Lieu historique national du Canada de Batoche

Agitation dans le nord-ouest

La colonisation ne se faisait pas sans heurts. En 1878, le gouvernement avait arpenté certaines des fermes métisses déjà installées à Batoche selon le système traditionnel de lots riverains; toutefois, nombre des nouveaux arrivants durent s'installer sur des terres délimitées selon le système de cantons utilisé dans l'Est du Canada. En outre, les Métis avaient de la difficulté à acquérir les titres de propriété juridiques, à obtenir des certificats des Métis (certificat qu'on pouvait échanger contre une concession de terres ou de l'argent), à faire reprendre l'arpentage de l'ouest de la colonie et à avoir une meilleure représentation sur la scène politique fédérale et sur celle des Territoires.

Durant cette période, l'agitation ne se limitait pas à Batoche. Les Premières nations demandaient la nourriture, l'équipement et l'aide agricole promis dans les traités. Les colons de tout le Nord-Ouest étaient en colère et avaient perdu leurs illusions face à la politique nationale de Sir John A. MacDonald qui voulait la construction d'un chemin de fer et des tarifs protectionnistes. Les fermiers se voyaient nier leurs privilèges sur le grain, ils ne pouvaient mener leur récolte au marché et ils devaient payer un prix plus élevé pour la machinerie agricole fabriquée dans l'Est du pays à cause des tarifs élevés imposés sur l'équipement américain plus abordable.

Les chefs métis comme Gabriel Dumont, Maxime Lepuine, Moise Ouellette, Pierre Parenteau père et Charles Nolin se réunirent et préparèrent des pétitions pour attirer l'attention du gouvernement sur leur situation. Devant le silence d'Ottawa, une autre réunion eut lieu au printemps de 1884. Il fallait agir. Trois hommes furent dépêchés vers une petite mission à St. Peter, Montana, pour inviter Louis Riel, chef des Métis manitobains en 1870, à mener son peuple dans cette nouvelle lutte.