Parc national du Canada Banff

Gestion du parc


Élargissement de l'autoroute transcanadienne - phase IIIB

Rapport d'examen environnemental préalable - Sommaire du rapport

Effets cumulatifs

On prévoit que le volume de circulation continuera d’augmenter, que le Projet se réalise ou non. Par conséquent, les effets prédits sur la plupart des ressources du milieu sont semblables, avec ou sans le Projet. L’évaluation des effets cumulatifs a donc porté attention à la connectivité de l’habitat faunique, aux conflits humain-faune et à la mortalité faunique.

Cas de référence

L'évaluation des effets cumulatifs de l’option de non réalisation du Projet a examiné les effets d'un scénario de référence comprenant :

  • la situation de référence actuelle pour le développement et les impacts cumulatifs (c.-à-d. les effets cumulatifs actuels par rapport à une vallée de la rivière Bow intacte) : mortalité actuelle causée par l’humain sur toutes les routes et voies ferrées du SEL ; écosystème des Rocheuses centrales ; région Y2Y : perte d’habitat due au développement dans la SEL et au-delà ; perte de rendement de l’habitat due à l’activité humaine dans le SEL et audelà ;
  • l’accroissement de la circulation sur la RT, estimé à 2 % par année (Morrall 2004) ;
  • l’accroissement de la circulation sur les routes de raccordement à la RT dans le SEL, y compris la route 1A (promenade Bow Valley), la route 93N (promenade Icefields), la route 93S jusqu’à Radium (promenade Kootenay), la route 40 dans le comté de Kananaskis, et Lake Louise Drive, de part et d’autre de la RT ;
  • l’accroissement de la circulation sur les autres routes traversant les Rocheuses dans le couloir Y2Y, dont la route 3 passant par le col Crowsnest, la route 16 dans le parc national Jasper et la route 95 entre Golden et Radium, y compris d’éventuelles améliorations telles que l’élargissement de la route 3 dans le col Crowsnest ;
  • une fréquentation accrue de visiteurs dans l’avant et l’arrière-pays du lac Louise, résultant de l’accroissement du nombre de visiteurs dans le parc national de Banff ;
  • un risque accru d’interactions humain-faune indésirables et de mortalité faunique, résultant de l’utilisation accrue du territoire par l’humain
  • l’augmentation du développement et de la fréquentation associée au plan directeur à long terme du centre de ski de Lake Louise ;
  • l’augmentation du trafic ferroviaire jusqu’à la limite permise par le réseau de voies actuel ;
  • l’éclaircissement des matières combustibles près du hameau de Lake Louise afin de réduire le risque de dommages matériels causés par le feu.

Le cas de référence existant (pas de projet) présente des conséquences négatives élevées pour la connectivité et la mortalité de plusieurs espèces (Tableau B). Plus particulièrement, l’orignal, l’ours grizzly et l’ours noir connaîtront des taux de mortalité accrus et une connectivité moindre de part et d’autre de la RT à mesure que la circulation augmentera. La mortalité associée aux rencontres néfastes entre humains et ours augmentera aussi en proportion de l’utilisation accrue de la vallée de Bow par les visiteurs. Compte tenu de la viabilité ténue de la population actuelle (p. ex. : Garshelis et al. 2004, Hebblewhite et al. 1999), l'option « aucun projet » aurait vraisemblablement des conséquences à long terme négatives sur les populations d'ours et d'orignaux, conséquences qui pourraient menacer la viabilité de leurs populations locales et régionales. Les carcajous pourraient se trouver dans la même situation, bien que le peu d’information disponible sur l’état de cette population empêche une évaluation certaine des effets cumulatifs sur celle-ci. La hausse du volume de circulation fera augmenter les taux de mortalité et réduira la connectivité pour les passereaux crapaud boréaux, réduisant possiblement les populations locales. Les autres espèces seraient affectées à des degrés moindres.

Scénarios d’évaluation des effets cumulatifs

Le cas de référence décrit plus haut a été intégré aux scénarios suivants :

  • Scénario A. Conditions actuelles (élargissement phases I, II et IIIA) plus segment B : inclut la construction du segment B entre
    le km 59,5 et les 2 km de route à chaussée divisée commençant au km 71,5. Dans ce cas, la clôture le long de la RT se terminerait à la rivière Bow.
  • Scénario B. Projet complet : comprend l’achèvement de la phase IIIB jusqu’à la frontière de Colombie-Britannique.
  • Scénario C. Élargissement en Colombie-Britannique : comprend le projet complet plus l'élargissement à quatre voies au moins jusqu'à Field, C.-B., plus l'extension de la clôture autour du hameau de Lake Louise et le long de la RT à l'ouest du hameau, une mesure d'atténuation supplémentaire recommandée dans le rapport. Parcs Canada envisage un éventuel élargissement de la RT dans le parc national Yoho. Ce tronçon de la route serait également clôturé et des ouvrages de traversée pour la faune y seraient intégrés à titre de mesure d’atténuation.

Scénario A : Segment B

Le scénario A, soit la construction du seul segment B, aurait des effets modérément à fortement négatifs sur la connectivité de la plupart des espèces. Avec le temps, ceci pourrait affecter la connectivité démographique et génétique. Le long des 12 km du tronçon à quatre voies, sept nouveaux ouvrages de traversée, dont deux structures principales de 60 m de largeur, préserveront un certain degré de connectivité démographique et de connectivité génétique. Avec l’augmentation du volume de circulation, la connectivité du scénario A serait vraisemblablement meilleure qu’avec l’option « aucun projet », puisque la circulation plus intense créerait une barrière virtuelle pour plusieurs espèces fauniques.

La mortalité associée aux collisions entre les véhicules et la faune aura des effets fortement négatifs sur plusieurs espèces dans le scénario A. Bien que la mortalité associée à la circulation diminuera le long des 12 km clôturés, les collisions entre les véhicules et la faune augmenteront probablement aux extrémités de la clôture (Clevenger et al. 2002a).

Dans le scénario A, la mortalité associée aux conflits avec les humains aura des effets fortement négatifs pour l’ours grizzly et l’ours noir. La combinaison de la fin de la clôture au pont sur la rivière Bow, d’une amélioration de la qualité de l’habitat attribuable au programme d’éclaircissement forestier de Parcs Canada autour du hameau et d’un accroissement graduel de la fréquentation par les visiteurs amènera probablement davantage d’ours dans les zones fortement utilisées par les humains. Les rencontres plus fréquentes entre ours et humains mèneront vraisemblablement à l’accoutumance, avec des préoccupations accrues quant à la sécurité des personnes et des interventions additionnelles entraînant plus de décès parmi les ours.

Le scénario A entraîne des conséquences négatives sur la population de l’ours noir, de l’ours grizzly et d’autres espèces qui seront affectées par une mortalité routière accrue aux extrémités de la clôture. Le scénario A est probablement à peine plus favorable que l’option « aucun projet » car la baisse de mortalité routière le long du tronçon de 12 km pourrait être plus qu’annulée par la hausse de mortalité routière aux extrémités de la clôture. Compte tenu de la viabilité ténue des populations actuelles, les résultats du scénario A pourraient être des conséquences négatives à long terme sur les populations d’ours grizzly, d’ours noirs et de loups. Les conséquences sur la population des autres espèces varieraient vraisemblablement entre neutres et faiblement ou modérément négatives.