Lieu historique national du Canada du Canal-de-Saint-Ours

Patrimoine naturel

La climatologie

Le canal de Saint-Ours est situé dans la région climatique de Montréal qui englobe le lac Saint-Pierre, la vallée du Richelieu et la tête du lac Champlain. Cette région, la plus chaude du Québec, est caractérisée principalement par une température moyenne annuelle de 6° C et une température moyenne de juillet de 13° C. Ces données surpassent les valeurs obtenues dans les autres régions du Québec.

De plus, on obtient dans cette région la plus longue période de temps sans gel, la plus longue photopériode ainsi que le plus grand nombre de degré-jours de croissance. Les vents dominants soufflent du sud-ouest. Les vents en provenance de l'ouest et du nord-ouest accusent la plus forte vélocité.

La géologie

Le site repose sur des roches sédimentaires de la période ordovicienne datant d'environ 400 millions d'années.

L'assise rocheuse de ce secteur est composée de schistes argileux et de grès de la formation de Queenston (appelée localement la formation de la rivière Becancour) d'une épaisseur d'au moins 610 mètres. Les schistes argileux sont des roches sédimentaires d'origine mécanique provenant de la désagrégation des roches préexistantes. Les grès sont formés de grains de quartz unis entre eux et sont toujours le résultat de dépôt de rivage.

Historiquement, la formation des roches de la région résulte de son immersion, vers la fin de l'ère géologique ordovicienne, qui a eu pour conséquence la mise en place de sédiments marins. Puis soulevée par les forces tectoniques, toute la région a été soumise à une longue érosion depuis la fin de l'ordovicien jusqu'à la fin du tertiaire. Par la suite, après avoir été recouverte d'une épaisse couche de glace lors du quaternaire, la région des basses terres du Saint-Laurent a été submergée par la mer Champlain suite à l'affaissement de l'assise sous-jacente, conséquence du poids des glaciers. Après avoir déposé des argiles et des sables, la mer a dû régresser, suite au redressement du socle, et a laissé la région dans son état actuel.

La géomorphologie

Le secteur correspond à un relief peu accentué qui est recouvert d'un dépôt d'argile atteignant 50 mètres d'épaisseur par endroits. L'altitude des terres n'y dépasse guère une élévation de 15 mètres au-dessus du niveau moyen de la mer. Autrefois, les basses terres faisaient partie d'une plaine d'alluvions du Saint-Laurent plus considérable qu'elle ne l'est aujourd'hui. À une époque géologique relativement récente, la glaciation modifia le relief qui, par la suite, fut atténué par la déposition de sédiments post-glaciaires de la mer de Champlain.

Par ailleurs, le site du canal de Saint-Ours est situé dans la zone d'alluvions récentes de nature limoneuse argileuse qui s'est superposée aux dépôts de la mer de Champlain.

La pédologie

Les dépôts et alluvions de la mer Champlain forment le substrat et la roche-mère qui ont donné naissance aux sols actuels que l'on retrouve dans le secteur. Ces sols résultent de l'effet combiné du climat, de la végétation, des micro-organismes et du drainage sur les premiers mètres de dépôts originels structurants. Certains groupes de sols ont été différenciés en fonction de facteurs dominants au niveau local.

La surface du sol du site a subi de nombreuses perturbations. En conséquence, il est pratiquement impossible de lui définir un profil intact. Ces sols remaniés sont caractérisés par une structure limoneuse argileuse.

L'hydrologie

HydrologieBarrage régulateur des eaux de la rivière Richelieu.
© Parcs Canada / Jean Mercier / 2002

Le site du canal de Saint-Ours est situé dans le bassin hydrographique de la rivière Richelieu, le plus important tributaire du Saint-Laurent au sud du 50e parallèle.

Le barrage actuel adjacent à l'île Darvard a été construit en 1969 en vue de régulariser le cours de la rivière Richelieu sur une distance de 45 kilomètres entre les municipalités de Saint-Ours et Chambly.

Le canal de Saint-Ours est constitué d'une seule écluse. La dimension du plan d'eau ainsi formé est de 103 mètres de longueur par 14 mètres de largeur. Sa profondeur atteint un maximum de 3.5 mètres. La dénivellation des nappes d'eau est de 1.5 mètres.

La flore

Le secteur tel que défini par J.S. Rowe, (1972), est localisé dans la région forestière du Haut Saint-Laurent. La végétation arborescente naturelle qui couvre le site devrait être dominée par l'Érable à sucre ( Acer saccharum ), l'Érable rouge ( Acer rubrum ), l'Hêtre à grandes feuilles ( Fagus grandifolia ), le Frêne d'Amérique ( Fraxinus americana ). Elle serait accompagnée du Chêne rouge ( Quercus rubra ), du Chêne à gros fruits ( Quercus macrocarpa ), du Frêne de Pennsylvanie ( Fraxinus Pennsylvanica ) et du Caryer ( Carya sp .).

Bien que l'on retrouve la plupart de ces espèces sur le site, la végétation arborescente y est nettement dominée par les espèces pionnières ou de transition. Le Pin rouge ( Pinus resinosa ) domine largement la strate arborescente. Il occupe, avec le Pin blanc ( Pinus strobus ) et le Tilleul d'Amérique ( Tillia americana ), les parties surélevées et bien drainées de l'île Darvard. Le Frêne d'Amérique devient la seconde espèce en importance sur le site. Il se retrouve sur les parties les plus humides, en bordure du Richelieu, en compagnie de l'Orme rouge ( Ulmus rubra ) et de l'Amélanchier ( Amelanchier sp ). On retrouve également sur le site des espèces pionnières telles : le Peuplier faux-tremble ( Populus tremuloides ), le Peuplier à grandes dents ( Populus grandidentata ), le Peuplier à feuilles deltoïdes ( Populus deltoides ) et le Bouleau à papier ( Betula papyrifera ).

Au niveau de la végétation arbustive, on note la présence du Cornouiller stolonifère ( Cornus stolonifera ), l'Aubépine ( Crataegus sp .), le Cerisier tardif (Prunus serotina), la Viorne ( Viburnum sp .) et la Spirée à larges feuilles ( Spirea latifolia ). Ces essences arbustives se retrouvent plus particulièrement dans les talus.

La faune

Le site, étant donné sa nature urbaine et la forte utilisation qu'il supporte, n'est pas favorable à la présence de mammifères. Toutefois, l'écureuil roux ( Tamiasciurus hudsonicus ) y est fréquemment observé. Dans les environs immédiats du canal, outre la marmotte commune ( Marmota monax ), le campagnol des champs ( Microtus pennsylvanicus ) et la mouffette rayée ( Mephitis mephitis ) sont toutefois fréquemment observés.