Lieu historique national du Canada du Fort-Battleford

Histoire

The Commanding Officer's house
© Parcs Canada / July 2000 / Tracey Verishine

Établi en 1876, le fort Battleford est le théâtre de plusieurs événements majeurs de l'histoire de l'Ouest du Canada. La Police à cheval du Nord-Ouest (PCN.-O.) au fort Battleford participe aux négociations entre les Premières nations et le gouvernement du Canada au moment de la signature du Traité no 6. Elle renforce l'autorité de la loi et de l'ordre canadiens tandis que la collectivité de Battleford, premier siège du gouvernement dans les territoires du Nord-Ouest, se transforme en agglomération prospère. La PCN.-O. supervise la colonisation de la région, et certains de ses membres à la retraite demeurent dans la région comme colons. La PCN.-O. est aussi chargée de veiller au bien-être des Premières nations locales. Pendant les conflits de 1885, quand il apparaît que les citoyens de l'Ouest pourraient se soulever en révolte ouverte, la PCN.-O. exerce une influence stable et offre refuge aux résidants locaux qui craignent une flambée de violence.

Au lieu historique national du Canada du Fort-Battleford, on commémore le rôle de la Police à cheval du Nord-Ouest de 1876 à 1885 dans l'expansion des intérêts du gouvernement canadien dans l'Ouest. Le rôle du fort pendant la rébellion/résistance du Battleford, en tant que base des opérations militaires à la colline Cut Knife et au fort Pitt, et son rôle dans la recherche de mistahi-maskwa (Big Bear). Le fort Battleford a aussi été le site de la reddition de pîhtokahânapiwiýin (Poundmaker) aux forces du général Middleton le 26 mai 1885.

Le fort Battleford de 1876 à 1885 mistahi-maskwa (Big Bear)
La rébellion/résistance du Nord-Ouest Le fort Pitt
Le « siège » de Battleford La recherche de mistahi-maskwa(Big Bear)
La colline Cut Knife pîhtokahânapiwiýin(Poundmaker) se rend
pîhtokahânapiwiýin (Poundmaker) Les répercussions

Le fort Battleford de 1876 à 1885

Fertile en aventures mais en proie à l'incertitude, la fin du XIXe siècle est une période riche en bouleversements. Ainsi, le mode de vie des peuples des Premières nations se trouve menacé par suite de la disparition du bison. Parallèlement, le gouvernement canadien désire ouvrir l'Ouest à la colonisation. Le meurtre d'Indiens Nakota par des chasseurs de loups dans les collines Cypress convainc le gouvernement que cette vaste région a besoin d'une administration. C'est ce besoin de propager la loi et d'affirmer la souveraineté canadienne qui motive la formation de la Police à cheval du Nord-Ouest (PCN.-O.). Le corps de police se met en route vers l'Ouest en 1874.

Battleford est désignée capitale des Territoires du Nord-Ouest en 1876. La même année, on entreprend la construction du poste de la rivière Battle, connu plus tard sous le nom de fort Battleford. Situé au confluent des rivières Battle et Saskatchewan Nord, le fort se trouve à proximité d'importantes populations de Premières nations et de Government House. Dès son arrivée au fort Battleford, la PCN.-O. fait de l'établissement de bonnes relations avec les Premières nations l'une de ses activités principales. Le gouvernement est d'avis qu'il faut signer des traités avant d'entamer la colonisation et que les peuples des Premières nations doivent être mis au courant des lois canadiennes. La PCN.-O. offre protection et assistance tout au long du processus d'élaboration des traités. Elle participe aux négociations et à la signature du Traité n o 6 en 1876, et effectue la distribution des paiements annuels prévus par les traités. Cependant, les relations entre les Premières nations, les agents indiens et la PCN.-O. dégénèrent à mesure que la Police doit faire respecter la Politique du gouvernement relative aux Indiens.

La rébellion/résistance du Nord-Ouest

Frustrés par la réaction du gouvernement à leurs inquiétudes concernant les traités et leur mode de vie, les Premières nations, telles que les Cris, deviennent le plus en plus mécontentes. Vers 1885, de nombreux incidents violents se sont produits, notamment une attaque livrée à Frog Lake et au fort Pitt menée par kah-paypamhchukwao (Wandering Spirit), chef guerrier de la bande de Big Bear. Bien que mistahi-maskwa (Big Bear) ne ferme pas les yeux sur les actions de Wandering Spirit et de ses partisans, le gouvernement, qui voit dans ses gestes une rébellion contre son autorité, le prend pour un instigateur. À la suite de ces conflits, on augmente les effectifs en poste au fort Battleford, les faisant passer de 12 hommes et de 16 chevaux en 1876 à 200 hommes et 107 chevaux en 1885. Le fort Battleford abrite maintenant la plus grande concentration des forces de l'ordre dans l'Ouest.

Le fort Battleford devient aussi le foyer des opérations militaires du gouvernement canadien pendant la rébellion de 1885. Il a aussi servi de base pendant les combats de la colline Cut Knife, du fort Pitt, de Frenchman Butte et de Steele's Narrows, ainsi qu'au cours des recherches menées pour retrouver Big Bear. À peu près à la même époque, le fort abrite également environ 500 habitants du village qui redoute une attaque des Premières nations des environs. Les nouvelles de l'escarmouche entre les Métis et la PCN.-O. à Duck Lake avaient rendus nerveux les résidants de Battleford, si bien qu'ils se réfugient dans l'enceinte du fort.

Au même moment, pîhtokahânapiwiýin (Poundmaker) et ses fidèles se rendaient à Battleford pour demander des vivres qui se font attendre. S'attendant à une rencontre avec l'agent indien, Poundmaker est étonné de trouver le village abandonné. En raison d'une série de mauvaises communications, l'agent indien refuse de rencontrer le groupe. Même si Poundmaker tente de les en dissuader, les Autochtones pillent les habitations désertées. Par la suite, la milice dirigée par le colonel Otter pille à son tour l'agglomération en se rendant à la bataille de la colline Cut Knife. La peur, alimentée par une succession d'incidents violents entre les groupes de Premières nations et les habitants du village, retient ces derniers dans l'enceinte du fort Battleford pendant presque un mois.

En réussissant à mater le conflit armé de 1885, le gouvernement consolide sa présence dans l'Ouest et ouvre la voie à la colonisation et à l'immigration. Au lieu de redresser les injustices envers les Premières nations, le gouvernement resserre les règlements qui gèrent déjà la plupart des aspects de la culture amérindienne, notamment les écoles, la socialisation, les moyens de subsistance et les coutumes. De nombreux membres des Premières nations font l'objet de poursuites pour leur participation au conflit. Poundmaker se rend au fort Battleford pour négocier les conditions de sa reddition avec le général Middleton, mais il est arrêté et condamné à trois ans de prison pour trahison-félonie. La pendaison collective la plus importante de l'histoire du Canada a lieu en novembre 1885 par suite du procès de six Cris et de deux Assiniboines accusés de meurtre : ils sont pendus dans l'enceinte du fort. Beaucoup d'autres sont incarcérés.

Ces condamnations, illustrant la façon dont le gouvernement réagit aux menaces à son autorité, influencent le développement de l'Ouest. Bien que le mécontentement persiste encore longtemps chez les Premières nations, on ne tente plus de résistance armée.

Le « siège » de Battleford

Un hiver 1884-1885 rigoureux, doublé d'une réduction des rations du gouvernement, rendent la vie de plus en plus difficile pour les Premières nations vivant dans les réserves voisines de Battleford. On prévoit donc durant l'hiver que toutes les Premières nations de la région se rencontreront avec l'agent Rae à Battleford au printemps. L'intention est de se regrouper et d'user du poids du nombre pour obtenir de meilleures rations. Il est aussi décidé que pîhtokahânapiwiýin (Poundmaker) serait leur chef.

Lorsque Poundmaker apprend la victoire des Métis à Duck Lake, en mars 1885, il décide de profiter de la situation et de la peur des agents du gouvernement pour négocier l'obtention de provisions nécessaires. Rejoints par les Assiniboines, les Cris se dirigent vers Battleford. En chemin pour rejoindre Poundmaker, des Assiniboines tuent deux hommes. À l'annonce de ces meurtres, de la victoire des Métis à Duck Lake, et des rumeurs selon lesquelles les Cris approchent du village, les habitants se réfugient de l'autre côté de la rivière, à l'intérieur du fort. Poundmaker et ses fidèles arrivent le 30 mars et trouvent le village abandonné. Les efforts déployés pour ouvrir des négociations avec l'agent indien Rae échouent. Affamés et frustrés, des Cris et des Assiniboines se mettent, malgré les tentatives de Poundmaker pour les en dissuader, à piller les maisons désertées dans la région de Battleford. Les habitants de Battleford dépeignent plus tard une scène de destruction, mais il semble que le pillage du village ait plutôt été l'oeuvre des soldats canadiens, à la recherche de provisions et de souvenirs après l'arrivée de la colonne de renfort du colonel Otter le 24 avril. Craignant de retourner dans leur maison, les gens de Battleford adoptent une mentalité d'assiégés et demeurent dans le fort pendant presque un mois.

Le jour suivant, les bandes combinées de Battleford se dirigent vers l'Ouest, vers la réserve de Poundmaker et établissent un vaste camp à l'est du ruisseau Cut Knife. Bien que Poundmaker ait été nommé chef politique et porte-parole en chef des bandes regroupées, le camp se dote aussi d'un « conseil de soldats ». Selon la tradition crie des plaines, une fois formé, c'est le conseil de soldats qui gouverne le camp. Tout au long du mois d'avril, les bandes regroupées, c'est-à-dire environ 1 500 personnes, restent à la réserve de Poundmaker. Ils s'attendent à une attaque de la police, tout comme les habitants de Battleford s'attendent à ce que les Premières nations attaquent le fort. Poundmaker réussit à garder le contrôle sur les jeunes gens, même si des envoyés de Louis Riel ne cessent de le sommer de se joindre à lui. Poundmaker est plus enclin à se distancer des Métis, et essaie d'acquérir quelques avantages pour son peuple en confirmant son allégeance à la reine Victoria.

La colonne de Otter arrive de Swift Current le 24 avril, pour lever le « siège de Battleford », et ce, sans l'approbation du général Middleton. Il se lance ensuite à la poursuite des Premières nations à Cut Knife. Il n'y a pas d'hostilité ouverte à part le pillage, mais Otter décide qu'une démonstration de force persuaderait les Cris et les Assiniboines de se rendre. Le 1er mai, sans en savoir beaucoup sur les intentions des Premières nations, Otter fait une marche forcée avec environ 300 hommes, une mitraillette Gatling et deux canons de montagne de sept livres, pour essayer de surprendre les Premières nations à Cut Knife.

La colline Cut Knife

L'origine du nom Cut Knife remonte à la bataille des années 1840 entre les Sarcee, sous le commandement de Broken Knife (ou Cut Knife), et les Cris dirigés par w§hkasko-kis'ýin (Sweetgrass). La bataille a eu lieu sur les terres actuelles de la réserve de Poundmaker.

La bataille de la colline Cut Knife a lieu le 2 mai 1885. Après sa victoire à Battleford le 24 avril, et dans l'approbation du général Middleton, le colonel Otter décide qu'il devrait se lancer à l'attaque de quelques 1 500 Cris, Assiniboines et Métis réfugiés dans la réserve Cut Knife de Poundmaker. Il quitte Battleford le 1er mai avec 300 hommes, pour une marche forcée de quarante milles vers Cut Knife. Bien qu'il ait espéré s'emparer du campement par surprise, les mouvements de ses troupes n'ont rien de secret. Des coups de feu éclatent avant même que toutes les troupes soient en position. Les actes de pîhtokahânapiwiýin (Poundmaker) sont essentiellement défensives, et il retient ses hommes de poursuivre les soldats qui battent en retraite après la bataille.

La Colonne de renfort du colonel Otter
La Colonne de renfort du colonel Otter
© Saskatchewan Archives Board

Les hommes de Otter n'ont d'autre avantage que celui d'avoir des armes modernes. Le terrain est certainement contre eux et le bien-fondé de la décision de s'en prendre aux Premières nations devient immédiatement incertaine. Peu après que les combats commencent, les charrettes servant à transporter les canons de sept livres s'écroulent, et deviennent donc inutilisables. Les troupes sont rattrapées à découvert. Les Cris, les Assiniboines et les Métis profitent des ravins pour déjouer les manoeuvres des soldats. Après six heures de combats et de tirs sur un ennemi invisible, Otter met fin à l'engagement aux environs de midi. Poundmaker demande à ses guerriers de cesser les combats. Au moment où la colonne d'Otter bat en retraite, les soldats ne sont plus l'objet de tirs et aucune tentative n'est faite pour les poursuivre. Otter se prend à croire qu'il a décimé ses adversaires. Il ne lui vient pas à l'idée que cela peut aussi signifier que Poundmaker et ses partisans n'ont aucun intérêt réel à se battre. Otter se retire et dresse le bilan : huit morts et seize blessés. Les Premières nations en déplorent à peu près le même nombre.

pîhtokahânapiwiýin (Poundmaker)

Poundmaker est né vers 1842 à Blackfoot Crossing en Alberta. Son père est un sorcier-guérisseur appartenant à la nation Assiniboine, et sa mère est Crie, peut-être d'origine métisse. Poundmaker grandit au sein de sa famille Crie, car la coutume voulait qu'un homme vive avec la tribu de sa femme. Le frère de sa mère, mistaw~sis (Big Child), exerce une grande influence sur lui tout au long de son enfance.

À la différence de la plupart des Cris de renommée à cette époque, Poundmaker s'acquiert une réputation qui n'a rien à voir avec ses capacités de chasseur et de guerrier. Au contraire, depuis sa plus tendre enfance, Poundmaker fait preuve d'aptitudes pour la communication, la négociation et la paix. Il se distingue encore davantage lorsque isapo-muxika (Crowfoot), chef des Siksika (Blackfoot), l'adopte comme fils pour remplacer l'un de ceux qu'il a perdus lors d'une bataille, et ce, conformément à une ancienne coutume. Cette relation confère à Poundmaker un niveau de notoriété considérable, ce qui lui permet d'observer de près les activités de la société Blackfoot, qui était depuis des années en conflit ouvert avec les Cris et les Assiniboines.

Poundmaker
Poundmaker
© Saskatchewan Archives Board

En août 1876, Poundmaker a acquis suffisamment d'influence pour pouvoir parler à titre de chef de l'une des bandes de la rivière Rouge lors des négociations du Traité no 6 au fort Carlton. Il devient rapidement porte-parole d'un groupe d'individus très critiques à l'égard des conditions du traité, et il joue un rôle capital dans la modification du traité pour y inclure notamment une clause en matière de famine, par laquelle le gouvernement s'engage à fournir un soutien et de l'aide supplémentaire dans l'éventualité d'une famine. Le traité contient également une clause en matière de médecine pulmonaire, censée aider à faire face à des maladies telles que le scorbut ou la tuberculose. Poundmaker nourrit encore de graves inquiétudes concernant le traité, mais il consent à le signer car la majorité de sa bande est en faveur.

À la fin de 1879, Poundmaker, maintenant chef de sa bande, accepte une réserve et s'installe avec 182 partisans sur 30 miles carrés (50 kilomètres carrés) le long de la rivière Battle, soit à environ 40 miles (60 kilomètres) à l'ouest de Battleford. Cependant, Poundmaker ne tarde pas à ressentir de la frustration devant un gouvernement qui se dérobe sans cesse à ses promesses et il devient un activiste politique de premier ordre. Il représente les Cris aux réunions regroupant plusieurs bandes et tribus, et est un porte-parole puissant dans les discussions et les négociations avec le gouvernement. Ses efforts sont efficaces et il n'échappe pas à l'attention des observateurs extérieurs. Le journal de Battleford, le Saskatchewan Herald , y fait allusion, le qualifiant de « chef le plus travailleur et indépendant du district, celui qui a les meilleures manières ».

Poundmaker, de même que mistahi-maskwa (Big Bear), est convaincu que le pouvoir réside dans le nombre. Grâce à ses relations avec les Blackfoot, Poundmaker entreprend d'organiser les Premières nations en une grande unité structurée et plus unie, de sorte à faire pression plus efficacement sur le gouvernement pour que ce dernier améliore leurs conditions de vie. Il est en faveur de rassembler les Cris du nord de la Saskatchewan en une vaste réserve qui l'aiderait à atteindre son but politique. Un tel groupe ferait entendre une seule et unique voix dans ses négociations avec le gouvernement canadien.

Tout au long de cette période, Poundmaker entretient des relations amicales avec les autorités gouvernementales, et les a même aidées à convaincre Big Bear de déménager dans une réserve. En juillet 1881, Poundmaker fait office de guide et d'interprète auprès du gouverneur-général, le Marquis de Lorne, et de son groupe, tout au long du voyage qui les mène de Battleford à Calgary.

En juin 1884, on organise une danse de la soif sur la réserve de Poundmaker, durant laquelle il se tient des discussions au sujet des conditions de vie qui empirent et des problèmes inhérents au système de réserve. Le rassemblement regroupe plus de 2 000 personnes et on frôle l'incident lorsque la Police à cheval du Nord-Ouest (PCN.-O.) fait irruption pour arrêter un homme accusé d'avoir agressé plus tôt un instructeur agricole. À cette époque, la PCN.-O. a pour tâche de veiller avec plus de rigueur au respect de la politique du Canada vis-à-vis des Indiens, et les Premières nations commencent à en être irrités et à se méfier de la Police. Le gouvernement venait de décréter que les Premières nations ne pouvaient plus sortir de leurs réserves sans permission et sans laissez-passer, et également de déclarer illégales les danses de la soif, de même que toute autre expression culturelle. Les gens rassemblés à la réserve de Poundmaker supposent donc que la Police vient suspendre la manifestation. Il faut toute la détermination de Poundmaker et de Big Bear pour éviter la violence.

Après la rébellion/résistance du Nord-Ouest, Poundmaker est jugé à Regina, et condamné pour quatre motifs de trahison-félonie. Le jugement dure deux jours, mais le jury arrive à un verdict de culpabilité en une demi-heure. La société euro-canadienne éprouve beaucoup de compassion pour Poundmaker, et tant le premier ministre, John A. Macdonald, que le gouverneur des Territoires du Nord-Ouest, Edgar Dewdney, intercèdent pour que l'on ne lui rase pas la tête en prison, comme il en était de ses codétenus. On l'épargne ainsi d'une certaine humiliation. Il est condamné à trois ans de pénitencier à Stony Mountain au Manitoba, mais n'y passe qu'un an. en effet, il est libéré en 1886 en raison de sa santé précaire en raison de la tuberculose qu'il a contracté en prison. Poundmaker meurt d'une hémorragie pulmonaire quatre mois plus tard, lors d'une visite à son père adoptif, Crowfoot, dans la réserve Siksika à Blackfoot Crossing, à l'est de Calgary.

mistahi-maskwa (Big Bear)

Big Bear
Big Bear
© Archives de l’Université de la Saskatchewan

Big Bear est né au centre de la Saskatchewan vers 1825 dans une bande crie des plaines qui vivait le long de la rivière Saskatchewan Nord. Son père est un chef ojibway et sa mère est crie ou ojibway. Ce peuple vit dans les terres à parc de ce qui constitue aujourd'hui le centre de la Saskatchewan, mais fait des incursions dans les plaines pour chasser le bison. Big Bear a plusieurs femmes durant sa vie, et au moins quatre fils. C'est un chasseur et un guerrier remarquable, qui s'attire rapidement l'attention de son peuple.

Il est mentionné par écrit en novembre 1862, quand il devient chef principal d'un vaste campement de Cris près du fort Carlton. Un marchand de la Compagnie de la Baie d'Hudson écrit plus tard qu'en 1865 environ, Big Bear quitte la région de Carlton pour Fort Pitt, et qu'il devient là chef d'une petite bande, pour la plupart des membres de sa famille.

Reconnu pour son caractère pacifique mais indépendant, Big Bear s'affaire, ces années-là, aux activités traditionnelles de son peuple. Il n'attire l'attention que durant les temps difficiles des années 1870 : arrivée de la Police à cheval du Nord-Ouest, disparition des bisons et signature des traités. Sa bande et lui prennent part aux dernières grandes batailles des Premières nations dans les plaines. Les hostilités entre les Cris des plaines et leurs alliés d'une part, et la confédération Blackfoot d'autre part, atteignent leur point culminant à la bataille de la rivière Belly dans les années 1870, ce qui est maintenant le Sud-Ouest de l'Alberta. Les Cris y connaissent une cuisante défaite.

En 1874, les membres de la bande de Big Bear refusent les cadeaux du gouvernement du Canada apportés par son émissaire, William McKay. Ce dernier, un représentant de la Compagnie de la Baie d'Hudson, explique aux Premières nations pourquoi la PCN.-O. s'installe dans la région. McKay rapporte qu'à ce moment-là le campement de Big Bear comprend 65 foyers (environ 520 personnes). En 1875, Big Bear rejette les explications offertes par un autre émissaire, le révérend George McDougall, lui disant que si le gouvernement voulait lui parler, qu'il vienne jusqu'à lui. Il assimile les encouragements à accepter le traité à un appât pour piège à renard. L'été suivant, c'est le gouverneur des Territoires du Nord-Ouest, Alexander Morris, qui vient pour élaborer un traité avec les Cris. Big Bear arrive en retard aux cérémonies soulignant la signature du Traité n o 6, et est consterné de voir que bon nombre des chefs l'ont déjà signé. Il refuse de signer, tenant bon pour obtenir de meilleures conditions. Tant qu'il y a du bison, il continue à refuser de signer, et sa défiance attire de plus en plus de guerriers indépendants et de petits groupes de gens non visés par les traités.

Le bison connaît déjà un déclin durant l'hiver 1878-1879, à l'époque justement où Big Bear est à l'apogée de son influence. Il entreprend de créer une grande alliance des Premières nations, espérant que le gouvernement leur consentirait de meilleures conditions. Il rencontre le nouveau commissionnaire des Indiens, Edgar Dewdney, au fort Walsh en juin 1879. Les deux hommes discutent pendant plusieurs jours du problème de la disparition des bisons et du fait que les traités ne compensent pas pour cette perte. Cependant, Big Bear ne peut malheureusement pas amener Dewdney à comprendre ni à changer d'avis, et le gouvernement reste donc sur sa position. Sans ressource aucune, Little Pine, un des chefs résistants, revient sur sa décision. Il signe donc, ainsi que quelques autres chefs, le Traité no 4 au fort Walsh en juillet de la même année, au nom de 472 personnes, affaiblissant du même coup la position de Big Bear. Les gens de Little Pine et de Lucky Man reçoivent immédiatement des provisions, mais Big Bear refuse toujours de signer.

Big Bear et sa bande affamée se réfugient au Montana où il est très vite rejoint par de nombreux membres de Premières nations visées par des traités. Ils y pratiquent la chasse aux derniers bisons, et dès 1882, ces troupeaux ont disparu aussi. Les Premières nations « canadiennes » commencent à revenir au Canada pour lancer une pétition au gouvernement demandant de la nourriture et les moyens de pratiquer l'agriculture dans leurs réserves. La bande de Big Bear essaie de résister, mais la situation devient sans espoir. Son peuple meurt de faim si bien qu'il signe finalement son adhésion au Traité no 6 au fort Walsh en décembre 1882, de sorte que ses partisans, alors au nombre de 247, reçoivent de la nourriture et des couvertures.

Big Bear fait part aux représentants du département des Indiens du gouvernement de son désir d'obtenir une réserve près du fort Pitt. Ainsi en juillet 1883, sa bande est déplacée là-bas aux frais du gouvernement. Une fois installé là, Big Bear rend visite à bon nombre de ses anciens amis. Il constate alors à quel point les réserves répondent pitoyablement aux besoins et à quel point aussi les quelques projets agricoles suffisent très mal à satisfaire la population. Il commence de nouveau à se battre pour obtenir des réformes, et demande une nouvelle réserve pour sa bande.

En 1884, Big Bear réalise que toute forme de violence ou de résistance envers la société euro-canadienne émergente serait futile, aussi coopère-t-il avec Poundmaker pour tenter d'unir les bandes visées par les traités du territoire allant de la rivière Battle au fort Pitt, et ce, dans un dernier espoir d'obtenir de meilleures conditions du gouvernement canadien. Il organise une danse de la soif en défi au nouveau décret gouvernemental qui interdit de tels rassemblement, tout en essayant en vain de convaincre les autres chefs d'en organiser eux-mêmes et non de délaisser leurs coutumes ancestrales. Il rencontre même Louis Riel en août 1884. Toujours très insatisfait des traités, il veut en négocier un nouveau. Il voudrait voir le gouvernement adopter une approche unifiée dans ses négociations avec les Premières nations, et il a une conception nouvelle de ce que devraient être les réserves. Il demande à Riel de tenir compte de ses questions dans ses futures négociations avec le gouvernement. Il espère qu'à force d'entendre parler de ces préoccupations, le gouvernement finisse par y prêter attention.

Le gouvernement, cependant, demeure de marbre. Big Bear commence à perdre de son influence, et son approche pacifique et ses ambitions complexes entraînent de la dissidence au sein même de sa bande. Des partisans plus agressifs sont prêts à se battre pour leur cause. La Warrior Society est de plus en plus désertée. Au cours du printemps et de l'été de 1885, Big Bear est incapable de retenir certains membres de sa bande et à deux occasions, ils commettent des actes de violence graves. Ils tuent neuf personnes à Frog Lake, et font des prisonniers. Plus tard, le même groupe met le feu au fort Pitt. Big Bear, leur chef de l'époque pacifique, n'a plus son mot à dire. Les circonstances ont amener son camp à glisser dans un état de guerre.

Après la résistance/rébellion, Big Bear, toujours considéré comme le chef de sa bande et responsable de ses actes, est tenu responsable de cette violence. Même si des témoins interviennent pour dire ses tentatives de freiner la violence, il est trouvé coupable de trahison et d'actes délictueux graves et condamné à passer les deux années suivantes au pénitencier de Stony Mountain. Libéré en mars 1887, il est en très mauvaise santé lorsqu'on le conduit dans la réserve de Poundmaker. L'agent rapporte qu'il est malade et qu'il refuse toute forme de secours médical. Il est visiblement accablé par la disparition de son mode de vie traditionnel, et désillusionné sur ses échecs à unir son peuple et à leur obtenir de meilleures conditions de vie. Big Bear s'éteint dans la réserve de Poundmaker en janvier 1888.

Le fort Pitt

La construction du fort Pitt au cours de l'hiver 1829-1830 est l'oeuvre de John Rowand de la Compagnie de la Baie d'Hudson (CBH). Le fort devient un poste de traite majeur dans les plaines durant les cinquante années qui suivent. Fort Pitt est fréquenté par les Cris, les Assiniboines, et les Blackfoot qui échangent peaux, viande et le pemmican de bison contre des couvertures, bouilloires, poudre, thé et bien d'autres objets disponibles auprès de la Compagnie. Le pemmican est un article d'échange très recherché depuis qu'il sert à approvisionner tous les postes de CBH dans l'Ouest. Pour les marchands occupant ces postes, le temps et les ressources ne leur permettaient pas de se procurer de la viande et du pemmican eux-mêmes. Par conséquent, la viande fraîche et le pemmican offert en échange par les Premières nations sont vitales au succès de la traite des fourrures.

Étant donné son emplacement central pour de nombreuses bandes indiennes, le fort Pitt est l'un des endroits retenus pour la signature du Traité no 6 en 1876. La même année, on y établit un poste secondaire de la Police à cheval du Nord-Ouest (PCN.-O.).

Pendant la rébellion/résistance de 1885, les partisans de Big Bear entourent le fort. Des négociations s'ensuivent au cours desquelles les habitants du fort se rendent et le détachement de la PCN.-O. en nombre insuffisant, sous le commandement de l'inspecteur Francis Dickens, se retranche au fort Battleford. Pendant les négociations, à part quelques coups de feu tirés sur des éclaireurs de la PCN.-O. qui rentrent au fort, on ne signale pas d'incidents violents. Les civils captifs sont libérés plus tard, mais le fort Pitt est pillé puis incendié.

La CBH reconstruit en partie le fort en 1886. Il continue à être un poste de traite pendant quatre autres années. Le déclin de la traite des fourrures après la rébellion/résistance du Nord-Ouest et l'expansion de la colonisation mettent fin à une bonne partie du commerce de la CBH dans les prairies. La Compagnie concentre par la suite ses efforts sur le Nord. Le fort Pitt ferme ses portes en 1890.

La recherche de mistahi-maskwa (Big Bear)

La Force de campagne de l'Alberta, colonne de l'Ouest du gouvernement commandée par le général Thomas Strange, arrive sur les lieux du massacre de Frog Lake le 23 mais 1885. Les hommes enterrent les corps abandonnés là où ils ont été tués, et rejoignent le fort Pitt le même jour. Strange commande à certains de ses hommes de reconstruire le poste comme base d'opérations. Il décide aussi de poursuivre la bande de Big Bear sans attendre l'arrivée du général Middleton.

La bande de Big Bear et d'autres bandes traînent dans le secteur depuis la capture du fort Pitt. Elles représentent ensemble à peu près 1 000 personnes. Elles n'ont pas décidé de ce qu'elles veulent faire. Les Cris des plaines veulent pour la plupart se joindre à Louis Riel ou à pîhtokahânapiwiýin (Poundmaker); les Cris des bois demeurent passifs. Le 4 mai, les Cris ont vent de rapports confus du conflit armé survenu entre les hommes de Poundmaker et les forces du colonel Otter à la colline Cut Knife. Ils ont l'impression que Poundmaker a été battu, ce qui a pour résultat de décourager Big Bear qui abandonne le leadership de sa bande. Par suite des nouvelles, les Cris des bois sont encore plus déterminés à protéger les captifs du fort Pitt et à demeurer hors des combats. Les Cris continuent à traîner dans le secteur; ils organisent une danse de la soif et envoient des éclaireurs pour surveiller ce qui se passe.

La colonne de Strange découvre très vite le sentier emprunté par Big Bear et ses partisans. Les éclaireurs de Sam Steele le suivent et le 27 mai la poursuite donne lieu à une rapide escarmouche au cours de laquelle un Cri est tué. Quelques jours plus tard, la colonne de Strange parvient au campement cri près de Frenchman's Butte. Les Cris ont creusé des tranchées et contrôle les hauteurs. Après une escarmouche, les Cris, maintenant sous les ordres de kah-paypamhchukwao (Wandering Spirit) et Imasees, se retranchent. Strange décide d'interrompre la poursuite tant qu'il n'a pas de renforts et de provisions, craignant qu'on les entraîne dans les marécages et la forêt, et de s'exposer ainsi à une attaque.

À ce moment-là, Middleton est arrivé au fort Pitt. Strange attend qu'il le rejoigne, et envoie Sam Steele et ses éclaireurs à la poursuite de Big Bear, tenu responsable des actes des Cris. Certains des Cris des bois, avec quelques-uns des prisonniers, quittent le groupe et se rendent. Steele rejoint le reste du campement le 3 juin au lac Loon, et son attaque surprise force les Cris à se retrancher rapidement à travers le chenal. À court de munition, Steele se retire. Quelques-unes de ses sentinelles font plus tard feu sur un groupe de Cris, n'ayant pas réalisé qu'il s'agit d'une délégation pacifique menée par un des prisonniers, le commandant du fort Pitt, William McLean. La délégation venait négocier une reddition. Comme elle n'a pas la possibilité de se rendre jusqu'à Steele, on ne répète aucune tentative de négociation de la paix.

Le rejet apparent de la délégation pacifique fait de nouveau pencher la balance en faveur de la guerre, et retarde la reddition des bandes indiennes. Après la bataille de Rat Foot Hill (Steele's Narrows), les Cris et les militaires se retranchent dans des directions opposées. Les Cris des bois se séparent des Cris des plaines après le combat qui se déroule au niveau du chenal du lac Loon, et emmènent les prisonniers avec eux. Ceux-ci sont libérés le 19 juin et les Cris des bois se rendent peu après.

Middleton entreprend alors d'organiser une poursuite en quatre colonnes dans le but de capturer Big Bear. Ces forces se déploient vers le Nord sur des trajectoires presque parallèles, et passent la majeure partie d'un mois à fouiller en vain la forêt et les marécages.

Après l'escarmouche du lac Loon, les différentes factions cries se fragmentent encore davantage. Certaines se sauvent aux États-Unis, la plupart se rendent aux différentes colonnes de forces de l'ordre qui les poursuivent. Big Bear, lui, se dérobe à la colonne la plus à l'est, commandée par le commissaire Irvine de la PCN.-O., et continue jusqu'au fort Carlton. À ce moment-là, les soldats ont mal aux pieds, et sont découragés et malades d'avoir arpenté les tailllis pendant un mois.

Le 4 juillet 1885, Big Bear et son plus jeune fils, mistatim-aw~sis (Horse Child), arrivent seuls au fort Carlton et se rendent aux quatre officiers de la PCN.-O. laissés de garde par Irvine pour surveiller le passage à gué de la rivière. Big Bear ne dirige plus personne et son apparence débraillée ressemble fort à celle des soldats qui le poursuivent. La poursuite de Big Bear est terminée.

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Poundmaker se rend
Poundmaker se rend
© Archives de la Saskatchewan

L'attaque du colonel Otter menée contre les Cris, et quelques Assiniboines et Métis, à la colline Cut Knife, le 2 mai 1885, force Poundmaker et ses partisans à bouger. Ils ne se sentent plus en sécurité sur leur propre réserve. Ils s'attendent à être attaqués mais ne savent pas vraiment quoi faire. Certains voudraient se joindre à Louis Riel mais la plupart veulent éviter les problèmes. Poundmaker est en faveur de chercher refuge plus à l'ouest, parmi les Blackfoot, pour qui se battre contre le gouvernement ne présente aucun intérêt.

En passant par les collines Eagle, des hommes armés de Poundmaker s'emparent d'un wagon de marchandises destinées à la colonne du colonel Otter. Poundmaker s'interpose pour s'assurer que les 31 membres de la brigade de transport sont bien traités. Non seulement disposent-ils maintenant de provisions de nourriture et d'armes, mais ils ont aussi des otages dont ils peuvent se servir comme levier de négociation. Cette escarmouche a lieu le 14 mai. Cinq jours plus tard, ils apprennent la défaite des Métis à Batoche et la reddition de Riel.

Les Métis retournent alors dans la région de Batoche et le reste des Cris et Assiniboines font demi-tour en direction de Battleford. Ainsi Poundmaker a-t-il l'occasion de réaffirmer son autorité. Il envoie des captifs, le père Louis Cochin au colonel Otter au fort Battleford, et l'instructeur agricole Jefferson au général Middleton qui revient de Batoche, pour leur demander quelles sont les conditions de la paix. Otter répond qu'il n'a pas le pouvoir de négocier avec Poundmaker, tandis que Middleton rédige une réponse menaçante demandant à Pourndmaker de se rendre immédiatement et sans condition.

Poundmaker et des douzaines de partissans arrivent au fort Battleford le 26 mai. Devant des centaines d'officiers, ils rendent leurs armes à Middleton; Poundmaker est arrêté.

Les répercussions

Toutes les personnes jugées responsables de meurtres et d'incitation au conflit pendant la rébellion/résistance du Nord-Ouest sont traînées en jugement et poursuivies au maximum de ce que permet la loi. Louis Riel est accusé de trahison et jugé à Régina. Ses avocats lui proposent de fonder leur défense sur l'aliénation mentale mais il refuse. Il essaie plutôt de justifier ses actes et ses convictions devant la cour. Il est trouvé coupable, et est pendu le 16 novembre 1885.

Poundmaker se rend
Poundmaker se rend
© Archives Canada

L'exécution de Riel a des répercussions dans tout le Canada. Les Ontariens protestants et anglophones l'approuvent de tout coeur, tandis que les Québécois catholiques et francophones la voit comme une attaque supplémentaire contre la population francophone par la majorité anglophone. Les Métis considèrent l'exécution comme un geste de trahison ultime par le gouvernement, et les gens de l'Ouest s'interrogent sur le bien-fondé ou la pertinence de la pendaison de Riel.

pîhtokahânapiwiýin (Poundmaker) et mistahi-maskwa ( Big Bear) sont aussi jugés à Regina, au cours de procès qui retiennent également beaucoup d'attention. Les déclamations de Big Bear font l'objet d'une traduction médiocre qui le condamne pour toutes ses démêlées avec le gouvernement. Les deux hommes sont trouvés coupables de trahison-félonie et condamnés à trois ans d'emprisonnement au pénitencier fédéral de Stony Mountain. Tous les deux sont libérés plus tôt que prévu et succombent aux suites de maladies peu après. En outre, plusieurs membres des Premières nations faits prisonniers, notamment kah-paypamhchukwao (Wandering Spirit), sont jugés sans avocat au fort Battleford pour le rôle qu'ils ont joué dans la rébellion/résistance du Nord-Ouest. Il s'agit des hommes qui commandaient les guerriers responsables de la mort de civils à Frog Lake et dans la région de Battleford. Le 27 novembre, on pend ainsi six Cris et deux Assiniboines dans l'enceinte du fort.

Après 1885, les conditions de vie des Premières nations ne s'améliorent pas. Les plaintes concernant les traités demeurent ignorées et le contrôle de la vie et des activités des Premières nations s'intensifie. Ils sont confinés à leurs réserves, à moins qu'ils soient munis d'un laissez-passer signé. Bien que les Premières nations n'aient pas rejoint Riel dans sa quête, le premier ministre John A. Macdonald voit de la duplicité dans leur comportement. Le fort Battleford maintient une présence policière dans la région pendant que les politiques nationales et la colonisation, qui prend sérieusement de l'ampleur, forcent la disparition de tout un mode de vie.

Big Bear
Big Bear
© Archives Canada

Au début du XX e siècle, le fort Battleford a perdu beaucoup d'importance. Il est désaffecté en 1924. Les habitants de la région manifestent leur intérêt pour le fort et les événements de 1885 en préservant les bâtiments restants et en y ouvrant le Mémorial de la Police à cheval du Nord-Ouest et le Musée des Indiens. Grâce à leurs efforts, on a préservé un lien vital avec l'histoire de la Saskatchewan. Le site a été rendu au gouvernement du Canada en 1951 et est administré comme lieu historique national.

Sources :

Fort Battleford Pamphlet

Agenda Papers

Dictionary of Biographies

Prairie Fire: The 1885 North-West Rebellion, Bob Beal and Rod Macleod, McClelland & Stewart Inc., Toronto (Ont), 1994

Loyal till Death: Indians and the North-West Rebellion, Blair Stonechild and Bill Waiser, Fifth House Ltd., Calgary (Alta), 1997