Qui a dit qu’une île est un monde en soi?

Qui a dit qu’une île est un monde en soi?

Le parc national des Îles-du-Saint-Laurent collabore avec ses voisins afin de protéger les espèces en péril.

 Carte du Parc national du Canada des Îles-du-Saint-Laurent Parc national du Canada des Îles-du-Saint-Laurent
© Parcs Canada

Quand vient le temps de protéger ses espèces en péril, le parc national des Îles-du-Saint-Laurent (PNÎSL) ne peut se permettre de travailler en vase clos. Le PNÎSL est une petite aire protégée fragmentée située dans l’une des régions les plus densément peuplées d’Amérique du Nord. Il n’est donc pas surprenant qu’il soit soumis à de nombreux agents de stress environnementaux et que plusieurs espèces florales et fauniques locales soient en péril.

Dépasser les limites arbitraires

Pour Parcs Canada, le fait que le parc soit situé dans le sud de l’Ontario a des répercussions indéniables. La seule façon de s’attaquer aux agents de stress consiste à voir au-delà des limites du parc. Afin de protéger et de rétablir les espèces et les habitats du parc, voire de toute la région, Parcs Canada doit compter sur la participation des propriétaires fonciers, des administrations municipales et de nombreux autres organismes.

Les planificateurs doivent regarder au-delà des limites arbitraires et considérer les nombreuses aires protégées de la région (le PNÎSL, plusieurs parcs provinciaux et la station de biologie de l’Université Queen) comme un tout. Pour conserver ces endroits, il faut à tout prix tenir compte des liens naturels qui les unissent. La conservation de ces liens est essentielle au maintien des habitats et des couloirs de déplacement dont les espèces ont besoin.

 Images des îles du parc Des îles du parc (PNÎSL)
© Parcs Canada

Pour mieux protéger l’écosystème, Parcs Canada et ses partenaires ont mis sur pied un Projet sur la disponibilité de l’habitat des espèces en péril. Cette initiative permet à Parcs Canada, au ministère des Richesses naturelles (MRN) de l’Ontario et à d’autres organismes, d’identifier les liens en examinant les nombreux espaces verts entourant les grands parcs.

Élaboration d’une base de connaissances

Un effort de conservation aussi considérable exige d’excellentes données sur les espèces et les habitats. Pour établir cette base de connaissances, on a utilisé le Southern Ontario Land Resource Information System (SOLRIS) [Disponible en anglais seulement] pour la région des Mille-Îles. Administré par le MRN de l’Ontario, SOLRIS fait appel à des techniques de classification écologique des terres pour déterminer, évaluer et cartographier l’habitat des espèces en péril et d’autres espèces. Il fournit de nombreux renseignements utiles sur les forêts, les sols, les milieux humides et d’autres éléments naturels. L’exercice permet d’établir les secteurs à conserver et restaurer en priorité.

Les parcs comptent sur leurs voisins

Shaun Thompson, le chef du projet, a résumé clairement l’importance de maintenir des corridors verts. En affectation à Parcs Canada, Shaun, qui travaille au ministère des Richesses naturelles de l’Ontario, a souligné que le PNÎSL n’est pas vraiment une île sur le plan écologique même s’il est presque entièrement entouré d’eau. « L’intégrité écologique d’une aire protégée est lié au paysage environnant ».

Il a aussi souligné la place importante des propriétaires fonciers dans l’équation. La majorité des corridors verts sont situés sur des terres privées ou municipales, d’où l’importance de la participation communautaire et de l’intendance privée. « La confiance et la communication sont essentielles » a-t-il déclaré, car les droits de propriété peuvent être problématiques pour conserver l’habitat. « Nous devons être francs avec les propriétaires», d’ajouter Shaun.

Apprendre à connaître les propriétaires fonciers

 Propriétaire participant à un inventaire écologique devant un grand Caryer lacinié  Propriétaire participant à un inventaire écologique devant un grand Caryer lacinié
© Parcs Canada

Le projet permet aux propriétaires fonciers de devenir les intendants des espèces en péril, en leur fournissant des données nécessaires sur les espèces et les exigences légales. Pour favoriser l’intendance, les organisateurs ont d’abord dû en apprendre davantage sur les communautés locales. Avec l’aide des spécialistes en sciences sociales, les attitudes et le niveau d’information des propriétaires ont été identifiés et analysés. Nos collègues des Mille-Îles ont ensuite fait un lien entre les résultats du sondage et la distribution cartographique des sites importants pour la conservation dans le but d’identifier les meilleures opportunités pour l’implication des propriétaires.

Les propriétaires s’impliquent

Environ 230 propriétaires ont accepté que des inventaires écologiques soient menés sur leur propriété et 40 d’entre eux ont participé aux travaux. Parcs Canada et ses partenaires planifient également des activités d’intendance avec des propriétaires et des groupes de bénévoles comme le Leeds County Stewardship Council [Disponible en anglais seulement]. Ce dernier collabore entre autres avec les propriétaires dans le cadre d’un projet visant la protection des populations de tortues en péril (tortue musquée, tortue mouchetée et tortue géographique) le long du Saint Laurent.

Des partenariats durables

 Tortue musquée Tortue musquée
© Michele Rodrick

Grâce au projet sur la disponibilité de l'habitat des espèces en péril, Parcs Canada a noué des liens privilégiés avec d’autres organismes. De retour à son poste au MRN de l’Ontario, Shaun Thompson éprouve une grande satisfaction et se dit enthousiaste à l’idée de poursuivre la coopération entre Parcs Canada et la province. Il considère que les « partenariats extraordinaires » qu’il a créés au parc national lui seront utiles dans son travail au MRN.

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