Lieu historique national du Canada des
Forts-et-Châteaux-Saint-Louis

Structure et aménagement des forts et châteaux

Le site des forts et châteaux Saint-Louis est complexe. Il se compose de trois volets : les forts, les châteaux et les jardins. Il y a eu en tout quatre forts et deux châteaux. Une fois le dernier château incendié, les ruines ont fait place à trois terrasses successives.

Les quatre forts

Le premier fort

Le premier fort à occuper le haut de la falaise de Québec est celui que Champlain a fait construire en 1620. Il ne s'agit que de quelques bâtiments de bois entourés d'une palissade.

Le deuxième fort

Dès 1626, Champlain agrandit ses installations. Ce second fort est ceinturé de remparts faits de terre et de bois.

Le troisième fort

Le troisième fort est construit en 1636 par Charles Huault de Montmagny, qui fait revêtir en maçonnerie les remparts de terre du second fort de Champlain. Ces travaux s'échelonnent sur une période de 24 ans et se terminent en 1660.

Description du fort de Québec Description du fort de Québec en 1635, par Jean Bourdon
© Bibliothèque et Archives Canada, H12/340, Québec 1635

Le quatrième fort

La construction du quatrième fort Saint-Louis est entreprise en 1692 par le gouverneur Frontenac, une fois passé le siège de Québec par l'amiral Phips. L'enceinte est terminée en 1693 et elle ne changera pas jusqu'en 1759, quand l'armée britannique assiégera de nouveau Québec. Depuis la fin des années 1680 et jusqu'à la fin du Régime français, le fort Saint-Louis abrite une petite garnison d'au plus 25 hommes de même que la garde personnelle du gouverneur, composée de 17 soldats.

En 1762, le gouverneur Murray précise que le fort Saint-Louis n'a plus de valeur défensive. Rien n'est donc entrepris pour le renforcer. On se contente de stabiliser la partie donnant sur la falaise.

Entre 1779 et 1783, c'est-à-dire pendant la guerre d'Indépendance américaine, les militaires britanniques vont plutôt construire sur le cap Diamant une citadelle temporaire à l'emplacement de la citadelle actuelle. Le fort Saint-Louis perd ainsi complètement sa dimension défensive. D'ailleurs, en 1782, les boulets et canons entreposés dans sa cour sont déplacés vers la citadelle temporaire.

Les deux châteaux

Le premier château

Le premier château est celui que fait construire le gouverneur Charles Huault de Montmagny en 1648.

Fort et château Saint-Louis Fort et château Saint-Louis en 1683, par Jean-Baptiste Franquelin
© Bibliothèque et Archives Canada, H4/350, Québec 1683

Rasant l'ancien logis de Champlain et récupérant une partie de ses matériaux, le gouverneur fait aménager un bâtiment de pierre d'un étage de 28 mètres sur près de 8 mètres. La façade côté fleuve est composée d'une terrasse qui permet d'accueillir dignitaires et autres invités. À la fin des années 1680, malgré des travaux d'agrandissement, le château est dans un état de détérioration avancée.

Le deuxième château

Dès 1694, le comte de Frontenac, gouverneur en titre, entreprend des travaux de reconstruction, travaux qui reposent sur les fondations de l'ancien château de Montmagny. Cette nouvelle construction compte deux étages et son toit est recouvert d'ardoises. Elle est allongée de quelque 7 mètres en 1700.

Le château Saint-Louis Le château Saint-Louis vers 1700, anonyme
© Bibliothèque et Archives Canada, C-4696

Entre 1719 et 1723, les travaux sont complétés par l'ajout d'un nouveau pavillon et de deux ailes. L'édifice est alors digne d'un château français du 17e siècle à cause de sa symétrie, de l'équilibre de ses formes et de son toit en pavillon. Le bâtiment conserve sa terrasse.

Le château selon Chaussegros de Léry Le château en 1723, selon Chaussegros de Léry
© Bibliothèque et Archives Canada, C-1575

Le second château subit les affres du bombardement de 1759. Situé sur le haut de la falaise, il devient une cible de choix pour les artilleurs britanniques. En 1766, selon les habitants de la rue Sous-le-Fort, située juste au-dessous, le château tombe en ruines. Seuls les deux tiers sud du bâtiment sont réparés. La terrasse donnant sur le fleuve ne sera pas reconstruite avant les années 1775-1777.

Le château selon James Hunter Le château vers 1775, selon James Hunter
© Bibliothèque et Archives Canada, C-1506

Le tiers nord n'est reconstruit qu'en 1798. Le gouverneur Haldimand partagera son temps entre le château Saint-Louis et un nouveau bâtiment qu'il fera construire en bordure de la place d'Armes, à l'emplacement de l'ancien rempart – sous l'actuel Château Frontenac. La nouvelle bâtisse incorpore à sa structure une ancienne poudrière transformée en cuisine, de sorte que l'édifice prend la forme d'un Y. Construit en pierre entre 1784 et 1787, l'édifice de trois étages se veut d'une architecture sobre.

Le château Saint-Louis et le château Haldimand Le château Saint-Louis et le château Haldimand vers 1800
© Parcs Canada, maquette Duberger

Le gouverneur James Craig voue cet édifice à l'administration. Pour se loger, il fait remettre en état le deuxième château Saint-Louis, entre 1808 et 1811, en y ajoutant un troisième étage. Le décor et la composition dénotent un style néoclassique, avec frontons triangulaires, colonnes de porche, fenêtres palladiennes, porte centrale, toit à croupe, symétrie des éléments et réduction des fenêtres du dernier étage. L'édifice est la proie des flammes le 23 janvier 1834.

Les ruines du château Les ruines du château Saint-Louis vers 1836
© Bibliothèque et Archives Canada, C-1038

Les jardins

Le haut jardin

Dès 1648, le gouverneur Montmagny aménage un jardin au sud-ouest du fort et du château Saint-Louis, à proximité de l'actuel hôtel Château Frontenac. Il dispose d'un jardin subdivisé en îlots, avec des allées qui se croisent. Sur les plans de la fin du 17e siècle, le jardin mesure 86 mètres sur 75.

Le château et les jardins Le château et les jardins vers 1700
© Bacqueville de la Potherie, Histoire de l'Amérique septentrionale (Paris, 1722):230

Dès ses débuts, selon le journal des Jésuites, le lieu est voué à la détente, bien qu'il acquiert très tôt la fonction de potager. À la fin du 17e siècle, des arbres viennent agrémenter le jardin et cet aménagement s'accentue au cours du siècle suivant. En 1753, la palissade qui délimite le jardin est remplacée par un mur de maçonnerie. En 1783, le haut jardin est aménagé à l'anglaise, c'est-à-dire qu'il est entièrement boisé et parcouru de sentiers sinueux. À la fin des années 1820, le monument à la mémoire de Wolfe et de Montcalm y est érigé.

Le jardin des gouverneurs Le jardin des gouverneurs, par James P. Cockburn
© Bibliothèque et Archives Canada, C-012684.

Ouvert au public en 1838, le haut jardin devient un parc urbain vers 1933.

Le bas jardin

Après la Conquête, avec l'arrivée du gouverneur Haldimand, le haut jardin subit une transformation majeure : sa superficie est doublée par l'ajout du bas jardin.

Implanté entre la falaise et la rue des Carrières, le bas jardin sert de potager, et une partie est aménagée en fraiseraie. En 1856, il est transformé en jardin botanique pour l'école normale navale. Il cesse d'exister avec la construction des terrasses.

Les trois terrasses

La première terrasse Durham

En 1838, 4 ans après l'incendie du dernier château Saint-Louis, Lord Durham, le gouverneur de la colonie, met de l'avant la construction d'une première terrasse qui portera son nom. Longue de quelque 50 mètres et large de quelque 15 mètres, elle repose sur des piliers de maçonnerie.

La deuxième terrasse Durham

En 1854, la terrasse inaugurée en 1838 est allongée de quelques dizaines de mètres en direction de la Citadelle. C'est la deuxième terrasse Durham.

Le jardin des gouverneurs La seconde terrasse Durham, par Livernois
© Bibliothèque et Archives Canada, C-8589.

La terrasse Dufferin

Au cours des années 1870, le gouverneur général Lord Dufferin met de l'avant un projet d'agrandissement de la terrasse. Ardent défenseur de la conservation et de la mise en valeur des fortifications, Dufferin propose l'allongement de la terrasse Durham de quelque 300 mètres en direction de la Citadelle. Ce projet, de même que la construction de 6 kiosques – Victoria, Louise, Lorne, Frontenac, Dufferin et Mgr Plessis –, se matérialise en 1879.

La seconde terrasse Durham La terrasse Dufferin
© Bibliothèque et Archives Canada, C-17306.