La recherche dans le Nord

Hausser la barre en matière de surveillance environnementale

Les prouesses canadiennes dans l'espace appliquées jusque dans les coins éloignés du Nord

Imagerie par satellite améliorée du parc national Ivvavik au Yukon. Photo : Ressources naturelles Canada�D;�A; Imagerie par satellite améliorée du parc national Ivvavik au Yukon. Photo : Ressources naturelles Canada
© Parks Canada

Afin de gérer certains des plus grands espaces de la Terre, Parcs Canada se tourne vers l'espace. L'Agence a établi un partenariat permanent avec l'Agence spatiale canadienne et le Centre canadien de télédétection (CCT) de Ressources naturelles Canada en vue de tirer parti de leur savoir-faire dans l'utilisation de satellites en orbite destinés à recueillir des renseignements sur ce qui se passe au sol.

La collaboration, appelée ParkSPACE, a commencé en 2008 et se terminera en 2012. Elle a pour but d'exploiter les capacités de la dernière génération de satellites d'observation de la Terre, ainsi que de mettre au point des logiciels et des méthodes qui permettraient d'extraire de l'information sur les changements environnementaux grâce aux données recueillies.

Le Canada, qui a fait ses preuves dans l'espace dès le début des années 1960, a continué de se classer parmi les chefs de file mondiaux dans le domaine. Depuis 1995, par exemple, le satellite canadien Radarsat-1 collecte des images détaillées de jour ou de nuit, indépendamment de la couverture nuageuse, de la fumée ou de la brume.

Parcs Canada est très heureux de pouvoir profiter d'une capacité d'observation en toute saison et en toute température parce que 72 pour cent du territoire qu'il possède est dépourvu de routes dans le Nord canadien. Il reste difficile et coûteux d'emmener les gens dans ces endroits isolés, même quand le temps le permet. Le travail de personnes au sol ne peut couvrir qu'une infime partie de ces vastes zones.

Néanmoins, l'Agence Parcs Canada doit rendre compte au gouvernement fédéral de l'état écologique des parcs, elle qui est responsable du contrôle de l'intégrité écologique.

Ce concept, au coeur du mandat de Parcs Canada, oblige à bien connaître les espèces végétales et animales qui vivent dans les parcs ainsi que les changements que subissent les processus écologiques dont dépendent ces espèces.

Selon Robert Fraser, chercheur au Centre canadien de télédétection, il est pratiquement impossible de justement bien comprendre de vastes zones par le travail au sol seulement. De nombreux coins du nord du pays n'ont été étudiés que rarement avec la précision nécessaire, même lorsqu'on ne fait qu'entamer une étude par des activités au sol.

« C'est un environnement qui est en pleine mutation, et ce, depuis des milliers d'années, explique-t-il. Il ne cesse de changer depuis la dernière ère glaciaire, et maintenant il y a le réchauffement rapide du climat. Où est le point de référence? Voilà la question à laquelle nous tentons de répondre. Nous pouvons suivre les tendances, mais comment pouvons-nous définir l'état initial de ces écosystèmes et prédire les seuils environnementaux auxquels ils subissent des changements soudains? »

C'est ainsi que ParkSPACE vise à développer et à appliquer la technologie de surveillance par satellite pour rendre compte des changements dans les parcs nationaux du Nord canadien et quantifier ces changements. Une telle façon de faire s'est déjà montrée payante lors d'une collaboration antérieure entre les mêmes partenaires pour faire l'étude de l'efficacité de la surveillance par satellite dans les parcs du Sud, explique Jean Poitevin, chef de projet et initiateur de cette entente de collaboration entre l'Agence spatiale canadienne, le CCT et l'Agence Parcs Canada.

L'écologiste de Parcs Canada Donald McLennan et son équipe ont contribué à orienter ce travail, un travail qui l'a convaincu de la faisabilité de la stratégie. Par exemple, les archives de données font foi d'une baisse importante de la couverture forestière autour d'un parc sur une période de plusieurs décennies. Selon lui, on voit ainsi l'efficacité même de vieux systèmes de télédétection.

« Nous devons maintenant appliquer le tout dans les systèmes que nous avons déjà mis en place pour les efforts de surveillance, explique M. McLennan. C'est pourquoi cette fois nous formons des employés et faisons l'acquisition d'équipement qui nous permettra de tirer le maximum de ce que les satellites peuvent nous donner. »