Parc national Banff

Les wapitis du parc national Banff

Gestion des wapitis dans le parc national Banff
Les wapitis et la municipalité de Banff – Trouver le juste équilibre

La sécurité au pays des wapitis

Un wapiti
Un wapiti
© Parcs Canada

S'il y a un gros animal que vous êtes presque sûr de voir pendant votre visite au parc national Banff, c'est bien le wapiti. Ce cervidé figure au sommet de la liste des animaux recherchés par les observateurs de la faune. Après l'orignal, le wapiti est le plus gros cervidé présent dans le parc. On y trouve aussi des caribous, des cerfs mulets et des cerfs de Virginie.

Le wapiti est aussi un élément essentiel de l''écologie du parc national Banff, où il est l'herbivore le plus répandu. Il constitue une importante source de nourriture pour des prédateurs comme le loup.

Le wapiti a toujours fait partie de l'écologie naturelle du parc, mais par le passé il était moins abondant qu'il ne l'est aujourd'hui. Au moment de la création du parc, en 1885, seulement quelques individus habitaient la vallée de la Bow. En 1906, l'effectif du wapiti était tellement bas que l'espèce semblait avoir disparu. Toutefois, dix ans plus tard, la population avait augmenté, tant naturellement que grâce à l'introduction, de 1918 à 1920, de 235 individus provenant du parc national Yellowstone, au Wyoming. Actuellement, le wapiti compte parmi les gros mammifères les plus abondants dans le parc : on y dénombre près de 3 200 animaux, dont plus de 900 dans la vallée inférieure de la Bow, près de la ville de Banff.

Un curieux nom

Le wapiti fait partie du groupe des ongulés, animaux dotés de sabots. Son nom scientifique est Cervus canadensis. Le nom « wapiti », qui lui a été donné par les Shawnees, signifie « croupe blanche ». Le mâle est appelé cerf et la femelle, biche.

Description

Le wapiti a un pelage brun clair, mais la face, le cou et les pattes ont une teinte foncée. Il arbore un croupion de couleur crème et porte une queue tronquée. Le mâle arrivé à maturité est très impressionnant. Son imposante ramure peut avoir jusqu'à 1,2 mètre d'envergure et de longueur et peser jusqu'à 22 kilogrammes. Le poids de animal varie de 180 à 450 kilogrammes. La femelle a un poids inférieur du tiers à celui du mâle et est dépourvue de ramures. Chez le mâle, les nouveaux bois commencent à pousser chaque printemps puis tombent l'hiver suivant.

Croissance du wapiti

Bien que les jeunes wapitis de l'année et les faons aient une croissance rapide, on les distingue de leur mère par la grosseur de leur tête, qui est plus petite par rapport au reste du corps que chez les adultes.

Certains prétendent qu'on peut déterminer l'âge d'un mâle adulte selon le nombre de ramifications de leurs bois. Or, cette méthode ne donne pas une bonne indication de l'âge. Les jeunes mâles dont les bois ont une seule pointe, appelée cor ou andouiller, sont dans leur deuxième année. Par la suite, il s'ajoute au moins un cor par année à leur ramure (jusqu'à 7), mais cela est impossible à prévoir, car la croissance des bois dépend de l'état de santé général de l'animal. Un jeune mâle en excellente santé peut porter le même nombre de cors qu'un mâle beaucoup plus âgé mais moins bien portant.

Que mange le wapiti?

La plupart des membres de la famille des cervidés, dont l'orignal et le cerf mulet, sont des brouteurs; ils se nourrissent presque exclusivement de rameaux, de feuilles d'arbres et d'arbustes. Le wapiti, quant à lui, broute aussi le sol. Il doit consacrer beaucoup de temps à se nourrir. L'été, il mange beaucoup d'herbe, de plantes et de feuilles afin de constituer les réserves de graisse dont il aura besoin pendant la période de la reproduction et le long hiver qui suit. Pendant la saison froide, des substances ligneuses sèches, comme de l'herbe, des rameaux et de l'écorce séchés, qui prennent plus de temps à digérer, forment la majeure partie de son régime alimentaire.

La plupart des wapitis se déplacent à la recherche de la meilleure nourriture disponible. Ceux qui fréquentent le parc national Banff sont considérés comme des migrateurs partiels. Cela signifie que certains d'entre eux migrent ou se dispersent à certaines époques de l'année. D'autres demeurent dans le même territoire durant toute leur vie. D'autres encore peuvent être sédentaires pendant un certain temps et migrer certaines années selon les conditions de l'habitat.

Quels sont les ennemis du wapiti?

Les ennemis naturels du wapiti sont le couguar, le loup et l'ours. Bien que la chasse soit interdite dans les parcs nationaux, les collisions avec des voitures et des trains causent la mort d'un certain nombre d'individus - 70 en moyenne - chaque année dans le parc national Banff.

Le printemps et l'automne, temps forts de l'année

Un petit wapiti
Un petit wapiti
© Parcs Canada

De la mi-mai au début de juillet, les biches trouvent refuge dans la forêt pour y donner naissance à un petit (rarement deux). Pendant les trois premières semaines de son existence, le faon est à la merci des prédateurs. Sa mère le dissimule dans un fourré; elle lui lèche tout le corps pour qu'il soit tout à fait propre et qu'il ne dégage pas d'odeurs pouvant attirer les prédateurs. Ces précautions, ainsi que le pelage tacheté du faon, bien caché dans les herbes hautes, réduisent les risques. Pendant cette période, la mère rend visite au petit seulement à quelques reprises durant la journée, mais elle monte la garde à courte distance. Au moindre signe de danger, elle est toujours prête à attaquer avec ses sabots tranchants ou à servir de leurre pour attirer les prédateurs loin du faon. Quand celui-ci peut courir, il rejoint le troupeau, appelé harde, en compagnie de sa mère.

Seuls les femelles, les faons et les jeunes (daguets et bichettes) composent les hardes en été. Ils comptent sur leur nombre pour se protéger de leurs ennemis. Les mâles adultes, pour leur part, vivent en solitaires ou en petits groupes distincts des hardes. Ils doivent trouver la nourriture qui pourra le mieux assurer la croissance rapide de leur corps et de leurs bois pendant la courte saison de végétation. Mâles et femelles se rencontrent pendant la période de la reproduction, appelée rut. Les mâles adultes rassemblent les biches et leurs petits en harems, tandis que les jeunes mâles (les daguets) les observent de près. Une fois la période du rut terminée, les wapitis vivent en groupes lâches jusqu'au printemps suivant, saison où les deux sexes se séparent à nouveau jusqu'à l'automne.

Une musique particulière

Le wapiti est le plus volubile des cervidés. Biches et faons gardent le contact en émettant des sifflements, des cris stridents et des miaulements. À l'occasion, des jappements signalent un danger. À l'automne retentit dans la forêt le brame des mâles, qui cherchent à attirer les femelles pour former leur harem. Ils émettent des rugissements aigus, suivis de brefs toussotements et grognements. La qualité du brame et l'apparence physique traduisent l'état de santé du mâle en chaleur, dont les cris qui résonnent dans la forêt ou sur la prairie signalent la présence aux biches. Celles-ci, attirées par l'intensité du brame, s'approchent; il arrive aussi que d'autres mâles viennent défier le soupirant.

Le langage du corps

Le wapiti communique également par ses postures. Pendant la période des amours, le cerf se tient le corps élancé et de côté pour faire voir ses bois et toute sa puissance dans le but de manifester sa dominance. Pour garder les biches dans son harem, il peut incliner sa ramure vers l'arrière en guise d'avertissement. En tout temps de l'année, le wapiti peut montrer son irritation en grinçant des dents, en rabattant sa lèvre inférieure ou en couchant ses oreilles vers l'arrière. Il est important de reconnaître ces comportements quand on voit des wapitis.

Signes de la présence du wapiti

Bien qu'il soit répandu dans le parc, le wapiti est parfois invisible. Comme tous les animaux sauvages, il est naturel pour lui de se déplacer et de trouver refuge dans la forêt. Si vous n'apercevez pas de wapitis, vous pouvez néanmoins trouver des indices de leur présence.

Il faut d'abord surveiller les arbres. Le signe le plus évident du passage d'un wapiti se retrouve sur l'écorce des trembles. Quand l'écorce est en bonne condition, elle présente une teinte verte; elle contient de la chlorophylle, qui est nourrissante pour le wapiti. Les trembles peuvent montrer des cicatrices de teinte foncée sur leur tronc jusqu'à deux mètres du sol, soit la hauteur maximum que l'animal peut atteindre en hiver. Les arbres dont l'écorce est mâchée constamment deviennent vulnérables à la maladie et aux insectes. Ainsi, la concentration des wapitis a produit un impact important sur les trembles autour de la ville de Banff.

De plus, le wapiti mange le bout des tiges des buissons et des petits arbres, qui ont l'air d'avoir été taillés. La hauteur d'un jeune arbre brouté indique la hauteur de la couverture de neige l'hiver précédent. La présence de morceaux d'écorce au pied des jeunes pins indique qu'un gros mâle s'est frotté les bois sur les troncs pendant la saison du rut.

En hiver ou sur les terrains humides, on peut trouver des traces de pas (de 10 centimètres de long) dans la neige ou la boue. Des zones d'herbe aplatie ou des dépressions peuvent marquer les endroits où un cerf s'est isolé. On peut y déceler une odeur musquée de gibier ou y trouver des poils de couverture (jarres) ou des excréments. Bien sûr, le wapiti laisse aussi des traces de pas dans la neige en se déplaçant à la recherche de nourriture.

Enfin, les excréments témoignent aussi du passage du wapiti. Il s'agit généralement de petites boules ovales pouvant atteindre 3,8 centimètres de longueur. Quand la végétation est particulièrement humide, les excréments le sont aussi.

Les meilleurs endroits où voir le wapiti

Dans la partie est du parc, les visiteurs ont d'excellentes chances de voir des wapitis tout au long de l'année. Vous pouvez emprunter les routes du parc, comme la promenade de la vallée de Bow, la boucle de Minnewanka, la route qui longe le terrain de golf, ou vous rendre à proximité des prés qui entourent la ville de Banff. N'oubliez pas de respecter les limites de vitesse et d'être aux aguets, car les wapitis peuvent se lancer sur la chaussée sans avertissement.