La recherche dans le Nord

Télédétection

ParkSPACE: Notre recherche constante de surprises

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© Parks Canada

Un thème central de l’histoire du Canada est l’effort gigantesque qui a été nécessaire pour assembler les premières cartes détaillées du vaste territoire du pays. Depuis les Autochtones qui voyageaient dans tout le pays et faisaient des cartes mentales détaillées jusqu’aux générations d’explorateurs et d’arpenteurs qui ont fait des cartes écrites, cet objectif demeure encore incomplet. Des découvertes comme les restes de mammouths préhistoriques ou des sites archéologiques antiques servent uniquement à nous rappeler la capacité permanente du territoire de nous surprendre, même après que nous avons identifié ses traits les plus évidents.

Nous cherchons encore des surprises du genre, mais au cours des 60 dernières années, notre capacité de les trouver s’est beaucoup améliorée. Au cours des années qui ont suivi la Seconde Guerre mondiale, un grand nombre de bombardiers et de leurs pilotes ont été mis au service de la photographie aérienne. Ils ont survolé les régions les plus nordiques du pays en suivant des tracés géométriques fixes et en recueillant des images qui ont formé la base de la première collection de cartes topographiques couvrant l’ensemble de cette région.

Ces archives photographiques sont encore plus précieuses aujourd’hui, parce qu’elles fournissent un point de départ clair pour évaluer les changements qui se sont produits au cours des décennies qui ont suivi. Les signes de réchauffement ou d’autres changements environnementaux importants peuvent être vus directement lorsqu’on compare ces cartes anciennes aux observations plus récentes.

Par ailleurs, les observations actuelles profitent d’une technologie beaucoup plus raffinée. L’arrivée des satellites d’observation dans les années 1960 a rendu possible la surveillance de territoires immenses pendant de longues périodes. À compter des années 1980, ces aéronefs étaient équipés non seulement de caméras puissantes, mais aussi de capteurs capables de prendre des mesures physiques beaucoup plus fines.

Ainsi, des capteurs avancés suivent depuis deux décennies les changements de la quantité d’énergie thermique qui frappe les régions polaires de la planète. Ces instruments permettent d’évaluer l’état de la couverture de neige ou de glace, la végétation et le pergélisol, qui servent tous d’indicateurs environnementaux clés.

Entre 2004 et 2008, Parcs Canada a entrepris un projet dans le cadre du Programme d’initiatives gouvernementales en observation de la Terre (IGOT), financé par l’Agence spatiale canadienne. Ce travail a démontré que les données recueillies par les satellites pendant des décennies pouvaient soutenir la surveillance de l’intégrité écologique dans les parcs nationaux. Le succès de cette première recherche ― centrée sur les parcs du sud du pays ― a entraîné la mise en œuvre en 2008 d’un deuxième projet IGOT, appelé celui-là ParkSPACE.

ParkSPACE fait face à un défi logistique plus important pour Parcs Canada, soit la nécessité de surveiller le territoire considérable de 12 parcs et réserves dans le Nord canadien. L’Agence est tenue par la Loi de soumettre au Parlement des rapports détaillés tous les deux ans, et ce projet permettra de produire des protocoles exhaustifs pour surveiller l’intégrité écologique des parcs. Ce principe est au cœur du mandat de Parcs Canada, qui lui confie la responsabilité de surveiller les processus qui maintiennent la vie végétale et animale au sein de toute région donnée.

L’intégrité écologique est donc le fondement d’un programme de surveillance soutenable et à long terme des parcs nationaux nordiques du Canada, qui couvrent ensemble environ 217 000 km2, soit environ 79 p. 100 de la superficie totale de l’ensemble des parcs nationaux du pays. Ces parcs sont très vastes, éloignés des zones habitées, sans routes carrossables.

Les projets ParkSPACE ont déjà démontré qu’ils constituent une approche pratique pour la surveillance de l’intégrité écologique et des aspects connexes des changements environnementaux, y compris les changements observés dans le pergélisol, la croissance des plantes ou les milieux humides.

On peut obtenir des fiches d’information complémentaires sur la recherche concernant l’intégrité écologique terrestre et aquatique effectuée dans le cadre de l’Année polaire internationale.

Sur le terrain :

  • À l’affût des nombreux signes de vie dans le Nord
    Comme les plus récents parcs nationaux du Canada sont vastes et éloignés, la gestion de ces vastes territoires est devenue une tâche de plus en plus difficile. Les scientifiques conçoivent et testent des méthodes pour les surveiller à l’aide des dernières technologies, tant sur le terrain que depuis l’espace.
  • Des critères rigoureux pour la surveillance de l’environnement
    Parcs Canada collabore avec l’Agence spatiale canadienne et Ressources naturelles Canada afin de tirer le meilleur parti des capacités de notre pays en matière de technologie orbitale. C’est ainsi que le projet ParkSPACE a vu le jour : il s’agit d’utiliser les satellites d’observation de la Terre les plus modernes pour étudier tous les recoins des parcs nationaux du Nord canadien. 
  • Une promenade dans les nuages : un point de vue qui évolue
    Il y a seulement soixante ans que le premier levé photographique aérien complet du nord du Canada a été réalisé, et il offrait la première vue détaillée de ce vaste territoire. Ces archives d’images géographiques sont désormais considérablement renforcées par les études menées depuis l’espace avec les satellites qui fournissent des informations sur les parties les plus reculées des parcs nationaux du Canada.