Lieu historique national du Canada du Complexe- Historique-de- Dawson

La residence du commissaire :

La résidence du commissaire avant l'incendie de 1906
La résidence du commissaire avant l'incendie de 1906
© MSCUA, University of Washington Libraries, Adams & Larkin 51

La ruée vers l'or du Klondike a nourri l'imagination de tout un pays et contribué a établir fermement la sourveraineté du Canada dans le Nord-Ouest, région encore preque inexplorée. Dans les premieres années de la ruée vers l'or, le gouvernement canadien s'y fait représenter par la Police à cheval du Nord-Ouest. En juillet 1898, le gouvernement fédéral charge un commissaire de diriger l'administration du nouveau territoire du Yukon. Du village de tentes et de taudis qu'elle était, Dawson devient rapidement une ville moderne dotée d'églises, d'hôtels, d'une école et d'un hôpital. Plus que tout autre bâtiment, la résidence du commissaire reflète l'espoir que fonde le gouvrement sur cette nouvelle ville et ses promesses d'avenir. (insert image 1here)

Construite en 1901, la résidence se veut un modèle d'élégance et d'assurance, capable d'attirer les investisseurs et de donner à Dawson l'allure d'une ville solidement établie. Le bureau du commissaire représente pour le territoire du Yukon un signe de maturité, et J.H. Ross, commissaire du Yukon, tient à ce que l'importance de son poste se reflète dans la splendeur de sa demeure. La maison est l'oeuvre de thomas Fuller, qui deviendra plus tard l'architecte du Dominion et à qui nous devons les édifices du Parlement a Ottawa. La première résidence du commissaire est une construction simple de deux étages aux lignes classiques. À peine deux ans plus tard, elle est transformée en un somptueux manoir victorien orné de vérandas et de dentelle de bois. En 1906, après un incedie, la résidence est reconstruite, prenant la forme et l'apparence que nous lui connaissons aujourd'hui.

Au début de la ruée vers l'or, le commissaire a pour mission de fournir des services administratifs de base à une population composée essentiellement de non-Britanniques et de gens de passages. Au fil des ans, son rôle évolue, au diapason de celui des entreprises minières, qui, une fois établies, ne tardent pas à prendre des engagements à long terme. Le commissaire se voit alors investi d'une mission double; d'une part, créer des propice aux investissements et au dévelopement du Nord et, d'autre part, créer des conditions economiques et sociales favorable pour faciliter l'atteinte des buts administratifs et économiques. La résidence se fait donc régulièrement le théâtre d'activités sociales reflétant ces deux rôles.

George et Martha Black
George et Martha Black
© Parcs Canada / Wiley Collection / 201.3.18

Plusiers commissaires occupent le résidence au fils des ans. Le plus mémorable d'entre eux est sans contredit George Black, le dernier détenteur du titre à y résider à temps plein. Avec se femme Martha, il occupe la maison de 1912 à 1916. Pendant leur séjour, les Black y accueillent des membres de toutes les couches de la société, d'humbles mineurs comme des dignitaires étrangers. Depuis le fastueux mobilier jusqu'aux élégants jardins, la résidence fait la fierté de Martha et tient lieu d'oasis culturel au milieu des grandes étendues sauvages. Les habitants de Dawson peuvent donc accueillir leurs visiteurs dans un décor comparable à celui des villes du sud. C'est là un contraste frappant avec la boue, le gravier et les cabanes rustiques qui parsèment les champs aurifères. Pendant les décennies qui suivront, George et Martha Black continueront d'assumer d'importants rôles sur la scène politique du Yukon.

En raison de son association avec le rôle du gouvernement du Dominion dans le développement du territoire et du pouvoir administratif et social exercé par le commissaire, la résidence a été classée édifice d'importance nationale. Parcs Canada a donc entrepris d'en assurer l'entretien. La restauration de rez-de-chausée et des jardins est le fruit de nombreuses années de travail par une équipe de spécialistes. Archéologues, historiens, architectes, conservateurs et autres professionels ont uni leurs efforts pour redonner au batiment sa slendeur d'antan, à l'époque où les Black y tenaient leurs réceptions mondaines. Après plus de 80 ans, la résidence est à nouveau prete à accueillir des invités dans le gracieux décor qui faisait la fierté du commissaire et de sa chatelaine.