Espèces en péril
Le loup de l'Est du Parc National du Canada de la Mauricie
Canis lupus lycaon
Qu’est-ce que le loup de l’Est?

© Parcs Canada
Les
populations
canadiennes de loups de l’Est, une
sous-espèce
du loup gris, vivent dans le sud-est de l’Ontario et le sud-ouest
du Québec. Cette aire de
répartition
inclut entre autres le
parc
national du Canada de la Mauricie.
Le loup de l’Est est plutôt petit et porte un pelage fauve teinté
de noir sur le dos et les côtés et de brun roux derrière
les oreilles. Dans la région de la Mauricie, les mâles mesurent
80 cm à l’épaule et pèsent environ 40 kg, tandis
que les femelles mesurent 75 cm et pèsent environ 30 kg.
Pour survivre, le loup de l’Est a besoin de grandes forêts
de feuillus, de conifères,
ou mixtes. C’est un mammifère discret, aisément perturbé
par la présence et les activités humaines.
En mai 2001, le COSEPAC
a désigné le loup de l’Est comme une sous-espèce
au statut préoccupant
en raison de sa vulnérabilité face aux activités humaines.
Enjeu
Dans la région de la Mauricie, le territoire du loup de l'Est a une étendue de 500 à 700 km2. Cela signifie que le parc national de la Mauricie, dont la superficie est de 536 km2 (soit presque 320 fois la superficie du stade olympique de Montréal), ne peut assurer la subsistance de deux meutes de loups. Les meutes qui incluent présentement le parc dans leur territoire n'utilisent que certaines parties du parc.
Le loup de l’Est occupe une place importante dans
l’écosystème du parc national de la Mauricie. Il se
nourrit de proies
comme le cerf de Virginie et l’orignal et aide ainsi à maintenir
les populations de ces espèces à des niveaux viables. Cette prédation
contribue à préserver la diversité et la richesse de la
végétation dans le parc de même que l’intégrité
écologique de l’ensemble de l’écosystème
forestier.
Deux meutes comptant de 5 à 10 loups chacune vivent présentement
dans ce petit parc national de 536 km2. Leurs déplacements
les mènent parfois à l’extérieur des limites du parc
où elles ne sont pas protégées.
Le loup de l’Est est souvent victime du piégeage, de la chasse
et de la circulation routière. C’est un animal timide que les activités
d’exploitation forestière et de loisirs peuvent facilement déranger.
Des habitats
qui lui sont essentiels sont souvent détruits par les activités
agricoles, l’exploitation forestière et l’expansion urbaine.
Beaucoup des gens entretiennent des préjugés à l’égard
des loups. Certains en ont peur, d’autres les considèrent comme
des prédateurs
qui menacent le bétail ainsi que les espèces fauniques comme le
cerf de Virginie et l’orignal. Souvent, les gens n’ont pas conscience
de l’importance des loups dans la santé des écosystèmes.
Solution

© Parcs Canada
Afin de protéger le loup de l’Est, le parc national de
la Mauricie concentre ses efforts sur la recherche, la surveillance
et l’éducation populaire.
Pour découvrir le mode de vie de ces animaux insaisissables, une étude
majeure, menée en collaboration avec l’Université de Sherbrooke,
a permis de suivre, dans un territoire de 3500 km2, les déplacements
de 16 loups munis de colliers émetteurs. L’aire d’étude
comprenait des terres situées à l’intérieur et à
l’extérieur du parc.
Entre autres conclusions, cette étude a permis de confirmer que les
proies ainsi que les habitats sont en nombre suffisant pour répondre
aux besoins des deux meutes et même soutenir une croissance de leur population.
Cependant, lorsque les loups sortent du parc, ils sont piégés
ou tués à un rythme qui entraînera probablement un déclin
de leur population. Leur survie dépend donc de la collaboration des habitants
de la région.
En se fondant sur des renseignements recueillis dans le cadre du programme
de recherche, Parcs Canada prend des mesures visant à assurer
la survie du loup de l’Est, dont :
-
l’élaboration d’une stratégie de conservation
pour assurer la protection du loup de l’Est à l’intérieur
et à l’extérieur du parc;
-
l’élaboration d’un programme éducatif
expliquant l’importance des loups pour les écosystèmes
forestiers de la région afin de modifier les perceptions
des habitants de la région concernant le loup.
Situation
Une fois que la stratégie de conservation aura été mise
en œuvre, il est à espérer que le nombre de loups de l’Est
se stabilisera et augmentera même à l’intérieur du
parc national de la Mauricie et dans la région.
En attendant, les deux meutes de loups sont encore sous surveillance. Parcs
Canada veut comprendre comment les loups utilisent leur habitat à l’intérieur
et à l’extérieur du parc et veut déterminer les répercussions
à long terme des activités humaines sur ces populations.
Le parc poursuit aussi son programme éducatif sur le loup de l’Est,
à l’intention des collectivités locales et des visiteurs.
Élaboré avec Info-Nature Mauricie, une association qui travaille
en collaboration avec le parc, ce programme propose des expositions et des conférences,
une affiche, une murale, une brochure, une trousse éducative et plus
encore. Ce programme sera bientôt présenté dans les écoles
également.
© Parcs Canada / Jaques Pleau
NOM : Denis
POSTE : Scientifique des écosystèmes
ENDOIT : Le parc national du Canada de la Mauricie, Québec
J'ai commencé ma carrière à Parcs Canada en 1987, mais j'ai un intérêt marqué pour la faune depuis très longtemps. Je coordonne le programme de surveillance et de recherche sur la faune et les habitats du parc national du Canada de la Mauricie. Mon travail me passionne, tant sur le plan personnel que professionnel.
Dans le cadre de mes fonctions actuelles, je travaille de près avec les espèces en péril et plus particulièrement avec la tortue des bois de la Mauricie. Ce reptile a attiré mon attention puisqu'il a été désigné espèce préoccupante par le COSEPAC. Les progrès réalisés pour le rétablissement de la population de tortues des bois du parc résultent d'un travail de collaboration de longue haleine. Les mesures de conservation mises en place par le parc et la communauté amélioreront la santé de nos aires naturelles, celle de la tortue des bois et de d'autres espèces en péril.
Une de mes tâches dans les années à venir sera de mettre en uvre les mesures de gestion et de protection essentielles à la survie des espèces en péril. Tous les jours, depuis près de 17 ans, cette mission de conservation et les défis qu'elle représente nourrissent ma passion professionnelle et personnelle pour la nature.
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