Lieu historique national du Canada du Fort-Témiscamingue

Patrimoine naturel

Le milieu naturel

Le site du Fort Témiscamingue occupe un emplacement privilégié sur une pointe de terre formée par un étranglement du lac Témiscamingue, là où les deux rives se rapprochent à moins de 250 mètres l'une de l'autre. Le territoire du parc comporte essentiellement trois unités naturelles distinctes: le plateau, les escarpements et les basses-terres. Dans l'ensemble, plus de 80% de la superficie totale du parc est occupée par un boisé où l'on dénombre une vingtaine de peuplements différents et plusieurs plantes se retrouvant dans le domaine climatique de l'érablière laurentienne et de la sous-région forestière du Haut-St-Laurent.

Vue aérienne de la pointe historique de Fort-Témiscamingue
Vue aérienne de la pointe historique de Fort-Témiscamingue
© Parcs Canada / J. Boulet-Groulx

Un plateau ondulé situé à une altitude de 230 mètres compose la plus grande partie du site (16,7 ha). Compte tenu des coupes de bois qui ont été effectuées, les pins rouges et blancs qui occupaient jadis le plateau ont été remplacés partiellement par un couvert forestier plus jeune où prédominent les essences pionnières telles le peuplier à grandes dents, le peuplier faux-tremble et le bouleau blanc. La vue panoramique et la qualité générale du milieu offrent un potentiel d'utilisation de ce secteur encore inexploité.

Les escarpements (6,1 ha) épousent la forme de la pointe et découpent le plateau le long des deux façades lacustres. Les falaises sont relativement abruptes du côté ouest où l'élévation moyenne se situe à 135 mètres, alors qu'elles s'inclinent plus légèrement sur le versant sud. Ces falaises sont colonisées par une pinède à pins rouges presque pure . L'extrémité sud-ouest de l'escarpement est occupée par une cédrière sèche à thuyas de l'Ouest (occidental) (1 ha). Il s'agit d'un peuplement pur, d'âge centenaire, unique dans le parc et peu commun au Québec . Connue dans la région comme étant la « forêt enchantée », cette cédrière constitue présentement l'un des attraits majeurs du parc.

Vue côté sud du site : une section du cimetière amérindien et du lac Témiscamingue
Vue côté sud du site : une section du cimetière amérindien et du lac Témiscamingue
© Parcs Canada / J. Boulet-Groulx

Enfin, les basses-terres (4 ha) s'étirent en une bande étroite, entre les extrémités nord et est en passant par la pointe sud-ouest, et, cela entre les falaises et la rive du lac Témiscamingue. Ces basses-terres comprennent la rive ouest parsemée de blocs fluvio-glaciaires, la plage sud, constituée de sable grossier, qui s'étend sur 450 mètres de longueur et, accolé à cette dernière, le secteur le plus densément utilisé par les visiteurs. En bordure immédiate du lac, la plage est colonisée par des individus isolés d'essences hygrophiles tels que le saule, le frêne noir et même l'orme d'Amérique. La végétation arborescente s'y retrouve en bosquets éclaircis et séparés par des étendues de pelouse. C'est également dans ce secteur que l'on retrouve le chalef changeant, cet arbuste de petite taille qui est très rare au Québec et qui est considéré comme une espèce menacée d'extinction. Le chalef se présente en bosquets localisés principalement à l'extrémité sud-ouest du site, en bordure du lac de même qu'à proximité de l'emplacement de l'ancienne chapelle.