Lieu historique national du Canada de la Concession-de-la-Découverte

C’est ici, au bord du ruisseau Bonanza, à l’endroit marqué par un cairn des lieux historiques nationaux, que la découverte d’or en 1896 a donné lieu à la ruée du Klondike de 1898. La nouvelle a frappé l’imagination du monde occidental et une quantité d’or valant plus de 500 millions de dollars allait tôt ou tard être extraite du sol gelé.

Photo historique du pieu original à la concession de la découverte
Pieu original à la concession Discovery
© Canwell Photo, Bibliothèque municipale de Vancouver, collections spéciales, vpl 33087

La découverte

Prévenus par Bob Henderson, un prospecteur chevronné, George Carmack et ses compagnons de pêche, Skookum Jim et Tagish Charlie, ont fouillé le gravier des ruisseaux de la région. Le 17 août 1896, ils ont découvert de l’or et jalonné les quatre premières concessions. Quelques jours plus tard, à Forty Mile, Carmack enregistrait la concession de la découverte en son nom et une concession chacun au nom de Charlie et de Jim. Skookum Jim a été envoyé garder les concessions sur le ruisseau, que Carmack rebaptisa Bonanza. En quelques jours, les ruisseaux Bonanza et Eldorado avaient été entièrement jalonnés, et lorsque la nouvelle s’est répandue, ce fut la ruée vers l’or du Klondike.

La ruée

C’est en 1897 que le reste du continent s’est joint au mouvement lorsque des bateaux ayant à leur bord de riches prospecteurs du Klondike ont accosté à San Francisco et à Seattle. En mai 1898, la Police à cheval du Nord-Ouest a vu passer, à son poste de surveillance de Tagish Post, 4 735 embarcations en tout genre transportant 28 000 personnes vers Dawson et le Klondike.

La vallée fut envahie par des centaines d’hommes qui fouillaient frénétiquement le lit des ruisseaux. Chaque concession mesurait 152 m de largeur. L’air devint opaque de fumée, car il fallait chauffer les puits pour faire fondre le sol gelé. Les bourriquets actionnés à la main grinçaient en déversant des godets emplis de déblais à moitié gelés sur des tas de rebuts prêts à être lavés au sluice. Bientôt, il ne resta plus aucune parcelle de terrain inexploité près des ruisseaux et sur les collines du Klondike, et l’or semblait couler à flots.

Les villes de la côte ouest (Victoria, Vancouver, Seattle et San Francisco) tirèrent profit de la vente d’équipement aux mineurs et du transport d’articles, de première nécessité comme de luxe, sur les navires qui faisaient route vers le nord.

Après la ruée

Un à un, les mineurs finirent cependant par vendre leurs concessions à de grandes sociétés qui installèrent des dragues dans les ruisseaux. Les godets des convoyeurs creusèrent jusqu’au substratum rocheux et transformèrent les vallées en monticules de gravier. D’immenses tas de rebuts nous rappellent encore les travaux de dragage. L’or vint à s’épuiser, mais pas avant qu’on en ait extrait l’équivalent de plus de 500 millions de dollars, selon les estimations prudentes.

Aujourd’hui, les vallées sont redevenues paisibles, et les arbres et arbustes cachent certaines cicatrices. Il reste quelques petites exploitations minières ici et là, et un peu d’or à extraire. Certaines prospecteurs, de moins en moins nombreuses, croient toujours qu’il y a quelque part, au cœur de ces chaînons ou ces vallées, un filon qui n’attend qu’eux. Entre-temps, l’Eldorado et le Bonanza s’écoulent tout doucement vers la rivière Klondike, aussi sereinement qu’au début de l’été 1896.