Parc national du Canada Banff
Gestion du parc
9.0 Un lieu pour la gérance environnementale
9.1 Aperçu
La gérance environnementale réduit l’incidence de nos activités quotidiennes sur le milieu environnant. Les mesures prises à cet égard vont des initiatives individuelles à de vastes programmes qui exigent des stratégies complexes (p. ex. gestion des déchets, gestion des lieux contaminés ou vérifications en matière d’énergie). Ce domaine, souvent appelé gestion environnementale, a connu une croissance rapide au cours des dix dernières années à la suite des nouvelles attentes du public, de l’acquisition de nouvelles connaissances, de l’existence de contraintes matérielles et de l’évolution des valeurs sociales. La gérance environnementale englobe une vaste gamme de questions et de mesures, de la réduction de la consommation des ressources à la restauration des paysages perturbés. La notion de gérance environnementale est étroitement liée au Code d’éthique et aux directives générales sur le développement du tourisme durable (voir la section 5.2).
Étant donné son statut de site patrimonial mondial, le parc national Banff doit répondre à des normes optimales de gérance environnementale. Il doit conserver ce même degré de conformité en permanence et à long terme. Bien que Parcs Canada assume la responsabilité de la prise d’initiatives dans ce secteur, les collectivités, les personnes, les entreprises et les établissements partagent la responsabilité de l’exécution des mesures concrètes.
9.2 Gestion environnementale
Les responsables du parc national Banff se sont efforcés de réduire les conséquences des activités et de l’exploitation du parc sur l’écosystème. Ils ont également mené diverses activités de gérance en collaboration avec divers partenaires (p. ex. le programme Enviropartners de TransAlta, des programmes de conservation des déchets et des programmes de recyclage). De plus, le parc a fait l’objet de nombreuses initiatives bénévoles.
Au cours des dernières années, le gouvernement fédéral a adopté un système de gestion environnementale plus officialisé et plus normalisé, qui s’applique à tous les services. En avril 1995, le gouvernement a approuvé une politique d’Écologisation du gouvernement (Environnement Canada, 1995). Cette politique engage les organismes fédéraux, y compris Parcs Canada, à prendre des mesures qui :
- respectent ou dépassent les exigences des lois et des règlements en matière d’environnement;
- s’apparentent aux meilleures pratiques des secteurs public et privé;
- permettent d’élaborer et de mettre en oeuvre des mécanismes de gestion environnementale.
Le Guide de l’écogouvernement, publié par Environnement Canada en 1995, et les modifications de la Loi sur le vérificateur général, adoptées en décembre 1995, ont poussé un peu plus loin l’initiative de gérance.
Parcs Canada élaborera une stratégie de développement durable. Cette stratégie déterminera les objectifs et les plans d’action de Parcs Canada en vue de l’intégration de principes de développement durable dans ses politiques, ses programmes et ses activités. Elle sera mise en oeuvre à tous les échelons.
La protection du patrimoine écologique et culturel du Canada constitue l’une des priorités de Patrimoine canadien. Il est essentiel de respecter la Loi canadienne sur l’évaluation environnementale et parfois d’aller au-delà de ces exigences (Patrimoine canadien, janvier 1996). Les gestionnaires de Parcs Canada doivent respecter leur engagement d’appliquer minutieusement la loi fédérale en matière d’environnement dans les lieux patrimoniaux administrés par Parcs Canada (Parcs Canada, 1994).
Les plans de gestion de Parcs Canada seront évalués selon le Processus d’évaluation environnementale relatif aux propositions de politique et de programme. Les évaluations tiendront compte des installations et des aménagements existants, ainsi que des nouvelles orientations stratégiques et de leurs conséquences cumulées. On mettra en oeuvre des projets précis à condition qu’ils fassent ultérieurement l’objet d’une évaluation au titre de la Loi canadienne sur l’évaluation environnementale, lorsque l’information disponible sera suffisante.
Certaines propositions qui ne sont pas visées par la Loi canadienne sur l’évaluation environnementale ni par le Processus d’évaluation environnemental relatif aux propositions de politique et de programme pourraient avoir une incidence néfaste sur les ressources naturelles et culturelles du parc. Ceci inclut l’apparition ou l’accroissement d’activités, comme les courses de traîneaux à chiens, qui nécessitent une évaluation environnementale bien qu’elles ne constituent pas des projets visés par la LCÉE ni des décisions de principe. Si Parcs Canada est responsable de rendre des décisions au sujet de ces propositions, les gestionnaires doivent veiller à ce qu’une évaluation environnementale soit effectuée et examinée avant que les propositions ne puissent être adoptées. (Patrimoine canadien, janvier 1996).
9.2.1 Objectifs stratégiques
Faire preuve d’une sensibilisation exemplaire et pratiquer la gérance environnementale
Faire preuve d'esprit d'initiative en utilisant des méthodes réfléchies à l'égard de l'environnement.
Veiller à ce que toutes les facettes des activités, des services et des produits de Parcs Canada, de même que ceux des gens et des entreprises soient conformes aux principes de gérance environnementale et de viabilité.
Veiller à l'exécution adéquate de toutes les lois et les politiques en matière d'évaluation environnementale qui s'appliquent à Patrimoine Canada.
9.2.2 Objectifs
- être perçu comme chef de file de la gérance environnementale dans le parc;
- partager avec les collectivités et les entreprises locales la responsabilité de la préservation de l’intégrité écologique;
- veiller à ce que tous les employés du parc possèdent les connaissances et les moyens nécessaires pour faire des choix réfléchis en ce qui concerne l’environnement;
- recourir à l’éducation et à la communication pour encourager les entreprises et les personnes qui visitent ou résident dans le parc à participer davantage à la conservation de l’environnement et à agir de manière responsable à l’égard de l’environnement;
- veiller à ce que toutes les évaluations environnementales soient de qualité supérieure et exhaustives sur le plan de leur contenu social, économique, culturel et écologique.
9.2.3 Mesures clés
1. Prendre l’initiative en élaborant un plan de gérance environnemental relatif au parc.
2. Collaborer avec d’autres intervenants du parc, en particulier les collectivités et les entreprises, afin d’instaurer des mécanismes de gestion environnementale à l’intention des entreprises et des établissements.
-
collaborer avec des dirigeants de chaque secteur;
-
donner la priorité aux régions où les mesures sont le plus profitables et où les résultats sont le plus immédiats;
-
promouvoir le partage des responsabilités relatives à la préservation de l’intégrité écologique.
3. Obtenir l'appui d'organismes bénévoles, de municipalités, d'entreprises commerciales, d'éducateurs et de résidents en ce qui a trait à l'élaboration et la mise en oeuvre d'un programme de gérance exhaustif. o offrir un éventail de possibilités de bénévolat de manière à susciter un sentiment d'appartenance à l'égard du parc.
4. Mettre à profit toutes les possibilités d'intégrer la notion de gérance environnementale aux baux, aux ententes de partenariat, aux programmes éducatifs et aux activités destinées au public.
5. Collaborer avec des organismes régionaux à la coordination des normes et des méthodes de gestion environnementale.
6. Veiller à ce que les évaluations environnementales des propositions relatives au parc soient de qualité supérieure. Définir clairement et mettre en place des normes et des attentes.
7. Promouvoir la sensibilisation à la gérance environnementale dans le cadre des communications et des programmes de formation liés au parc.
8. Collaborer avec les administrations de la ville de Banff et du hameau de Lake Louise et d'autres intervenants afin d'encourager les résidents et les visiteurs à avoir un comportement écologique.
9. Collaborer avec des partenaires de la région afin de concrétiser le concept d'une autorité responsable de la gestion des déchets à l'échelle de la région.
9.3 Traitement tertiaire des eaux usées et élimination des phosphates NOUVEAU!
Le parc national Banff compte deux usines de traitement des eaux usées : l’une est située dans la ville de Banff et l’autre, au hameau de Lake Louise.
On a choisi la lagune Peyto pour le traitement des eaux usées provenant du terrain de camping du mont Tunnel (le Village I et la partie est du Village II). La méthode utilisée à l’époque de la construction de cette installation n’est pas adaptée au traitement tertiaire; elle n’est plus acceptable.
9.3.1 Objectifs stratégiques
Maintenir la qualité de l'eau au niveau le plus élevé possible et, lorsque c'est nécessaire et réalisable, la rétablir à un tel niveau, de manière à éviter que la consommation humaine d'eau de surface et d'eau souterraine ne perturbe les systèmes aquatiques et riverains qui servent d'habitat à une grande diversité d'espèces naturelles, ou ne nuise à la salubrité de l'eau destinée à la consommation ou à l'utilisation humaines
Prendre l’initiative en préservant la qualité de l’eau.
S'efforcer d'atteindre à long terme les normes relatives à la qualité de l'eau, qui correspondent le plus à l'état naturel des eaux du parc
9.3.2 Objectifs
- réduire la concentration de phosphore dans la rivière Bow;
- réduire l'utilisation du phosphate dans le parc;
- veiller à ce que les usines de traitement des eaux, les fosses septiques et les rejets organiques aient le moins d'incidence possible sur les ressources aquatiques.
9.3.3. Mesures clés
1. Travailler à l’atteinte des objectifs stratégiques suivants pour la qualité de l’eau aux stations d’épuration des eaux.
Phosphore - 0,15 mg/l
Coliformes fécaux - < 20/100 ml (extrémité du conduit)
<2/100 ml (extrémité de la zone de dilution)
pH (acidité) - especter les niveaux naturels du milieu récepteur
DBO5 (Total) - Été < 10 mg/l
Hiver < 20 mg/l
Total des matières en suspension < 10,0 mg/l
NH3N - été < 1 mg/l
hiver < 5 mg/l
Nota :
- En ce qui concerne le phosphore, il est possible d’atteindre l’objectif au moyen des meilleures techniques existantes (MTE). À long terme, il s’agira de viser la cible établie à 0,005mg/L.
2. Améliorer l'usine de traitement des eaux usées de Lake Louise afin qu'elle respecte ces normes.
3. Étudier sans délai la nécessité de doter l'usine d'une génératrice de secours.
4. Collaborer avec la ville de Banff afin de satisfaire aux normes prévues par la mesure 1.
5. Élaborer, en collaboration avec des partenaires, un programme de communication visant à inciter les gens à utiliser moins de phosphore.
6. Améliorer le traitement des eaux usées provenant du terrain de camping du mont Tunnel.
- atteindre les objectifs fixés d'ici au printemps 1998.
7. Concevoir et mettre en oeuvre un programme visant à informer le public et les usagers commerciaux de la charge en éléments nutritifs et des méthodes qui permettent de la réduire.
8. Vérifier le rendement des systèmes de traitement des eaux dans certaines installations, p. ex. établissements commerciaux, terrains de camping, aménagements destinés à des activités diurnes ou centres de villégiature.
- prendre des mesures correctives au besoin.
9. Mettre en place immédiatement un programme de conservation de l'eau à Lake Louise.