Lieu historique national du Canada de Batoche
La bataille de Batoche
La bataille de Batoche fit rage pendant quatre jours, du 9 au 12 mai 1885. Moins de 300 Métis et membres des Premières nations, menés par Louis Riel et Gabriel Dumont, défendirent Batoche à partir d'une série de trous de tirailleur qu'ils avaient creusés le long des broussailles qui entouraient le village. La Force expéditionnaire du Nord-Ouest, commandée par le major-général Frederick Middleton et comptant 800 hommes, attaqua directement les défenses et participa à des manoeuvres destinées à dissimuler aux Métis et aux Premières nations le nombre de son effectif, qui constituait la source de sa force.
Le premier jour de la bataille, le major-général Middleton avait prévu attaquer les Métis et les membres des Premières nations sur deux fronts. Le vapeur Northcote, fortifié par des sacs de sable et ayant à son bord des hommes de la milice, devait descendre la rivière pendant que Middleton mènerait le reste de sa troupe. Le stratagème échoua lorsque les Métis abaissèrent un câble de traversier, abattant les cheminées du Northcote, qui poursuivit sa route sur la rivière sans faire de ravage. Les forces terrestres rencontrèrent elles aussi une forte résistance de la part des Métis, qui tinrent efficacement leurs positions. Lorsque la force de campagne se retira dans sa zareba, les membres des Premières nations et les Métis les harcelèrent avec des tirs d'artillerie jusqu'au crépuscule. Les Métis et les Premières nations crurent avoir remporté la victoire à l'issue de cette première journée de combats. Les deux jours suivants modifièrent légèrement la situation. La Force expéditionnaire du Nord-Ouest bombarda les positions métisses avec ses quatre pièces de neuf livres et harcela les artilleurs avec sa mitrailleuse Gatling. En défendant leur position au cours des trois premières journées, les Métis et les membres des Premières nations avaient épuisé leurs munitions. Le 12 mai fut la journée décisive de la bataille. Middleton, équipé d'une pièce de neuf livres, d'une mitrailleuse Gatling et fort de 130 hommes, partit en reconnaissance au nord de l'église et du presbytère et se mit à avancer sur les trous de tirailleur des Métis. Cette feinte était destinée à attirer les Métis à l'extérieur de leurs trous pour les amener vers l'église, où la mitrailleuse Gatling était en position de tir. Dès qu'il entendrait les tirs au nord, le lieutenant-colonel Van Straubenzie devait ouvrir le feu et avancer sur les lignes de défense autour de l'église. Mais le vent soufflait fort et Van Straubenzie ne put entendre les tirs de Middleton ni coordonner son attaque avec l'action de Middleton. Ce dernier se retira dans son camp, furieux que l'attaque coordonnée n'ait pu se faire. Toutefois, à son insu, sa manoeuvre avait réussi : les Métis s'étaient en fait avancés vers le nord, anticipant une offensive majeure à cet endroit. Pendant que Middleton s'assoyait pour prendre son repas quelques minutes plus tard, les Midlanders, sous les ordres du lieutenant-colonel Williams, forcèrent les lignes métisses affaiblies près de l'église.
La bataille ne dura que quelques minutes, la force de campagne dévalant les collines vers Batoche, dépassant les trous de tirailleur où les Métis tiraient maintenant des clous et des cailloux avec leurs fusils.
Riel et Dumont purent s'échapper. Riel se rendit par la suite et Dumont s'enfuit aux États-Unis. Ceux qui ne s'étaient pas dispersés furent faits prisonniers et traduits subséquemment en justice. On compta plus de 25 morts dans les deux camps.