Le plan directeur

L’immigration canadienne à Québec à l’époque de la station de quarantaine de Grosse-Île

  • L’émigration coloniale (1832-1860)
  • Une ère de transition (1861-1880)
  • Une lente consolidation (1881-1900)
  • Un mouvement interrompu (1901-1920)
  • Les grands soubresauts (1921-1940)
Évocation du passage de la quarantaine durant l’été de 1847 Évocation du passage de la quarantaine durant l’été de 1847 Illustration de Bernard Duchesne
Parcs Canada, 1996

En 1832, lorsque est inaugurée la station de quarantaine humaine de Grosse-Île, il y a à peine plus de 15 ans que le flux migratoire en provenance de la métropole britannique atteint au Canada un niveau significatif. C’est après 1815, en effet, au lendemain des guerres de Napoléon, que s’amorce véritablement l’émigration britannique vers les rives du Saint-Laurent. Révolution agricole et industrielle, chômage, difficultés socio-économiques et surabondance de population, tels sont les principaux moteurs qui propulsent alors Anglais, Irlandais et Écossais vers le Canada.

Envisagée avec, en toile de fond, les 105 années d’existence de la quarantaine de la Grosse Île (1832- 1937), l’immigration canadienne à Québec peut être découpée en cinq périodes de référence.

L’immigration coloniale (1832-1860)

Trois traits distinctifs caractérisent l’immigration sur nos rives durant cette période. D’abord, pour reprendre les mots d’époque si révélateurs de la perspective de ce temps, le Canada vient alors en aide essentiellement à l’« émigration britannique »; les politiques, les subsides et les initiatives émanent en effet de Londres. Il faudra attendre le début des années 1860 pour assister à la mise en place d’une organisation visant à recruter des « immigrants ». Durant les années 1832-1860, Québec, la grande porte d’entrée du pays, accueille annuellement en moyenne près de 30 000 immigrants et ces derniers proviennent en très grande majorité des îles britanniques et d’Irlande.

En second lieu, cette période est marquée par la prépondérance de l’émigration de souche irlandaise, dont se réclament plus de la moitié des arrivants. Depuis les années 1820, nombreux sont les Irlandais qui quittent leur pays en raison de la paupérisation des campagnes, des exactions des landlords et des disettes répétées. La Grande Famine des années 1845-1849, associée à la destruction des cultures de pommes de terre, est particulièrement mémorable car elle a culminé dans la tragédie migratoire de 1847.

Enfin, non seulement cette immigration se situe-t-elle à l’époque des grandes épidémies qui s’abattent sur l’Amérique du Nord, mais elle en constitue en outre le véhicule. Ce sont les immigrants en partance des îles britanniques et d’Irlande qui propagèrent le choléra en 1832 (environ 6 000 victimes à Québec et à Montréal), en 1834 puis en 1854. L’épidémie de typhus qui fit des milliers de victimes en 1847 n’eut pas d’autre source : 100 000 émigrants, majoritairement des Irlandais fuyant la Grande Famine, transmirent malgré eux cette maladie contagieuse au pays via les entreponts surpeuplés et infectés des lents voiliers insalubres.


Introduction

Origine et contexte du projet
Quarantaine et santé publique
1847, l’année tragique
L’immigration canadienne à Québec à l’époque de la station de quarantaine de Grosse-Île