Espèces en péril
Le chardon de Mingan
Quel est le statut du chardon de Mingan?
En 1924, le frère Marie-Victorin a identifié
pour la première fois l’espèce; «La découverte
la plus spectaculaire … est, sans conteste, celle du chardon de Mingan.
Nouveauté pour la science, gigantisme dans le genre, rareté
de distribution, distinction de stature et affinité à une lointaine
espèce cordillérienne.»
Le chardon écailleux est désigné espèce
menacée
au Québec (en vertu de la Loi sur les espèces menacées
ou vulnérables). De plus, c’est une espèce candidate de
priorité élevée pour le COSEPAC.
Les plus récentes projections démographiques confirment la précarité
du chardon écailleux à la RPNCAM. Un rapport sur la situation
de l’espèce au Canada est d’ailleurs en préparation
afin que le COSEPAC révise son statut. À la RPNCAM, l’espèce
fait l’objet d’un suivi annuel précis depuis 1995.
Pourquoi le chardon de Mingan est-il en danger?
Dans le parc, le chardon écailleux croît principalement sur
le littoral des îles. L’accessibilité et les perturbations
liées à cet habitat (tempêtes, ensablement, etc.) font
partie des facteurs qui menacent la survie de l’espèce.
Chardon de Mingan.
© Parcs Canada RPNCAM/ M-E Gauthier / 2004
À la RPNCAM, on retrouve une moyenne de quelque 800 chardons écailleux,
ce qui est peu. Bien que le nombre total de plantes semble relativement stable
au cours des dernières années, les analyses effectuées
à partir des données démontrent que les colonies ont
un taux de croissance insuffisant, ce qui entraîne, à long terme,
une tendance au déclin. Ainsi, toutes les colonies du parc sont dans
une situation précaire. Ceci s’explique par la petite taille
des colonies (une seule colonie de plus de 200 individus et trois colonies
de moins de 25), le faible taux de croissance, la floraison peu abondante
(entre 2 et 23 plantes en fleurs chaque été) et les variations
importantes du taux de survie des différentes classes de taille. Des
efforts de rétablissement sont donc justifiés.