Espèces en péril
Le chardon de Mingan
Pourquoi préserver
le chardon de Mingan?
Le chardon est retrouvé exclusivement dans la région de la
RPNCAM, et il est séparé de plusieurs milliers de km de ses
plus « proches parents ». De plus, des analyses génétiques
démontrent que le chardon écailleux de la RPNCAM aurait évolué
de façon distincte et différente de celui retrouvé dans
l’Ouest canadien. Le faible nombre d’individus et les taux de
croissance insuffisants des colonies placent cette espèce dans une
situation précaire. Aucune donnée concernant son rôle
et ses interactions dans l’écosystème
ne sont disponibles à ce jour. Cette espèce indigène
a également une valeur culturelle et historique pour la région
et a suscité l’intérêt de nombreux botanistes.
Que fait Parcs Canada pour sauver le chardon de Mingan?
Suivi des populations
Depuis 1995, chaque individu de chardon écailleux est compté,
identifié, mesuré et cartographié annuellement. Entre
1995 et 2005, les recensements ont permis d’établir que les 9
colonies de chardon écailleux comptent chacune de 1 à 470 individus.
De plus, les données ont pu être analysées et quelques
paramètres ont pu être déterminés (dynamique de
la population, âge de floraison…).
Rétablissement
Grâce au FREP, un programme de rétablissement
a été amorcé en 2001 afin d'augmenter le nombre de plantes
des colonies les plus précaires. Après la pollinisation, des
filets sont installés sur les fleurs afin de récolter les graines.
Celles-ci sont ensuite comptées et ensemencées dans leur colonie
d'origine avec ou sans grillage protecteur ou dispersées sur un substrat
approprié. Le projet se déroule bien, mais l'absence de plantes
en fleurs dans certaines colonies retarde l'atteinte des principaux objectifs.
Au total, quelque 600 semis se sont développés à partir
des quelques 1900 graines semées et dispersées dans le parc.
De plus, 444 individus issus de ces graines étaient toujours présents
en 2005.
Membres du club Jardinons à l’école de l’École Lestrat montrant deux rosettes de leur jardin expérimental.
© Parcs Canada/ MANPRC/ C.Turbis / 2005
Éducation
Un tel projet nécessite la collaboration des utilisateurs du parc.
Des actions ont donc été entreprises afin d’informer et
de sensibiliser les gens sur le chardon écailleux. Voici les plus importantes
:
Auprès des résidents de la Minganie :
- Présentation à la société d’horticulture
Les Flores-Alliés de la Minganie
- Implication des gens lors des travaux de terrain
- Communiqués à la télévision communautaire
- Envoi d’un feuillet postal
- Résumé des travaux dans le journal du parc
Auprès des élèves de l’école Lestrat :
- Présentation à chaque classe (3ème à
6ème année)
- Ensemencement dans le jardin expérimental et suivi des
rosettes avec les membres du club Jardinons à l’école
Auprès du grand public :
- Présentation du projet
- Production d’un feuillet éducatif et d’un
signet
- Rencontre d’intervenants touristiques
- Installation de balises et de panneaux autour de certaines colonies
- Implantation d’une colonie et d’un panneau d’interprétation
à la marina
- Production d’une affiche
Ces activités ont permis de susciter l’intérêt
des gens et d’obtenir leur collaboration.