Lieu historique national du Canada des Forts-de-Lévis
Le fort Numéro-Un, un chantier à l'avant-garde technologique
Bivouac du régiment 78th Highlanders sur la
pointe Lévy, vers 1868. Ces soldats ont travaillé à la
construction du fort.
© Queen's Own Highlanders Museum Ardesier, Écosse
Dès le début des travaux de construction du fort Numéro-Un,
la fébrilité règne sur le site. De nombreuses innovations
technologiques contribuent à l'ingéniosité du chantier.
Sous les ordres des ingénieurs royaux, près de 500 soldats,
artisans et manœuvres travaillent à coups de masse et d'invention.
Pendant les sept années du chantier, les ingénieurs militaires
suivent l'actualité industrielle. Ils adoptent les innovations techniques
et les adaptent aux besoins du chantier.
Vue
du Fort Staddon au sud de l'Angleterre, en janvier 1863.
© Royal Engineers Library, Angleterre
À diverses étapes de la construction, on assiste à des
primeurs canadiennes. Ainsi, lorsque des arpenteurs font le relevé topographique
de la région en 1864, ils mesurent la pointe de Lévy à la
chaîne d'arpenteur et aux théodolites, méthode utilisée
en Irlande et en Angleterre. Résultat : une carte assez précise
pour montrer les croix de chemin et les lignes télégraphiques.
Du jamais vu au Canada !
Les travaux débutent durant l'été 1865. Aux trois forts
s'ajoute le camp des ingénieurs royaux, un quai et un réseau
de communication entre les berges du fleuve.
Nouveaux produits, nouvelles expériences
Maquette
d'ouvriers travaillant à la fabrication du béton
© Parcs Canada / Jean Jolin / ES-119/COH/PR-6/D-27-4
Construit par les militaires, le fort Numéro-Un est achevé en
1872, alors que les deux autres, construits par une entreprise privée,
sont terminés en 1869. Une fois le fossé creusé et déblayé,
il faut le ceinturer de murs pour empêcher l'affaissement des côtés.
Pour parer au manque de main-d'œuvre spécialisée, les
ingénieurs se tournent vers l'industrie. Ils optent pour un mur intérieur
en béton, coulé dans un coffrage en pierre. Une autre première
au Canada ! En plus des innovations techniques apparaissent de nouveaux équipements
lourds et des matériaux de construction. Des moteurs à vapeur
actionnent les machines du chantier. Des concasseurs et mélangeurs
activent la préparation du béton. Plusieurs expériences
portent sur la réaction des matériaux au gel. Le béton
est-il armé pour résister aux hivers québécois
? Le ciment noir de Québec peut-il remplacer le ciment Portland ? L'asphalte
est-il un imperméabilisant fiable ?
Ce chantier militaire n'est cependant pas gardé sous le sceau du secret.
Il attire un flot de visiteurs, dont un grand nombre de touristes... américains.