Le plan directeur

Une ère de transition (1861-1880)

Durant les années 1861-1880, l’immigration canadienne traverse une profonde mutation. Ce ne sont pas tant les chiffres qui témoignent des changements, car environ 5 000 immigrants débarquent annuellement à Québec durant ces deux décennies contre 30 000 à la période précédente. La Grande-Bretagne fournit une bonne part des arrivants, près de 60 %. Les Irlandais sont maintenant minoritaires; ils sont davantage attirés par les États-Unis ou la révolution industrielle réclame une armée de bras.

Au plan des nationalités migrantes, deux phénomènes retiennent l’attention durant ces années. D’abord, la forte immigration scandinave (30 % des arrivants), puis, à partir des années 1870, le début de la diversification ethnique. Déjà des Russes, des Belges, des Italiens, des Islandais et autres mettent pied au pays, amorçant un mouvement qui ira sans cesse croissant. Bon an mal an, environ 50 à 70 % des immigrants débarqués à Québec prennent toutefois le chemin des États-Unis.

Au cours de cette période, surtout après la Confédération de 1867, le gouvernement canadien prend en charge à la fois le recrutement des immigrants et la promotion du pays à l’étranger. Des bureaux d’immigration ouvrent leurs portes en Grande-Bretagne, en Irlande et sur le continent européen. Au Canada même, une politique d’accueil et d’aide aux arrivants est progressivement mise sur pied. Des centres d’accueil sont implantés dans les principales villes du pays. Pour attirer de nouveaux habitants, le gouvernement mise beaucoup sur le chemin de fer, l’ouverture des territoires de l’Ouest et l’assistance des nouvelles compagnies de transatlantiques à vapeur.

Une lente consolidation (1881-1900)
Vers les années 1880, les immigrants débarquant à Québec sont accueillis au Bassin Louise. Vers les années 1880, les immigrants débarquant à Québec sont accueillis au Bassin Louise. ANC, PA-20861

À Québec, durant cette période, l’immigration canadienne témoigne d’une remontée des arrivants britanniques; cette hausse est liée aux efforts de recrutement et de propagande du gouvernement canadien dans les îles britanniques après 1867. En outre, les grandes lignes de bateaux à vapeur qui transportent les immigrants sont britanniques et elles desservent les grands ports du Royaume-Uni et d’Irlande.

À cette époque, quelque 26 800 personnes, en moyenne, débarquent à Québec chaque année; ce n’est guère plus qu’à la période précédente. Outre les Britanniques, on note la venue de nombreux Scandinaves et Européens continentaux; une percée s’effectue aussi chez les peuples du Moyen-Orient. De plus en plus, les immigrants indigents ou pauvres sont remplacés par des cultivateurs prospères. Ces derniers sont attirés par les vastes terres du Manitoba et du Nord-Ouest. D’ailleurs, à la fin du siècle, le Canada réussit à retenir au pays une plus forte proportion d’arrivants, soit presque 70 %.

Québec demeure alors, et de loin, la principale porte d’entrée canadienne. Vers 1885, en conjonction avec le chemin de fer, de vastes installations d’accueil aménagées dans le port offrent aux arrivants toute la gamme des services modernes et rapides. Mais peu à peu au cours de ces années, des ports comme St. John (Nouveau-Brunswick) et Halifax viennent concurrencer Québec et participent, grâce au chemin de fer, à l’accueil des immigrants.


Introduction

Origine et contexte du projet
Quarantaine et santé publique
1847, l’année tragique
L’immigration canadienne à Québec à l’époque de la station de quarantaine de Grosse-Île