Lieu historique national du Canada du Canal-de-Saint-Ours
Merveilles naturelles et trésors culturels
Coup d'œil sur la nature
île
Darvard.
© Parcs Canada / Jean Mercier / 2002
Le canal historique national de Saint-Ours, localisé en bordure est
de la rivière Richelieu, se situe à environ 23 kilomètres
en amont de la ville de Sorel.
Le climat de ce site se situe dans la partie
orientale de la région climatique la plus chaude du Québec.
La géologie du secteur est semblable
au reste de la région environnante. En effet, une coupe de la croûte
terrestre à cet endroit révélerait une assise rocheuse
sédimentaire datant de l'ère géologique ordovicienne.
Les différentes périodes géologiques ont donné naissance à la géomorphologie caractéristique
du site, c'est-à-dire très peu de relief et de profil topographique.
Les sols sont surtout constitués
d'un dépôt de surface de nature limoneuse argileuse de l'époque
de la mer de Champlain recouvert d'alluvions récentes remaniées.
Le canal de Saint-Ours servant à contourner les hauts-fonds de la rivière
Richelieu à cette hauteur, est intégré dans le bassin
versant de la rivière Richelieu. L' hydrologie du
site est donc liée en grande partie à celle de la rivière
Richelieu, tant en ce qui concerne les propriétés physico-chimiques
de l'eau que des pressions anthropiques.
Tous ces facteurs abiotiques combinés aux actions que l'être
humain a eu sur le milieu font en sorte que l'on retrouve une flore et
une faune caractéristiques au canal
de Saint-Ours. Bien que l'on retrouve sur le site la plupart des espèces
appartenant au climax de l'érablière à caryer, la strate
arborescente est nettement dominée par des espèces de transition
peu tolérantes d'ombre comme le frêne de Pennsylvanie et le pin
rouge. De par sa nature, ce site fortement fréquenté, ne constitue
pas un habitat idéal pour la faune sauf pour certaines espèces
tolérantes à la présence humaine. Le site est sis directement
dans un axe migratoire. Il est donc possible d'y observer bon nombre d'espèces
d'oiseaux. Le barrage de Saint-Ours constituait un obstacle à la libre
circulation des poissons de la rivière Richelieu. Depuis 2001, la passe
migratoire Vianney-Legendre permet aux poissons, dont le statut est préoccupant,
et aux autres espèces de traverser à nouveau vers l'amont.
Au fil de l'eau
Le
vieux moulin et l'entrée de l'écluse vue de l'est en 1907.
© Parcs Canada / 1907
Le XIXe siècle marque l'apogée de la construction
des canaux au Québec.
Pendant plus de 100 ans, ces canaux vont jouer un rôle important dans
le développement économique canadien.
Empruntez l'écluse de l'histoire et naviguez sur les canaux historiques
du Québec pour comprendre comment s'est bâti notre pays!
Une porte sur le Saint-Laurent
Inauguré en 1849, le canal de Saint-Ours et le barrage viennent compléter
le canal de Chambly, en permettant de contourner le dernier obstacle à la
navigation entre le fleuve Saint-Laurent et le lac Champlain. Ce canal, dernier
maillon de la canalisation du Richelieu, est indispensable au développement
du commerce régional, national et international qui, pendant environ
un siècle, va emprunter cette voie d'eau.
Des
barges attendent d'être éclusées en 1907.
© Archives nationales du Canada / PA-085652, 1907
C'est en 1829 que le gouvernement du Bas-Canada nomme les commissaires
en charge de la direction des travaux aux canaux de Chambly et de Saint-Ours.
Mais, suite à des problèmes économiques, administratifs
et politiques, les travaux à Saint-Ours ne commencent qu'en 1844,
soit quelques mois après l'ouverture du canal de Chambly. Enfin, à la
mi-septembre 1849, le barrage et l'écluse de Saint-Ours sont complétés.
Vers le milieu du XIXe siècle, pour pallier à la
surexploitation des forêts du Vermont, les Américains importent
de grandes quantités de bois. La rivière Richelieu voit défiler
des centaines de barges pleines de bois en provenance des vallées de
l'Outaouais et du Saint-Maurice. En retour, des bateaux remplis notamment
de charbon de la Pennsylvanie prennent la direction de Saint-Jean-sur-Richelieu,
Sorel, Montréal et Québec.
Le commerce régional tire également profit du canal et du barrage
de Saint-Ours. Grâce à l'écluse, les périodes de
basses eaux ne sont plus à craindre et toutes les paroisses situées
en amont de Saint-Ours peuvent acheminer leurs produits agricoles vers Sorel
et les villes et villages du Saint-Laurent.
Tout comme le canal de Chambly, celui de Saint-Ours joue un rôle sans
cesse croissant jusqu'au début du XXe siècle, époque
où le commerce fluvial canado-américain est à son apogée
sur le Richelieu.
Puis, la concurrence du rail se fait de plus en plus vive. En 1918,
les Américains inaugurent le « Barge Canal System »,
dont les écluses plus grandes permettent le passage de bateaux aux
dimensions plus importantes. Les Canadiens tenteront d'harmoniser les canaux
du Richelieu avec les dimensions des nouveaux canaux américains.
De 1929 à 1933, on construit l'écluse actuelle à Saint-Ours, à l'ouest
de la première. Toutefois, les travaux d'agrandissement du canal de
Chambly ne seront jamais complétés, ce qui limitera la navigation
commerciale de plus en plus concurrencée par le rail et le camionnage.
Travaux
de construction à l'écluse actuelle du canal de Saint-Ours en 1931.
© Parcs Canada / 1931
Vers 1965, l'ancien barrage de bois construit en 1849, est trop endommagé pour
régulariser efficacement le niveau d'eau du Richelieu. De 1967 à 1969,
on construit donc un nouveau barrage dont le fonctionnement utilise une technologie
alors unique en Amérique : c'est la pression de l'eau plutôt
que l'utilisation directe de l'énergie électrique qui assure
le déplacement des vannes du barrage.
La
maison du Surintendant.
© Parcs Canada / Jean Mercier / 2002
Mais les témoins du passé sont conservés : les vestiges
de l'ancienne écluse, dont seule l'entrée nord-est est apparente,
de même que la maison du Surintendant viennent rappeler la grande époque
de la navigation commerciale sur le Richelieu.