La recherche dans le Nord

La terre

Parcs Canada et l’Année polaire internationale

L’intégrité écologique vue de la terre

À pied dans les grands espaces du parc national Ivvavik À pied dans les grands espaces du parc national Ivvavik
© Parks Canada

Parcs Canada a mis en place un système de parcs nationaux et de lieux historiques nationaux pour protéger et célébrer des endroits importants sur les plans naturel et culturel. Cette responsabilité est fondée sur le principe de l’intégrité écologique, qui consiste à protéger les ressources naturelles particulières et les processus naturels qui donnent à ces endroits leur caractère distinctif.

La Loi sur les parcs nationaux donne un aperçu de la signification du concept d’intégrité écologique, qui fixe le mandat de Parcs Canada. Les termes employés comprennent des références aux espèces existantes et aux collectivités biologiques, tout en permettant aux processus naturels de changement de se poursuivre lorsqu’ils sont typiques d’un écosystème particulier. Un exemple particulièrement frappant de ces processus de changement est le rôle du feu dans la rénovation des forêts. Le concept d’intégrité écologique comprend aussi les habitants évidents, comme les plantes et les animaux, ainsi que les éléments non-vivants de l’environnement qui contribuent à leur survie, comme les zones humides ou les caractéristiques géologiques.

Ce concept a joué un rôle important dans un bon nombre de projets de recherche entrepris en 2007 et 2008, période désignée comme l’Année polaire internationale (API). Dans tout l’Arctique et l’Antarctique, des milliers de chercheurs de douzaines de pays ont participé à des expéditions visant à approfondir notre compréhension des changements en cours dans ces régions. Au cours des 130 dernières années, on a organisé quatre de ces ambitieuses initiatives multinationales, un effort intensif qui a donné lieu à d’importants progrès dans un large éventail de domaines scientifiques.

Parcs Canada considérait cette dernière API comme une occasion idéale de mettre au point une méthode d’évaluation efficace de l’intégrité écologique des grandes réserves et des grands parcs nordiques créés au cours des 35 dernières années. Un projet en particulier, Impacts des changements climatiques sur les écosystèmes de la toundra arctique du Canada, (ICCETA) a rassemblé des chercheurs dans une étude du sol, de la végétation, des flux de carbone, de la modélisation d’écosystèmes et du monitorage basé dans la collectivité. Ils ont examiné les caractéristiques du paysage qui rendraient ce monitorage aussi simple et efficace que possible, mettant les choses en place pour des décennies à venir. Ce travail a amené les scientifiques à des endroits éloignés comme le parc national des Monts-Torngat à Terre-Neuve-et-Labrador, au parc national Wapusk au Manitoba et au parc national Ivvavik au Yukon. Une approche consistait à créer un inventaire exhaustif des plantes qui poussent sur ce terrain, ce qui pourrait servir à mesurer le niveau d’activité écologique dans une section donnée de toundra, de forêt ou de milieu humide. En fin de compte, cette information sera combinée aux observations de la même végétation faites par photographie aérienne ou satellitaire. Les changements de la couverture terrestre avec le temps devraient révéler les répercussions du changement des niveaux de pergélisol, des inondations ou d’autres processus, même si les observateurs basés à terre sont incapables d’atteindre ces endroits particuliers.

Ce concept a été appliqué encore plus directement dans un autre projet, qui consistait à exploiter les archives de données de télédétection recueillies par les satellites Landsat et Radarsat depuis les années 1980. Cette analyse rétrospective s’est concentrée sur 20 ans d’images de ce genre prises du parc national Ivvavik; les membres de l’équipe de recherche ont étudié comment l’information pouvait les aider à répondre à des questions sur ce qui se produisait au sol, comme l’évolution de la limite de la zone arborée ou les endroits où la végétation changeait le plus rapidement.

Un troisième projet a été entrepris en collaboration avec l’université de Colombie-Britannique et l’université Memorial de Terre-Neuve-et-Labrador, dont des chercheurs travaillaient déjà sur des stratégies semblables pour traiter des données assemblées sur des paysages nordiques. Connu sous le nom de Canadian Tundra & Taiga Experiment, ce projet est lié au International Tundra Experiment, aussi consacré à l’étude des changements à long terme dans les écosystèmes nordiques. À mesure que ces modèles se raffineront, il sera possible d’étudier les effets des changements importants, comme l’élévation de la température moyenne annuelle.

Les chercheurs attendent avec impatience les résultats d’une approche intégrant les résultats d’études marines, qui analysent la relation entre les changements survenus sur terre et ceux survenus en eau douce ou en mer. Comme première étape de compréhension de cette relation, un projet de l’API a été centré sur le bassin hydrologique Ivitak du parc national des Monts-Tarngat. Différentes équipes de recherche ont travaillé en étroite proximité, dans le but de pouvoir intégrer l’information recueillie sur cet écosystème et d’autres écosystèmes de la région. Le but final sera de décrire l’interaction d’écosystèmes individuels, ainsi que le comportement de l’écosystème du bassin hydrologique dans son ensemble. En fin de compte, les résultats devraient permettre de combiner les perspectives scientifiques et celles des Inuits pour obtenir une évaluation encore plus large de l’intégrité écologique de ce nouveau parc.

On peut obtenir des fiches d’information complémentaires traitant de la recherche sur l’intégrité écologique aquatique réalisée durant l’Année polaire internationale et sur l’utilisation de la télédétection pour la surveillance des parcs nordiques (ParkSPACE).

Sur le terrain :

  • Un lien avec la terre, un lien avec l’avenir
    Gérer les parcs nationaux du Canada est une tâche qui requiert une surveillance continue d’année en année. Au cours des décennies, les résultats fourniront un trésor de connaissances sur la nature des terres et leur évolution. 
  • Une boîte à outils pour le travail sur le terrain 
    Les chercheurs de Parcs Canada ont saisi l’occasion qu’offrait l’Année polaire internationale pour établir de nouvelles normes sur la façon dont l’Agence surveille les parcs du Nord. Ce travail repose sur le concept d’intégrité écologique, un principe fondamental qui consiste à faire le bilan de l’environnement d’un parc, y compris la relation dynamique entre les plantes, les animaux, les gens et la terre elle-même.