Parc national Elk Island

Retour au bercail

Bison (Bob Bittner)
Bisons des plaines en course
© Bob Bittner

Le 24 janvier 2012, le parc national Elk Island a transféré 70 bisons des plaines à la réserve American Prairie, au nord de la rivière Missouri, dans le Nord Est du Montana. Dans le cadre de ce partenariat entre Parcs Canada et l’American Prairie Foundation, les bisons des plaines ont effectué un voyage qui marque un retour « au bercail » dans la région des grandes plaines américaines. Ce projet est le fruit d’un important effort de conservation international qui contribue à la survie et au bien-être continus d’une espèce devenue le symbole incontestable des vastes plaines du Centre de l’Amérique du Nord. (Voir le communiqué.)

Le bison des plaines au Canada

Pendant des siècles, le bison assura la subsistance des Autochtones des plaines de l’Amérique du Nord et occupa une place de choix dans leur vie sociale et cérémonielle. En 1900, la chasse excessive et la progression de l’agriculture avaient poussé le bison au bord de l’extinction. Il en restait alors moins de 200 dans le monde.

Au début du XXe siècle, une poignée de citoyens des États-Unis et du Canada entreprirent de sauvegarder l’espèce. En 1906, le gouvernement du Canada acheta à Michel Pablo la dernière grande harde de bisons des plaines, la harde Pablo-Allard, à raison de 245 $ la bête. En 1907, 410 bisons des plaines furent expédiés du Montana en Alberta – quelque 200 bêtes en mai et les autres en septembre. Ils firent le trajet en train, à bord de 17 wagons de marchandises, de Ravalli, au Montana, jusqu’au village de Lamont, en Alberta, où ils furent rassemblés dans leur nouvel enclos, à l’intérieur du tout nouveau parc Elk. La harde fut par la suite disséminée dans divers parcs nationaux. La plupart des bisons des plaines que l’on peut voir aujourd’hui sont des descendants de cette première harde transplantée.

Le parc Elk devint le parc national Elk Island en 1913. Il occupe aujourd’hui le septième rang des parcs les plus petits, et il est le seul à être entièrement clôturé. En raison de l’absence de prédateurs naturels, les bisons réunis dans l’enceinte clôturée doivent être maintenus à un niveau permettant de préserver l’habitat de pâturage. Périodiquement, Parcs Canada doit en transférer hors du parc pour éviter le pâturage excessif. C’est ainsi qu’il peut fournir des bisons pour des projets de conservation au Canada et à l’étranger.

Retour au bercail du bison : Retour au Montana

Le premier transfert de bisons de Parcs Canada à l’American Prairie Foundation a eu lieu en 2009-2010. En tout, 93 bisons ont alors été transplantés dans la réserve American Prairie. Le transfert de janvier 2012 permet de réintroduire 70 autres bisons des plaines dans leur habitat original, ce qui porte l’effectif de la réserve à plus de 210 bêtes – une étape importante en vue du « retour au bercail » de l’espèce. Ce partenariat avec l’American Prairie Foundation a donné lieu à une initiative de conservation unique en son genre qui a été couronnée de succès de part et d’autre de la frontière internationale.

L’engagement du gouvernement du Canada à l’égard des initiatives de conservation n’est pas limité par les frontières internationales. Le parc national Elk Island gère des hardes de bisons des plaines et de bisons des bois qui contribuent au rétablissement des deux espèces. Ces hardes sont exemptes de maladies. Tous les bisons des plaines du Canada qui servent à des projets de conservation sont issus du parc national Elk Island. En raison de sa grande diversité génétique et du fait que le parc a toujours réussi à la protéger contre les maladies, la harde du parc demeurera la source prioritaire d’approvisionnement en bisons des plaines pour les projets de conservation nationaux et internationaux.

Ce « retour au bercail » représente un chapitre réconfortant de l’histoire du bison des plaines en Amérique du Nord – une histoire marquée par la quasi disparition de l’espèce et par un rétablissement qui se fait lentement. Dans le cadre de cette initiative, le travail accompli par l’American Prairie Foundation afin de réserver des terres pour la faune des prairies se combine aux efforts de conservation déployés par le Canada pour assurer la survie de cet animal magnifique qui fait partie du patrimoine commun des deux pays.

La préservation du bison des plaines – Un événement historique national

Le parc national Elk Island, qui est situé le long de la route Yellowhead, à 45 km à l’est d’Edmonton, gère fièrement des hardes sources de wapitis et de bisons depuis plus d’un siècle. En 1946, la « préservation du bison des plaines » a été inscrite à la liste des événements historiques d’importance nationale. Une plaque érigée au lac Astotin (dans le parc) par la Commission des lieux et monuments historiques du Canada souligne l’important rôle du parc dans la survie du bison des plaines au pays.

Parcs Canada a célébré son centenaire en 2011. Il y a 100 ans, le Canada faisait œuvre de pionnier en créant le Service des parcs du Dominion, le tout premier organisme fédéral de la planète à assumer la gestion d’un réseau de parcs nationaux. Aujourd’hui, grâce à des initiatives telles que la conservation du bison et du wapiti dans le parc national Elk Island, Parcs Canada est un chef de file reconnu dans la conservation et la préservation du patrimoine naturel et culturel.

Comment déplacer des bisons

Le bison des plaines est la mieux connue des deux sous-espèces de bisons; il est devenu l’emblème des prairies nord-américaines. Par une gestion diligente de la harde, le parc national Elk Island a réussi à éradiquer les maladies chez ses animaux, ce qui lui a permis de constituer un stock source pour les projets de conservation entrepris partout dans l’ancienne aire de répartition de la sous-espèce. Il poursuit aujourd’hui un travail qu’il perfectionne depuis plus d’un siècle : appuyer la transplantation d’animaux exempts de maladies tels que le bison des plaines, le bison des bois et le wapiti.

L’Agence canadienne d’inspection des aliments (ACIA) joue un rôle essentiel dans ce processus. Elle certifie que les animaux sont exempts de maladies et qu’ils peuvent servir à des projets de conservation. C’est d’ailleurs ce qu’elle a fait dans le cas du transfert de janvier 2012 à la réserve American Prairie. En collaboration avec le Département américain de l’agriculture, l’ACIA a mis au point un protocole de dépistage et de traitement des maladies pour les animaux ainsi qu’un certificat sanitaire accepté par les deux pays pour la transplantation des bisons. Le protocole prévoit plusieurs mesures : pesage, pose d’étiquettes d’oreille, dépistage de maladies, traitement aux antibiotiques et délivrance du certificat sanitaire attestant que les bisons sont exempts de maladies. Les bêtes ont été placées en quarantaine pendant 60 jours au Canada, et elles le resteront pendant 30 jours de plus au Montana.

La sécurité des animaux demeure la priorité absolue à toutes les étapes du transfert. Le personnel du parc national Elk Island possède une expertise unique en son genre ainsi qu’une longue expérience de la gestion, de la protection et de la manipulation des bisons, et il bénéficie de l’aide d’un vétérinaire de Parcs Canada. Temple Grandin, oratrice, auteure et spécialiste du bien-être des animaux, a été consultée sur la conception de l’installation ultramoderne de manipulation des bisons du parc national Elk Island. L’American Prairie Foundation travaille pour sa part avec des scientifiques du Fonds mondial pour la nature afin de veiller à ce que la harde reste en santé et à ce qu’elle soit bien gérée à l’intérieur de la réserve.

Le 24 janvier 2012, 70 bisons du parc national Elk Island ont été chargés dans des remorques et transportés par une entreprise qui a l’expérience de ce genre d’opération. Les animaux ont traversé les douanes dans ces caravanes spécialement scellées et ont été amenés jusqu’à une zone de quarantaine près de Malta, au Montana. En mars 2012, les bisons seront relâchés dans la réserve American Prairie.

Observation des bisons

Les visiteurs peuvent observer des bisons dans le parc national Elk Island. Le long de la promenade Elk Island, au nord de la route Yellowhead, il est en effet possible d’admirer des bisons des plaines et d’autres espèces sauvages telles que l’orignal. Au sud de la route Yellowhead, le parc protège le bison des bois, qui erre dans les collines et autour des lacs. Cette sous-espèce peut être observée depuis divers sentiers de randonnée et le long des limites du parc.

Lisez le communiqué de presse officiel en visitant ce lien.

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