Parc national Elk Island

Gestion du wapiti

Contexte

Wapiti mâle
Wapiti mâle
© Parcs Canada

À la fin du XVIIIe siècle, les secteurs entourant l’actuel parc national Elk Island abritaient un grand nombre de wapitis. Cette population a été réduite par suite de l’arrivée des Européens, qui en faisaient la chasse pour leur subsistance et la vente commerciale. En 1894, l’espèce avait pratiquement disparu d’une bonne partie de cette région.

Le parc national Elk Island, qui existe depuis 1906, a d’abord été une réserve faunique. Le parc Elk, comme il s’appelait à l’époque, a été créé sur les instances des résidents de la région, qui pressaient le gouvernement de protéger une petite harde de 75 wapitis dans le secteur des collines Beaver.

Une clôture de 2,2 m de hauteur empêche les animaux de circuler librement entre l’intérieur et l’extérieur du parc national. En outre, les gros prédateurs tels que le loup, le couguar et l’ours sont absents du parc. Ces espèces ont disparu de la région il y a plus de 100 ans et n’y sont aperçues qu’en de très rares occasions. De plus, grâce à un rigoureux programme de gestion du feu et à des conditions propices à la croissance des végétaux depuis 15 ans, les herbivores trouvent dans le parc un pâturage favorable à leur essor. Ces conditions ont donné lieu à la formation d’une harde de wapitis très fertile qui croît à un rythme de 20 % par année. En mars 2010, le parc comptait une population d’environ 600 individus.

Gestion de la harde

Du personnel du parc sépare les mâles des femelles et des petits dans un piège à wapitis
Du personnel du parc sépare les mâles des femelles et des petits dans un piège à wapitis
© Parcs Canada

Parcs Canada doit gérer les hardes de wapitis et de bisons du parc afin de prévenir le surpeuplement. Cette intervention se révèle nécessaire parce que, à très long terme, le broutement intensif et ininterrompu a des incidences sur la diversité végétale et animale et prédispose les gros herbivores à des maladies et à des mortalités massives.

Dans un écosystème entièrement naturel, plusieurs conditions ou facteurs limitatifs assurent le contrôle des populations d’herbivores, notamment la dispersion et la prédation. Les herbivores se dispersent (ou font des migrations saisonnières) lorsqu’ils deviennent trop nombreux dans un secteur donné et qu’il n’y a plus assez de nourriture pour assurer leur subsistance. Les gros prédateurs jouent aussi un rôle important dans la régulation des populations d’herbivores. Ces deux facteurs ne peuvent cependant pas exercer leur fonction de contrôle des ongulés dans le parc national Elk Island, en raison de la présence de la clôture et de l’absence de gros prédateurs.

La clôture est rendue nécessaire par l’emplacement du parc; celui-ci est en effet entouré de terres agricoles, de collectivités rurales et de lotissements de banlieue. La clôture empêche les wapitis et les autres gros herbivores de se disperser dans les secteurs avoisinants où ils ne seraient pas les bienvenus. Elle empêche aussi les animaux domestiques (c’est-à-dire le bétail) d’entrer dans le parc.

En raison de la petite superficie du parc, il ne serait probablement pas souhaitable d’y réintroduire les gros prédateurs. Ces animaux risqueraient de neutraliser l’effet de la clôture en grimpant par-dessus ou en se faufilant au-dessous, et ils ne seraient sans doute pas les bienvenus dans les collectivités situées en périphérie du parc.

Le programme de gestion du wapiti du parc national Elk Island prévoit des travaux de surveillance intensifs pour déterminer le nombre de wapitis qui doivent être considérés comme excédentaires chaque année. Ces bêtes sont ensuite capturées et manipulées pendant les mois d’hiver à des fins de réinstallation. Le parc national Elk Island doit coopérer de façon étroite avec la Wild Elk Federation (Canada), la Rocky Mountain Elk Foundation (États-Unis), l’Agence canadienne d’inspection des aliments et plusieurs autres organismes pour transplanter ces animaux en milieu sauvage.

Les wapitis sont étiquetés et soumis à des tests de dépistage de maladies dans les installations avant d’être relocalisés
Les wapitis sont étiquetés et soumis à des tests de dépistage de maladies dans les installations avant d’être relocalisés
© Parcs Canada
Les wapitis sont placés dans une chute à bétail et soumis à des tests de dépistage de maladies avant d’être relocalisés
Les wapitis sont placés dans une chute à bétail et soumis à des tests de dépistage de maladies avant d’être relocalisés
© Parcs Canada

Surveillance

Parcs Canada procède à un recensement aérien des ongulés tous les hivers. Les biologistes consignent l’effectif total des populations de wapitis, d’orignaux, de chevreuils et de bisons, de même que l’âge et le sexe des animaux. Il est ainsi possible de mesurer le rythme de croissance des hardes et de consigner d’autres éléments de la dynamique des populations. Le profil d’occupation de l’habitat fait l’objet d’une surveillance annuelle. Pour ce faire, les chercheurs surveillent le broutement des graminées et des carex sur des transects établis. À la lumière de cette information, ils évaluent le nombre de wapitis qui doivent être déclarés excédentaires chaque année.

Enlèvement des bêtes excédentaires et ententes de collaboration

Wapitis femelles et leurs petits relocalisés au Tennessee à partir du parc national du Canada Elk Island
Wapitis femelles et leurs petits relocalisés au Tennessee à partir du parc national du Canada Elk Island
© Parcs Canada

Tous les wapitis excédentaires du parc sont relâchés dans la nature dans le cadre d’initiatives de transplantation cogérées avec le gouvernement fédéral, un gouvernement provincial ou un gouvernement d’État. Les wapitis du parc Elk Island servent de harde source pour le rétablissement de l’espèce dans son aire de répartition d’origine partout en Amérique du Nord. Le parc est aujourd’hui bien connu pour le rôle de conservation qu’il joue dans le rétablissement du wapiti dans son territoire historique ou dans l’augmentation de l’effectif des hardes qui ont connu un déclin marqué ou qui sont trop petites pour croître naturellement.

Depuis 20 ans, 160 wapitis en moyenne sont capturés vivants chaque année et transportés ailleurs à des fins de rétablissement. Jusqu’à présent, ces bêtes excédentaires ont été transplantées en Colombie-Britannique, en Alberta, en Saskatchewan, en Ontario, au Yukon et aux Territoires du Nord, de même qu’au Kentucky, au Tennessee et en Caroline du Nord.

Les organismes d’accueil se chargent de la surveillance des animaux après la transplantation. Le parc national Elk Island les encourage à poser des colliers radioémetteurs au cou de plusieurs bêtes et à les surveiller pour recueillir des données sur leurs déplacements et le degré de réussite de la réintroduction.

Les coûts et la logistique associés à la gestion de la population de wapitis dans le parc deviennent de plus en plus prohibitifs. Même si tous les wapitis excédentaires sont encore capturés vivants à des fins de réinstallation ou de réintroduction, Parcs Canada envisage à l’heure actuelle d’autres options pour la gestion de la harde.