Parc national du Canada Banff
Gestion du parc
Projet d'élargissement de la Transcanadienne
Rapport sur le projet concernant les passages fauniques du parc national Banff, 2002
RECHERCHE
FRANCHISSEMENT DES ROUTES PAR LA FAUNE
Pourquoi les animaux choisissent-ils d’emprunter certaines structures de passage?
Analyse des passages inférieurs de la phase 1 et 2
Les résultats d’une analyse de l’utilisation des passages inférieurs de la phase 1 et 2 donnent à penser que les animaux ne réagissent pas tous de la même façon aux différentes caractéristiques de ces passages – qu’elles soient liées à la structure, au paysage ou à l’humain. L’influence humaine était toutefois un facteur important dans l’usage des passages par la faune.
Les carnivores (ours noir, grizzli, couguar, loup) utilisaient les passages inférieurs près des bassins récepteurs ou des rivières, tandis que les ongulés les évitaient. Les dimensions des passages avaient peu d’effet sur le franchissement car les animaux étaient peut-être habitués aux passages inférieurs aménagés depuis 12 ans. Une fois que les animaux s’adaptent aux structures, l’activité humaine et les caractéristiques du paysage peuvent jouer un plus grand rôle que les dimensions dans la façon dont la faune utilise les passages.
Nos résultats indiquent que les passages inférieurs les mieux conçus et aménagés peuvent être inefficaces si l’activité humaine n’est pas contrôlée.
Il semble en effet que dans un parc national comme celui de Banff, l’approche la plus efficace et économique pour accroître l’efficacité de l’utilisation consiste à gérer l’activité humaine près de chaque passage inférieur.
Analyse des structures de passage de la phase 3A
Pour donner suite à l’étude susmentionnée sur les passages inférieurs, nous avons examiné un nouvel ensemble de passages inférieurs et supérieurs (phase 3A) auxquels les animaux avaient eu peu de temps pour s’habituer. Contrairement aux résultats précédents, les résultats obtenus donnaient à penser que les dimensions structurelles constituaient la meilleure explication de l’utilisation par les gros carnivores et les ongulés, tandis que les facteurs liés au paysage et à l’humain n’étaient pas aussi importants. Les grizzlis, les loups, les wapitis et les cerfs avaient tendance à emprunter les structures de passage hautes, larges et courtes. Pour leur part, les ours noirs et les couguars préféraient des structures plus réduites. Les tendances observées correspondent aux comportements et caractéristiques du cycle biologique des espèces évoluées; certaines espèces préfèrent par exemple les aires ouvertes alors que d’autres ont besoin de couvert.
Nos résultats soulignent l’importance de ce qui suit :
(1) étudier la façon dont les espèces changent leur comportement sur le plan de l’utilisation des structures de passage au fil du temps et dans l’espace; et
(2) étudier les réactions de plusieurs espèces puisque chaque espèce réagit différemment aux structures.
Les résultats de ces deux études donnent à penser que les stratégies d’atténuation doivent comprendre la gestion de l’usage humain et être mises en oeuvre dans l’aire adjacente à la structure de passage ainsi que dans le paysage à plus vaste échelle afin de s’assurer que la structure reste fonctionnelle au fil du temps.
La surveillance continuelle à long terme des structures de passage est essentielle pour saisir la variabilité des populations fauniques et déterminer de façon fiable les points forts et les points faibles des caractéristiques de la conception pour les diverses espèces.
Usage par les couguars (Puma concolor) des structures de passage
Dans le cadre d’une autre analyse, nous nous sommes penchés sur l’usage des structures de passage par une seule espèce à l’aide de différentes mesures et techniques d’analyse. Les couguars empruntaient les passages plus souvent que prévu l’hiver et moins souvent que prévu l’été. Les structures les plus fréquentées par les couguars étaient celles situées près d’un habitat de haute qualité pour leur espèce. Nous avons constaté que les structures étaient efficaces pour les couguars car ils les utilisaient régulièrement et profitaient ainsi d’une connectivité entre les habitats des deux côtés de la route.
Pour plus d’information, voir le chapitre 3 du rapport final
Comment les petits mammifères traversent-ils la route?
Les ponceaux sont des structures courantes dans les couloirs routiers mais on sait peu de chose au sujet de leur usage par la faune et de leur rôle en tant que passage sécuritaire et lien de connectivité pour la faune terrestre. Nous avons étudié l’utilisation des ponceaux par les petits et moyens mammifères le long des routes à Banff. Nous avons surveillé deux hivers durant divers types de ponceaux de dimensions différentes, situés dans des habitats et sur des tronçons de route aux caractéristiques diverses.
Nous avons constaté que le volume de la circulation, le niveau de bruit et la largeur de la route constituaient des facteurs très importants qui influençaient l’usage des ponceaux. Le nombre de passages par les martres et les lièvres d’Amérique et les écureuils roux augmentait avec l’accroissement du volume de la circulation, la variable la plus importante. L’utilisation des ponceaux par les coyotes diminuait avec l’augmentation de la circulation. L’augmentation du bruit et de la largeur de la route semblaient avoir une incidence négative sur le passage des coyotes, des lièvres d’Amérique et des écureuils roux.
Pour de nombreux petits et moyens mammifères, les ponceaux peuvent aider à minimiser les effets potentiellement nocifs des voies de transport en fournissant un lien d’habitat vital sous les routes.
1) Écureuil roux et 2) Belette utilisant un ponceau© Tony Clevenger Pour plus d’information, voir le chapitre 3 du rapport final
< Page précédente | Table des matières | Page suivante >