La protection des plaines herbacées des Prairies

S’unir pour sauver les espèces et les habitats en péril

 Carte du parc national du Canada des Prairies Le parc national du Canada des Prairies
© Parcs Canada

Lors de l’établissement du parc national des Prairies, on a d’abord et surtout pensé à protéger toutes les espèces en péril formant cet écosystème. Les Prairies abritent de nombreuses espèces qui en dépendent pour survivre comme la petite Chevêche des terriers, le coloré Tétras des armoises et l’adorable Chien de prairie à queue noire.

Les employés du parc ont tout de suite compris qu’ils n’arriveraient pas à aider les espèces en péril en travaillant au cas par cas. Le riche écosystème des prairies se dégrade de façon importante depuis déjà plus d’un siècle. Pour le recréer, ils devaient considérer l’écosystème des prairies comme un tout, c’est à dire un système très complexe de plantes et d’animaux qui interagissent avec leur environnement.

Au-delà des frontières

 Danse nuptiale du Tétras des armoises Danse nuptiale du Tétras des armoises
© Parcs Canada

Il existe plusieurs types de frontières : il y a celles qui délimitent les pays, celles qui distinguent les organismes et celles qui séparent les voisins entre eux. Chacune d’entre elles pose un problème particulier pour la conservation des espèces qui ont besoin de grands espaces intacts pour survivre.

Par exemple, le Renard véloce a été réintroduit dans le sud-ouest de la Saskatchewan et le sud-est de l’Alberta, et on le retrouve maintenant jusque dans le nord du Montana. Quant à la Chevêche des terriers, son aire de migration s’étend sur tout le continent.

Dans le cadre de l’initiative ‘’Au-delà de la « Medicine Line »’’, financée par le Fonds d'investissement prioritaire dans le rétablissement des espèces en péril, un réseau a été créé en vue de favoriser la collaboration avec les intervenants et les voisins du parc pour ainsi établir des partenariats transfrontaliers et coordonner la mise en oeuvre de différents programmes. Chaque printemps, les partenaires se réunissent pour participer à un atelier sur la conservation [Disponible en anglais seulement].

Une frontière ouverte pour de nouvelles solutions

 Chevêche des terriers Chevêche des terriers
© Parcs Canada

Dès le lancement de l’initiative, nous avons commencé à en apprendre davantage sur les espèces qui nous entourent. En 2007, par exemple, Parcs Canada a joint ses efforts à ceux du Bureau of Land Management des États Unis et de l’Université du Montana pour étudier le Tétras des armoises, une espèce en voie de disparition. Les chercheurs ont posé des colliers émetteurs sur des femelles tétras du Canada et des États Unis, qu’ils ont suivies au fil des saisons. Ils ont été surpris de constater que les populations de Tétras des armoises du bloc Est du parc national des Prairies et des régions adjacentes du nord du Montana migraient au centre du Montana pour l’hiver. Les chercheurs croient qu’elles choisissent leur destination en fonction des différents types d’habitat. Les renseignements de cette nature sont essentiels à la protection des habitats dont les espèces ont besoin pour survivre.

De quelle longueur doit-on laisser pousser l’herbe?

 Employés du parc travaillant avec les propriétaires terriens pour le contrôle des plantes envahissantes Employés du parc travaillant avec les propriétaires terriens pour le contrôle des plantes envahissantes
© A. Sturch

Il est aussi important de comprendre le rôle des pâturages sur l’écosystème. Autrefois, les bisons qui broutaient contribuaient au maintien et au renouvellement du couvert herbacé et fournissaient un habitat propice à d’autres espèces sauvages en créant une mosaïque irrégulière de plantes de différents types et de différentes hauteurs. Avec la colonisation, le bétail a remplacé le bison et les pâturages autrefois diversifiés sont devenus uniformes, au grand bonheur de certaines espèces et au grand malheur de certaines autres.

Le Pipit de Sprague et le Bruant de McCown, par exemple, ont tous deux besoin des pâturages; cependant, ils n’ont pas les mêmes préférences. Le Pipit de Sprague, assez commun dans le parc, apprécie l’herbe longue, tandis que le Bruant de McCown, qui est beaucoup moins commun, préfère l’herbe courte et les sols dénudés. La gestion du pâturage est l’un des quelques outils dont peuvent se servir les gestionnaires de territoire pour recréer la diversité requise. En collaboration avec divers organismes et universités, le parc national des Prairies réalise des expériences sur la gestion des pâturages et de la biodiversité [Disponible en anglais seulement] afin de mieux comprendre les différents besoins des espèces.

Le parc et ses voisins unissent leurs forces

Protéger les pâturages, c’est aussi combattre les espèces exotiques envahissantes. Certaines d’entre elles, comme l’Euphorbe ésule, se répandent très rapidement et chassent les plantes indigènes, rendant ainsi les pâturages moins attrayants pour les animaux sauvages. Les espèces envahissantes posent aussi un sérieux problème aux éleveurs locaux, car elles se répandent jusque sur leurs terres et menacent les pâturages réservés au bétail. Les éleveurs peuvent parfois s’avérer de précieux alliés dans cette lutte.

L’administrateur rural Mike Sherven reconnaît la valeur du travail de Parcs Canada, qui aide la collectivité à comprendre et à combattre ces espèces envahissantes. « Parcs Canada a fait appel à des spécialistes et a fait comprendre à la population l’importance de contrôler ces espèces », soutient M. Sherven. Grâce à son initiative, Parcs Canada a permis la délimitation d’une aire de gestion des herbes envahissantes dans les régions qui entourent le parc national des Prairies. Financées par Environnement Canada, les municipalités ont maintenant entrepris d’éradiquer l’Euphorbe ésule. La population locale a mis la main à la pâte afin d’écarter définitivement cette menace. La coopération a permis aux employés du parc et à la collectivité de mieux se comprendre. « Une fois la confiance et le respect obtenus, il n’y a plus de limites à l’entraide », ajoute M. Sherven.

Rapprocher le visiteur, les résidents et la nature

 Chien de prairie à queue noire Chien de prairie à queue noire
© Parcs Canada

Nombreux sont les visiteurs qui ignorent le rôle que jouent les exploitants de ranchs et les gestionnaires des terres dans la conservation de l’écosystème des prairies. En revanche, de nombreux éleveurs ne savent rien de la passion qu’entretiennent les visiteurs pour la nature. En faisant connaître tous les efforts accomplis chaque jour pour la conservation de l’écosystème, nous bâtissons un pont entre les gens de la campagne et les visiteurs de la ville.

Grâce à cette initiative, de nouvelles possibilités d’apprentissage sont maintenant envisagées, que ce soit par l’intermédiaire du nouveau centre d’accueil du parc ou de la visite guidée. Les visiteurs pourront découvrir « les récits de coopération » au moyen de divers outils, comme des médias interactifs et des panneaux d’interprétation.

Pour réussir à conserver les espèces menacées, chacun d’entre nous doit y mettre du sien et avoir pour unique frontière l’horizon des Pairies.

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