Lieu historique national du Canada de Batoche

Batoche après 1885

La Rébellion échoua, mais la communauté métisse de Batoche ne fut pas détruite en 1885. La colonie se remit de la rébellion, et connut même une relative prospérité au cours des années 1890. En 1900, des certificats des Métis furent émis et nombre de jeunes Métis s'installèrent dans des fermes autour de Batoche et connurent un certain succès. D'autres travaillèrent comme interprètes, éclaireurs et ouvriers pour la Police à cheval du Nord-Ouest, qui avait installé une caserne à Batoche en 1888.

Et Batoche? La localité connut de nombreuses difficultés économiques et sociales. Le tronçon nord du chemin de fer Canadian Pacific contourna la colonie métisse au bénéfice des zones d'immigration blanche proposées. Une autre raison était plus subtile. Pour beaucoup de gens, ces Métis demeuraient des rebelles et le gouvernement ne leur accordait que peu de considération, que ce soit sur le plan économique ou sur le plan social.

En 1915, un seul magasin demeurait ouvert dans le village. Les colons de plus en plus nombreux venant de l'Est du Canada, de l'Europe et des États-Unis isolèrent encore plus les Métis et nombreux sont ceux qui choisirent de se rendre plus loin au nord. La tuberculose préleva un lourd tribut et le travail se fit difficile à trouver, tant pour les hommes que pour les femmes, qui avaient surtout travaillé en tant qu'ouvriers ou domestiques. Dans une société maintenant dominée par les Canadiens anglais, il était difficile pour les Métis de transmettre à leurs enfants leur langue faite de cri et de français, ainsi que leurs traditions culturelles. La nouvelle nation était devenue un groupe minoritaire, les gens libres un peuple dépendant.