Parc national du Canada Banff
La pêche à la ligne ... la gérance dans la tradition
Pêche à la ligne dans les montagnes
© Parcs Canada
La pêche à la ligne est, pour nombre de gens, une manière de prendre une pause et de profiter du cadre paisible qu'offrent les aires protégées. Pour d'autres, c'est une manière d'en apprendre davantage sur des milieux aquatiques. Quelle que soit la raison qui vous pousse à partir à la pêche, profitez du temps que vous passez sur les lacs et les rivières des parcs nationaux des montagnes et aidez-nous à protéger ces précieuses ressources.
Les pêcheurs à la ligne appuient les parcs nationaux en respectant les règlements, en participant aux enquêtes par interrogation du pêcheur et de l'utilisateur, en signalant les poissons marqués qu'ils aperçoivent et en participant aux consultations publiques. Pour savoir comment mieux vous informer et participer, communiquez avec le spécialiste des milieux aquatiques de votre parc.
Futurs protecteurs de la pêche avec leur prise
© Parcs Canada / Larry Halverson
UN PERMIS D'ABORD ET AVANT TOUT
Avant de pêcher dans un parc, il faut se procurer un permis de pêche de parc national. Vous pouvez acheter un permis annuel ou un permis pour la journée, en vous adressant à un centre d'accueil dans un parc national, à un comptoir dans un établissement de sources thermales, à un stand de terrain de camping ou encore dans certains commerces de détail de la région. Le permis que vous achetez dans un parc national n'est valide que pour ce parc national, à l'exception des parcs des Rocheuses (Banff, Jasper, Kootenay et Yoho), où un seul permis est bon pour l'ensemble de ces parcs. Un résumé des règlements de la pêche (mis à jour tous les ans) accompagne votre permis; vous pouvez aussi l'obtenir en vous adressant à l'un des centres d'accueil des parcs.
VOTRE SÉCURITÉ ... VOTRE RESPONSABILITÉ
Que vous pataugiez dans une rivière ou que vous naviguiez à bord d'une embarcation, il en revient à vous d'assurer votre sécurité et celle de vos compagnons.
- En bateau, munissez-vous de tout le matériel de sécurité nécessaire.
- Soyez prêt à affronter toutes les conditions météorologiques; même l'été, il peut faire froid dans les montagnes.
- Ayez toujours assez de vêtements pour vous tenir au chaud; emportez des vêtements de rechange pour parer à toute éventualité.
- Et surtout, attention aux ours dans les milieux sauvages.
L'ENSEMENCEMENT DANS LE PARC – UNE PAGE D'HISTOIRE
Par une chaude journée en 1925, le camion d'une écloserie qui transportait 45 000 alevins d'un an tomba en panne sur la Transcanadienne, tout juste à l'est de Banff. Le conducteur, qui craignait que sa marchandise ne périsse dans son camion, fit ce qui lui sembla la meilleure chose à faire à ce moment-là – il relâcha les jeunes truites de mer dans un cours d'eau non loin de là. Les truites de mer finirent par suivre le courant jusqu'à la rivière Bow, là où vit depuis leur descendance.
Même s'il s'agit probablement de l'intervention la moins planifiée qui soit, ce n'était toutefois pas la première fois que les eaux du parc national Banff étaient ensemencées. Dès le tournant du siècle, des employés du Canadien Pacifique avaient déjà déversé des ombles de fontaine et des truite arc-en-ciel dans la rivière Bow. Attirés par la rumeur selon laquelle les eaux de Banff regorgeaient de poissons, les touristes arrivaient par trains bondés. Il fallu procéder à l'ensemencement des cours d'eau pour apaiser les appétits voraces des premiers pêcheurs de Banff, hommes et femmes. En 1906, l'une de ces femmes se vanta de pouvoir entasser dans son panier de pêche treize truites allant d'une demi-livre à deux livres en l'espace d'une heure.
Une telle abondance ne pouvait toutefois pas durer. Dans les montagnes, les eaux froides et souvent vaseuses ne peuvent pas soutenir des poissons en grandes quantités. Nombre des espèces exotiques qui avaient été introduites ne survécurent pas. Parallèlement, d'autres espèces introduites s'en sortirent merveilleusement bien dans leur nouveau milieu, trop bien même : les populations de poissons indigènes, sous l'effet de la concurrence qui leur était faite pour la nourriture et les aires de frai, s'épuisèrent.
On ne peut défaire ce qui a déjà été fait, mais on peut toutefois en tirer une leçon. On n'introduit plus aujourd'hui de poissons non indigènes dans les eaux des parcs. Les eaux des parcs des montagnes, qui ne sont pas ensemencées, ne peuvent pas soutenir naturellement d'importantes populations de poissons; on encourage donc les pêcheurs à remettre leurs prises à l'eau. Plus il y aura de poissons qui s'en sortiront aujourd'hui, plus il y en aura dans les années à venir.
LES EFFETS DE L'ENSEMENCEMENT SUR LES EAUX DU PARC
Avant le XXe siècle, il n'y avait pas de poisson dans la plupart des lacs des parcs nationaux des montagnes. Dans une étude réalisée dans les parcs nationaux Jasper, Banff, Yoho, des Lacs-Waterton, du Mont-Revelstoke et des Glaciers, on a constaté que plus de 95 % des 1 464 lacs de ces parcs ne contenaient pas de poissons avant leur ensemencement au XXe siècle. Dans les quelques lacs qui soutenaient des populations de poissons indigènes, on trouvait une communauté simple, comportant de une à quatre espèces de poisson, selon la taille, l'altitude et le degré d'exposition du lac.
Les programmes de gestion des pêches qui étaient mis en place dans le parc national Banff visaient à fournir de bonnes possibilités de pêche. Pour atteindre ce but, on déversa une masse de poissons d'élevage dans pratiquement tous les lacs et cours d'eau accessibles du parc. Or ces eaux renfermaient de nombreux stocks génétiques rares de poissons et d'autres organismes. Les poissons introduits étaient considérés comme des poissons de sport supérieurs ou des suppléments inoffensifs pour les stocks indigènes. Et les gestionnaires des pêches pouvaient être à peu près certains que les poissons introduits prospéreraient dans les diverses conditions qu'offrait l'habitat du parc.
Si les espèces introduites se multiplient et favorisent la pratique de la pêche récréative, on se préoccupe du fait que les espèces indigènes sont, elles, de moins en moins abondantes. La situation de la truite fardée du versant ouest et de l'omble à tête plate, deux espèces indigènes du parc, est préoccupante. Le naseux de rapides, que l'on ne trouvait nulle part ailleurs au monde que dans le parc national Banff, a été inscrit sur la liste des espèces disparues par le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC).
L'ensemencement de lacs qui ne contenaient pas de poissons auparavant a également modifié la structure des communautés qui y évoluaient. Depuis le début du XXe siècle, près de quarante millions de poissons ont été introduits dans le bassin hydrographique de la Bow, situé dans le parc national Banff. L'ensemencement des eaux du parc national Banff a cessé en 1988. Bon nombre des efforts d'introduction auront été vains; toutefois, on constate aujourd'hui qu'une espèce de crevette, la truite fardée, l'omble de fontaine, la truite arc-en-ciel et la truite de mer règnent dans les nombreux lacs et ruisseaux où ils ont été introduits.
Le lac Minnewanka a été ensemencé de 1901 à 1972. On estime que plus de 17 millions d'oeufs et d'alevins de touladi, de saumon de l'Atlantique, de corégone, d'omble de fontaine, de truite fardée, de truite moulac, d'achigan à petite bouche, de grand corégone et de truite arc-en-ciel ont été introduits dans les eaux de ce lac. Des études sont présentement en cours pour déterminer l'effet à long terme que l'ensemencement et la pêche à la ligne ont eu sur la santé en général de nos écosystèmes aquatiques.
L'OMBLE À TÊTE PLATE - UNE ESPÈCE
PRÉOCCUPANTE
Il fut un temps où l'omble à tête plate était la truite indigène la plus répandue des parcs des montagnes. Tout récemment, elle a toutefois disparu d'une grande partie du territoire qui était auparavant le sien. Cette diminution est attribuable à la détérioration de l'habitat, à la surpêche et à l'introduction d'espèces de poissons qui l'ont délogée. Pour protéger les populations d'ombles à tête plate qui restent, l'ensemble des parcs nationaux des montagnes ont fixé à zéro la limite de prise et de possession de cette espèce. Cette intervention s'inscrit dans le cadre des efforts déployés en collaboration avec la province de l'Alberta pour gérer et rétablir l'omble à tête plate.
COMMENT RECONNAÎTRE L'OMBLE À TÊTE PLATE
L'omble à tête plate fait partie de la famille des truites, qui comprend l'omble de fontaine et le touladi. Comme l'omble à tête plate ressemble beaucoup à l'omble de fontaine, on confond souvent ces deux espèces. En votre qualité de pêcheur à la ligne, vous avez la responsabilité de ne pas avoir d'ombles à tête plate en votre possession. En cas de doute, remettez le poisson à l'eau immédiatement.
Omble à tête plate
© Karl Geist
« Pas de taches noires? Remettez-le à l'eau! »
1. Les nageoires dorsales de l'omble à tête plate n'ont pas de taches noires.
2. L'omble à tête plate n'a pas de lignes noires qui suivent la ligne blanche sur ses nageoires pelvienne, pectorale et anale.
DES HAMEÇONS SANS BARBE
S'ils ne sont pas obligatoires dans les parcs nationaux des montagnes, l'usage de hameçons sans barbe est toutefois recommandé. Un grand nombre de pêcheurs à la ligne préfèrent se servir de hameçons sans barbe parce qu'ils permettent de relâcher le poisson plus facilement. Vous pouvez transformer un vieil hameçon en hameçon sans barbe en redressant l'ardillon vers le bas au moyen de pinces.
LES PARCS : FINI LE PLOMB!
Plus de trois millions de sauvagine meurent d'empoisonnement par le plomb chaque année en Amérique du Nord, la plupart après avoir ingéré des turluttes contenant du plomb. Le plomb pose une menace bien particulière aux oiseaux qui se nourrissent de poissons, comme le huard, l'aigle et le cygne. Une fois ingurgité, le plomb est absorbé dans les vaisseaux sanguins et cause des troubles du foie et des reins de même qu'une faiblesse musculaire. Les oiseaux intoxiqués donnent également naissance à un moins grand nombre de petits.
Les parcs nationaux du Canada (et sous peu dans la province de l'Alberta) ont tous adopté la pratique de la pêche sans plomb pour écarter la menace que pose cette substance pour la faune et l'environnement. Il est donc interdit de se servir d'articles de pêche de moins de 50 grammes qui contiennent du plomb tels que les pesées plombées, les plombs fendus, les turluttes plombées (du plomb moulé à un hameçon) et du fil en plomb mou.
Il se fabrique au Canada et aux États-Unis des articles de pêche sans plomb. Il en coûte très peu au pêcheur de remplacer ses turluttes et ses pesées par des engins sans plomb, mais il s'agit là d'un geste très bénéfique pour l'environnement.
Service canadien de la faune : Pêchez sans plomb
L'OBSERVATION DU POISSON
L'observation du poisson est une autre manière de profiter de la présence de cette ressource dans le parc national Banff. Bien sûr, il faut cependant savoir où aller. Si vous faites une randonnée pédestre près du point de décharge ou d'entrée d'un lac alpin en juin, vous pourriez apercevoir des ombles à tête plate en train d'y frayer. Si vous pagayez sur la rivière Bow, vous pourriez voir une omble à tête plate se reposant tout au fond, ou encore un banc de ménominis de montagnes qui se laisse entraîner par le courant.
Si vous avez du coeur au ventre, vous pourriez même faire trempette pour voir de plus près encore. Des gens qui ont plongé dans le lac Minnewanka prétendent avoir vu un touladi géant dans les profondeurs boueuses du lac – un poisson qui pourrait rivaliser la prise record de 43 livres, capturée ici en 1889! Il n'est pas surprenant que ce poisson réussit toujours à se sauver.
L'observation du poisson est la manière « écologique » de découvrir le monde sous-marin : vous pouvez observer les poissons en train de nager, de se nourrir et de s'accoupler sans empiéter sur leur espace vital. Servez-vous de jumelles pour assister à ces dramatiques grandeur nature. Portez des lunettes de soleil polarisées pour réduire l'éblouissement causé par l'eau, ce qui vous permettra de voir au-delà de la surface.
Comme pour les autres animaux sauvages, le meilleur moment pour observer le poisson est tôt en matinée et en soirée, lorsqu'il y a plus de chances que l'animal soit actif et visible – l'eau est alors plus calme et l'éblouissement, moins grand. Le printemps et l'automne sont les saisons de frai. Restez à l'écart des berges des ruisseaux et des rives des lacs pour éviter de jeter une ombre et de créer des vibrations, ce qui pourrait surprendre et perturber le poisson. Ne lancez jamais d'objets dans l'eau pour attirer leur attention.
Meilleurs endroits et temps pour l'observation du poisson :
- Marais Cave & Basin : observez des poissons tropicaux introduits à la plateforme d'observation des poissons.
- Étang Beaver, extrémité ouest du 3e lac Vermilion : en octobre, ouvrez l'oeil et vous pourriez apercevoir une omble de fontaine en train de frayer dans les eaux peu profondes près de la route.
- Lac Johnson : empruntez le sentier du côté nord du lac jusqu'au pont du cours d'eau qui se jette dans la baie Muskrat. Au printemps, il y a des truites arc-en-ciel qui fraient dans les eaux peu profondes; à l'automne, c'est au tour de l'omble de fontaine.
- Ruisseau Forty Mile : À l'automne, le corégone fraie près du sentier Fenland.
POINTS DE REPÈRE DES MILIEUX AQUATIQUES
Parcs Canada met présentement en place une série de points de repère des milieux aquatiques à l'échelle des parcs des montagnes. Ces points de repère aideront les gestionnaires des parcs à évaluer, préserver et rétablir l'intégrité écologique des eaux dans les parcs. L'information qui sera recueillie permettra d'offrir des possibilités de pêche à la ligne appropriées, uniques à ces eaux d'amont et lacs de montagne protégés.
LE TOURNIS DES TRUITES : SERONS-NOUS LES PROCHAINS?
Un parasite de taille microscopique fait des ravages en ce moment chez les populations de truites et de saumons au Montana, dans le Utah et au Colorado. Ses spores infectieux peuvent survivre dans des eaux boueuses jusqu'à 30 ans. Si vous pêchez dans des cours d'eau aux États-Unis, vous êtes à risque.
Liens connexes :
La pêche en Alberta (en anglais seulement)
Rétablissement d'une espèce de poisson indigène
Liste de contrôle
Sommaire du règlement sur la pêche