Espèces en péril


Conservation du Blaireau au parc national Kootenay

Taxidea taxus jeffersonii

Qu'est-ce que le blaireau d'Amérique?

Parc national du Canada Kootenay
© Parcs Canada / A. Dibb
Le blaireau d'Amérique est un animal nocturne de la famille des belettes. Bas sur ses pattes courtes et puissantes munies de griffes impressionnantes, cet animal est « fait pour creuser ».

Ses griffes de devant sont longues et solides pour creuser le sol, tandis que ses griffes de derrière sont plus courtes et aplaties pour pousser la terre dégagée par ses griffes de devant. Un blaireau peut se creuser un terrier en quelques minutes!

Le blaireau a un pelage brunâtre ou grisâtre, traversé d'une rayure blanche de l'épaule au bout du nez, et porte des marques foncées sur le visage. Les mâles, plus gros que les femelles, peuvent peser jusqu'à 14 kilogrammes.

Une des quatre sous-espèces du blaireau d'Amérique, le Taxidea taxus jeffersonii, ne se trouve que dans les terres intérieures sèches de la Colombie-Britannique. On trouve le blaireau dans les prairies et sur les fermes, mais ce n'est pas un animal vivant exclusivement dans les prairies, puisqu'il habite aussi les forêts et les montagnes de la Colombie-Britannique, entre autres celles du Parc national du Canada Kootenay.

Enjeu

Blaireau jeffersonii
© Parcs Canada / R. Klafki
Le blaireau est l'un des rares carnivores des prairies du Canada. En fait, c'est le seul carnivore qui creuse pour attraper et manger d'autres animaux vivant dans des galeries. Les blaireaux aident donc à assurer la régulation des populations d'écureuils terrestres, de souris et de campagnols, jouant ainsi un rôle important dans les écosystèmes des prairies.

Lorsque les blaireaux creusent - pour poursuivre leur proie ou pour creuser un terrier -, ils améliorent la condition du sol pour différentes plantes. De plus, les grands terriers qu'ils creusent fournissent un abri à d'autres animaux sauvages, comme la chevêche des terriers et le serpent.

Espèces en péril - Le saviez-vous

Les blaireaux utilisent des centaines de terriers dans leur domaine vital pour chercher de la nourriture et un compagnon.

Néanmoins, la population de cette espèce sauvage importante diminue en Colombie-Britannique pour plusieurs raisons, dont la fragmentation et la perte de son habitat, la diminution des populations d'espèces-proies et la mort causée directement par l'activité humaine.

Les blaireaux aiment vivre au fond des vallées ouvertes, au même endroit où les humains aiment fonder des villes et construire des routes, des fermes et des vergers. En conséquence, les habitats qui conviennent au blaireau sont perdus, et les espèces-proies comme les écureuils terrestres aussi. De plus, l'augmentation de l'activité humaine - de la circulation routière aux travaux agricoles - entraîne l'augmentation du nombre de blaireaux qui meurent heurtés par un véhicule, et même la persécution délibérée parce qu'on le considère comme un « fléau ».

Des études récentes montrent que le nombre de blaireaux adultes a chuté à moins de 200 en Colombie-Britannique. En 2000, le COSEPAC a réagi en inscrivant la sous-espèce jeffersonii du blaireau d'Amérique sur sa liste d'espèces en voie de disparition.

Solution

Maintenir en santé l'écosystème qui lui fournit de la nourriture, un abri et d'autres éléments essentiels est la meilleure façon d'aider toute espèce à survivre. Cependant, le blaireau n'a pas été beaucoup étudié en Colombie-Britannique, et des questions concernant ses besoins et la meilleure façon de rétablir ses populations restent sans réponses.

Le East Kootenay Badger Project, dont Parcs Canada est l'un des partenaires, a pour objectif de trouver les réponses. Lancée en 1995, cette passionnante étude à long terme de l'écologie et de la distribution du blaireau dans la région de l'Est des Kootenays, où se trouve le parc national Kootenay, est la première étude intensive des blaireaux basée sur la radiotélémétrie au Canada.

Le projet consiste à suivre les blaireaux munis d'émetteurs radio et à faire la cartographie de leurs déplacements. Trente-deux blaireaux ont été munis d'un émetteur radio jusqu'à présent et ont été suivis pour déterminer :

  • la fréquence de leurs déplacements et la superficie de leur domaine vital;
  • leurs habitudes d'utilisation de leur habitat et leurs modèles de dispersion;
  • leurs taux de natalité et de reproduction;
  • les causes de mortalité.

Le East Kootenay Badger Project travaille aussi avec les propriétaires fonciers pour augmenter le nombre de blaireaux vivant sur les propriétés privées. Ces projets d'intendance augmentent la sensibilisation du public et son appréciation du blaireau, de ses proies et de son écosystème.

Les mesures de rétablissement sont toutes des éléments importants de la stratégie de rétablissement des populations de blaireaux d'Amérique de la Colombie-Britannique.

Situation

Les résultats du East Kootenay Badger Project indiquent jusqu'à présent que :

  • le taux de reproduction est faible, surtout dans le haut de la vallée du fleuve Columbia;
  • seulement 50 % des femelles étudiées se sont reproduites;
  • douze blaireaux étudiés sont morts;
  • les blaireaux sont tués par des véhicules automobiles, des trains et des prédateurs comme le couguar et le coyote.

Liens

Le blaireau - renseignements de base

Environnement Canada, Espèces en péril, Blaireau d'Amérique Projet du blaireau de l'Est des Kootenays (East Kootenay Badger Project) (en anglais seulement)

http://www.ekes.org.html L'équipe de rétablissement du blaireau jeffersonii (en anglais seulement)

www.badgers.bc.ca