Lieu historique national du Canada du Fort-Lennox

Merveilles naturelles et trésors culturels

La campagne de 1760

Portrait en noir et blanc du buste de Bougainville. Il porte la perruque, le justaucorps et une cravate.
Portrait de Bougainville
© Archives nationales du Canada / C-10541

Le plan de campagne britannique de 1760 prévoit une offensive de trois armées contre Montréal. La première, dirigée par Murray, doit remonter le Saint-Laurent à partir de Québec. La deuxième, sous les ordres du général en chef Amherst, part d'Oswego, sur les rives du lac Ontario. La troisième, commandée par Haviland, emprunte la route du lac Champlain et du Richelieu.

Sur ce front, les Français, dirigés par Bourlamaque, se préparent à un affrontement décisif. La stratégie adoptée consiste à retarder le plus longtemps possible l'avance des Britanniques en espérant que la paix soit conclue en Europe avant la conquête définitive de la Nouvelle-France. L'île aux Noix, bien fortifiée, pourrait neutraliser toute tentative d'invasion par le Richelieu.

Les travaux de fortification débutent au printemps de 1759. Les objectifs sont de construire des retranchements pour 500 hommes, et d'installer des batteries pour prévenir l'approche de l'ennemi et couvrir les chenaux de la rivière. Malheureusement, le manque de temps et de main-d'œuvre ne permet pas le parachèvement de la fortification.

Le siège des retranchements français débute le 16 août 1760. Haviland et ses 3400 hommes débarquent sur la rive est, à moins de trois kilomètres en amont de l'île, et y installent leurs batteries. Bougainville, successeur de Bourlamaque, se prépare à tenir le siège avec seulement 1400 soldats mal entraînés, manquant de munitions et de provisions.

Le 25 août, les Britanniques remportent une victoire décisive. Ils s'emparent de la flottille française, coupant ainsi toute communication avec les arrière-postes français. Dorénavant, les positions françaises sont exposées à une attaque par le flanc nord de l'île. Deux jours plus tard, Bougainville donne l'ordre d'évacuer l'île et de se replier sur Saint-Jean, puis sur Montréal. Il laisse sur l'île un détachement de 60 hommes pour couvrir la retraite. Ces derniers se rendent le lendemain. La voie est libre pour Haviland qui doit établir la jonction avec les forces d'Amherst et de Murray.

En octobre, après la capitulation de Montréal, le général Amherst se rend à l'île aux Noix. Il décide de démanteler les fortifications françaises et les batteries anglaises construites au moment du siège. Le calme s'installe sur l'île pour les quinze années suivantes. Les Britanniques règnent sur tout le continent... mais pas pour longtemps.