Parc national du Canada Banff
Merveilles naturelles et trésors culturels
Raison d'être des relevés de reptiles et d'amphibiens
Animaux colorés, discrets, aux formes changeantes, tantôt aquatiques, tantôt terrestres - comment résister à la fascination qu’exercent ces organismes, premiers vertébrés à avoir conquis le milieu terrestre, bien avant les dinosaures?
Plus au sujet des Herpétologique
Raison d'être des relevés
Importance des amphibiens et des reptiles
Causes du déclin des amphibiens et des reptiles
Mesures prises pour tenter de remédier au problème
Plus au sujet des Herpétologique
Les amphibiens et les reptiles sont présents sur la Terre depuis près de 350 millions d’années. Leur déclin à l’'échelle de la planète s’est toutefois amorcé il y a seulement deux décennies. En Alberta, certaines espèces autrefois abondantes comme la grenouille léopard sont disparues en quelques années seulement. Dans de nombreuses régions, les scientifiques ne disposent pas des informations voulues pour déterminer et comprendre les causes et les répercussions de ces déclins.
Parcs Canada a le mandat d’assurer la protection de nos parcs nationaux et de tous les animaux et les plantes qui y vivent et de veiller à ce que les processus naturels comme les feux et les inondations s’y poursuivent normalement. Les visiteurs et usagers des parcs nationaux des Rocheuses jouent un rôle essentiel en prenant soin de cet environnement et en participant à sa conservation.
Raison d'être des relevés
Parcs Canada souhaite obtenir plus de renseignements concernant l’état
des populations d’amphibiens et de reptiles qui vivent dans les parcs
nationaux Banff, Yoho et Kootenay ainsi que dans le lieu historique national
Rocky Mountain House. Ce relevé fournira de précieuses informations
sur la répartition des espèces d’amphibiens et de reptiles
vivant dans les montagnes. Ces informations seront versées dans une
base de données mondiale destinée à promouvoir la conservation
des amphibiens et des reptiles à l’échelle planétaire.
Les populations de reptiles et d’amphibiens peuvent fluctuer de façon
naturelle. La surveillance à long terme nous aidera à distinguer
les fluctuations démographiques à court et à long terme
des fluctuations engendrées par une catastrophe.
La surveillance à long terme, qui s’inscrit dans la suite logique de ce relevé, devrait nous aider à distinguer les fluctuations démographiques à court et à long terme des fluctuations engendrées par une catastrophe. Le programme de relevé herpétologique présente également des liens avec d’autres programmes provinciaux et nationaux. Pour obtenir de plus amples renseignements sur ces programmes, consultez les sites Web et les références présentés à la section « Sources de renseignements additionnels » (pages 8 à 10).
Importance des amphibiens et des reptiles
En raison de leur cycle vital et de leur biologie, les amphibiens et les reptiles peuvent nous livrer de précieuses informations sur l’'ments dans lesquels ils évoluent. La peau des grenouilles, des crapauds et des salamandres n’est pas protégée par des poils, des plumes ou des écailles. Elle est perméable et sensible à la qualité de l’eau et aux conditions environnementales en milieu terrestre. Dans les montagnes, les reptiles se rencontrent uniquement dans les habitats où ils retrouvent les conditions climatiques et les refuges dont ils ont besoin pour survivre. Les amphibiens et les reptiles sont des animaux à sang froid. En conséquence, leur température corporelle fluctue en fonction de la température ambiante.
Les amphibiens et les reptiles occupent une place importante dans les chaînes
trophiques de nombreuses communautés naturelles et jouent par conséquent
un rôle déterminant dans le maintien de l’équilibre
des écosystèmes. Ils sont tantôt les proies, tantôt
les prédateurs de nombreuses autres espèces. Les œufs et
les larves des amphibiens sont une riche source de nourriture pour les oiseaux
et les poissons. À leur tour, les grenouilles et les crapauds consomment
d’énormes quantités d’insectes. Les reptiles sont
également une source de nourriture pour les oiseaux et les mammifères,
et ils se nourrissent eux-mêmes de rongeurs, de poissons et d’insectes.
Les amphibiens peuvent former une portion importante de la biomasse des vertébrés
dans certaines régions de l’Alberta, dépassant les biomasses
combinées des oiseaux et des mammifères. En dépit de
leur taille modeste, les amphibiens jouent un rôle majeur dans les écosystèmes.
Causes du déclin des amphibiens et des reptiles
Les déclins des populations d’amphibiens et de reptiles peuvent résulter de changements environnementaux tant locaux que planétaires. Si certains déclins ont été observés dans des régions exposées aux effets des activités humaines, il est encore plus alarmant de constater que certaines populations sont complètement disparues de régions sauvages non perturbées.
Bien que les parcs nationaux contribuent à la protection des environnements naturels et englobent des régions sauvages qui n’ont pas été touchées par le développement, les amphibiens et les reptiles qui y vivent ne sont pas à l’abri de tout danger. De nombreux facteurs y menacent la survie de ces animaux sensibles, comme les contaminants chimiques transportés sur de longues distances, dont la trace a été décelée dans des glaciers et des lacs de nos parcs. Si nous parvenons à cerner les facteurs qui menacent la survie de nos amphibiens et reptiles et si nous en savons davantage sur la répartition et l’abondance de nos espèces et sur les habitats critiques dont elles ont besoin, nous serons plus en mesure d’intervenir en vue de modifier ces facteurs et d’atténuer leurs effets néfastes.
Quelles sont les causes des déclins des amphibiens et des reptiles
observés à l’échelle planétaire?
Examinons l’impact de chacun de ces facteurs:
Exploitation par les humains:
Les reptiles et les amphibiens sont exploités par les humains comme source de nourriture, comme matériel expérimental dans les laboratoires de biologie, pour leur peau ou pour le commerce d’animaux de compagnie. Dans de nombreuses régions du monde, la collecte à ces fins d’amphibiens et de reptiles s’effectue à grande échelle. La manipulation et la collecte d’amphibiens ou de reptiles dans les parcs nationaux canadiens sont interdites par la loi.
Persécution:
De nombreuses personnes n’aiment pas les reptiles. Partout dans le monde, les serpents inspirent la crainte et sont tués à vue. La persécution délibérée a provoqué la disparition d'un certain nombre d’espèces. Les reptiles qui vivent dans les parcs nationaux des Rocheuses canadiennes ne présentent aucun danger pour les humains. Il est strictement interdit par la loi de harceler ou de blesser les animaux, y compris les reptiles, qui vivent dans les parcs nationaux.
Perte d'habitats:
L’expansion des populations humaines et l’étalement urbain,
l’aménagement d’installations touristiques, le développement
agricole et hydroélectrique et l’exploitation forestière
peuvent altérer ou détruire des milieux humides et d’autres
habitats essentiels pour les reptiles et les amphibiens. Les populations diminuent
à mesure que les habitats restants deviennent de plus en plus fragmentés
et ne parviennent plus à assurer la survie des individus qui y ont
été déplacés.
Fragmentation des habitats:
La fragmentation des habitats réduit la qualité et la quantité des habitats disponibles pour les reptiles et les amphibiens. Des structures comme les routes et les terrains de golf peuvent scinder des habitats importants pour les reptiles et les amphibiens et entraver ou même empêcher complètement leurs migrations. Durant les migrations, les automobiles peuvent causer en peu de temps la mort de nombreux amphibiens. La fragmentation des habitats peut empêcher les individus d’une population source de recoloniser une région. Elle entraîne également une réduction de l’aire de répartition et du nombre de populations des espèces touchées. La conservation de couloirs sûrs entre les habitats est essentielle.
Introduction d'espèces exotiques:
Les êtres humains ont introduit des espèces animales et végétales
exotiques dans de nombreuses régions du monde pour diverses raisons,
notamment comme source de nourriture ou comme espèce gibier. D’autres
espèces étaient des animaux de compagnie qui n’étaient
plus désirés. Ces espèces exotiques s’adaptent
souvent fort bien aux conditions de leur nouvel environnement et livrent aux
espèces indigènes une compétition si agressive pour la
nourriture et l’espace vital qu’elles finissent par les supplanter.
Certaines espèces deviennent des prédateurs d’espèces
indigènes. Dans les parcs nationaux des Rocheuses, l’introduction
de certaines espèces de poisson de pêche sportive dans des étangs
et des milieux humides jusque-là sans poissons a provoqué la
disparition locale de la salamandre à longs doigts. Les poissons se
nourrissent des œufs, des larves et des adultes d’amphibiens. L’introduction
accidentelle de micro-organismes et parasites exotiques peut aussi provoquer
des incidents de mortalité massive. Des animaux de compagnie ont été
abandonnés dans les parcs nationaux, bien que cette pratique soit illégale.
Il est difficile, sinon impossible de réparer les dommages occasionnés
par ces introductions.
Maladies:
Divers agents pathogènes tels que des virus, des champignons et des
bactéries ont été incriminés dans le déclin
des amphibiens à l’échelle mondiale. S’agit-il d’un
phénomène récent? Ces organismes sont-ils indigènes
ou introduits? Nous manquons d’information sur la question. Les scientifiques
croient que les amphibiens et les reptiles sont plus susceptibles de contracter
une maladie s’ils subissent déjà l’influence d’un
stress.
Contamination chimique et thermique:
Les polluants transportés dans l’air et dans l’eau comme
les pesticides, le sel de voirie et les précipitations acides atteignent
les milieux humides en provenance de sources locales et lointaines. Ces polluants
altèrent la qualité de l’eau et des sols dans lesquels
les amphibiens et les reptiles vivent et se nourrissent. Les substances chimiques
peuvent affecter directement la santé des animaux en provoquant des
intoxications ou agir indirectement en déréglant les mécanismes
hormonaux, en réduisant le succès de la reproduction et en provoquant
des malformations. L’envasement des milieux humides peut réduire
la survie des œufs et des larves des amphibiens.
La contamination thermique entraîne un changement de la température
des plans d’eau. L’exploitation forestière près
des étangs et des milieux humides accroît l’exposition
des plans d’eau aux rayons solaires et, par conséquent, une élévation
de la température de l’eau et du rayonnement ultraviolet bien
au-delà des limites tolérées par les amphibiens, qui
ont besoin d’une eau fraîche et propre pour se reproduire.
Rayonnement ultraviolet:
L’appauvrissement de la couche protectrice d’ozone provoque
une augmentation du rayonnement ionisant (UV-B) qui atteint la surface de
la Terre. Le rayonnement ultraviolet provoque le cancer de la peau chez les
êtres humains et a des effets létaux pour les œufs des amphibiens.
Changement climatique planétaire:
De nombreuses espèces d’amphibiens se reproduisent dans des
étangs printaniers et des milieux humides temporaires. Les œufs
et les larves doivent boucler leur développement avant que leur gîte
s’assèche, et les adultes préfèrent les habitats
ombragés et humides. Les amphibiens résistent habituellement
à de épisodes de sécheresse occasionnels, mais leur reproduction
peut être compromise si la sécheresse persiste durant plusieurs
années. De nombreuses populations risquent de disparaître si
le climat se réchauffe de seulement quelques degrés et si les
sécheresses deviennent plus fréquentes.
N’importe lequel de ces facteurs pourrait causer la disparition locale
d’une population de reptiles ou d’amphibiens. Toutefois, normalement,
plusieurs facteurs affectent simultanément une population, et ces facteurs
peuvent interagir et avoir des effets multiplicateurs. Lorsqu’une population
disparaît, la distance entre les populations qui restent peut s’accroître
au point d’entraîner l’interruption des migrations. La reproduction
consanguine peut réduire la variabilité du patrimoine génétique
requise pour réagir aux changements environnementaux et accroît
de ce fait le risque de disparition des populations isolées.
Mesures prises pour tenter de remédier au problème
En 1991, l’union internationale pour la conservation de la nature,
préoccupée par le déclin généralisé
des amphibiens à l’échelle mondiale, a mis sur pied le
groupe de travail sur le déclin des populations d’amphibiens,
réseau qui réunit plus de 3 000 scientifiques et protecteurs
de l’environnement de plus de 90 pays. Les membres de ce groupe de travail
supervisent les recherches et échangent de l’informations concernant
l’ampleur et les causes des déclins des amphibiens à l’échelle
mondiale. Ils offrent également leur appui aux travaux visant à
freiner et à renverser les déclins des populations d’amphibiens.
Le Canada a créé son propre groupe de travail sur le déclin
des populations d’amphibiens au Canada en 1991. Cette initiative a conduit
à la création du réseau canadien de conservation des
amphibiens et des reptiles (RCCAR), formé de scientifiques dévoués
à cette cause.
L’Alberta a lancé en 1992 un projet de surveillance des amphibiens
par des bénévoles. Son exécution a été
confiée à la Fish and Wildlife Division du ministère
de l’Environnement de l’Alberta. La Colombie-Britannique possède
un programme similaire, dont la gestion relève du ministère
de l’Environnement, des Terres et des Parcs.
Un groupe de conservation local, appelé The Bow Valley Naturalists,
effectue depuis 1992 des relevés dans la partie inférieure de
la vallée de la Bow, dans le parc national Banff. D’autres relevés
ont été réalisés dans certains secteurs des parcs
nationaux Kootenay et Yoho au cours des dernières années. La
distribution et l’abondance des amphibiens et des reptiles demeurent
à déterminer dans la plupart des secteurs des parcs des Rocheuses.
Les visiteurs et les résidants peuvent participer activement aux recherches
sur les amphibiens et reptiles en prenant part à de tels relevés.
En plus d’avoir la chance d’être en étroite communion
avec la nature, ils contribueront à enrichir les précieuses
bases de données provinciales et nationales.
Pour obtenir de plus amples renseignements sur la question, consultez les
sites Web et les références présentées.