Le plan directeur

Ressources culturelles in situ

Au coeur de tout l’appareil mis en place pour l’accueil des immigrants à Québec, Grosse-Île constituait un équipement de premier plan dont l’infrastructure physique témoigne, d’une part, de l’accueil et des soins apportés aux immigrants et, d’autre part, du lieu de résidence du personnel de la station, les uns et les autres étant interreliés. À la manière d’une forteresse ou encore d’un complexe industriel, la station de quarantaine comprenait des infrastructures variées, rattachées tant à ses fonctions essentielles, comme la désinfection et l’hospitalisation des immigrants, qu’à des services de soutien, tels l’hébergement des employés et l’entreposage sous diverses formes. Toutes les ressources subsistantes de ces fonctions, qu’elles soient d’ordre architectural, archéologique ou ethnologique, sont reliées à l’un ou l’autre des thèmes de commémoration du lieu et sont considérées, de ce fait, de niveau 1.

Ces ressources témoignent de quelque cent cinquante ans d’occupation de l’île. Leur emplacement reflète la division du territoire linéaire en différents secteurs où s’ordonnaient les multiples fonctions associées à l’activité de quarantaine. À l’origine, c’est dans le secteur ouest de l’île qu’étaient accueillis, logés et soignés tous les immigrants débarqués à la station, sans égard à leur état de santé. À compter de 1848, cependant, seules les personnes saines gardées sous observation seront retenues dans ce secteur, les fonctions d’accueil, de logement et de désinfection accaparant la plus grande partie de cette zone jusqu’à la fermeture de la quarantaine humaine.

De tout temps, la partie centrale de l’île logea les administrateurs (civils ou militaires) et les employés de la station. Avec les années, cette vocation donna naissance à un village tout à fait typique.

En bas de l’île, enfin, dans le secteur oriental, s’implanta le volet hospitalier de la quarantaine à partir de 1848. À compter de cette époque, les cimetières catholique et protestant se fixèrent tout naturellement dans cette partie de l’île.

Au plan chronologique, si l’on excepte les constructions associées à l’époque plus récente de la quarantaine animale de la station de recherche d’Agriculture Canada, la majorité des édifices actuels correspondent aux dernières années de la station de quarantaine humaine et, plus particulièrement, à la période de réorganisation qui caractérisa le premier quart du XX e siècle. En corollaire, monuments et cimetières mis à part, seuls quatre bâtiments témoignent des premières décennies de la station, soit l’époque des grandes épidémies.

Il faut souligner en revanche que la Grosse Île recèle un potentiel de plus de 900 ressources archéologiques associées à l’immigration, à la tragédie de 1847 et à l’histoire de la station de quarantaine humaine, dont plusieurs remontent au XIX e siècle. Ces ressources culturelles sont surtout situées dans la partie sud de l’île, bien qu’on en retrouve ailleurs. Tout comme ceux qui sont déjà connus, les vestiges (restes de bâtiments et d’ouvrages, couches de sol et artefacts) non encore repérés, mais associés à l’objectif de commémoration du lieu, sont également considérés comme des ressources culturelles de niveau 1.

Enfin, on retrouve dans plusieurs bâtiments (édifice de désinfection, hôtels de première, deuxième et troisième classe, cuisine, lazaret), des graffiti apposés par les immigrants de passage à la station de quarantaine. Ces ressources sont également de niveau 1.

Pour une description détaillée de chacune des ressources culturelles in situ associées à l’objectif de commémoration du lieu, on se reportera à l’énoncé d’intégrité commémorative.


L’intégrité commémorative du lieu

L’objectif de commémoration
Les ressources qui symbolisent ou caractérisent l’importance nationale de la Grosse Île
L’île et ses paysages culturels
Ressources culturelles in situ
Ressources culturelles mobilières
Les messages d’importance historique nationale
Messages destinés au public canadien
Messages destinés aux visiteurs du lieu
Les défis de la communication
Les autres valeurs patrimoniales du lieu
La dimension paléohistorique de la Grosse Île
Les premières concessions et l’exploitation agricole de l’île avant la station de quarantaine
La présence des Forces canadiennes (1942-1945, 1951-1956)
La présence d’Agriculture Canada (station de recherche et de formation, quarantaine animale)
Les liens au plan international, national et régional
Un milieu naturel remarquable