Lieu historique national du Canada des Forges-du-Saint- Maurice
Mathew Bell règne sur les Forges
Un portrait de Mathew Bell, grand administrateur et figure légendaire des Forges-du-Saint-Maurice.© Collection John McGreevy
Mathew Bell, un habile marchand d'origine britannique, administre les Forges
pendant 53 ans, contribuant ainsi à la stabilité de l'entreprise.
Sous son règne, le village atteint sa taille maximale de 425 habitants.
Les agents de Bell maîtrisent efficacement le calendrier des opérations,
qui exige une stricte régularité des approvisionnements. Les ouvriers
de souche française, attachés à l'établissement
depuis quelques générations, assurent la bonne marche des ateliers
dirigés par des contremaîtres d'origine britannique.
L'entreprise est florissante et jouit d'une grande réputation.
L'ère industrielle
Ce
dessin de Bernard Duchesne montre des ouvriers mouleurs dans une grande fonderie
de Montréal au 19e siècle, ils sont devant des moules placés dans des boîtes de bois et au fond nous voyons deux ouvriers qui coulent de la fonte liquide dans un de ces moules.© Parcs Canada
Quand l'État vend les Forges en 1846, les conditions d'exploitation changent
radicalement. Les nouveaux propriétaires ne jouissent plus de droits
exclusifs sur les ressources et doivent faire face à un marché de
plus en plus concurrentiel. Pour rentabiliser l'entreprise, ils modernisent
les équipements vétustes et spécialisent la production.
Ainsi, après avoir fabriqué pendant quelques années des roues de wagon, les Forges deviennent graduellement un simple fournisseur de fonte brute pour la grande industrie.
Alors que naissent en Mauricie de nouvelles industries qui puisent à même
sa main-d'oeuvre, les vieilles Forges franchissent péniblement le seuil
de l'ère industrielle.
Les McDougall transforment les Forges
Un
portrait de M. John McDougall assis dans un fauteuil près d'une table
tenant un volume dans sa main droite. Il fut le propriétaire des Forges
de 1863 à 1876.© Musée Mc Cord / Archives photographiques Notman / 6359-1
En 1863, le marchand trifluvien John McDougall récupère l'entreprise
fermée depuis cinq ans. Les installations sont à l'abandon et
plusieurs ouvriers ont quitté les lieux. Associé à ses
fils, le nouveau propriétaire oriente entièrement la production
en fonction des besoins de la grande industrie. La gestion avisée des
McDougall ranime temporairement l'activité aux Forges.
Pourtant, malgré 20 ans d'efforts et d'investissements, le plus ancien
haut fourneau encore en activité en Amérique du Nord s'éteint
définitivement en mars 1883.
Un village abandonné
Un
dessin de Bernard Duchesne montre un ouvrier à pied près de la
tête d'un cheval attelé à une charrette chargée
de ses biens car il quitte les Forges.© Parcs Canada
Après la fermeture de l'entreprise et le départ des ouvriers,
les bâtiments et les équipements se dégradent rapidement.
D'un peu partout dans la région, on vient récupérer les
matériaux utilisables. Quelques bâtiments toujours solides sont
déménagés dans les environs.
Le territoire du village est ensuite vendu aux cultivateurs qui en font des champs et des pacages où le bétail se nourrit au milieu des vieilles pierres.