Paître dans la prairie

Les grands herbivores sont des alliés importants dans la gestion du parc national des Prairies.

 Carte du parc national du Canada des Prairies Le parc national du Canada des Prairies
© Parcs Canada

Le parc national du Canada des Prairies a été créé il y a une vingtaine d’années dans le Sud-Ouest de la Saskatchewan, près de la frontière du Montana. Le parc est divisé en deux blocs couvrant environ 900 kilomètres carrés. Le PNC des Prairies protège une biodiversité et des processus naturels importants, et joue un rôle central dans un réseau mondial de prairies : dans le monde, moins de 1 % des biomes de prairies tempérées sont compris dans des aires officiellement protégées.

Lorsque le parc a commencé à acquérir des terres, on a mis fin au broutage par les grands herbivores. Cependant, gestionnaires et scientifiques s’entendent sur le fait qu’un certain degré de broutage de la prairie est essentiel à son intégrité écologique. On a reconnu que l’absence de broutage n’était pas idéale pour la faune indigène de la prairie. « Le broutage est une perturbation naturelle », dit Adrian Sturch, gestionnaire de la conservation des ressources. « Il est essentiel à la santé de l’écosystème ».

 Pipit de Sprague Pipit de Sprague
© Robert Koktan

Autrefois, le bison faisait partie de la faune indigène de la prairie. Avec l’arrivée des Européens, toutefois, il a pour ainsi dire disparu des prairies. L’écosystème a donc perdu un processus écologique essentiel, puisque de nombreuses espèces dépendent du type de perturbation causé par les grands herbivores.

Prenons par exemple deux espèces d’oiseaux en péril des prairies, le pipit de Sprague et le bruant de McCown. Ils bénéficient tous deux du broutage, parce qu’ils préfèrent des plants de hauteurs différentes. Ils se développent dans les habitats présentant un agencement de zones broutées à différentes hauteurs. Il faut comprendre, puis gérer le broutage pour conserver un écosystème équilibré et diversifié.

De nos jours, on réintroduit les grands herbivores dans le parc. Le régime de broutage sera restauré, principalement par la réintroduction de bisons; on utilisera aussi les feux pour aider à rétablir l’écosystème. Les brûlages dirigés, tout comme le broutage, peuvent renouveler la flore et la faune indigènes. Ces processus naturels devraient surtout profiter aux quinze espèces en péril du parc.

 Parcs Canada a réintroduit du bétail dans neuf parcelles de pâturage à l'intérieur du parc national des Prairies Parcs Canada a réintroduit du bétail dans neuf parcelles de pâturage à l'intérieur du parc national des Prairies
© Ashley Wruth / Parcs Canada

Le meilleur régime de broutage

Mais quel est exactement le meilleur régime de broutage? Le personnel du parc a entrepris une expérience à grande échelle pour le déterminer. Ils ont introduit des troupeaux de bétail dans neuf parcelles d’une région éloignée des Prairies et ont permis différents régimes de broutage afin de trouver le meilleur. Quels effets chaque régime a-t-il à long terme sur les habitats et la composition des espèces de la prairie? En réintroduisant graduellement le broutage en environnement contrôlé, les chercheurs peuvent réaliser une expérience à long terme, dans un secteur très étendu.

Cette étude sur le broutage, en fournissant des données sur plusieurs années, aidera les gestionnaires du parc à modifier leur mode de gestion de manière à favoriser les espèces indigènes. Il s’agit d’un processus continu appelé « gestion adaptative ». Les gestionnaires peuvent ainsi évaluer régulièrement la santé de l’écosystème et choisir les régimes de broutage appropriés à divers habitats au sein du parc. Plus important encore, certains résultats de l’expérience sur le broutage aideront les gestionnaires à formuler des objectifs en matière de broutage à l’échelle du parc.

L’étude sur le broutage permettra à Parcs Canada de réintroduire un jour le bison dans le parc, là où c’est approprié. Mais il aurait été difficile d’utiliser le bison pour cette étude. En effet, les neuf pâturages utilisés sont trop petits pour répondre aux besoins du bison pendant un an. De plus, le stress aurait pu être trop important pour les bisons, moins habitués aux manipulations que les animaux d’élevage.

 Le parc des Prairies collabore avec d’autres partenaires fédéraux et le gouvernement de la Saskatchewan pour appuyer les fermiers et les gérants de pâturage de la région qui sont des acteurs importants de l’intendance des terres Le parc des Prairies collabore avec d’autres partenaires fédéraux et le gouvernement de la Saskatchewan pour appuyer les fermiers et les gérants de pâturage de la région qui sont des acteurs importants de l’intendance des terres
© Karen Smith-Fargey / Parcs Canada

Faire partie de l’écosystème

Le plan directeur prévoit qu’à long terme, le parc reproduira certains aspects de l’ancien régime de broutage. Puisque les terres environnantes sont utilisées comme pâturages à des fins commerciales, le fait de rétablir un système naturel dans le parc apportera un certain équilibre à l’écosystème et
« améliorera l’intégrité écologique de l’ensemble », selon Adrian Sturch.

Avoir le pied léger

Pour étudier un système naturel, nos employés ont dû trouver des façons de surveiller les grands herbivores tout en réduisant leur impact. Au lieu d’utiliser des véhicules motorisés lors des patrouilles quotidiennes au cours desquelles ils entretiennent les clôtures et s’assurent que le bétail a suffisamment d’eau et reste dans les secteurs prévus, le personnel se déplace à cheval.

 Au lieu d’utiliser des véhicules motorisés, le personnel du parc se rend à cheval à chaque jour pour vérifier que le bétail a suffisamment d’eau et que le troupeau reste à l’intérieur des limites des pâturages Au lieu d’utiliser des véhicules motorisés, le personnel du parc se rend à cheval à chaque jour pour vérifier que le bétail a suffisamment d’eau et que le troupeau reste à l’intérieur des limites des pâturages
© Brett Grant / Parcs Canada

Cette vaste étude sur le broutage est assurée non seulement par le personnel de Parcs Canada, mais aussi grâce à la coopération d’organismes fédéraux et du gouvernement de la Saskatchewan, qui collaborent avec nous pour appuyer les propriétaires de ranchs et les gérants de pâturage de la région, acteurs importants de l’intendance des terres. L’étude a également ouvert des portes à des chercheurs comme Nicola Koper, de l’Université du Manitoba, qui étudie avec ses étudiants l’impact du régime de pâturage sur la population d’oiseaux chanteurs des prairies.

Afin de mobiliser les résidents et les visiteurs, le parc invite des « citoyens scientifiques » de la région à contribuer à la surveillance et à la collecte des données. Des journées champêtres, des présentations à la communauté et des visites sont aussi en préparation. Le projet montre « ce qu’on peut accomplir en travaillant ensemble », selon Karin Smith-Fargey, agente de communication et de diffusion externe du PNP.

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