Espèces en péril
Blaireau d’Amérique
Taxidea taxus jeffersonii
Pourquoi protéger
le blaireau d’Amérique ?
Le blaireau est l'un des rares carnivores
des prairies du Canada. En fait, c'est le seul carnivore, à part le
putois d’Amérique, qui creuse pour attraper et manger d'autres
animaux vivant dans des galeries. Les blaireaux aident donc à assurer
la régulation des populations
d'écureuils terrestres, de souris et de campagnols, jouant ainsi un
rôle important dans les écosystèmes
des prairies.
Lorsque les blaireaux creusent - pour poursuivre leur proie ou pour creuser
un terrier -, ils améliorent la condition du sol pour différentes
plantes. De plus, les grands terriers qu'ils creusent fournissent un abri
à d'autres animaux sauvages, comme la chevêche des terriers et
le serpent
Que fait Parcs Canada pour sauver le blaireau
d’Amérique
?
Blaireau d’Amérique de la sous-espèce
jeffersoni.
© Parcs Canada / W. Lynch / 09.90.10.01 (94)
/ 2002
Maintenir en santé l'écosystème qui lui fournit de la
nourriture, un abri et d'autres éléments essentiels est la meilleure
façon d'aider toute espèce à survivre. Cependant, avant
1995, le blaireau n'avait pas été beaucoup étudié
en Colombie-Britannique, et des questions concernant ses besoins et la meilleure
façon de rétablir ses populations restaient sans réponses.
Le East Kootenay Badger Project, dont Parcs Canada est l'un des partenaires,
a pour objectif de trouver les réponses. Lancée en 1995, cette
passionnante étude à long terme de l'écologie
et de la distribution du blaireau dans la région de l'Est des Kootenays,
où se trouve le parc national Kootenay, est la première étude
intensive des blaireaux basée sur la radio télémétrie
au Canada.
Le projet consiste à suivre les blaireaux munis d'émetteurs
radio et à faire la cartographie de leurs déplacements. Jusqu'à
présent (de 1996 à 2005), 31 blaireaux ont été
munis d'un émetteur radio et ont été suivis pour déterminer
:
- la fréquence de leurs déplacements et la superficie de
leur domaine vital;
- leurs habitudes d'utilisation de leur habitat et leurs modèles
de dispersion;
- leurs taux de natalité et de reproduction;
- les causes de mortalité.
De 2002 à 2004, 16 blaireaux en provenance du Montana ont été
introduits dans la vallée de la rivière Columbia pour aider
au rétablissement du blaireau dans cette région et pour mieux
comprendre l’influence de l’habitat sur sa survie.
Le East Kootenay Badger Project travaille aussi avec les propriétaires
fonciers pour augmenter le nombre de blaireaux vivant sur les propriétés
privées. Ces projets d'intendance
augmentent la sensibilisation du public et son appréciation du blaireau,
de ses proies et de son écosystème.
La recherche scientifique et la surveillance des populations de blaireau,
les initiatives d’introduction de nouveaux individus ainsi que l’intendance
sont des éléments importants de la stratégie de rétablissement
des populations de blaireaux d'Amérique de la Colombie-Britannique.
Les résultats de l’étude sur les blaireaux du East Kootenay
Badger Project indiquent jusqu'à présent que :
- Dans la portion Sud du sillon de l’Est des Kootenays, la population
de blaireaux semble stable et pourrait même être en légère
augmentation. Par contre, les observations récentes montrent que
les blaireaux sont pratiquement disparus de la portion Nord de cette région.
- Quatorze des blaireaux étudiés sont morts, surtout à
cause des accidents de la route et de la prédation par des couguars
et des lynx. Le taux de survie annuel des blaireaux adultes est de 82%.
L’introduction des blaireaux venus du Montana a donné des résultats
encourageants : ils se sont bien adapté à leur nouveau territoire
et ils ont fait des petits. Il semble qu’ils pourraient aider à
rétablir la population du nord de la zone d’étude.
Les connaissances acquises grâce à cette étude, ainsi
que d’autres initiatives semblables, ont permis de mettre à jour
la stratégie de rétablissement du blaireau de la sous-espèce
jeffersonii. La version la plus récente de cette stratégie
a été publiée en mars 2005 : l’objectif des 5 prochaines
années est d’augmenter le nombre de blaireaux adultes à
au moins 400 individus en Colombie-Britannique.