Parc national du Canada Elk Island

Gestion des maladies chez le bison

Historique

Les deux maladies les plus à craindre par les bisons du Canada sont la tuberculose bovine et la brucellose. Plusieurs milliers de bisons des plaines ont fait l'objet d'épreuves de dépistage de la tuberculose à Elk Island, et, pendant la durée entière de leur séjour dans le parc, aucun cas de tuberculose n'a été décelé. Toutefois, même si la maladie semble à toutes fins pratiques enrayée depuis 90 ans, la direction du parc entend continuer d'administrer des tests de dépistage à toutes les bêtes qui quittent Elk Island.

La brucellose, quant à elle, a été diagnostiquée au sein de la harde à la fin des années 1940, et, et au milieu des années 1950, ses incidences se faisaient déjà sentir sur le taux de natalité et la santé du troupeau. Tout au long de cette période et jusqu'au début des années 1960, le parc administrait des tests de dépistage et abattait les animaux malades. Ce n'est qu'au milieu des années 1960 que les vaccins et le programme d'abattage ont enfin eu raison de la maladie. En janvier 1969, il ne restait plus que deux cas soupçonnés de brucellose, et, trois ans plus tard, le parc était déclaré exempt d'animaux atteints. Tout comme pour la tuberculose, le parc continue d'administrer des tests de dépistage chaque année, et tous les bisons excédentaires sont homologués exempts des deux maladies.

Agriculture et Agroalimentaire Canada a accordé au parc national Elk Island l'équivalent du statut conféré aux exploitations d'élevage de gibier. Ce statut garantit à tous les producteurs et à d'autres organismes gouvernementaux que les animaux qu'ils achètent à Elk Island proviennent d'un troupeau exempt de maladies.

Statut et protocole actuels

Pendant l'été de 1996, les employés du parc ont noté que plusieurs jeunes mâles souffraient de graves accès de diarrhée et qu'ils perdaient du poids. Ces animaux ont été envoyés au laboratoire provincial de médecine vétérinaire pour autopsie, et une maladie connue sous le nom de « diarrhée virale bovine » a été diagnostiquée. Comme le nom l'indique, il s'agit d'un virus qui s'attaque aux bovidés, et il existe aux quatre coins de la planète. Tout semble indiquer que la maladie a été transmise par des vaches provenant de fermes situées à proximité d'Elk Island, mais rien n'a encore été confirmé. La maladie aurait été transmise par la voie de liquides corporels infectés.

Bison avec la diarrhée virale bovine
Bison avec la diarrhée virale bovine
© Parcs Canada / EI9912310032, 1991/12/31
En décembre 1996, le parc a effectué des tests de dépistage sur tous les individus de la harde qu'il a pu capturer (561 bisons sur un troupeau de 665). Les résultats de ce programme intensif ont révélé que 47 p.100 des bisons des plaines avaient été exposés à la maladie et avaient développé des anticorps. Seul un bison du troupeau était à coup sûr porteur de la maladie. L'animal a été euthanasié et envoyé au laboratoire pour autopsie. En plus des tests de dépistage de la diarrhée virale bovine, les 561 bisons capturés ont reçu un vaccin contre la maladie. Par mesure de précaution supplémentaire, tous les bisons se sont vu inoculer le vaccin CattleMaster 4, qui sert à protéger le bétail contre la rhinotrachéite infectieuse bovine, le virus parainfluenze 3 (P13), le virus respiratoire syncytial bovin et le charbon bactérien. Un vaccin à virus tué contre la diarrhée virale bovine est inoculé à toutes les femelles potentiellement gravides et aux bisonneaux qui allaitent, tandis qu'un vaccin à virus vivant modifié est administré à toutes les autres bêtes de la harde. Ce programme d'inoculation annuel fait maintenant partie intégrante des pratiques de gestion au parc national Elk Island.

On connaît encore mal le taux de prévalence de la diarrhée virale bovine chez les bisons d'Amérique du Nord. La maladie a récemment été diagnostiquée aussi bien chez des bisons d'élevage que chez des bisons sauvages de la Saskatchewan, et elle est également apparue chez des wapitis sauvages du sud de l'Alberta. Cette maladie est relativement répandue dans l'industrie de l'élevage du bétail.

Au début des années 1990, la kérato-conjonctivite infectieuse des bovins a fait son apparition au sein de la harde du parc national Elk Island. Cette maladie, qui se transmet par les mouches au printemps et en été, cause principalement la cécité partielle ou complète. Il faut alors immobiliser l'animal pour lui administrer un traitement, ce qui doit se faire au printemps lorsque l'infection se propage. Comme cette mesure ne peut être mise en oeuvre, il est impossible de protéger les bisons contre la kérato-conjonctivite.