Parc national du Canada Banff

Gestion du parc


Élargissement de l'autoroute transcanadienne - phase IIIB

Rapport d'examen environnemental préalable - Sommaire du rapport

Scénario B : Situation actuelle plus phase IIIB

La construction intégrale du tronçon de la phase IIIB aurait des effets modérément à fortement négatifs sur la connectivité de la plupart des espèces à cause de la clôture ininterrompue associée à l’élargissement à quatre voies. Le degré de préservation de la connectivité dépendra de l’efficacité des nouveaux passages inférieurs et supérieurs. La connectivité de la phase IIIB serait probablement plus grande que celle des phases I, II et IIIA en raison de la qualité supérieure des ouvrages de traversée pour la faune.

Le scénario B devrait réduire la mortalité routière des ongulés et de la plupart des grands carnivores. Les petites espèces telles que les petits mammifères et le crapaud boréal pourraient ne pas profiter de cet avantage, bien que des ponceaux de petit diamètre disposés à des intervalles réduits pourraient réduire leur mortalité routière. Avec l’augmentation du volume de circulation, les taux de mortalité pourraient suivre, ce qui pourrait dans certains cas affecter les populations locales (p. ex. : crapaud boréal) ou régionales (p. ex. : ours noir).

Le scénario B entraînera aussi une réduction des interactions entre la faune et les humains le long de la RT, diminuant d’autant l’accoutumance de la faune et donc le risque d’interventions de gestion négatives justifiées par des préoccupations quant à la sécurité des personnes. Cependant, la nouvelle clôture d’exclusion de la faune installée le long de la RT, les incidences positives prévues du programme d’éclaircissement forestier sur l’habitat faunique autour du hameau, ainsi que la fréquentation accrue du parc pourraient amener des interactions plus fréquentes entre la faune et les humains dans ce secteur.

Globalement, le scénario B pourrait avoir des effets neutres à légèrement positifs sur la population des espèces fauniques de la vallée de Bow. Cette évaluation générale se fonde sur la prémisse voulant que les réductions de mortalité fassent plus que compenser les effets d’une connectivité moindre sur la population, du moins pendant la période prise en compte dans cette étude (an 2020). Toutefois, la mortalité des ours grizzlys dans le secteur du lac Louise dépasse présentement le niveau acceptable fixé par Parcs Canada pour la mortalité causée par l’humain. Les effets positifs sur la population ne se concrétiseront que si la mortalité d’origine humaine est réduite.

Scénario C : Situation actuelle, phase IIIB et élargissement en Colombie-Britannique avec prolongement de la clôture autour du hameau de Lake Louise

Le scénario C prolonge l’élargissement à deux chaussées et l’implantation de clôture le long de la RT jusqu’à Field, Colombie-Britannique, et au-delà. Il suppose que la conception et l’implantation d’ouvrages de traversée pour la faune fera partie intégrante des futurs projets d’élargissement.

Les effets négatifs prévus sur la connectivité et les effets positifs sur la mortalité associés à l’élargissement de la route devraient être semblables à ceux décrits pour le scénario B.

Le scénario C comprend aussi la construction d’une clôture d’exclusion de la faune autour du hameau de Lake Louise, ainsi que d’autres mesures d’atténuation recommandées dans ce rapport. L’érection d’une telle clôture autour du hameau réduira l’accoutumance de la faune, les interactions entre la faune et les humains et le risque de mortalité faunique issu des préoccupations pour la sécurité des personnes. La connectivité, particulièrement les déplacements de la faune d’un côté à l’autre de la vallée, pourrait être affectée. Comme dans le cas des effets de la route sur la connectivité et la mortalité, la mortalité causée par les humains est probablement une plus grande menace à la pérennité des carnivores rares et à distribution étendue comme l’ours grizzly qu’une réduction marginale de la connectivité des populations, du moins dans l’horizon temporel de cette étude (an 2020). La clôture d’exclusion de la faune pourrait avoir un effet fortement positif sur la population des ours et d’autres espèces susceptibles aux interactions négatives avec l’humain. Comme l’ours noirs grimpe aux clôtures, cet effet n’avantagerait pas l’ours noirs à moins que l’on retienne l’option d’une clôture électrifiée.