Espèces en péril

Caribou des bois – Population des montagnes du Sud

Rangifer tarandus caribou

C'est quoi? | Ça se trouve où? | Quel est son statut? | Pourquoi est-il en péril? | Pourquoi protéger? | Que fait Parcs Canada? | Comment puis-je aider? | Liens

© Monnaie royale canadienne
Le caribou figure sur la pièce de 25 cents produite par la Monnaie royale canadienne. Le motif, une oeuvre de l'artiste canadien Emmanuel Hahn, y a été frappé pour la première fois en 1937
© Monnaie royale canadienne

Partout en Amérique du Nord, l’aire de répartition du caribou des bois recule vers le nord. Au Canada, la plupart des populations sont en déclin. Les populations canadiennes de caribous des bois sont inscrites à la Loi sur les espèces en péril (LEP) du Canada à titre d’espèce en voie de disparition (population de la Gaspésie-Atlantique), d’espèce menacée (population boréale et population des montagnes du Sud) et d’espèce préoccupante (population des montagnes du Nord). Seule la population de Terre-Neuve et le Labrador est considérée comme espèce non en péril. Les caribous des bois des parcs nationaux Banff et Jasper ainsi que des parcs nationaux du Mont Revelstoke et des Glaciers appartiennent à la population menacée des montagnes du Sud. En vertu de la LEP, Environnement Canada et l’Agence Parcs Canada sont les ministères fédéraux responsables du rétablissement de cette population au Canada. Ils sont chargés d’élaborer un programme de rétablissement en coopération avec les gouvernements provinciaux concernés, des conseils de gestion de la faune et des organismes autochtones, à l’issue de consultations menées auprès de propriétaires fonciers, d’intervenants et du public. Soucieux d’agir avant l’adoption de ce programme de rétablissement officiel, Parcs Canada a pris des mesures de conservation dans les parcs nationaux des montagnes.

Caribou des bois
Un caribou des bois dans le parc national Jasper
© M. Bradley

Quelles sont les particularités du caribou des bois?

Lichens
Le lichen est la principale source de nourriture du caribou en hiver. Pendant les mois d'été, les graminées, les plantes à feuilles larges et l'herbe viennent s'ajouter à son régime
© M. Bradley

Le caribou et le renne appartiennent à la même espèce (Rangifer tarandus). Le caribou est le seul membre de la famille des cervidés dont les deux sexes portent des bois. Il possède des caractéristiques particulières qui lui permettent de survivre dans un climat inhospitalier. Les poils de sa fourrure, qui sont partiellement creux, emprisonnent l’air chaud et le protègent du froid. De plus, il a le museau couvert de poils, et la petite taille de sa queue et de ses oreilles limite les pertes de chaleur. Le caribou est pourvu de larges sabots en forme de croissant qui s’évasent lorsqu’il marche. Ils lui servent de raquettes dans la neige épaisse et de pagaies dans l’eau, ce qui l’aide à circuler dans les fondrières détrempées. En hiver, le régime alimentaire du caribou se compose presque entièrement de lichen. Aucun autre gros mammifère n’arrive à vivre de cette seule source de nourriture. Le caribou peut ainsi rester à l’écart des autres espèces de cervidés et de leurs prédateurs.


Qui l’aurait cru?

En courant... le caribou produit un cliquetis! Le bruit est créé par les tendons qui glissent par-dessus les os des pattes. En entendant des caribous au trot, on pourrait croire à une horde de touristes armés d’appareils photo.




Le caribou des bois est une sous-espèce de caribou qui peuple les forêts boréales et les régions montagneuses du Canada, de Terre-Neuve à la Colombie-Britannique. Ce mammifère de taille moyenne fait partie de la famille des cervidés. Il porte un épais pelage de couleur brune et a le cou blanc. Contrairement aux grandes hardes de caribous de la toundra qui vivent plus au nord, le caribou des bois forme généralement de petites hardes de 10 à 25 bêtes. En automne, période du rut, chaque mâle tente de réunir un groupe de femelles tout en tenant les autres mâles en échec. Les femelles mettent bas pour la première fois vers l’âge de trois ans et donnent naissance à un seul caribou par année. Les petits naissent à la fin de mai ou au début de juin.

Les caribous des bois qui fréquentent les parcs nationaux Jasper et Banff ainsi que les parcs nationaux du Mont-Revelstoke et des Glaciers appartiennent à la population des montagnes du Sud. Cette population se distingue de la plupart des autres par le fait qu’elle occupe un habitat de montagne. Contrairement à de nombreux autres caribous, les hardes de cette population ne migrent pas. Elles se déplacent plutôt en altitude au gré des changements saisonniers. Même au sein de la population des montagnes du Sud, ce profil de migration en altitude diffère d’une région à l’autre en réponse à des climats très différents. Les parcs nationaux du Mont Revelstoke et des Glaciers se trouvent dans la chaîne Columbia, qui se caractérise par d’abondantes chutes de neige en hiver. Les caribous de cette région sont adaptés à cette particularité climatique; la neige épaisse leur permet d’atteindre les lichens qui poussent dans les arbres. Les parcs nationaux Jasper et Banff, qui se trouvent dans les Rocheuses, jouissent d’un climat beaucoup plus sec et reçoivent rarement les mêmes quantités de neige que les parcs nationaux du Mont Revelstoke et des Glaciers. Les caribous qui y vivent ont des moyens d’adaptation leur permettant de chercher des lichens terrestres sous la neige, et ils descendent progressivement les pentes à mesure que la neige s’accumule.

Où le caribou des bois vit-il?

Autrefois, le caribou des bois était présent dans toutes les régions du pays, depuis les îles de la Colombie-Britannique (Haida Gwaii) jusqu’à celles de la côte Est (Terre Neuve et le Labrador), ainsi que dans le nord, au Yukon et dans les Territoires du Nord-Ouest, et dans le sud, jusque dans certaines régions du Nord des États-Unis. Son aire de répartition se rétrécit progressivement en reculant vers le nord, et, dans certaines régions, l’espèce a complètement disparu. De nos jours, le caribou des bois peuple certains secteurs de la forêt boréale du Canada. Les hardes qui composent la population des montagnes du Sud vivent dans les montagnes de l’Alberta et du Sud-Est de la Colombie-Britannique. Certaines occupent périodiquement l’habitat des parcs nationaux des montagnes, mais presque aucune ne s’y confine.

Carte
La répartition actuelle est indiquée en vert. La ligne pointillée indique la limite sud estimée de la répartition historique du caribou des bois


Quelle est la situation du caribou des bois?

Caribou des bois Un jeune caribou, dans le parc national Jasper. Les femelles donnent généralement naissance à un seul petit à la fin de mai ou au début de juin.
© M. Bradley

Les caribous qui fréquentent les parcs nationaux Jasper et Banff ainsi que les parcs nationaux du Mont Revelstoke et des Glaciers appartiennent à la population des montagnes du Sud, qui est inscrite à titre d’espèce menacée en vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP) du Canada. Au sein de cette population, au moins une harde a déjà disparu et plusieurs autres risquent de subir le même sort. La situation de ces hardes de caribous varie d’une région à l’autre, et chacune doit surmonter des obstacles particuliers pour assurer son rétablissement.

Parc national Banff

Il est peu probable que le parc national Banff abrite encore des caribous, après la grosse avalanche qui a emporté les cinq dernières bêtes de la harde du parc en 2009.

Parcs nationaux du Mont-Revelstoke et des Glaciers 
Le territoire de la harde des montagnes du Sud de la chaîne Columbia et celui de la harde de la Duncan s’étendent jusque dans certaines parties des parcs nationaux du Mont-Revelstoke et des Glaciers. Chacune de ces hardes compte environ sept caribous. La surveillance et la protection de ces populations sont assurées en collaboration avec le ministère des Forêts et le ministère de l’Environnement de la Colombie-Britannique.

Parc national Jasper
Le parc national Jasper sert d’habitat à quatre hardes de caribous. La harde A la Pêche, qui occupe la partie nord du parc, compterait moins de 100 caribous. Elle passe la majeure partie de son temps à l’extérieur du parc national. Les relevés effectués ces dernières années donnent à penser que la harde A la Peche est en déclin. Les trois autres hardes de caribous vivent dans la partie sud du parc et passent la majorité sinon la totalité de leur temps dans le parc national. Ces trois hardes occupent des secteurs distincts du parc et se croisent rarement. Elles compteraient quelque 55 bêtes en tout, et les effectifs sont en baisse. Le plus grand groupe, la harde Tonquin, vit dans la vallée Tonquin. Les deux autres, les hardes de la Maligne et de la Brazeau, comptent moins de 10 animaux.

Pourquoi le caribou des bois est-il en péril?

À l’extérieur des parcs nationaux, tout porte à croire que le déclin des populations de caribous des bois est causé par la perte d’habitat. L’exploitation minière, l’exploitation forestière, l’exploration pétrolière et gazière et les loisirs motorisés excessifs sont autant d’activités qui ont contribué à fragmenter et à altérer le paysage – des changements qui donnent souvent lieu à un essor des populations de chevreuils, d’orignaux, de wapitis et de leurs prédateurs. Le caribou a besoin d’un vaste territoire où les prédateurs sont peu nombreux; cela fait partie de sa stratégie de survie : vivre dans des lieux trop inhospitaliers pour les autres animaux. Le caribou a également besoin de vieux peuplements riches en lichens où il peut vivre à l’abri des prédateurs. Au fur et à mesure que l’effectif des hardes de caribous diminue, l’intensification de la prédation et même des événements naturels comme une avalanche peuvent avoir des effets dévastateurs.

Dans les parcs nationaux des montagnes, cinq facteurs clés menacent les populations de caribous. Les voici :

1. Altération de la dynamique prédateurs-proies : La principale stratégie de survie du caribou consiste à vivre dans des secteurs peu fréquentés par les prédateurs, en particulier le loup. Les moyens d’adaptation du caribou lui permettent de vivre dans un habitat qui ne convient pas à d’autres proies, telles que le wapiti et le chevreuil, et qui présente par conséquent peu d’attrait pour les prédateurs. Les populations de wapitis et de chevreuils des environs exercent néanmoins une influence sur la taille des populations de prédateurs et peuvent donc accroître les risques de prédation du caribou. Dans les parcs nationaux Jasper et Banff, les relations prédateurs-proies sont complexes, du fait que les chevreuils et surtout les wapitis trouvent un refuge (un secteur que les prédateurs évitent) dans les lotissements urbains et les autres lieux de forte affluence humaine. Comme ces secteurs sont exempts de prédateurs, les jeunes chevreuils et les jeunes wapitis présentent des taux de survie supérieurs à la normale, et les populations croissent plus rapidement. Du coup, les lotissements urbains et leurs environs immédiats abritent des populations de proies anormalement élevées qui soutiennent un nombre accru de prédateurs, en particulier le loup. Les loups sont des animaux très territoriaux, et, au fur et à mesure que leur effectif augmente, les louveteaux quittent la meute pour trouver de la nourriture, des partenaires et un nouveau territoire. Lorsqu’un loup solitaire ou une nouvelle meute s’établit dans un secteur habité par le caribou, là où la densité des autres proies est faible, ce risque accru de prédation peut se révéler très coûteux pour une harde de caribous déjà petite. Pour gérer cette menace, la clé consiste à réduire le plus possible le nombre de refuges où les chevreuils et les wapitis sont à l’abri des prédateurs et à ramener les proies à des effectifs qui reflètent davantage l’abondance naturelle dans ces parcs nationaux. Dans les secteurs entourant les parcs nationaux du Mont-Revelstoke et des Glaciers, les pratiques forestières altèrent les paysages et les rendent attrayants pour les chevreuils et les orignaux. Ces changements influent sur le nombre de prédateurs présents dans le secteur et accroissent le risque de prédation du caribou.

2. Accès des prédateurs : Le caribou possède tous les moyens d’adaptation nécessaires pour se déplacer dans de la neige épaisse, ce qui lui procure un avantage par rapport aux loups et aux autres prédateurs en hiver. En se confinant à des secteurs où le manteau neigeux est épais, il échappe à la prédation, puisque la plupart des prédateurs ne peuvent pas se déplacer dans la neige avec autant d’aisance. Les pistes de neige compactée peuvent détruire ce tampon naturel entre les caribous et les loups, en permettant aux loups d’accéder à l’habitat du caribou, sur les hautes pentes enneigées. Ces moyens d’accès non naturels accroissent le risque de prédation du caribou.

Caribous des bois
Étant donné le petit nombre de caribous, tout animal tué par un véhicule en est un de trop
© M. Bradley

3. Perturbations d’origine humaine : La mortalité causée par les collisions routières représente la menace la plus directe et la plus grave dans les secteurs où les routes croisent l’habitat du caribou. Les activités récréatives pratiquées dans l’habitat du caribou peuvent également avoir des effets néfastes, en forçant les caribous à quitter leur territoire pour des secteurs répondant moins bien à leurs besoins.

4. Perte d’habitat : À l’extérieur des parcs nationaux des montagnes, la disparition de l’habitat est l’une des principales menaces à la survie du caribou des bois. Dans les parcs, les feux peuvent altérer l’habitat. Le feu joue un rôle important dans la santé de l’écosystème. Les biologistes travaillent de concert avec les spécialistes du feu et de la végétation de Parcs Canada afin d’en réduire au minimum les impacts sur l’habitat du caribou. En outre, les changements apportés aux profils d’activité humaine dans les parcs nationaux des montagnes pourraient amener les caribous à abandonner leur habitat. L’altération de la dynamique prédateurs-proies (décrite ci-dessus) est un effet secondaire de la perte d’habitat.

5. Effets résultant de la petite taille des populations : Comme on a pu le constater chez de nombreuses autres espèces, les très petites populations sont plus susceptibles de connaître un déclin qu’une hausse. Même si les mesures de rétablissement atténuent les autres menaces, certaines populations comptent probablement un effectif trop restreint pour pouvoir survivre sans l’introduction d’autres caribous. Chez ces petites hardes, la perte d’un seul animal peut être dévastatrice; des événements aléatoires tels qu’une grosse avalanche risquent de les anéantir complètement.

Pourquoi protéger le caribou des bois?

Caribou des bois
Le caribou des bois a un bon sens de l'odorat, un atout utile pour trouver du lichen sous la neige
© M. Bradley

Le caribou des bois est un indicateur de la santé de la forêt. Si nos forêts ne peuvent plus soutenir une espèce qui y a été présente pendant des millénaires, il s’agit probablement d’une indication que d’autres espèces forestières sont en difficulté. La diversité des espèces est le signe d’un écosystème sain et fonctionnel.

Environnement Canada dirige l’élaboration d’un programme de rétablissement conforme à la LEP, pour orienter le rétablissement de la population de caribous des bois des montagnes du Sud au Canada. Parcs Canada participe à l’élaboration de ce programme. Le programme de rétablissement va être élaboré en apport avec des partenaires et des intervenants, et sera suivi d’un ou de plusieurs plans d’action pour la population. En vertu de la loi sur les parcs nationaux, Parcs Canada a la responsabilité d’assurer la protection et la gestion des populations de caribou des bois des montagnes du Sud qui sont à l’intérieur de ses frontières.

Pourquoi protéger le caribou des bois? L’espèce n’est qu’un maillon dans la chaîne complexe des relations qui constituent l’écosystème. Si ce maillon disparaît, combien d’autres le suivront? Le caribou des bois est le symbole de la nécessité d’établir un équilibre dans un pays qui se distingue à la fois par ses étendues sauvages inviolées et par l’extraction de ses ressources naturelles. À quoi ressemblera notre Canada dans l’avenir? Le caribou y aura-t-il encore une place?

Que fait Parcs Canada pour sauvegarder le caribou des bois?

Protection

Parcs Canada est déterminé à protéger le caribou et son habitat, et il entend contribuer au rétablissement de l’espèce. Dans cette optique, il a élaboré une stratégie de conservation pour la population des montagnes du Sud dans les parcs nationaux des montagnes, afin d’orienter le conservation du caribou dans ses aires protégées. De nombreuses mesures ont été mises en place afin de réduire les menaces qui guettent les populations de caribous, notamment la fermeture saisonnière d’importants secteurs faisant partie de l’habitat hivernal du caribou (par exemple la fermeture de la route Cavell, dans le parc national Jasper, et du secteur du mont Klotz, dans le parc national du Mont-Revelstoke); l’adoption de plans de gestion stratégique du wapiti pour rétablir l’équilibre prédateurs-proies dans les parcs nationaux Jasper et Banff, et la réduction des limites de vitesse sur la promenade des Glaciers, dans le parc national Jasper, aux endroits où les caribous ont l’habitude de traverser la route. Un programme de surveillance a également été mis sur pied pour évaluer l’efficacité de ces mesures et d’autres initiatives.

Les scientifiques ont entrepris des travaux d’étude et de surveillance des populations de caribous, de loups et de wapitis afin de mieux comprendre les relations complexes en cause dans les écosystèmes de montagne. Grâce aux renseignements ainsi recueillis, Parcs Canada est mieux à même de prendre des décisions de gestion judicieuses et de mettre en œuvre des mesures de rétablissement efficaces.

Conservation

Les mesures de conservation du caribou ne sont pas les mêmes dans les quatre parcs nationaux des montagnes, compte tenu de la situation particulière de chaque parc.

Dans le parc national Banff, il faut réintroduire le caribou. Les recherches menées dans le parc indiquent qu’il serait possible d’établir une nouvelle harde par transplantation. L’habitat du caribou reste intact et vaste dans l’aire de répartition historique de l’espèce, et il n’est pas assujetti aux pressions exercées par une activité humaine intensive ou par l’aménagement. La disparition du caribou dans le parc national Banff est probablement attribuable à l’accroissement du nombre de prédateurs par suite de l’essor de la population de wapitis. Les travaux de surveillance révèlent que les populations de wapitis et de loups ont connu un recul, ce qui donne à entendre que les conditions sont propices à la survie des caribous introduits.

Loup noir
Les recherches en cours nous aident à mieux comprendre les relations complexes qui existent dans les écosystèmes des montagnes
© M. Bradley

Malgré des conditions favorables, il subsiste un obstacle de taille : trouver un nombre suffisant de caribous à réintroduire. Il n’a pas été possible de trouver une harde sauvage suffisamment stable pour supporter la transplantation d’animaux pour cette mesure de rétablissement et pour d’autres initiatives du même genre. La solution de rechange consiste à accoupler des caribous en captivité et à relâcher des jeunes de l’année ou des groupes familiaux dans la nature. Les biologistes du parc national Banff explorent cette option en partenariat avec d’autres scientifiques de Parcs Canada, des universités et des experts du domaine. Ils ont conclu que l’élevage en captivité serait une option réalisable et ont examiné des installations convenables à cette fin. Si la transplantation du caribou dans la nature est mise en œuvre, il serait combinée à des mesures de gestion du wapiti et à des travaux permanents de surveillance des déplacements des meutes de loups pour accroître les chances de rétablissement du caribou dans les étendues sauvages du parc.

Dans le parc national Jasper, les mesures de conservation viseront à atténuer les cinq menaces clés et à stopper le déclin des hardes du secteur sud. Ces mesures nécessiteront l’apport d’autres experts de Parcs Canada dans des domaines comme la gestion des wapitis et la gestion du feu, ainsi que la collaboration des amateurs de plein air et des autres utilisateurs du parc, parce qu’elles pourraient avoir des répercussions sur les possibilités récréatives. Dans la partie sud du parc, deux hardes ont déjà un effectif très réduit, et elles sont isolées et en déclin. Pour devenir autosuffisantes, elles auront besoin de l’apport de bêtes introduites de l’extérieur. Les biologistes du parc national Jasper se sont eux aussi impliqués à fond dans des recherches sur l’élevage en captivité, ainsi que dans les études de faisabilité effectués à Banff. Tout comme à Banff, si l’accroissement de l’effectif des hardes est mis en œuvre, il serait combiné avec la gestion des populations de wapiti et la surveillance continue des déplacements des meutes de loups. Les mesures de conservation de la harde A la Peche devront être gérées de concert avec le gouvernement provincial de l’Alberta et les exploitants commerciaux du secteur.

Comme très peu de caribous de la harde du sud de la chaîne Columbia occupent les terres de Parcs Canada, les mesures de conservation prendront en grande partie la forme d’initiatives ou de partenariats avec le gouvernement provincial et le secteur privé. Dans les parcs nationaux du Mont-Revelstoke et des Glaciers, les mesures de conservation consisteront surtout à protéger l’habitat important, à réduire au minimum les perturbations directes, à exécuter des programmes de surveillance et de recherche et à gérer soigneusement le feu. Parcs Canada explorera aussi la possibilité de conclure des partenariats avec le gouvernement de la Colombie Britannique.

Éducation

L’éducation et la sensibilisation sont essentielles pour conscientiser le public et l’amener à participer activement au rétablissement du caribou. Parcs Canada continue de fournir à la population canadienne des moyens significatifs de se renseigner sur le caribou des bois. Son site Web tient le public au courant des enjeux actuels et des mesures prises en faveur de diverses espèces en péril, dont le caribou des bois. Les quatre parcs nationaux des montagnes exploitent une gamme variée d’outils d’éducation, depuis des documents d’information généraux à distribuer jusqu’à des panneaux d’interprétation installés dans des secteurs clés des parcs. Parcs Canada et d’autres partenaires du milieu de l’enseignement offrent aux élèves la possibilité de se renseigner sur le caribou des bois par des exposés pratiques en classe et des expériences d’apprentissage à distance.

Que puis-je faire?

  • Des caribous des bois dans le parc national du Mont-Revelstoke
    Des caribous des bois dans le parc national du Mont-Revelstoke
    © A. Weber
    Renseignez-vous davantage sur le caribou des bois et transmettez vos connaissances. Il n’est pas essentiel d’avoir des connaissances approfondies pour comprendre l’importance et la valeur du caribou des bois.
  • Si vous visitez les parcs nationaux Jasper et Banff ou les parcs nationaux du Mont-Revelstoke et des Glaciers, arrêtez-vous à un centre d’accueil pour savoir où et comment vous pouvez vous renseigner sur les caribous vivant dans ces parcs.
  • Si vous avez à vous déplacer dans l’habitat du caribou, faites-le de façon responsable. Gardez vos distances lorsque vous voyez un caribou, afin de réduire votre impact et d’éviter qu’il ne quitte le secteur.
  • Laissez votre chien à la maison lorsque vous vous aventurez dans le territoire du caribou. Tous les chiens, qu’ils ressemblent ou non à un loup, peuvent stresser inutilement les caribous.
  • Participez aux travaux de surveillance scientifique – si vous voyez des caribous, signalez-le au centre d’accueil! Où les avez-vous vus? Combien étaient-ils? Y avait-il des petits? Avez-vous des photos? Évitez les secteurs faisant partie de l’habitat hivernal du caribou en hiver. Les parcs renferment de nombreux autres endroits magnifiques à explorer. Demandez conseil à un centre d’accueil.
  • Soyez un bon intendant de la nature, et appuyez les efforts des organismes qui contribuent à la protection de l’environnement. Efforcez-vous de réduire votre empreinte écologique.

Liens

Parcs Canada :

Organisation des Nations unies pour l'éducation, la schience et la culture (UNESCO) : Environnement Canada : Faune et flore du pays : Société pour la nature et les parcs du Canada (CPAWS) :