Parc national du Canada Banff
Gestion du parc
Projet d'élargissement de la Transcanadienne
Rapport sur le projet concernant les passages fauniques du parc national Banff, 2002
Foire aux questions
La clôture de la route transcanadienne est-elle efficace pour réduire les collisions entre les véhicules et la faune?
Les mesures d’atténuation des effets de la route consistant en clôtures et en structures de passage de la faune sont très efficaces pour réduire les collisions entre les véhicules et la faune. En effet, elles ont entraîné une réduction de plus de 80 % du nombre d’animaux tués sur la route et de plus de 95 % du nombre d’ongulés tués sur la route.
Comment savons-nous quels animaux utilisent les structures de passage?
Nous pouvons voir quels animaux utilisent les structures de passage en vérifiant les empreintes sur les pistes ratissées dans les structures tous les 2-3 jours. Nous vérifions les passages toute l’année. Les animaux laissent des empreintes sur ces pistes et nous pouvons ainsi identifier les espèces, le nombre d’individus et la direction de leur déplacement.
Les structures de passage fonctionnent-elles?
Cela dépend des critères, c’est-à-dire si l’on vise une espèce donnée ou l’écosystème du parc. Pour juger la réussite des mesures d’atténuation, on doit tenir compte de l’objectif de réduction du nombre d’animaux tués sur la route (clôture) et de l’effet de barrière de la route (passages de la faune). En nous fondant sur cinq années de surveillance, nous pouvons dire que les structures de passage fonctionnent d’un point de vue multi-espèces puisque nous avons documenté leur utilisation par tous les animaux, de la martre au grizzli. Il sera toutefois nécessaire de mener une recherche parallèle à long terme pour déterminer si ces mesures assurent le maintien du bon état biologique des animaux.
La faune préfère-t-elle les passages supérieurs ou inférieurs?
Les résultats de notre recherche indiquent qu’un seul type de structure de passage ne peut pas répondre aux besoins de tous les animaux. Nous avons documenté le passage de toutes les espèces de Banff dans les passages inférieurs et supérieurs mais certains types de structures semblent mieux convenir à certaines espèces que d’autres. Les passages inférieurs offrent généralement un environnement exposé, confiné et souvent étroit. Les couguars et d’autres animaux qui ont besoin de couvert ont tendance à préférer les passages inférieurs. Les cerfs et les wapitis, qui vivent habituellement dans des habitats ouverts, semblent préférer les passages supérieurs ou les passages inférieurs – ponts sans appui intermédiaire qui sont plus ouverts, soit plus larges, hauts et éclairés.
Pendant combien de temps et à quelle fréquence doit-on surveiller les déplacements de la faune aux structures de passage?
Au cours de notre étude de cinq ans, les loups dans la vallée de la Bow qui avaient presque disparu localement ont fini par compter 17 individus divisés en deux meutes résidentes à l’année longue, soit celle de la vallée de la Bow et la meute Fairholme. Le comportement des loups face aux structures de passage est passé de l’évitement presque complet par une meute saisonnière (Cascade) à de multiples passages quotidiens dans n’importe lequel des passages inférieurs par la meute Fairholme. Les passages inférieurs adjacents à la ville de Banff et à l’est n’étaient pas fonctionnels l’hiver pendant les six années où la meute Cascade se rendait dans la vallée de la Bow.
La venue d’un groupe de loups résidents qui s’est rapidement adapté aux mêmes passages inférieurs évités par la meute Cascade en hiver souligne le besoin de surveillance à long terme et d’études parallèles afin d’évaluer correctement la valeur de conservation des structures de passage. De petites fenêtres d’échantillonnage, caractéristiques de programmes de surveillance de six mois, un ou deux ans, sont trop courtes et peuvent fournir des résultats incorrects. En effet, elles ne permettent pas d’échantillonner adéquatement la variabilité dans les tendances d’utilisation des structures de passage par les espèces fauniques dans des paysages comportant des interactions complexes entre la faune et l’humain sur le plan de l’utilisation du territoire.
L’utilisation par la faune change-t-elle avec le temps?
Oui. L’utilisation par une espèce change au fur et à mesure que la taille de sa population change. L’ajout de la meute Fairholme dans le parc a entraîné une utilisation huit fois plus élevée par les loups au cours des phases 1 et 2, tandis que l’utilisation par les couguars a diminué avec le déclin de leur population aux alentours de la ville. De plus, les animaux prennent un certain temps à s’adapter aux nouvelles structures dans le paysage; l’usage des passages supérieurs a augmenté pour le grizzli, le couguar et le loup pendant les années de surveillance. C’est pourquoi la surveillance à long terme est essentielle pour comprendre l’évolution de l’utilisation des structures de passage.
Les prédateurs attendent-ils leur proie à l’entrée des structures de passage?
La plupart des études sur le passage de la faune n’indiquent pas de prédation dans les structures ou à proximité. Nous n’avons constaté qu’un seul cas où un couguar semblait avoir attaqué un wapiti à un passage supérieur près de la ville de Banff. Les animaux ont probablement tendance à éviter le couloir routier après avoir traversé en raison du fort volume de circulation et du bruit.
Quelle est la plus grande menace au maintien de populations fauniques en santé – les effets de barrière (pas possible de traverser la route) ou les effets mortels de la route (animaux tués)?
La mortalité et la restriction des déplacements constituent les incidences principales des routes sur la faune. Ces deux impacts n’ont pas le même effet sur les populations fauniques. La mortalité sur la route a un effet immédiat et direct qu’on peut constater facilement dans une ou deux générations. Les effets de barrière (aucun passage d’animal) peuvent prendre plusieurs générations avant de se faire sentir, soit jusqu’à 50 ans dans le cas d’une population de grizzlis en raison de leur longue durée de génération..
Comment saurons-nous où installer les structures de passage de la faune dans l’avenir?
De nombreuses études à Banff tentent de répondre à cette question depuis cinq ans. Les projets précédents d’aménagement de la RT offraient peu de temps pour recueillir des renseignements précieux sur l’emplacement des structures de passage les plus importantes sur la RT. C’est dans le cadre de nombreux projets de recherche qu’on a ramassé cette information sur le passage des animaux à l’aide de 1) surveillance par radiotélémesure des ours, des loups et des couguars, 2) de pistage dans la neige, 3) d’observations, et 4) de consignation des endroits où les animaux ne parviennent pas à franchir la route (y sont tués). On a élaboré des modèles de déplacement de la faune dans un Système d’information géographique afin de prédire les endroits où la faune franchit probablement la RT et on s’est servi de l’information de pistage ci-dessus pour mesurer l’exactitude des modèles et de leurs prédictions. Les résultats indiquent que les modèles sont très exacts et on les utilise par conséquent pour établir l’emplacement de futures structures de passage sur la RT.
Pour plus d'information, voir le chapitre 6 du rapport final
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