Elle revient de loin

Souhaitons la bienvenue à l’abronie rose, de retour à la réserve de parc national Pacific Rim

 Carte de la réserve de parc national du Canada Pacific Rim La réserve de parc national du Canada Pacific Rim
© Parcs Canada

L’abronie rose (Abronia umbellata) poussait autrefois sur les plages de l’île de Vancouver. Cette vivace au doux parfum, avec ses inflorescences rondes portées par de longues tiges rampantes, est bien adaptée aux plages exposées aux embruns salés. Elle pousse sur les plages de la Californie et de l’Oregon – mais son existence sur l’île de Vancouver a toujours été précaire. Les billots rejetés lors de coupes forestières, ramenés par les vagues, s’échouent sur les plages de l’île; pendant les tempêtes hivernales, ces débris arrachent régulièrement la plupart des végétaux qui poussent sur les plages. L’abronie rose subit aussi l’impact des utilisateurs de la plage et la concurrence d’espèces de graminées envahissantes introduites dans son habitat. Malheureusement, l’abronie rose a été observée pour la dernière fois au Canada en 2001.

Heureusement, grâce aux naturalistes de la région et aux scientifiques de Parcs Canada, l’espèce est à présent de retour à la réserve de parc national du Canada Pacific Rim.

 Les fleurs de l’abronie rose Les fleurs de l’abronie rose
© Parcs Canada

La recette du rétablissement

La Loi sur les espèces en péril exige la préparation de programmes de rétablissement pour toutes les espèces en péril. Comme c’est sur des terres de Parcs Canada que l’abronie rose a été observée pour la dernière fois au Canada, il nous revient de diriger le programme de rétablissement. L’objectif premier est de rétablir l’espèce là où elle a été observée pour la dernière fois, à Clo-oose Bay, dans le PN Pacific Rim. Parcs Canada cherche également d’autres habitats adéquats afin de réintroduire la plante à plusieurs endroits.

Le premier défi, pour nos scientifiques, a été de cultiver la plante pour obtenir une source de semences et de plants. Les naturalistes de la région et le Service canadien des forêts (SCF) sont venus en aide à Parcs Canada. Heureusement, en 2000 et en 2001, lorsque quelques plants sont apparus à Clo oose Bay, deux naturalistes ont recueilli des semences. Le SCF et le botaniste du projet les ont cultivés dans des serres, afin d’obtenir des plants à transplanter en milieu naturel.

 Ross Vennesland transplantant une abronie rose Ross Vennesland transplantant une abronie rose
© Parcs Canada

Les premiers résultats, en 2006, ont été décevants, puisque seulement deux graines ont germé sur plus de 150. La croissance de ces précieux plants a débuté lentement, et ils ont dû surmonter plusieurs obstacles (dont une infestation de pucerons). Mais au grand soulagement de tous, ils ont finalement commencé à fleurir et à produire des semences en abondance en 2007. Puis, comme le rapporte Ross Vennesland, spécialiste du rétablissement des espèces en péril, elles ont connu le succès. « Une fois que la technique de reproduction a été mise au point », dit-il, « il est devenu très facile de produire des plants… Les plantes dunaires produisent naturellement une grande quantité de graines; c’est une stratégie qui leur permet de se reproduire dans un environnement difficile ».

 Pancarte indiquant que le secteur est fermé pour protéger l'habitat essentiel de l'abronie rose à Clo-oose Bay Pancarte indiquant que le secteur est fermé pour protéger l'habitat essentiel de l'abronie rose à Clo-oose Bay
© Parcs Canada

En 2008, à Clo-oose Bay, l’équipe de projet a mené une expérience. Même si les plants trouvés à l’origine à Clo-oose Bay ne poussaient que sur la plage, en Oregon, l’espèce pousse aussi sur les dunes. Certains plants ont donc été placés dans une région dunaire, loin des effets dévastateurs des tempêtes d’hiver et des bois de grève. « En général, les végétaux plantés sur la plage se sont très bien comportés, produisant de grandes quantités de graines, ce qui augurait bien pour la survie de l’espèce au Canada » a déclaré Ross Vennesland. Les plantes des dunes n’ont pas aussi bien poussé, mais elles ont produit des graines et survivront peut-être mieux à la période hivernale que celles de la plage. Parcs Canada cherche maintenant d’autres sites prometteurs où réintroduire la plante au cours des prochaines années.

 Une équipe heureuse plantant des abronies roses à Clo-oose Bay Une équipe heureuse plantant des abronies roses à Clo-oose Bay
© Parcs Canada

Ne pas déranger!

Pour aider à protéger les jeunes plants, Parcs Canada a installé des panneaux à Clo-oose Bay afin d’avertir les visiteurs de ne pas perturber le site. Dans un autre endroit où l’on envisage d’introduire la plante – la plage Wickaninnish, très fréquentée – le personnel du parc planifie des opérations de rétablissement et a l’intention d’informer les visiteurs du parc quant aux besoins de l’espèce.

Pas encore sortie du bois

 Employés du parc et bénévoles nettoyant la plage pour préserver l'habitat essentiel de l'abronie rose à Clo-oose Bay Employés du parc et bénévoles nettoyant la plage pour préserver l'habitat essentiel de l'abronie rose à Clo-oose Bay
© Parcs Canada

Même si les travaux menés sur la reproduction de la plante sont prometteurs, les tempêtes et les billots de bois posent toujours un risque important pour la survie de la plante à Clo oose Bay. L’abronie rose pousse sur les sections les plus hautes de la plage, mais les tempêtes d’hiver produisent des vagues qui peuvent l’atteindre. « La violence des tempêtes projette les billes de bois comme des quilles géantes et peut souvent détruire la majorité ou toute la vie végétale de la partie supérieure de la plage» déclare Ross Vennesland. Ce danger omniprésent rappelle que malgré les plus grands efforts, il peut être très difficile de sauver de l’extinction une espèce en péril.

Fichier(s)


N. B. : Vous avez besoin du logiciel Adobe Acrobat Reader pour lire la version PDF.

Si vous n'avez pas accès au site de téléchargement d'Adobe, vous pouvez télécharger le logiciel Acrobat Reader d'une page accessible.

Si l'accessibilité à un document PDF pose un problème, vous pouvez convertir le fichier en format texte HTML ou ASCII en utilisant l'un des services d'accès offerts par Adobe (en anglais seulement).