Parc national Banff

Déraciner les envahisseurs : les plantes non indigènes

La tanaisie vulgaire
La tanaisie vulgaire
( Tanacetum
vulgare
)

© Services botaniques nationaux / Erich Haber
Le chardon des champs
Le chardon des champs
( Cirsium arvense )

© Parcs Canada / Collection du PNY/ Diapositive 5c (7)
Le comandre livide commun
Le comandre livide commun
( Linaria vulgaris )

© Services botaniques nationaux / Erich Haber

Les plantes non indigènes

Les plantes non indigènes constituent une menace écologique importante pour les communautés de plantes indigènes et d'animaux sauvages, car les parasites naturels et les maladies qui peuvent les affecter n'existent pas dans les régions qu'elles envahissent. Les plantes non indigènes ou exotiques délogent les plantes indigènes, dont le rôle est de stabiliser le sol et de servir de fourrage et d'abri pour les animaux sauvages. L'absence de contrôle naturel peut entraîner la propagation rapide des plantes non indigènes et la dégradation de l'habitat faunique.

Dans les parcs nationaux Banff, Kootenay et Yoho, on dénombre jusqu'à 119 espèces de plantes non indigènes. Le chardon des champs, le comandre livide commun, l'euphorbe ésule, le bouton d'or, la tanaisie vulgaire et la centaurée maculée ne sont que quelques-unes des espèces dont il faut se méfier. En effet, ce sont des herbes envahissantes et agressives qui se répandent rapidement.

Lutte contre les mauvaises herbes dans les parcs nationaux Banff, Kootenay et Yoho

Pour lutter contre les plantes non indigènes, Parcs Canada a mis sur pied un programme appelé gestion intégrée des parasites . Ce programme vise à empêcher l'apparition de plantes non indigènes et, autant que possible, à les éliminer ou à en prévenir la propagation afin de conserver la diversité des plantes indigènes et de la faune.

Venir à bout des mauvaises herbes

Dans les parcs nationaux, il est certes beaucoup plus efficace d'empêcher carrément l'apparition de plantes non indigènes. Toutefois, lorsque les plantes sont établies, il faut les éliminer ou les empêcher de se répandre davantage. Dans le cadre d'un programme de gestion intégrée des parasites, plusieurs méthodes sont utilisées pour lutter contre les mauvaises herbes :

Les méthodes mécaniques

Il est possible de se débarrasser des plantes non indigènes en les arrachant ou en les tondant à l'aide d'une tondeuse à lames ou à fil. Le désherbage à la main est un travail ardu, recommandé pour de petites zones infestées. Il faut s'y mettre au printemps, lorsque les racines des plantes sont faibles. Pour de grandes surfaces, il est préférable d'utiliser une tondeuse à lames ou à fil. La tonte doit se faire avant que les plantes non indigènes montent en graines.

Les méthodes biologiques

Dans certaines régions du Canada et des États-Unis, on s'est servi de méthodes biologiques pour lutter contre les mauvaises herbes. L'utilisation d'espèces exotiques d'insectes ou d'agents biologiques, tels que les coccinelles et les mouches, qui se nourrissent expressément de plantes non indigènes, a produit des résultats prometteurs. Des chèvres et des moutons domestiques ont également participé à la lutte contre les plantes non indigènes.

Jusqu'à maintenant, des méthodes biologiques ont été utilisées sur des terres provinciales adjacentes au parc national Kootenay (dans la région du ruisseau Stoddart), et nous comptons faire de ces méthodes un autre instrument du programme de lutte contre les mauvaises herbes des parcs nationaux. Quant aux chèvres et aux moutons domestiques, il est impossible d'y recourir en raison du risque de propagation de nouvelles maladies chez les animaux sauvages indigènes.

Les méthodes chimiques

Les herbicides constituent une autre méthode pour lutter contre les plantes non indigènes. Bon nombre des herbicides sont sélectifs, c'est-à-dire qu'ils tuent les plantes appartenant à une espèce sans mettre en danger les plantes d'une autre espèce.

Dans les parcs nationaux, nous pouvons utiliser des herbicides du genre Milestone, Transline, 2,4-D et clopyralide pour venir à bout d'herbes hautement nuisibles dans des endroits où elles constituent un danger. Les herbes nuisibles posent un risque sérieux pour les plantes indigènes et la communauté d'animaux sauvages. Dans la plupart des cas, nous avons recours aux herbicides uniquement pour réduire des populations choisies d'herbes nuisibles jusqu'à ce que nous soyons en mesure de les éliminer mécaniquement.

Mesures de gestion

Dans les parcs nationaux Banff, Kootenay et Yoho, nous aurons recours aux méthodes suivantes pour empêcher la propagation des mauvaises herbes non indigènes qui poussent dans des régions tant de l'avant-pays (où l'on peut accéder par route) que de l'arrière-pays :

La prévention

  • Nous utilisons du foin sans mauvaises herbes dans les ranchs du gouvernement et les pâturages des chalets de patrouille de l'arrière-pays.
  • La brochure « Exotic Plants and Cultivated Landscapes in the Mountain National Parks: a growing concern », qui contient des recommandations à l'égard des plantes qui devraient ou ne devraient pas pousser dans les jardins des parcs nationaux, sera distribuée aux détenteurs de tenure à bail et aux résidents des parcs.

La lutte

  • Nous mettrons l'accent sur le désherbage manuel de plusieurs petites parcelles des parc nationaux Banff, Kootenay et Yoho.
  • Nous mettrons en oeuvre un programme d'application d'herbicide. Parmi les herbicides que nous utiliserons, mentionnons l'herbicide Transline, qui servira au traitement d'une parcelle infestée de chardons des champs dans le lotissement urbain de Lake Louise de même qu'au traitement d'infestations de centaurées noires dans le parc national Kootenay.
  • Nous discuterons également avec la Canadien Pacifique Limitée (CP) de la création d'un programme de lutte aux herbicides pour maîtriser ou éliminer les comandres livides qui poussent sur les emprises de la CP dans les parcs nationaux Banff et Yoho.

La surveillance

  • Nous tiendrons un registre des plantes non indigènes et nous surveillerons des zones témoins en vue d'évaluer l'efficacité du programme.

La remise en état

  • Nous sèmerons de la végétation indigène dans des régions qui ont fait l'objet d'un désherbage dans les lotissements urbains de Lake Louise et de Field.

Comment pouvez-vous prendre part à la lutte contre les mauvaises herbes?

  • Apprenez à reconnaître les plantes non indigènes envahissantes et signalez au Service des gardes de parc toutes infestations observées dans les parcs nationaux.
  • Si vous voyagez à cheval, n'emportez que du fourrage sans mauvaises herbes dans l'arrière-pays. Avant d'y entrer, assurez-vous que les chevaux ne transportent pas de graines de mauvaises herbes (même dans leurs excréments).
  • Évitez de voyager ou de camper dans des zones infestées de mauvaises herbes pour empêcher que les graines se répandent.
  • Les routes de l'arrière-pays avoisinant les parcs nationaux constituent également des vecteurs qui permettent aux plantes non indigènes de se répandre dans des régions éloignées. Si vous parcourez ces routes, lavez souvent votre véhicule. Les graines peuvent être transportées d'une région à l'autre dans la boue et les débris qui se trouvent sur votre véhicule.
  • Si vous avez une propriété à l'extérieur des parcs, efforcez-vous de la débarrasser des plantes non indigènes envahissantes. La menace que constituent les plantes non indigènes pour la diversité des plantes indigènes et de la faune ne plane pas seulement sur les écosystèmes des parcs nationaux.

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