Le plan directeur

Les défis de la communication

Les messages d’importance historique nationale reliés à l’objectif de commémoration du lieu sont à la fois étendus et complexes. La période commémorée – qui couvre plus d’un siècle d’activités – implique des phénomènes qui ont beaucoup varié et qui souvent suscitent encore de nombreux débats. De ce fait, la présentation des messages d’importance historique nationale à Grosse-Île fait naître un certain nombre de défis.

La nécessaire « périodisation »

D’énormes différences caractérisent l’organisation de l’immigration et le fonctionnement de la quarantaine entre 1832 et 1937. Cela introduit évidemment le concept de « périodisation » dans la présentation des messages d’importance historique nationale. Ainsi, à l’ère des grandes épidémies et des difficultés de navigation qui ont marqué les premiers mouvements migratoires du XIXe siècle, s’oppose une période où les découvertes médicales et l’avènement de la navigation à vapeur transforment profondément le domaine de l’immigration. Par ailleurs, à la concentration ethnique en provenance d’Angleterre, d’Écosse, du pays de Galles et surtout de l’Irlande, se substitue progressivement une diversification des populations qui proviennent dès lors de tout le continent européen et dont les arrivages atteignent des sommets inégalés à l’aube de la Première Guerre mondiale.

Enfin, aux premières installations de la station de quarantaine marquées sous le signe de l’improvisation et de l’ignorance, succède une rationalisation des infrastructures d’accueil des immigrants qui débordent du cadre de la Grosse Île, au profit d’installations complémentaires qui s’implanteront au port de Québec, à Lévis (anse Tibbets) et à Pointe-au-Père. En ce sens, l’histoire de la quarantaine est marquée sous plusieurs aspects par l’évolution du phénomène de l’immigration dans le monde et plus particulièrement à Québec.

L’expérience humaine de l’immigration

La présentation des messages d’importance historique nationale à Grosse-Île devra également mettre en lumière l’expérience humaine des immigrants. Quelle que soit la période étudiée, immigrer signifie « rite de passage » du connu vers l’inconnu, qui génère toute une gamme d’émotions occasionnées à la fois par les déchirements et séparations familiales et par la recherche de nouvelles solidarités et d’une vie meilleure.

Les limites de la représentativité des ressources culturelles in situ

L’évolution de la station de quarantaine place l’interprète en présence de nombreux aménagements (on en dénombre plus d’un millier) qui se sont sensiblement transformés au cours du siècle d’activités auprès des immigrants. Leur valeur de témoignage crée un certain dilemme : plus on avance dans le temps, plus les infrastructures de Grosse-Île se multiplient et se rationalisent et moins elles accueilleront d’immigrants, cédant le pas aux nouvelles installations aménagées dans le port de Québec, notamment. En corollaire, cette situation pose un défi supplémentaire : les installations encore debout sur l’île, issues pour la plupart de la dernière époque d’occupation, témoignent peu de la grande période d’activité de la station, qui coïncide avec les redoutables épidémies du milieu du XIX e siècle.

Malgré un nombre imposant de ressources culturelles dont plus d’une trentaine d’édifices à caractère patrimonial, le lieu historique national compte, par ailleurs, peu de ressources illustrant certaines facettes importantes de l’immigration (les causes de l’immigration, le transport des immigrants, le profil socio-professionnel et la composition ethnique, etc.) qui constituent un volet majeur de la commémoration sur l’île.

L’historiographie et les causes de l’immigration

L’histoire de l’immigration comprend des aspects, telles les causes d’immigration, qui font encore l’objet de plusieurs interprétations chez les historiens. Ces sujets devront donc être abordés et présentés de façon à bien refléter l’ensemble du bilan historiographique, et ce, dans une perspective d’histoire canadienne.

La station de Grosse-Île et le port de Québec

Si la Grosse Île n’a jamais constitué, à proprement parler, un point d’entrée pour les immigrants au Canada, il faut tout de même reconnaître qu’elle a fait partie des services d’accueil des immigrants relevant du port de Québec; elle en constitua surtout le jalon le plus important parmi d’autres aménagements situés soit à Québec, soit à Lévis ou encore plus bas dans le fleuve.

C’est également sous cet aspect que seront donc présentés les différents messages d’importance historique nationale à Grosse-Île. Le défi consistera, ici, à présenter une réalité qui appartient davantage au port de Québec. Le portrait des statistiques d’immigration s’inscrit entre autres dans cette perspective 9 .

9. Dans l’état actuel des connaissances, il est possible de présenter aux visiteurs un portrait global des arrivées à Québec, mais très partiel de la fréquentation à Grosse-Île.


L’intégrité commémorative du lieu

L’objectif de commémoration
Les ressources qui symbolisent ou caractérisent l’importance nationale de la Grosse Île
L’île et ses paysages culturels
Ressources culturelles in situ
Ressources culturelles mobilières
Les messages d’importance historique nationale
Messages destinés au public canadien
Messages destinés aux visiteurs du lieu
Les défis de la communication
Les autres valeurs patrimoniales du lieu
La dimension paléohistorique de la Grosse Île
Les premières concessions et l’exploitation agricole de l’île avant la station de quarantaine
La présence des Forces canadiennes (1942-1945, 1951-1956)
La présence d’Agriculture Canada (station de recherche et de formation, quarantaine animale)
Les liens au plan international, national et régional
Un milieu naturel remarquable