liés à la surveillance des populations et des maladies sont omniprésents. En 1999, nous avons lancé un programme de réduction des populations d'ongulés dans le but de rétablir un régime de broutage équilibré, qui favoriserait la biodiversité à l'intérieur du parc.

La mise en place d'un programme de rétablissement du paysage permettra à des espèces fauniques comme le blaireau, le renard roux, l'ours noir et la sturnelle de l'Ouest de regagner le parc. L'habitat sera de plus amélioré grâce à diverses initiatives comme le brûlage dirigé et les programmes de gestion de la végétation.

4.11.1 But stratégique

Le parc national Elk Island préserve la biodiversité des espèces représentatives de la région.

4.11.2 Objectifs

Surveiller et gérer la faune du parc pour veiller à la viabilité génétique des populations.

Préserver les variations naturelles des espèces fauniques.

Participer à des projets coopératifs portant sur les espèces fauniques communes de l'écosystème des collines Beaver.

4.11.3 Mesures clés

  1. Mettre en oeuvre la Stratégie de réduction des populations d'ongulés (1999).
  2. Gérer les ongulés conformément à la directive nationale de Parcs Canada sur les animaux sauvages excédentaires.
  3. Étudier les ongulés pour détecter toute trace de maladie animale domestique et de maladie endémique.
  4. Participer à des initiatives de surveillance de la génétique chez le bison.
  5. Surveiller les populations d'oiseaux afin de déterminer leur situation et leur répartition.
  6. Déterminer les études et les travaux de surveillance qu'il faudrait mener sur les petits mammifères, les reptiles, les amphibiens et les insectes.
  7. Évaluer la contribution du parc à des programmes nationaux et internationaux portant sur la conservation de la faune.
  8. Se conformer aux lignes directrices sur les soins aux animaux du Code of Humane Practice.
  9. Appuyer les Premières nations dans la mise en oeuvre de programmes coopératifs de conservation des ongulés.

4.12 Indicateurs de l'intégrité écologique

La surveillance écologique permet de recueillir de l'information sur des systèmes complexes et les effets des perturbations. La surveillance est en quelque sorte un système d'avertissement précoce qui fournit aux gestionnaires de l'information dans plusieurs domaines :

  • la nécessité de réaliser des travaux de recherche et d'adopter des mesures de gestion;
  • l'effet des mesures de gestion;
  • la nécessité de recourir à la gestion adaptative;
  • les progrès réalisés dans l'atteinte des buts associés à l'intégrité écologique.

Le parc national Elk Island et le Comité consultatif des sciences ont mis au point un plan de surveillance et un modèle d'écosystème qui, d'après eux, seront efficaces et durables à long terme . L'établissement de ce modèle procède d'une exigence juridique, c'est-à-dire que les rapports sur l'état des aires patrimoniales protégées et les rapports sur l'état des parcs puissent faire connaître l'état de l'écosystème aux fins de la planification future.

En prenant des mesures de manière uniforme au cours d'une longue période, les chercheurs sont en mesure de suivre l'évolution de la structure et de la fonction des écosystèmes. Les indicateurs écologiques sont de précieux outils de prise de décision qui servent à évaluer les progrès accomplis au chapitre du rétablissement ou de la préservation de l'écosystème. Le choix des indicateurs est établi en fonction des lignes directrices suivantes.

Les indicateurs doivent :

  • comprendre des échelles spatiales et temporelles;
  • permettre de déceler les changements dans la composition de la biodiversité;
  • permettre de suivre la santé et la viabilité de diverses espèces et d'organismes spécifiques;
  • déterminer les principaux agents de perturbation;
  • être souples, faciles à reproduire et rentables;
  • permettre aux gestionnaires de déterminer l'influence des mesures de gestion, des changements environnementaux et des agents de perturbation sur la biodiversité.

Elk Island a mis à jour ses indicateurs de l'intégrité écologique . Avec le concours des spécialistes en biologie du parc, du Comité consultatif des sciences et du bureau national, le parc continuera de peaufiner ces indicateurs.

4.12.1 But stratégique

Le parc national Elk Island préserve un degré approprié d'intégrité écologique.

4.12.2 Objectifs

Continuer de peaufiner les indicateurs et les objectifs liés à l'intégrité écologique.

Fournir des données sur l'écologie pour permettre l'adoption de mesures de gestion déterminantes tôt dans le processus.

4.12.3 Mesures clés

  1. Mettre en oeuvre les mesures présentées à la case Situation/Mesures du tableau des indicateurs de l'intégrité écologique .
  2. Établir des cibles en ce qui concerne les herbes indigènes.
  3. Pour réduire le plus possible la propagation des mauvaises herbes, faire des applications ponctuelles pendant 127 heures/année, ce qui correspond à une moyenne de 10 hectares/année.



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