RÉSILIENCE / RÉSISTANCE : ART MÉTIS DE 1880 À 2011

Art Métis / Métis Art

Les responsables du lieu historique national de Batoche sont fiers d’accueillir l’exposition RÉSILIENCE / RÉSISTANCE : ART MÉTIS DE 1880 À 2011. Financée par le gouvernement du Canada, elle constitue l’un des dix-huit projets destinés à aider les collectivités métisses à préserver et à honorer leur histoire et leur culture, mais aussi à faire connaître leur riche patrimoine à l’ensemble des Canadiens. Il s’agit de l’exposition qui inaugure la nouvelle galerie du Centre d’accueil des visiteurs. Cette galerie sera le lieu d’autres expositions artistiques et d’activités culturelles.
 
Le lieu historique national de Batoche a été désigné comme tel en 1923 et il fait partie d’un réseau de lieux historiques nationaux, de parcs nationaux et d’aires marines nationales de conservation qui accueillent de nombreux visiteurs tous les ans. À Batoche, on nous demande souvent si la collectivité métisse existe encore et s’il y a encore des Métis dans la région. Beaucoup de Canadiens connaissent une partie de l’histoire des Métis, mais, bien souvent, ils ne sont pas très au courant de l’évolution actuelle de leur culture et de ce qui se passe dans la société métisse contemporaine.
 
Pour fêter la réouverture du Centre d’accueil des visiteurs sur le site ainsi que le centenaire de Parcs Canada, qui a été le tout premier système de parcs nationaux au monde, nous avons estimé que c’était l’occasion ou jamais de braquer les projecteurs sur les artistes métis de talent, ceux du passé comme ceux d’aujourd’hui. Ces œuvres, nous l’espérons, permettront aux visiteurs d’apprécier un aspect unique de cette culture dynamique, riche et vivante. Les artistes métis de cette magnifique exposition sont heureux de faire connaître leur culture et leur vision de l’histoire aux Canadiens et aux visiteurs étrangers qui se rendent au lieu historique national de Batoche tous les ans.
 
Photo d'installation
RESILIENCE/RESISTANCE Photo d'installation
© Parcs Canada

RÉSILIENCE / RÉSISTANCE: ART MÉTIS 1880-2011: MESSAGE DE L’ORGANISATRICE

"Nous possédons la résilience des mauvaises herbes et la beauté d’une fleur sauvage."
- Christi Belcourt
L’ancien drapeau que l’on a décrit comme celui de la bataille métisse de 1885 était un vrai mystère pour moi. Il contient deux images : une main et la tête d’un canidé. (…) Cette image m'est restée longtemps. Et puis, au milieu des années 1990, j’ai créé une œuvre inspirée de cette image, l’une des nombreuses œuvres où on voit des coyotes en transformation. Le coyote m’a donné la liberté de travailler l’image.
- Edward Poitras
La résilience est la capacité d’affronter et de surmonter l’adversité. La résistance est la lutte contre l’oppression. Christi Belcourt considère les plantes comme des métaphores de la résilience métisse. Edward Poitras se rappelle ses efforts pour savoir si l’animal représenté sur le drapeau de 1885 était un loup ou un coyote. Il a choisi le coyote pour sa résilience. Les artistes de cette exposition viennent de six provinces (le Québec, l’Ontario, le Manitoba, la Saskatchewan, l’Alberta et la Colombie-Britannique) et d’un territoire (les Territoires du Nord-Ouest). Leurs œuvres, des plus anciennes aux plus récentes, sont un témoignage visuel du rôle de l’amour, de la famille, de l’humour et de l’innovation dans la création et la réinvention d’une culture fondée sur le double pouvoir de la résilience et de la résistance et qui refuse d’oublier, d’abandonner, de quitter les lieux ou de disparaître.

À l’exception de trois œuvres réalisées par des artistes inconnus du XIXe siècle, les œuvres présentées ici ont été créées par vingt artistes. Deux d’entre eux, Rosalie Laplante-Laroque et Marie Grant-Breland, nous offrent des œuvres d’une extraordinaire beauté créées à une époque de grande âpreté. Les deux étaient mariées à des marchands indépendants et ont vécu des vies aventureuses à l’ère mythique des bisons. Leurs familles ont préservé leurs œuvres, et c’est ainsi que nous pouvons, aujourd’hui, apprécier leurs couleurs vives et leurs techniques perfectionnées. Ce sont des maîtres, qui ont établi les normes esthétiques auxquelles renvoient les minuscules perles que KC Adams coud sur des étuis d’appareils iPhone et iPad ou les touches de peinture que Christi Belcourt applique avec grand soin. Scott Duffee et la défunte Adeline Pelletier dit Racette sont de ces artistes qui gardent vivantes les formes d’art traditionnelles et transmettent le savoir à une nouvelle génération de mains habiles.

Nous avons choisi des artistes contemporains qui exposent à l’échelle nationale et internationale ou qui jouent un rôle crucial dans le développement du mouvement artistique autochtone de notre époque. Ils représentent aujourd’hui une partie importante de la scène artistique canadienne, alors que c’aurait été impensable il y a seulement vingt ans, lorsque les artistes autochtones se voyaient fermer les portes des galeries d’art et d’autres établissements artistiques. Comme l’a dit Jim Logan, « Nos cris ne passaient pas les murs, aujourd’hui ils ont des échos à l’intérieur des mursiii ». Feu Bob Boyer et lui ont joué un rôle central dans cette lutte, surtout par le biais de la Society of Canadian Artists of Native Ancestry (SCANA). Quatre des artistes présentés ici (Logan, Boyer, Edward Poitras et Rick Rivet) ont fait partie de l’exposition INDIGENA (1992), première grande manifestation de l’art autochtone contemporain. Edward Poitras a été le premier artiste autochtone à représenter le Canada au très prestigieux événement artistique international qu’est la Biennale de Venise, et, en 2002, il a reçu le Prix du gouverneur général en arts visuels et en arts médiatiques, qui est la distinction la plus élevée de notre pays. En 2010, Julie Flett a été la première artiste autochtone mise en nomination pour un prix littéraire du gouverneur général, et Lii Yiboo Nayaapiwak Lii Swer est devenu le premier livre pour enfants en langue autochtone à être reconnu.

Ici, dans cet espace d’exposition, se trouvent des icônes de cette récente histoire artistique : des illustrations de Julie Flett, une couverture peinte de Bob Boyer, un coyote d’Edward Poitras, le drolatique Cross-Addressing de David Garneau et l’enjoué I Awoke to find my spirit had returned de Rosalie Favell, où l’artiste reprend ses esprits sous l’œil attentif de Louis Riel. Il y a aussi des abstractions de Jason Baerg, le fruit d’une collaboration en multimédia interactif avec des aînés métis, les réflexions émouvantes des cinéastes Danis Goulet et Caroline Monnet sur la famille, et de troublantes sculptures d’animaux de David Hannan.

Lorsque nous avons inauguré l’exposition, à l’occasion de la Journée nationale des Autochtones, en 2011, un jeune garçon s’est trouvé devant la toile de Rick Rivet intitulée Zone 3 et s’est exclamé en ouvrant les bras : « On dirait que l’artiste a mis tous ses sentiments là-dedans! ». Quelques-uns de ses camarades se sont précipités devant le coyote d’Edward Poitras en s’écriant « Cool! », tandis que des filles se sont mises à chanter l’alphabet devant les illustrations de Julie Flett. Des femmes ont contemplé, les yeux pleins de larmes, la toile de Tannis Nielsen intitulée Pain of Being. Des gens ont ri et se sont émerveillés. Leurs réactions traduisent le pouvoir éternel de l’art, qui guérit, provoque et communique, et l’importance de connaître et de reconnaître ces artistes et la tâche à laquelle ils s’attellent depuis plus d’un siècle, pour nous.
- Sherry Farrell Racette, conservatrice invitée

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RESILIENCE/RESISTANCE Photo d'installation
© Parcs Canada

 KC ADAMS • JASON BAERG • MARIA and ELEANOR BEACHAM • CHRISTI BELCOURT • BOB BOYER • MARIE GRANT BRELAND • SCOTT DUFFEE • ROSALIE FAVELL • JULIE FLETT • STEPHEN FOSTER • DAVID GARNEAU • DANIS GOULET • DAVID HANNAN • ROSALIE LAPLANTE LAROQUE • JIM LOGAN • CAROLINE MONNET • TANNIS NIELSEN • ADELINE PELLETIER DIT RACETTE • EDWARD POITRAS • RICK RIVET

PRÊTEURS D’ŒUVRES

Nous tenons à remercier du fond du cœur tous ceux qui ont prêté des œuvres pour cette exposition et dont la générosité, l’aide et l’enthousiasme l’ont rendue possible.

Che Meegwetch et « Un Gros Marsi » à :

  • Les artistes

  • Le Musée canadien des civilisations, Gatineau (Québec)

  • L’Institut Gabriel Dumont, Saskatoon (Saskatchewan)

  • Le Centre d’art indien, musée des Affaires indiennes et du Nord canadien, Gatineau (Québec)

  • Le musée du lac au Bois, Kenora (Ontario)

  • Le musée de Lebret, Lebret (Saskatchewan)

  • La galerie Mendel, Saskatoon (Saskatchewan)

  • Misty Longman, Regina (Saskatchewan)

  • Le Musée de Saint-Boniface, St-Boniface (Manitoba)

  • Le Saskatchewan Arts Board, Regina (Saskatchewan)

  • Le Centre du patrimoine de la GRC, Regina (Saskatchewan)

  • La galerie Virginia Christopher Fine Arts, Calgary (Alberta)

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