Lieu historique national du Canada des
Forts-de-Lévis

Lévis, sentinelle de Québec... et de l'Empire

Dessin de William Drummond Jervois
William Drummond Jervois
© The Illustrated London News / 10 Avril 1875

Depuis 1862, tous les rapports sont unanimes : il faut fortifier la pointe Lévy. En 1864, Londres envoie donc William Drummond Jervois dans sa colonie, afin d'établir un nouveau plan de défense. Persuadé que les Yankees vont envahir le Canada, ce sous-inspecteur général des fortifications juge que le temps presse. En cas de retraite, le port de Québec pourrait être le dernier refuge des troupes britanniques.

Vue de la Gare du Grand Tronc à Lévis, vers 1865
Gare du Grand Tronc à Lévis, vers 1865
© Archives nationales du Québec / P1000, S4, D60, P12

Défendre le havre de Québec se révèle un enjeu plus impérial que colonial car les autorités britanniques veulent assurer, en toutes circonstances, le mouvement de leur flotte dans ce port. Les frontières sont vulnérables du fait que Lévis est reliée par chemin de fer au Maine. Les forces armées ne pourraient retenir longtemps les Américains loin du port, d'où la nécessité de fortifier les hauteurs de la pointe de Lévy.

Le Parlement anglais vote donc les crédits nécessaires à la construction du réseau de forts détachés qui feront face au sud et compléteront le système défensif de la rive nord. La pointe Lévy deviendra une sentinelle de Québec et, par le fait même, de l'Empire.

Le plan de fortifications comprend à l'origine quatre forts dont les façades sont tournées vers les États-Unis. La construction du quatrième fort, qui doit servir d'arrière-garde, de réduit et de poste de commandement pour les ouvrages plus à l'est, est finalement abandonnée. Les trois forts forment un arc de cercle et sont situés à 1800 mètres les uns des autres. Le modèle retenu par Jervois consiste en des polygones de formes différentes, qui sont disposés de telle façon que les feux de chacun se croisent afin d'offrir un flanquement efficace. Ce sont des caponnières qui doivent assurer la défense du fossé. L'artillerie, elle, est à ciel ouvert. Le fort Numéro-Un, le plus à l'est des trois ouvrages, surplombe l'île d'Orléans et le port de Québec. Il doit donc assister la Citadelle de Québec dans le contrôle du fleuve.