Parc national du Canada Elk Island

Rassemblement des bisons

Elk Island est le seul parc national du Canada qui soit entièrement clôturé. La clôture empêche les bisons de quitter le parc et les gros prédateurs d'y entrer. Pour que l'écosystème demeure en équilibre, il faut que certains bisons soient déclarés excédentaires.

Le rassemblement des bisons du parc se fait chaque année depuis près d'un siècle. Depuis l'arrivée de la harde, en 1907, il a fallu trouver des moyens de rassembler les bêtes dans des installations centrales pour vérifier si elles étaient atteintes de maladies comme la tuberculose bovine et la brucellose, pour les vacciner et pour sélectionner les animaux excédentaires.
Au début, les bisons excédentaires étaient abattus, et la viande était distribuée aux bandes indiennes du pays ou, durant la Seconde Guerre mondiale, aux forces armées déployées à l'étranger. Pendant un certain temps, elle était également vendue à la population canadienne dans divers établissements de vente au détail. Au milieu des années 1960, il est devenu moins acceptable d'abattre des animaux dans des parcs nationaux, et c'est ainsi qu'a eu lieu, en 1967, la première vente de bisons des plaines vivants. À l'époque, la direction du parc était très incertaine de la faisabilité à long terme d'une telle entreprise. On se demandait qui voudrait bien acheter ces animaux. Mais les ventes ont connu un tel succès que l'abattage des bisons a cessé peu après. Pendant bien des années, les bêtes ont été vendues par voie d'appel d'offres scellées, processus qui s'est ensuite transformé en vente aux enchères en 1994.

Installation de rassemblement des bisons des bois Flyingshot. Installation de rassemblement des bisons des bois Flyingshot, construite en 1992.
© Parcs Canada

Comme le parc est clôturé et que les animaux ne peuvent errer à l'extérieur, il faudra continuer de réduire la harde tant et aussi longtemps que le parc abritera des bisons. Pour ce faire, deux installations de rassemblement ultramodernes ont été construites dans le but exprès de capturer efficacement et sans cruauté les deux espèces de bisons du parc. Chaque bête doit passer par ces installations à la fin de l'automne et au début de l'hiver. Une fois que les bisons y sont rassemblés, les employés du parc les pèsent, déterminent leur âge et leur sexe, leur administrent des tests de dépistage de la tuberculose et de la brucellose, leur posent une petite étiquette à l'oreille pour les identifier et consigner l'année de leur naissance, les inoculent contre plusieurs maladies bovines et isolent les animaux excédentaires. Ce processus peut prendre jusqu'à deux mois. Lorsque toutes ces données sont recueillies et que le troupeau est à nouveau décrété exempt de maladies, les bisons des plaines devant rester dans le parc sont amenés dans un vaste champ au nord de la route 16, où ils restent jusqu'à la fin de l'hiver. Quant aux bisons des bois, ils sont parqués dans une grande enceinte clôturée qui borde l'installation de rassemblement. Il faut à tout prix confiner les bisons à ces endroits pendant la majeure partie de l'hiver pour que la capture et la transplantation des wapitis puisse se faire sans accroc. Lorsqu'un nombre suffisant de wapitis ont été capturés et déménagés hors du parc, habituellement au début ou à la mi-février, les barrières de ces pâturages d'hiver sont ouvertes, et les hardes se dispersent lentement dans les autres secteurs du parc.

Le même processus doit être répété plus tard au cours de l'hiver pour le bison des bois. Ces animaux, qui sont réunis au sud de la route 16, sont assujettis aux mêmes critères de gestion que les bisons des plaines, à une exception près les individus excédentaires sont destinés à une vie dans les grandes étendues sauvages du nord du Canada. Chaque année, le parc national Elk Island, avec le concours de divers organismes coopérants et gouvernements, sélectionne et transplante des bisons des bois dans les territoires qui étaient autrefois les leurs. Les nouvelles hardes ainsi réintroduites prospèrent, se multiplient et, il est à espérer, redeviennent des populations viables.

Comme rien n'est statique dans la nature, les ressources fauniques du parc national Elk Island sont gérées selon un processus dynamique qui change constamment en fonction d'une vaste gamme d'influences. Que ce soit par des sécheresses ou des inondations, par des hivers très doux ou des hivers particulièrement rigoureux, la nature agit sur la faune du parc. Ainsi, le nombre d'animaux correspondant à la capacité maximale du parc évolue sans cesse. À l'heure actuelle, les mesures de gestion du bison permettent de maintenir la population de bisons des plaines à 450 individus (sans compter les nouveau-nés) et celle des bisons des bois, à 350 individus.