Lieu historique national du Canada du Fort-Walsh

Histoire

Fort-Walsh
Fort-Walsh
©Parcs Canada

Fort-Walsh

Établi en 1875, Fort-Walsh devint très rapidement le fort le plus important, le plus imposant et le mieux armé occupé par une garnison de la Police à cheval du Nord-Ouest au début de l'Ouest canadien. Au cœur des spectaculaires collines Cypress, imaginez ce qu’était la vie dans les années 1870 et découvrez dans quelles circonstances le fort Walsh est devenu le théâtre de l’une des périodes de changements les plus importantes dans les Prairies. Renseignez-vous sur la façon dont on a établi la législation canadienne dans l’Ouest, alors que les collines Cypress demeuraient un lieu de rencontres pour divers groupes, notamment la Police montée, les peuples des Premières nations, les Métis, les commerçants de fourrures et les contrebandiers de whisky. La diplomatie et la conciliation ont permis à la Police à cheval du Nord-Ouest d’éviter une grande partie de la violence que l’on observait souvent aux autres frontières. Saviez-vous que l’image d’un agent de la GRC monté sur un cheval noir, symbole reconnu à l’échelle internationale, est née au fort Walsh? Découvrez l’endroit qui a donné naissance aux riches traditions de la GRC, soit l’ancien quartier général dans les collines Cypress. Lorsque vous la découvrirez, l'histoire du Fort-Walsh est une histoire remplie de faits fascinants et d'individus qui souvent furent plus grands que la vie elle-même. Jerry Potts, Sitting Bull, James Walsh, Big Bear, James Macleod, Alfred Terry, White Bird, Little Pine, Sam Steele, Spotted Eagle, Rain-in-the-Face, Gall, Nelson Miles, Chef Joseph, Lief Crozier, John A. Macdonald, George Armstrong Custer; tous ces hommes et d'autres encore prirent part dans l'histoire du Fort-Walsh.

Le lieu historique national du Canada du Fort-Walsh fut commémoré car le fort servit de quartiers généraux à la Police à cheval du Nord-Ouest entre 1878 et 1882. Le fort et les policiers à cheval jouèrent un rôle clé en renforçant l'application des lois canadiennes de 1875 à 1883, en administrant et en implantant la Politique indienne canadienne et en surveillant les Autochtones du Lakota qui ont fui les États-Unis pour le Canada sous Tantanka Iyotanka (Sitting Bull) après la bataille de « Little Big Horn ».

Le massacre des collines Cypress
Fort-Walsh 1875 à 1883
La politique indienne canadienne
La crise des réfugiés du Lakota
La commission Terry
Les quartiers généraux de la P.C.N.O.
James Morrow Walsh
Le haras de la GRC

Le massacre des collines Cypress

Dans un coin éloigné des Territoires du Nord-Ouest, aujourd'hui le sud-ouest de la Saskatchewan, se produisit un événement dont les conséquences se firent sentir sur tout le reste du pays. Cet événement fut le sujet de plusieurs articles de journaux et de procédures judiciaires controversées autant au Canada qu'aux États-Unis. Cet événement força le gouvernement du Dominion à réagir rapidement afin de protéger la Souveraineté du Canada dans l'Ouest.

La création de la Police à cheval du Nord-Ouest était déjà en cours sous le gouvernement de John A. Macdonald lorsque les nouvelles du massacre des collines Cypress atteignirent Ottawa à la mi-août de 1873. L'incident du massacre, qui se produisit dimanche le 1 er juin 1873, démontra clairement que le Canada devait réagir rapidement afin de faire régner l'ordre sur les vastes territoires du Nord-Ouest, en créant un corps policier. Il y avait depuis quelques temps, des rapports qui parlaient de l'augmentation de la violence et de l'infiltration de la pratique illégale du commerce du whisky dans les Territoires du Nord-Ouest. L'incident du massacre des collines Cypress a convaincu le gouvernement de l'importance de créer une force policière et cela dans les plus brefs délais. Les nouvelles du massacre précipitèrent le recrutement et l'organisation de la nouvelle force policière, la Police à cheval du Nord-Ouest fut envoyée dans les Territoires l'année suivante. Cette force policière de même que ses successeurs feront leur marque au pays pour plusieurs années à venir. L'image colorée de la « Police à cheval » influencera deux nations et saura se faire connaître à travers le monde entier.

Les aventuriers américains faisaient le trafic du whisky frelaté sur le territoire canadien depuis 1869. Ce whisky était composé de grains d'alcool à 100 %, dilué avec de l'eau pour ensuite être coupé avec des ingrédients tels que le tabac, l'encre rouge, le gingembre jamaïcain et parfois même avec de la strychnine. Ces trafiquants indépendants de l'époque opérèrent sans compétition ou interférence à travers le territoire que l'on appelle aujourd'hui le sud de l'Alberta et le sud-ouest de la Saskatchewan. La compagnie de la Baie d'Hudson avait le contrôle nominal du territoire mais ne s'aventurait que très rarement dans les régions du sud laissant ainsi le contrôle du commerce des peaux de bisons aux chasseurs américains.

Ces peaux étaient une denrée précieuse. Le cuir des peaux servait à fabriquer des courroies que l'on installait sur de la machinerie industrielle. Pour répondre à la grande demande des manufactures retrouvées sur la côte est américaine, un vaste nombre de troupeaux de bisons des Prairies de l'Amérique du nord fut tué et détruit tout comme les baleines l'ont été dans tous les océans du monde. Les courroies faites du cuir des bisons faisaient fonctionner les machines des manufactures et l'huile des baleines servait à lubrifier ces courroies. La révolution industrielle su jeter de l'ombre sur le développement de l'ouest canadien et américain.

Dans les collines Cypress de 1873, on retrouvait au moins quatre postes de traite en opération. Les postes employaient au moins treize commerçants de whisky. La scène du massacre des collines Cypress s'est produite tout près de deux de ces postes. Moses Solomon opérait un des forts de whisky et à une petite distance de là, de l'autre côté du ruisseau connu plus tard sous le nom de Battle Creek, était situé un autre poste opéré par Abel Farwell. Ces deux hommes et la plupart de leurs ouvriers étaient des américains basés à Fort Benton au Montana, une ville en pleine expansion et un entrepôt de pelleteries à 150 milles sud sud-ouest des collines Cypress.

Comme la saison du commerce de la traite des fourrures de 1872-1873 tirait à sa fin, les commerçants rivaux Farwell et Solomon convoquèrent les Métis des environs pour voir au transport du chargement des fourrures au Fort Benton où il serait vendu. Malheureusement, cette année-là un printemps retardataire, repoussa le départ des Métis jusqu'à la fin de mai. À la mi-mai un groupe de trente personnes de Nakoda (Assiniboins) arrivèrent sous la direction de Hunka-juka. La tribu de Hunka-juka vécut un printemps des plus horribles car trente de leurs compagnons moururent de malnutrition et d'exposition au froid en tentant de faire le voyage à partir de la Battle River (aujourd'hui Battleford, Saskatchewan) jusqu'aux collines Cypress. Les Nakodas décidèrent de camper tout près des postes de whisky en espérant pouvoir échanger leurs possessions si peu fussent-elles pour des provisions. Farwell engagea quelques Nakodas pour faire des petits travaux en échange de nourriture. Hunka-juka (ou Manitupotis pour les Cris) décrouvrit très vite que ses membres furent rejoints par des membres de la tribu de Manashinayen un de ces vieux amis. Peu de temps après, douze Inihan Kinyen arrivèrent des environs de Wood Mountain. Lorsque la fin mai se pointa et que les gens de Hunka-juka se remirent de leur récente épreuve, un camp constitué de plus de 300 Nakodas vivait tout près des deux postes de traite de whisky.

Il y avait donc bon nombre de gens vivant sur les berges à la courbure du ruisseau dans la vallée de Battle Creek ce jour du 1 er juin 1873.. Il y avait les Nakodas, au moins dix Métis avec leurs charrettes Red River chargées et leurs bœufs, les gens des deux postes de traite; neuf ou dix personnes au poste de Farwell incluant deux femmes et six personnes au poste de Solomon. Comme on aurait pu le prédire, ce n'était pas tout le monde qui s'accordait bien. Certaines frictions se développèrent, en particulier entre les gens du fort de Solomon et les membres de la tribu Nakoda.

Et le 31 mai, un groupe de plus arriva. Ce groupe de réfugiés était composé d'hommes qui durent s'exiler durant la Guerre Civile des États-Unis. Ces hommes étaient impatients de faire de l'argent rapidement. Nommés chasseurs de loups et ce nom les décrivait parfaitement bien, ces hommes chassaient le loup pour sa fourrure en empoisonnant les carcasses des bisons avec de la strychnine. Après s'avoir nourris de la carcasse du bison, les loups mourraient empoisonnés. Ces chasseurs de loups pouvaient collecter jusqu'à vingt loups par carcasse de bison contaminée. Cette tactique permettait à ces chasseurs d'amasser plusieurs peaux de loups sans les endommager avec des trous faits par les balles des fusils. Malheureusement l'utilisation du poison tua aussi d'autres animaux sauvages et des oiseaux comme la pie, ainsi que des chiens qui appartenaient aux gens des Premières nations. À cette époque, les gens des Premières nations utilisaient les chiens pour tirer leurs « travois » et s'offensèrent des techniques de chasse utilisées par ces chasseurs de loups. Les trappeurs blancs et les commerçants ne voyaient pas non plus d'un bon Sil les tactiques utilisées par ces chasseurs de loups, car il était universellement entendu que l'empoisonnement des animaux pour en obtenir les peaux était une pratique inutile et dangereuse.

L'amertume ressentie par les Indiens envers les chasseurs de loups refroidirent aussi leurs relations avec les commerçants, et les commerçants blâmèrent les chasseurs de loups pour leur soudain manque de popularité envers les Indiens. Les chasseurs de loups à leur tour s'indignèrent du commerce des fusils « breech loading » à un coup et des fusils à répétition du surplus de l'armée avec les Indiens. Les Indiens armés avec ces fusils mettaient l'existence même des chasseurs de loups en danger. Ceci était une combinaison potentiellement explosive de gens qui sont venus ensemble sur les collines Cypress le 1 er juin 1873.

Ce groupe particulier de chasseurs de loups passa l'hiver de 1872-1873 sur les plaines que l'on connaît aujourd'hui comme étant le sud de l'Alberta. Le groupe était en route vers le Fort Benton avec un chargement de pelleteries sur leurs chevaux de selle, suivi de leur convoi lorsque quatre membres du parti de guerre Cri de la bande de Kakiwishtahaw volèrent plus de quarante de leurs chevaux. Les chasseurs de loups n'avaient aucune idée de l'identité des coupables de ce crime. Ils ont tout de même continué leur route et lorsqu'ils arrivèrent à Fort Benton, ils se remontèrent et se renforcèrent. Ils se lancèrent très rapidement à la poursuite de ces voleurs mais perdirent leur trace tout près des collines Cypress. Sachant qu'il y avait des postes de traite dans les environs, Thomas Hardwick et John Evans, les chefs des groupes, partirent à leur recherche et s'informèrent auprès des personnes s'il n'y avait pas des rumeurs qui couraient à propos de chevaux qui auraient été volés.

Hardwick et Evans arrivèrent au poste de traite de Abe Farewell dans la soirée du 31 mai 1873. Farwell leur dit qu'il n'avait pas entendu parler de rien et les assura que les Nakodas qui vivaient tout près de là, n'étaient pas les coupables car ils ne possédaient que quelques maigres chevaux suite à un hiver rigoureux. Il leur mentionna que les Nakodas étaient d'ailleurs de bons voisins. Cette même journée, les Nakodas ramenèrent le cheval de son partenaire junior Georges Hammond lorsqu'ils le trouvèrent errant hors du fort. Georges, imprudemment les récompensa en leur donnant un tonneau de whisky frelaté. Farwell étant hospitalier comme la coutume dans l'ouet l'obligea, il invita le reste du groupe de Evans à venir au poste pour le déjeuner. Tom Hardwick passa la nuit chez Farwell tandis que Evans repartit rejoindre son groupe.

Le matin suivant, le 1 er juin, Evans et le reste des chasseurs de loups arrivèrent, ils étaits en tout douze hommes. L'atmosphère était à la fête, Farwell et Solomon rassemblaient les gains d'une fin de saison commerciale bien réussie. La boisson coulait à flot et plusieurs commerçants et chasseurs de loups se connaissaient. Bientôt la fête commença au poste de Solomon et certains Métis vinrent se joindre aux festivités. On célébrait aussi au camp Nakoda avec le whisky frelaté donné par Hammond le jour d'avant.

Inihan Kinyen était au poste de traite de Farwell quand les chasseurs de loups arrivèrent et n'aima pas l'apparence de ces hommes. Suite au déroulement des événements ce matin-là, il encouragea ses gens de briser le camp mais fut ridiculisé par un membre ivre de sa tribu (Ceci était un exemple type du changement social subit par le peuple des Premières nations causé par la consommation d'alcool. Un tel comportement de non respect n'aurait jamais été toléré auparavant. Les relations commerciales plus ou moins positives qui ont déjà existées furent rapidement remplacées par l'exploitation du commerce en gros en amenant avec elle le déclin social, environnemental et économique d'après la Guerre Civile).

Vers l'heure du midi, George Hammond en état d'ivresse découvrit que son cheval avait disparu encore une fois. Hammond conclut que les Nakodas qui buvaient aussi à leur camp, avaient manqué de whisky et prirent son cheval pour le lui retourner une autre fois afin de se faire récompenser d'un tonneau de whisky frelaté pour une deuxième fois. Il invita les chasseurs de loups dont plusieurs étaient déjà en état d'ébriété, de le couvrir lorsqu'il entrerait le camp des Nakodas pour retirer deux de leurs chevaux qu'il utiliserait comme garantie jusqu'à qu'ils lui retournent son cheval. Les chasseurs de loups furent plus que complaisants à cette proposition d'ivrogne. Un des hommes de Solomon, Philander Vogle, monta la tête des chasseurs de loups en racontant de fausses allégations sur les Nakodas. Il leur dit qu'il était impossible de leur faire confiance, qu'ils s'obstinaient avec Solomon et qu'ils avaient même menacé ses hommes. De plus, les chasseurs de loups étaient encore furieux suite à l'incident du vol de leurs propres chevaux, cela leur importait peu qui en payait le prix. Ils ne resteraient pas assis à ne rien faire lorsqu'un autre cheval s'était fait volé. Plusieurs Métis répondirent aussi à l'appel de Hammond pour le protéger.

Les chasseurs de loups et les Métis se cachèrent dans un petit ravin entre le fort de Solomon et le camp des Nakodas. Hammond trébuchant, entra dans le camp et ramassa deux chevaux qui dirigea vers la sortie. À ce moment même, l'interprète de Farwell, Alexis Lebomdard, cria de l'autre côté du ruisseau que son cheval avait été trouvé. Hammond ne sembla pas avoir entendu. Les choses empirèrent immédiatement et les Nakodas ne laissèrent pas sortir Hammond du camp. Les Nakodas furent insultés par le comportement grossier de Hammond et les deux côtés s'échangèrent des injures. Farwell tenta d'intervenir. Il demanda aux gens de se calmer jusqu'à l'arrivée d'Alexis afin de donner un sens aux propos de plus en plus corsés que les gens criaient dans plusieurs langues, en même temps des coups de feu des fusils retentissaient dans les airs. Avant qu'Alexis eût pu les rejoindre, Hammond tira un coup de feu en direction du camp des Nakoda et le tir des fusils alors commença avec ferveur.

Possédant des armes à feu à répétition et étant protégés par la butte, les chasseurs de loups et leurs alliés avaient l'avantage. Les Nakodas ne pouvaient pas les égaler parce que leur camp était situé sur un terrain plat complètement ouvert, et ils ne possédaient que des mousquets ou des arcs et des flèches. Les femmes et les enfants coururent se mettre à l'abri à l'arrière des arbres qui se trouvèrent à proximité mais déjà un bon nombre de personnes avaient été tuées. En fin de journée plus de vingt Nakodas incluant des femmes et des enfants étaient morts. Un des chasseurs de loups avait aussi été tué.

Un nombre de chasseurs de loups et un des Métis fouillèrent le camp et brûlèrent les huttes. Des femmes furent capturées, les blessés exécutés. D'autres atrocités furent commises au cours de la nuit. La femme de Farwell âgée de dix-sept ans d'origine Crow, Mary Hoseguard, confronta certains des hommes ivres avec un pistolet empêchant une jeune adolescente de se faire maltraiter. Déterminée, elle s'assura que les femmes en captivité furent relâchées le matin suivant.

Avec empressement, les commerçants accompagnés par quelques chasseurs de loups, ramassèrent leurs possessions, brûlèrent les postes et prirent la route pour se rendre à Fort Benton. Les autres chasseurs de loups se lancèrent à la poursuite des voleurs de chevaux mais ne les trouvèrent jamais. Les tribus Nakoda se séparèrent et furent terriblement traumatisées par le massacre. Certaines d'entre elles trouvèrent de l'aide parmi les Métis de la Chapelle de la Coulée tout près de ce que nous appelons maintenant la ville d'Eastend. D'autres s'enfuirent vers le sud-est des États-Unis.

Une des premières tâches qu'a dû faire la Police à cheval du Nord-Ouest à son arrivée l'année suivante, fut d'investiguer le massacre des collines Cypress. Leurs investigations les conduirent à l'arrestation par les autorités américaines de huit participants au printemps de 1875. À l'audition d'extradition dans la ville d'Helena, Montana, ces hommes durent témoigner de leurs actes dans la journée du massacre. Cependant à cause de témoignages contradictoires et du manque d'évidence concernant la préméditation d'un tel acte, aucune conviction n'été portée. La Police à cheval du Nord-Ouest échoua en ce qui concerna l'extradition de ces hommes et à la possibilité de les poursuivre en justice pour meurtre.

Trois des participants dans le massacre furent plus tard arrêtés en sol canadien. Un procès pour les accusés se déroula à Winnipeg en juin 1876 mais à cause de témoignages contradictoires, aucune conviction ne fut portée encore une fois. Les actes de violence posés en cette journée de juin 1873 ne furent jamais punis.

Néanmoins, les policiers à cheval furent, même sans succès, un vaillant effort pour tenter d'amener les suspects au tribunal et les gens des Premières nations furent prompts à apprécier ce point. La tentative d'amener en justice et punir les coupables les a honnêtement convaincu que la P.C.N.-O. pensait vraiment ce qu'elle disait; « andchacun sera également responsable devant la loi. » Possiblement, alors, « La loi de Sa Majesté » semblait être une loi que les Indiens pouvaient respecter et que les policiers en tuniques rouges, des amis en qui les Premières nations pourraient avoir confiance. Ils leur semblèrent tenir en théorie des propos amicaux et dans les prochaines années à venir les policiers à cheval du Nord-Ouest prouvèrent être en fait, des amis. 

Fort-Walsh 1875 à 1883

Fort-Walsh fut construit par l'inspecteur James Morrow Walsh et ses hommes de la troupe B de la Police à cheval du Nord-Ouest (environ trente hommes) en juin 1875, à une courte distance en amont d'où a eu lieu le massacre des collines Cypress. Le fort fut construit sur une partie de terrain nivelé près de Battle Creek, entouré et protégé par les collines Cypress. Même si le fort était situé près de l'eau et du bois de construction, il était assis à une haute altitude. Les hivers au Fort-Walsh prouvèrent être parfois un défi.

L'inspecteur Walsh fut envoyé pour établir la présence de la police dans les collines Cypress. Son supérieur, l'assistant commissaire James F. Macleod, établit le premier fort de la force policière dans l'Ouest, l'automne précédent dans le territoire des Pieds-Noirs (Siksika) maintenant appelé Fort Macleod, Alberta. Les collines Cypress demeurèrent à cette époque, un endroit propice à l'activité illégale. Le commerce du whisky, le vol de chevaux et la violence étaient des pratiques courantes. Les collines Cypress étaient le point de rencontre à la croisée des chemins pour plusieurs tribus et pour différents types de personnes et ces rencontres n'étaient pas toujours amicales.

La construction du Fort-Walsh avait pour but de faire régner l'ordre et faire respecter les lois canadiennes dans la région. Le mandat de la force policière était d'éliminer le commerce local et illégal du whisky et aussi de patrouiller les frontières internationales pour renforcer la Souveraineté canadienne. Fort-Walsh fut aussi construit pour aider à l'implantation de la Politique indienne canadienne à travers le territoire. Les tribus qui n'avaient pas encore joint les traités du gouvernement du Dominion, étaient encouragées à le faire. Les lois de la Reine expliquaient aux Autochtones qu'ils seraient considérés en ami. Ils se firent dire que le gouvernement les placerait sur des réserves et les aiderait à s'habituer à la vie agricole.

Les chirurgiens de la P.C.N.-O. passèrent beaucoup de temps à répondre à leurs besoins médicaux. Les Autochtones arrêtaient régulièrement à Fort-Walsh pour demander des conseils aux officiers, pour visiter et partager les nouvelles et jouèrent un rôle actif dans l'élimination du trafic illégal du whisky. Les chefs des Premières nations réalisèrent que les policiers à cheval du Nord-Ouest pouvaient devenir des alliés et conseillers cruciaux lors de futures négociations avec le gouvernement. Les adhésions au Traité Quatre furent signés au Fort-Walsh en 1877 par (Man Who Took The Coat, Long Lodge et Lean Man), et le Traité Six en 1879 par (Lucky Man et Little Pine) et en 1882 par (Big Bear). La Police à cheval encouragea les Autochtones à ne plus pratiquer les vols de chevaux et éviter les guerres entre tribus. Les argents des traités furent payé à Fort-Walsh et, pendant quelques années, des fermes agricoles opérées par le gouvernement furent établies pour desservir certaines tribus tout près du Fort-Walsh.

La Police à cheval du Fort-Walsh et ailleurs, était en charge des douanes et de l'excise. La force policière était responsable de la mise en quarantaine des animaux et de leur inspection lorsque les troupeaux bestiaux entraient au pays. Les chars du corps policier distribuaient le courrier. Le premier vétérinaire fut un policier à cheval. Les seuls docteurs étaient les chirurgiens de la Police à cheval du Nord-Ouest. Les premiers avocats étaient eux aussi des policiers à cheval du Nord-Ouest et les officiers de ce corps policier étaient les magistrats et les agents de la paix. Ils pouvaient marier et enterrer les gens. Ils arrêtèrent, poursuivirent en justice et jugèrent des offenseurs. Ils étaient la loi, l'ordre et l'infrastructure. Ils étaient des policiers en temps de paix. En temps de guerre, ils devenaient les pelotons de l'infanterie, de la cavalerie et de l'artillerie. Ils étaient les ambassadeurs du nouveau gouvernement du Dominion et les conseillers du gouvernement. Ils représentaient le gouvernement et le servaient. Lorsque leurs termes de service expirèrent, ils furent parmi les premiers pionniers et hommes d'affaires dans l'Ouest. Ils étaient diplomates. Bref, ils constituaient le système de l'époque. Grâce à leurs efforts, les relations canadiennes-américaines s'améliorèrent. Le rôle que la Police à cheval du Nord-Ouest joua au début de l'Ouest était plus qu'inestimable.

L'importance du Fort-Walsh s'est accrue durant la période de la crise des réfugiés du Lakota et pendant quatre ans le fort devint les quartiers généraux de la force. Sa garnison comptait parfois jusqu'à 150 hommes. Toutefois, suite à la migration du peuple Lakota Américain aux États-Unis en 1881 et suite à l'établissement des Autochtones dans les réserves, le besoin d'avoir autant d'hommes patrouillant la région n'était plus nécessaire et Fort-Walsh commença à décliner.

La position géographique fut un facteur qui participa au déclin du Fort-Walsh. Le fort était assis au milieu d'un pays non défriché et tout le ravitaillement venait du Fort Benton aux États-Unis. Il était donc important à cette époque que le fort fut situé sur un versant sud des collines Cypress. Malheureusement avec le temps, sa raison d'être n'était plus, grâce au bon travail accompli par les officiers du fort et à cause de l'arrivée du chemin de fer du Canadien Pacifique.

Vu son altitude, les conditions hivernales étaient rigoureuses et le fort expérimenta des problèmes sanitaires et des problèmes de la qualité de l'eau dès ces débuts. Les quartiers généraux furent déménagés à Regina en 1882 et plusieurs des hommes furent transférés dans d'autres forts comme le Fort Battleford qui devint quelques années plus tard un lieu important dans l'histoire (voir Fort Battleford N.H.S.). Avec l'arrivée du Canadien Pacifique à Maple Creek au printemps 1883, tout le ravitaillement venait de l'Est. Il existait désormais qu'un petit détachement à Fort-Walsh et cela ne faisait aucun sens de transporter le ravitaillement sur une distance additionnelle de cinquante milles à travers un pays aussi raboteux et sauvage. Fort-Walsh cessa ses opérations et fut démantelé durant le printemps 1883. Son dernier détachement, la division « A », fut déménagé à une nouvel endroit à environ deux milles de la ligne du chemin de fer située juste à l'extérieur de Maple Creek. Les collines Cypress furent désormais patrouillées à partir des baraques de la division « A ».

Même si son existence fut que de huit ans, durant cette brève période, le fort opéra sous des conditions parfois extrêmement difficiles et connu des changements sociaux, économiques et écologiques tumultueux. Il a su maintenir la paix parmi les différents groupes de réfugiés qui y ont passé pour fuir les guerres ou à cause de la famine. À travers tous les défis à relever, les hommes de la force policière ont toujours rempli leurs tâches avec sang froid et détermination. Même s'ils étaient équipés et préparés pour la guerre, les membres de la Police à cheval du Nord-Ouest négociaient pacifiquement avec des peuples désespérés et avec des guerriers formidables des deux côtés de la frontière internationale, et cela sans jamais y avoir eu de coups de feu. L'histoire de Fort-Walsh est une histoire de paix et de réussite égalant bien l'histoire de violence et d'échec du massacre des collines Cypress. Mais maintenant, dans la décennie entre 1873 et 1883, pour qui le Massacre et la fermeture de Fort-Walsh servent d'appuis-livres, la paix arrive encore dans le Nord-Ouest. Les agents de la paix étaient la force policière du gouvernement du Dominion. Le Canada a mis son éléphant dans l'écurie.

 
1878
1878
©Archives national du Canada

La politique indienne canadienne

La politique indienne canadienne de la fin du dix-neuvième siècle supportait le processus de trois étapes, ce qui en terme simplifié, pourrait être décrit comme une politique de la « Bible et de la charrue ». Ce n'était pas unique au Canada mais reflétait des théories et des considérations communes dans les juridictions anglophones à travers le monde incluant les États-Unis. Les politiciens et les gouvernements ensemble avec les sociétés missionnaires et autres groupes vocaux décidèrent des besoins des peuples indigènes:

  1. les protéger contre l'exploitation sans scrupule et contre eux-même;
  2. « civilisé », en leur enseignant les valeurs de la civilisation européenne et ses croyances religieuses;
  3. les assimiler à la culture européenne gouvernante.
Fort-Walsh
Fort-Walsh
©Archives national du Canada

Il est important de noter que les concepts politiques et sociaux du temps étaient influencés par de nouveaux développements scientifiques, particulièrement à partir des concepts de l'évolution développés par Charles Darwin et encouragés par des hommes tel que T.H. Huxley. Les planificateurs sociaux comprirent mal les concepts de Darwin et essayèrent de les appliquer dans le domaine de l'humain et cela à l'échelle mondiale. La culture européenne percevait ces Darwinistes sociaux comme étant la représentation de l'apex dans le développement de l'humain. D'autres cultures et d'autres peuples à travers le monde étaient classifiés comme étant plus ou moins primitifs selon une échelle de valeurs qui plaçait les européens au sommet. Les gens qui avaient de telles croyances, et plusieurs avaient de bonnes intentions, ne comprirent pas qu'une personne après avoir été exposée à la civilisation et les croyances européennes, puisse rejeter cette « illumination » évidente. La tentative à l'endoctrinement et à l'assimilation des peuples indigènes à travers le monde, lesquels aimaient leurs anciennes civilisations, causa à ces peuples de la misère et du désarroi.

C'était à partir de ces notions que la Politique indienne canadienne fut fondée et cette politique qui fut appliquée était pour voir au bien-être des indiens. La Police à cheval du Fort-Walsh et d'ailleurs, jouèrent un rôle majeur dans l'application de cette politique. La présence de la Police à cheval dans l'Ouest avait aussi comme objectif de protéger les peuples des Premières nations contre les ravages du commerce du whisky et contre des maladies épidémiques fatales comme la varicelle et la variole. Mais ils étaient aussi dans l'Ouest pour en prendre possession au nom du gouvernement du Dominion et revendiquer la Souveraineté canadienne, souveraineté qui fut menacée par les activités des commerçants américains.

Les policiers jouèrent aussi un rôle dans la deuxième étape du processus. Suite à la définition donnée au terme « civilisation », la Police à cheval devait « civiliser » les autochtones en leur enseignant des notions sur la loi et coutumes canadiennes. La Police à cheval du Nord-Ouest découragèrent avidement les tribus à lancer des attaques entre elles et à voler les chevaux des autres. Mais le vol de chevaux fit, plus tard, partie de la culture des indiens des plaines. Cette pratique était vue comment étant une activité à laquelle les jeunes hommes pouvaient prouver leur courage et établir une réputation nécessaire pour obtenir des positions de chef. Évidemment cet état de choses ne pouvait pas être toléré si le gouvernement canadien espérait coloniser les prairies.

Au nom du gouvernement, la P.C.N.-O. encourageait les Autochtones à « signer un traité » et s'installer sur les réserves. Ils les encouragèrent à apprendre l'autosuffisance par l'entremise de l'agriculture. Être fermier était vu comme une profession honorable et elle enseignerait aux Autochtones les vertus d'un dur labeur et de l'épargne. Non seulement cela les aiderait à les « civiliser » mais aussi à résoudre leur problème de soutenance posé par la disparition des troupeaux de bisons.

Pour que la politique nationale du gouvernement du Dominion puisse être un succès, il était important d'inclure des colonies de style européen dans les prairies. Les Indiens devaient être restreints dans les réserves et devaient apprendre les comportements qui seraient acceptables pour les colons prospects. De plus, pour pouvoir fournir aux fermiers les titres légaux de leurs fermes, le droit des indiens à la terre devait être éliminé à travers le processus de la création des traités. La Police à cheval du Nord-Ouest s'impliqua considérablement en aidant les représentants du Département des affaires indiennes à convaincre les chefs des tribus que les propositions du gouvernement étaient vraiment dans leur meilleur intérêt. Les policiers semblaient croire en la politique et les chefs des tribus à leur tour, firent confiance aux policiers. Conséquemment, plusieurs chefs signèrent rapidement les traités. Mais il y avait tout de même des chefs comme Big Bear qui refusèrent de signer. Pareils chefs eurent une vision de grands changements à venir et attendirent des offres plus généreuses de la part du gouvernement du Dominion, des offres qui ne vinrent jamais. Leurs tentatives à la négociation furent perçues comme de l'hostilité et les chefs comme Big Bear vécurent de grands tourments et n'ayant plus de choix, ils durent se complaire aux vœux du gouvernement. Certains chefs signèrent seulement lorsque la famine ne les laissa aucune autre option.

Le rôle de la Police à cheval comme instigateur de la politique indienne du gouvernement du Dominion effrita ses ressources et sa crédibilité. La Police à cheval du Nord-Ouest fut perçue comme une institution qui se chargeait de faire le travail du gouvernement plutôt que de représenter et protéger les intérêts des gens de l'Ouest. Avec le temps, son rôle changea et devint toujours plus complexe. Les policiers furent mis dans une position où ils devaient forcer les chefs autochtones à accepter des politiques gouvernementales dont les Indiens avaient été auparavant convaincus par les policiers que ces politiques leur étaient bénéfiques. La dynamique entre les peuples des Premières nations et le corps policier fut à jamais changée. La vraie mission de la police semblait de plus en plus claire; une garde avancée pour une invasion totale et pour la colonisation.

La crise des réfugiés de Lakota

Après la bataille de Little Big Horn du 25 juin 1876, plusieurs groupes d'autochtones américains commencèrent leur exil vers les frontières canadiennes. Ils contemplèrent le Canada comme refuge possible contre l'Armée américaine qui les poursuivait. La Grande Guerre Sioux de 1876-1877 amènera plus de cinq milles personnes du peuple Lakota à la proximité de Wood Mountain, près de ce qui est aujourd'hui le parc national de Grasslands.

Les premiers réfugiés commencèrent à arriver en novembre 1876. Durant l'hiver et le début du printemps de 1877 d'autres réfugiés traversèrent la frontière. Ils étaient de la tribu Lakota ou de la tribu Teton Sioux. Les gens furent dirigés par des hommes comme Lame Brule, Spotted Eagle, Bear's Cap et Four Horns. L'influent shaman et chef, Sitting Bull, se pointa avec ces hommes en mai de 1877.

Lorsque chaque groupe entra au Canada, ils étaient accueillis par les officiers de la Police à cheval du Nord-Ouest soit par l'inspecteur James Walsh, conseiller Macleod ou assistant-conseiller Irvine. Wood Mountain étant dans le district de patrouille du Fort-Walsh, il était le devoir de l'inspecteur (plus tard superintendant) Walsh de les accueillir. À l'arrivée des réfugiés, il leur fut clairement expliqué que même s'ils étaient bienvenus au Canada, ils ne pouvaient s'y installer en permanence. Ils devaient obéir aux lois du gouvernement canadien et ne pourraient pas se servir du Canada comme base d'attaques aux États-Unis S'il y avait violation des lois canadiennes, ils seraient automatiquement expulsés du Canada.

La crise des réfugiés du Lakota s'étira sur une durée de presque cinq ans. Cette crise éprouva durement le système gouvernemental de trois nations, celui des États-Unis, du Canada et de la Grande Bretagne qui était toujours responsable des affaires étrangères canadiennes à l'époque. Les États-Unis perçurent les réfugiés comme une armée d'ennemis hostiles qui rôdait autour de la frontière du nord et qui pourrait lancer une attaque sur les États-Unis à n'importe quel moment. Le public américain qui en avait assez de la guerre, voulait qu'une résolution rapide fusse prise concernant la situation de ces réfugiés. La vengeance était présente dans l'esprit des américains car ils croyaient que les réfugiés du Lakota n'avaient pas été punis pour l'anéantissement des troupes de l'armée sous le commandement de Custer à Little Big Horn. Durant cette période, les États-Unis combattait trois guerres autochtones en même temps que la colonisation progressait vers l'Ouest. Le gouvernement américain dépensa environ vingt millions de dollars par année pour le combat de ces guerres, ce qui représentait tout le budget du Canada à cette même période. Il y avait donc beaucoup de pression sur le Colonel Nelson Miles et sur d'autres officiers de l'armée américaine pour mettre fin à cette situation.

En autant que le Canada était concerné, les réfugiés étaient des américains et le problème devait être négocié par les États-Unis. Le statut de résident permanent ne fut pas donné car le Canada arrivait à peine à nourrir son propre peuple. Le gouvernement britannique ne voulait pas altérer des relations, qui d'ailleurs n'étaient pas très bonnes, avec le gouvernement américain. En même temps le gouvernement britannique ne voulait pas paraître trop se soumettre aux demandes américaines en ce qui avait trait au retour des réfugiés du Lakota.

Sitting Bull avait son propre agenda, il proclama que son peuple était des sujets britanniques car les Sioux avaient été des alliés des Britanniques contre les Américains pendant la Guerre de 1812. Le Canada était perçu par les États-Unis, comme étant le pantin du Dominion de l'Empire britannique, le même empire qui se battit dans cette révolution et qui jusqu'à un certain point, supporta le côté des perdants (la Confédération). Le Canada fut donc vu avec suspicion mais ces soucis furent considérés secondaires comparativement aux soucis des britanniques et des américains. La nouvelle jeune nation marchait sur une corde raide en tentant de se distancer de la Bretagne en même temps, le Canada voulait faire part de ses problèmes et les faire comprendre au Royaume Uni et au États-Unis. Les problèmes touchant la migration des réfugiés furent ignorés lorsque les réfugiés entrèrent au Canada, ils furent donc entremêlés dans un concours de politiques, de régulations et de lois internationales dans trois nations.

Les autochtones « canadiens » dont certains étaient les ennemis du peuple Lakota, n'étaient pas heureux de les voir venir se réfugier au Canada. Les Lakotas empiétaient sur leurs terrains de chasse et se servaient aussi des rares troupeaux de bisons sur lesquels les autochtones canadiens dépendaient. Les conflits inter-tribaux étaient aussi une préoccupation, et au milieu de cette compétition, se trouvait la Police à cheval du Nord-Ouest. Les policiers à cheval dirigés par le Superintendant James Walsh, patrouillaient constamment la région. Leur objectif était de surveiller les réfugiés du Lakota en gardant un Sil ouvert sur les conflits qui pouvaient éclater entre eux et entre les autochtones canadiens des environs en même temps qu'avec des groupes autochtones de l'autre côté de la frontière américaine.

Dans les premiers jours de la crise, le colonel Nelson Miles, qui avait ses quartiers généraux au Fort Keogh sur la rivière Yellowstone considéra suivre les réfugiés jusqu'au Canada. Il fut informé par Walsh que s'il enfreignait la Souveraineté canadienne, Walsh serait obligé de prendre des actions militaires contre lui. Miles alors fit pression envers les autorités canadiennes pour forcer le retour des réfugiés de l'autre côté de la frontière mais le Canada refusa d'utiliser la force contre le peuple Lakota, même si cela s'est déroulé dans le calme, la situation fut un processus d'une négociation longue et délibérée.

Vers la fin de 1877, le gouvernement américain envoya une délégation sous la direction du général Alfred Terry au Fort Walsh pour parler aux chefs des tribus Lakota. Cette délégation sous le nom de la Commission Terry fut sans succès. Le bison était abondant sur les plaines et le peuple Lakota étaient heureux de rester au Canada, hors de la portée de Miles. Des rapports incessants de groupes de chasseurs du Lakota en sol américain arrêtèrent les lignes de communication entre les trois nations.

La situation s'envenima avec le temps en même temps que la population des bisons disparaissait. Colonel Miles de par ses actions contribua à ce déclin en instituant une politique de feux de broussailles pour forcer le retour du peuple Lakota. Ces troupes brûlèrent les prairies à des intervalles spécifiques pour empêcher la migration plus au nord des troupeaux de bisons. Les bisons confinés dans les régions plus au sud, furent chassés par les Indiens américains et n'atteignirent jamais le territoire canadien ou était situé le camp du peuple de Sitting Bull. Le point de vue de Miles était que la situation en était une d'état total de guerre et continua de brûler plusieurs parties du territoire. Les autochtones canadiens furent alors obligés d'aller chasser le bison au Montana et cela amena le problème encore une fois du déplacement des populations et créa un vrai cauchemar bureaucratique. Heureusement, Walsh et ses confrères américains furent capables de convaincre la plupart des réfugiés à retourner aux États-Unis vers la fin 1879.

Seulement Sitting Bull et ses partisans immédiats, environ mille personnes, restèrent. Mais les autorités canadiennes ne tolérèrent pas leur présence en sol canadien et refusèrent de leur fournir de la nourriture. Ils devaient soit retourner aux États-Unis ou mourir de faim. La popularité de Sitting Bull s'estompa et à partir de juillet 1881, il ne restait qu'environ cent de ses partisans avec lui. Ses espoirs de rester au Canada et de voir se créer une réserve pour lui ne virent jamais le jour. Il dut mettre son orgueil de côté et se soumettre aux américains. Accompagné par quelques policiers, le petit groupe de Sitting Bull fut livré aux autorités américaines à la frontière le 17 juillet 1877. La crise de Lakota était finalement terminée.

Mais ce ne sont pas tous les gens du peuple Lakota qui retournèrent aux États-Unis. environ une soixantaine restèrent. Ils vécurent de la terre et travaillèrent dans des ranchs dans la région de Wood Mountain. On leur donna une petite réserve en 1913. Les quelques descendants d'un grand nombre de Lakotas qui sont venus au Canada pour s'y réfugier en 1876 et 1877, sont les seuls qui vécurent au nord du 49 ième parallèle.

La commission Terry

À la requête du gouvernement du Canada, les autorités américaines envoya une commission sous le commandement du général Alfred Terry pour rencontrer les chefs Lakotas pour leur offrir des termes et conditions en vue de leur retour. La commission se rencontra au Fort Walsh le 17 octobre 1877.

Le superintendant Walsh et un groupe de la Police à cheval escortèrent Spotted Eagle qui était plutôt hésitant, Sitting Bull, et d'autres chefs au Fort-Walsh. Le commissaire Macleod rencontra la délégation américaine à la frontière internationale. Évidemment la vue d'américains en sol canadien rendit les chefs Lakota nerveux.

La rencontre eut lieu dans les quartiers du superintendant Walsh, situés juste à l'entrée du fort. Le général Terry ouvra les procédures en mentionnant aux chefs présents, qu'il n'y aurait pas de représailles ou sanctions militaires suite à la bataille de Little Big Horn lors de leur retour en sol américain. Si le peuple Lakota se rendait, il n'y aurait plus d'hostilités. Il les informa qu'ils devaient se livrer inconditionnellement et à leur entrée aux États-Unis, ils devront rendre leurs armes et leurs chevaux aux autorités américaines. Ils pourraient par la suite, se rendre dans leurs réserves respectives. S'ils se rendaient aux réserves avec leur armement et leurs chevaux, cela pourrait influencer ou inciter d'autres groupes à se rebeller contre le gouvernement américain.

Leurs fusils et leurs chevaux étaient tout ce qui leur restait et ils en avaient besoin pour survivre. Le bison était toujours abondant dans les plaines en 1877, et les Lakotas n'avaient pas encore faim. Sitting Bull, en particulier, ne voulait pas retourner. Il détestait les américains et ne leur faisait pas confiance. Il refusa de serrer les mains des délégués même si Spotted Eagle l'eut fait. Tous les chefs, un après l'autre refusèrent l'offre des américains.

Il y avait autre chose dans les têtes des Lakotas. Le peuple Nez Percé sous les chefs Joseph, Ollicot, Looking Glass et d'autres venaient juste de finir une bataille avec les militaires américains qui s'étendait de l'Idaho, passant par le Montana jusqu'à Bear Paw Mountains juste au sud-est du Fort Walsh du côté des lignes américaines. La commission Terry fut en fait retardée à cause de ces hostilités. Sur Snake Creek, juste au nord de Bears Paw, le colonel Nelson Miles rattrapa les Nez Percé, ils étaient environ 700. Il encercla leur camp, amena de l'artillerie et après une bataille qui dura plusieurs jours, força le chef Joseph à se rendre. Durant la bataille, plusieurs Nez Percé furent tués incluant plusieurs chefs. Mais le chef White Bird et environ 200 Nez Percé, certains grièvement blessés, réussirent à s'échapper. Ils entrèrent au Canada où les Nez Percé se trouvaient et se rendirent au camp de Sitting Bull une dizaine de jours avant l'arrivée de la commission Terry. Le superintendant Walsh convainquit avec grande difficulté les Lakotas de ne pas partir pour aller aider les Nez Percé dans leurs combats. Il leur expliqua que s'ils partaient, il ne leur serait pas permis de revenir.

Les Lakotas ne croyaient pas que les Américains avaient envoyé une délégation de paix lorsqu'une guerre avec les Nez Percé était en cours. Ils pensaient que la délégation les truquerait et que lors de leur retour aux États-Unis le même sort que les Nez Percé les attendait. Ce pourparler ne pouvait pas plus mal tombé. Le résultat de la guerre avec les Nez Percé, ensemble avec d'autres considérations déjà mentionnées, voua la Commission Terry à l'échec. Les Lakotas traversèrent la frontière au compte-gouttes durant que les chefs tentèrent de négocier des accords indépendants avec le gouvernement américain. Il n'y a pas eu de migration de masse et pas de conclusions dramatiques à la crise. Plusieurs Lakotas restèrent au Canada pendant les quatre prochaines années et cela prit quatre autres longues années de négociation avant qu'ils retournèrent aux États-Unis.

Les quartiers généraux de la P.C.N.-O.: 1878-1882:

Toute de suite après la venue des réfugiés du Lakota au Canada, Fort Walsh fut renforcé. Il y avait à certains moments jusqu'à 150 hommes stationnés au fort et aux avant-postes. Quatre « sept livres » fusils de montagne furent ajoutés à l'arsenal, et deux fusils de terrain « neuf livres » de la force policière firent aussi leur apparition.

Fort-Walsh émergea comme étant le fort le plus important de son temps. Étant centralisé dans une région plutôt volatile, et près de l'action au moment où les événements se déroulaient, il fut décidé de faire du fort les quartiers généraux de la force policière en 1878. Le commissaire Macleod donna comme instruction à son assistant commissaire Acheson Gosford Irvine, de s'installer dans la résidence des commissaires nouvellement construite au Fort-Walsh (Irvine devint plus tard le successeur de Macleod comme commissaire). Du Fort-Walsh, Irvine pouvait surveiller de près les activités des camps de réfugiés et informer Ottawa. Tous les résultats des négociations ou nouvelle information venant du gouvernement pouvaient être exécuter dans l'immédiat.

Fort-Walsh étant devenu les quartiers généraux du nouveau corps policier, tous les rapports et les communications des forts de l'extérieur ou des avant-postes passèrent par ses bureaux. L'officier commandant de la force était constamment en communication avec Ottawa et Fort-Walsh devint un centre d'opérations très occupé pour la Police à cheval du Nord-Ouest. Les cavaliers venaient et repartaient continuellement et le fort devint le point de rencontre de plusieurs visiteurs dans le territoire canadien du Nord-Ouest. Une petite ville frontière de trois cents habitants vit le jour juste au nord du fort et le nombre de personnes dans les environs pouvait parfois atteindre le nombre de mille lorsque les Autochtones des différentes nations vinrent recevoir leurs paiements des traités ou leurs rations.

Plusieurs recrues arrivèrent au fort et réussirent à survivre purement grâce à leur force et à leur détermination. Leur voyage de l'Est via les États-Unis par eau et par train s'arrêtait à Fort Benton, Montana. Mais à partir de ce point, ils devaient marcher cent cinquante milles pour se rendre au Fort Walsh. Ils arrivaient habituellement à la fin du printemps et recevaient leur entraînement de base au Fort-Walsh. Les recrues furent régulièrement soumises à différents exercices militaires; de marche, d'escarmouche, de cavalerie. Certaines recrues apprirent le maniement des armes et ils étaient aussi soumis à des exercices d'artillerie.

Un visiteur qui entrait Fort-Walsh durant le printemps de 1879 et de 1880, voyait des rondes continuelles de manœuvres et d'exercices militaires. Les visiteurs auraient vu et auraient été invités à participer à des compétitions incessantes de tirs et de pratiques sur des cibles. Telles compétitions de tirs entre officiers et hommes, entre des mains expérimentées et nouvelles recrues ou vieux pays versus Canadiens, ou entre civils et policiers, ou quasiment entre n'importe quelle combinaison de contestants, étaient toujours les bienvenues pour changer de la routine qui elle caractérisait le service avec la P.C.N.-O..

En même temps que Fort-Walsh grandit en importance, il grandit aussi en dimension. À un certain moment dans l'histoire du fort, il y eut une affluence de recrues, dont le nombre atteignit 253 hommes, ce qui ne s'était jamais vu à Fort-Walsh. De nouvelles baraques et étables furent construites, des magasins et d'autres facilités furent ajoutés. Une bibliothèque fut construite en 1881, et il y avait un court de tennis sur gazon en avant du fort. La Police à cheval jouait au croquet et au baseball, elle organisait des courses de chevaux et des tournois de soccer comptant plus d'une douzaine de joueurs par équipe. Les métis, les autochtones, les voyageurs, les cow-boys et les gens de la ville participaient aux différents sports avec les policiers.

Fort-Walsh qui abritait les quartiers généraux de la force policière verra de grands changements dans les prairies canadiennes. Les collines Cypress était un endroit stratégique pour chasser le bison. Les chasseurs de bisons leur tendaient un piège en les dirigeant en bas de la falaise d'une des collines. Le fort verra plusieurs réfugiés arrivés de des quatre coins cardinaux surtout s'ils souffraient de la famine. La panoplie des nouveaux arrivants mélangée avec la population résidente des environs du fort et les réfugiés Lakotas et Nez Percé, donna du fil à retordre à la Police à cheval du Nord-Ouest du Fort-Walsh pour garder la paix et pour investiguer les allégations de vols de chevaux.

Les guerriers Blood et Pieds Noirs arrivèrent proclamant que les Cris ou les Saulteaux, ou d'autres groupes avaient volé leurs chevaux. Les Assiniboines eux, accusèrent le peuple Piegan d'avoir volé les leurs et les Américains dirent que c'était les réfugiés Lakotas qui s'étaient emparés de leurs chevaux. Il ne restait plus qu'à la force policière de tenter de jeter la lumière sur toutes ces accusations. Souvent des guerriers insatisfaits organisaient de vigoureuses démonstrations à l'extérieur du fort. Une fois, le groupe des guerrier Blood tua un aîné Cri tout près de la ville du Fort Walsh et procéda à traîner son corps à travers le fort en tirant des coups de leurs fusils dans les airs.

Le déclin de la population des bisons atteignit un point alarmant et fit monter la tension parmi les différentes populations qui en dépendaient. Des milliers de personnes étaient en train de mourir de faim et la Police à cheval du Nord-Ouest reçut l'ordre de ne pas leur donner de nourriture à moins qu'elles signent les traités ou qu'elles retournent dans les réserves si elles avaient déjà signé un traité. Durant 1882, les policiers à cheval intensifièrent la nuit, leurs patouilles à l'extérieur du fort et occasionnellement lançaient des fusées pour intimider ceux qui auraient oser attaquer. Certains chefs autochtones faisait camper leur peuple le plus près possible de la palissade du fort pour qu'ils fussent protégés.

Heureusement, aucune éruption de violence se produisit et la paix a pu être maintenue. N'ayant plus de bisons à chasser, les autochtones s'établirent dans les réserves et commencèrent à cultiver la terre pour subvenir à leurs besoins. Les réfugiés américains retournèrent aux États-Unis durant la même période et la tranquillité régna encore une fois dans les collines Cypress. Il y avait des problèmes à l'occasion mais rien qui demandait la présence d'un personnel en aussi grand nombre. Avec l'arrivée du chemin de fer et l'établissement territorial du gouvernement à Regina, il fut alors décidé de déménager les quartiers généraux de la Police à cheval du Nord-Ouest dans une communauté située dans une région plus centrale. Les quartiers généraux furent déménagés à Regina en 1882 et peu de temps après Fort-Walsh cessa ses opérations. Toutes les relations avec les Autochtones ou toutes les investigations de vols de chevaux se firent désormais à partir des baraques de la division A à l'extérieur de Maple Creek. Fort-Walsh et le village du Fort-Walsh, disparurent dans la mémoire.

Fort-Walsh
Fort-Walsh
©Montana Historical Society 947-451

James Morrow Walsh

James Morrow Walsh naquit à Prescott, Ontario en 1840. Il vint d'une grande famille comptant neuf frères et sSurs. Son père, Lewis Walsh, était charpentier pour les bateaux. Walsh était un bon athlète, et excellait dans des sports comme la crosse, le croquet, mais il était un piètre étudiant. Jeune homme, après avoir terminé l'école, il essaya plusieurs occupations. Il tenta de vendre des aliments non périssables, il fut entraîné comme ingénieur de chemin de fer et travailla dans un atelier des machines et entra éventuellement à l'école militaire de Kingston. Il trouva enfin sa vocation et gradua avec honneur en 1862. Il excellait dans les manSuvres d'artillerie et de cavalerie. Son instructeur en artillerie était Georges French, le même homme qui servit comme premier commissaire de la Police à cheval du Nord-Ouest.

Durant les attaques Fenian, Walsh servit comme lieutenant dans le 56ième Régiment de Grenville et fut plus tard promu au rang de capitaine. En 1868, Walsh laissa l'école de la cavalerie en ayant reçu le titre d'officier et en possédant un certificat de première classe. Il continua son éducation à Toronto où il fréquenta l'École de la Milice de l'artillerie. Après avoir gradué, il avait l'intention de joindre l'expédition Wolseley qui se rendait à Red River, mais le 19 avril 1878, il maria Mary Elizabeth Mowat de Brockville, Ontario à la place. Pour subvenir aux besoins de son épouse, il prit la direction de l'Hôtel Nord-Américaine de Prescott, et dans ses temps perdus, il forma une milice locale dont il en était le major à temps partiel. Au cours de l'année Mary eut une petite fille appelée Cora.

Walsh fut un des premiers hommes à joindre la Police à cheval du Nord-Ouest en septembre 1873. On lui donna le rang d'inspecteur, et fut très actif durant le recrutement et l'entraînement des hommes. Il était un excellent cavalier et, durant les premiers mois de l'existence de la force, Walsh était responsable de la supervision en ce qui avait trait aux soins et à la santé des chevaux. Lorsque la force policière partit pour la Marche vers l'Ouest en juillet de l'année 1874 Walsh était au commandement de la troupe « D ». Plus tard cette année-là il fut muté à la troupe « B », et commandera cette troupe tout au long de la prochaine décennie.

Walsh était populaire avec ses hommes. Sa bravoure et son audace lui méritaient le respect de sa troupe. Il n'aurait d'ailleurs jamais demander à ces hommes de faire une chose qu'il n'aurait oser faire lui-même et les hommes l'aimaient pour cela. Walsh devint peut-être un peu trop épris du style de vie de la frontière de l'ouest mais lors de la période d'instabilité des années 1870, il était le bon homme à la bonne place au bon moment. Il était dur, un peu sauvage et indépendant, et pouvait lancer des jurons comme un forcené. Il était ambitieux mais aussi honnête et juste. Il était brave, bel homme, intelligent et son allure romantique dans son uniforme le rendait irrésistible. Les hommes de sa troupe adoptèrent son style de barbiche à l'« Impériale », et se nommèrent eux-mêmes, les démons de Walsh. Ils avaient tous une barbiche, étaient des cavaliers tenaces et un groupe d'hommes fougueux très influencés par l'image de James Morrow Walsh.

Walsh avait trente-cinq ans lorsque Fort Walsh fut établi. Il avait le commandement complet du fort durant les premières années, mais après l'arrivée des Lakotas au Canada Walsh passa la plupart de son temps à l'avant-poste de Wood Mountain. La plupart de la troupe B y fut transférée. Le Fort Walsh fut renforcé avec la troupe « E » et plus tard avec la troupe « A » incluant des éléments de la troupe « F ». Sa bravoure et ses rapports directs impressionnèrent les chefs autochtones lors des négociations. Des hommes comme Spotted Eagle, Sitting Bull, Piapot, Coweses, et Man-Who-Took-the-Coat respectaient Walsh pour son honnêteté et son équité. Sitting Bull trouva en Walsh un ami honorable et un conseiller. Les relations personnelles de Walsh aida grandement l'éventuel retour des réfugiés Lakotas et convainquirent plusieurs Autochtones canadiens à signer les traités.

Walsh n'était pas populaire avec ses officiers supérieurs. Il agissait sur sa propre autorité, et certains incidents qui se produisirent étaient considérés très sérieux par ses supérieurs. Où Walsh donnait de la latitude, les autres officiers adoptaient une vue plus sévère. La personnalité de Walsh amena des conflits dans ses rapports avec le commissaire James Macleod. L'assistant commissaire, plus tard commissaire A.G. Irvine ne s'occupa tout simplement pas de lui car il croyait que Walsh était un officier sur lequel on ne pouvait pas compter. Les sensibilités victoriennes de Irvine étaient sans aucun doute offensées par l'occasionnelle vulgarité, la profanation et l'attitude désinvolte de Walsh.

Les journaux américains, par contre, glorifiaient Walsh. Ils passaient des photos de lui en costume de frontière de l'ouest avec des sous-titres l'appelant le patron de Sitting Bull. Le public américain étaient très intéressé sur les faits et gestes des réfugiés Lakotas, et vit en Walsh un caractère qui ressemblait à celui du lieutenant-colonel George Amstrong Custer. Son consentement à parler aux journalistes, et son style peu orthodoxe de commandement et d'accomplissement de ses tâches, lui attira l'attention du Premier ministre, John A. Macdonald. Macdonald viendra à croire que Walsh faisait par exprès pour prolonger la crise des réfugiés Lakotas afin que toute l'attention fut tournée sur lui. Mais Walsh réussit à convaincre environ 4,000 réfugiés à retourner, et c'était seulement Sitting Bull, qui jura de ne jamais retourner et ses partisans immédiats continuèrent à s'accrocher. Dans les années suivantes de la crise, 1879-80, la relation entre Walsh et Sitting Bull se détériora, mais Walsh continua à l'encourager à retourner aux États-Unis.

Après toutes ces années de négociation avec les réfugiés, il était naturel que Walsh eut un intérêt personnel et pris à cSur la situation. Son expérience de plusieurs années de négociation avec les chefs Lakotas lui donnait, selon lui, tous les droits de continuer les pourparlers pour la résolution du conflit. Mais son étoile ne brillait plus autant et on le força à prendre un départ prolongé durant l'été de 1880. Il fut délibérément retenu dans l'Est jusqu'à ce que le récalcitrant Sitting Bull retourna aux États-Unis en juillet 1881. Le superintendant L.N.F. Crozier prendra la direction à Wood Mountain, durant que la troupe « B » de Walsh fut transferée au Fort Qu'Appelle. Crozier passa par-dessus Sitting Bull et parla aux autres chefs, ce qui diminua l'autorité de Sitting Bull. Sitting Bull attendit le retour de Walsh, et fut même un voyage qui ne porta pas fruit au Fort Qu'Appelle pour tenter de voir Walsh. Mais Walsh n'était pas là, et Sitting Bull se fit dire qu'il ne serait pas de retour dans un futur proche. Sitting Bull continua de perdre du support. Avec la disparition du bison, et l'hésitation du Canada à fournir des provisions pour son peuple, Sitting Bull n'avait pas d'autres choix que de retourner ou de faire face à la famine. Il se rendit au Fort Buford, dans le territoire du Dakota, le 19 juillet 1881. Il ne restait plus que 200 de ses loyaux partisans, qui furent dans le passé, de puissants Lakotas guerriers et mystiques.

James Morrow Walsh
James Morrow Walsh
©Archives national du Canada

Avec Sitting Bull aux États-Unis Walsh était libre de retourner à son poste de commande au Fort Qu'Appelle. Mais son attitude changea envers la force, et il résigna de sa commission en 1883. Il retourna en Ontario, à Brockville, et acheta sa maison appelée « Falaise indienne », nommé d'après la localisation près de Wood Mountain. Pour la plupart du reste de sa vie, il opéra une entreprise appelée « The Dominion Coal, Coke and Transportation Company ». Le siège social de la compagnie était basé à Brandon au Manitoba. L'entreprise était un succès car son client principal était la compagnie de chemin de fer du Canadien Pacifique.

Pour une brève période en 1897-98 on lui donna la position de Commissaire du Territoire du Yukon, ce qui fit de lui le superintendant en charge de la Police à cheval du Nord-Ouest là-bas. Après avoir lutté à établir une administration gouvernementale effective, il fut pris dans controverse politique et résigna en moins d'une année. Walsh mourut en 1905, la même année que cette vaste région qui un jour il avait patrouillé devint les provinces de la Saskatchewan et de l'Alberta. Ces funérailles fut une affaire élaborée, et son cercueil fut transporté dans une voiture de transport de fusils accompagnée d'un peloton de marche et d'une escorte militaire. Dans la vie civile Walsh atteignit le respect et l'admiration qu'il sentait lui être refusé par tous, à l'exception des hommes fidèles de la troupe « B » durant sa carrière avec la Police à cheval du Nord-Ouest.

J.M. Walsh en costume du gendarmerie
J.M. Walsh en costume du gendarmerie
©Glenbow Archives- NA-1771-1

Le haras de la Gendarmerie royale

Après la fermeture du Fort-Walsh en 1883, la région où le fort se tenait debout devint une partie de la cour du ranch de David Wood et Wellington Anderson. Plusieurs ranchs s'établirent dans les collines Cypress durant et immédiatement après les jours du Fort-Walsh. Plusieurs propriétaires de ces ranchs étaient d'anciens policiers de la Police à cheval du Nord-Ouest. L'élevage de bestiaux est encore aujourd'hui une des premières activités économiques de la région des collines Cypress, et le ranch est une des identités les plus significatives dans la région.

En 1937 l'assistant commissaire S.T. Wood fit partie du contingent de la Gendarmerie Royale du Canada qui participa au couronnement du Roi Georges VI. Wood fut tellement impressionné par les gardes de la Maison de la cavalerie, habillés avec des tuniques écarlates montés sur chevaux noirs tous uniformes, qu'il voulut que la Gendarmerie Royale du Canada fut montée aussi distinctement. En 1938, Wood devint le commissaire de la Gendarmerie Royale et au cours de cette année-là tous les chevaux acquis par la G.R.C. devaient être noirs. Cela limita grandement le nombre de chevaux disponible pour la gendarmerie à travers la vente, et fut bientôt apparent que la Gendarmerie Royale devait faire l'élevage de ses propres chevaux noirs. Avec un espace plutôt restreint au Dépôt à Regina, le commissaire commença son investigation pour acheter un ranch. Le commissaire possédait un vif intérêt dans l'histoire de la Force, et tout particulièrement sur le lieu des anciens quartiers généraux du Fort-Walsh dans les collines Cypress. Wood croyait que le terrain raboteux des collines Cypress aiderait à l'élevage de chevaux robustes et bien musclés. En 1942, la GRC entra en négociation avec le fermier Frank Nuttall, ce qui résultat à la ré-acquisition du site de l'ancien Fort-Walsh. L'année suivante le ranch d'élevage au Fort-Walsh était en construction. Il était laissé au constable spécial Barney Montour, sous la supervision du sergent David Fleming, de reconstruire Fort-Walsh. La GRC étudia des phothographies de l'époque et des dessins de l'ancien Fort-Walsh, et conduisit des entrevues avec des vétérans de la Force policière à cheval du Nord-Ouest qui avaient servi à Fort-Walsh, car ils avaient une très bonne idée de quoi l'ancien fort avait l'air lorsque les constructions commencèrent. De nouveaux bâtiments en bois furent attentivement construits par-dessus les contours encore visibles de l'ancien fort, mais les nouveaux bâtiments furent construits soit plus grands ou plus petits pour déranger le moins possible les ressources archéologiques gisant au sol.

La construction terminé, la GRC commença l'élevage de gros chevaux noirs. Le programme d'élevage devint une partie intégrante de l'image internationalement reconnue de la GRC. Un programme d'élevage soigneusement surveillé fut mis en Suvre dans le système d'enclos à l'arrière du fort. L'utilisation d'étalons noirs pur-sang accouplés avec une jument d'une lignée de chevaux de traite produisit les rejetons désirés; des chevaux non seulement gros et forts mais beaux et gracieux. Les chevaux était élévés jusqu'à l'âge de trois ans, cassés et marqués (plus tard tatoués). Ils étaient alors conduits à Maple Creek, embarqués sur le train et envoyés au Dépôt à Régina (plus tard les chevaux furent envoyés par camions remorques). Le Dépôt était l'endroit où les jeunes chevaux étaient entraînés, et ainsi que les monteurs. Les chevaux du Fort-Walsh étaient aussi utilisés dans le Carrousel de la GRC. Plusieurs chevaux aujourd'hui dans le carrousel peuvent retracer leur origine jusqu'aux chevaux élevés à Fort-Walsh. Une jument qui servit dans le Carrousel, Burmese, naquit à Fort-Walsh en 1962, et devint la favorite de la GRC et en 1969 fut offerte à leur honorable commissaire; Sa Majesté la reine Élizabeth II, Reine du Canada. Pour presque 20 ans la Reine monta Burmese à des occasions d'État. La présentation d'un cheval à Sa majesté est depuis, une tradition de la GRC.

En 1966, la GRC discontinua l'entraînement équestre obligatoire des recrues. Elle n'avait alors plus besoin d'autant de chevaux. Fort-Walsh fut encore une fois dénigré car il était trop loin de tout et trop froid en hiver. Cela coïncide ironiquement avec la mort du commissaire S.T. Wood (retraité), qui était le défenseur de l'entraînement d'équitation et qui vit à l'établissement d'un haras au Fort-Walsh. Le lieu du ranch d'élevage de chevaux de la GRC au Fort-Walsh et une portion de ses terres furent transférés à Parcs Canada en 1968, et le programme d'élevage de chevaux de la GRC fut déménagé à Packenham, Ontario. C'est à Packenham que les chevaux du carrousel sont élevés aujourd'hui.

Ces sont les bâtiments du haras que le lieu historique national du Fort-Walsh utilisent pour commémorer l'ancien fort. Les bâtiments sont virtuellement identiques aux originaux, ils sont localisés aux mêmes endroits, et ont la même utilité qu'à l'époque de l'ancien fort. Ce ne sont pas tous les bâtiments qui ont été reconstruits car le haras par sa nature, n'en demandait pas tous l'utilisation. Alors, seulement la moitié des bâtiments originaux furent reconstruits. Le seul ajout de Parcs Canada est la palissade qui entourait les bâtiments. Sa reconstruction représente la dimension et la forme exactes de la palissade du fort de 1881, et elle démontre la prestance du Fort-Walsh. Plusieurs bâtiments ont été restaurés selon la période des années 1880, et l'animation et l'interprétation retrouvées sur le lieu historique se concentrent sur cette période importante. Cependant, le haras de la GRC n'a pas été oublié, et une marche autour du Fort-Walsh aujourd'hui révèle le même paysage et points de vue que la GRC pouvait admirer durant les années 1950 et 1960.