Le plan directeur

Le vingtième siècle

De tels équipements et un niveau de service reconnu mondialement laissaient présager une activité fébrile à la Grosse Île. D’autant qu’en ce début de siècle, l’immigration à Québec atteignait des sommets inimaginables : 100 000 nouveaux arrivants en 1910, 170 000 en 1912 et 225 000 en 1914! On prévoyait même ériger à la station un nouveau complexe hospitalier plus vaste et plus moderne, mais un concours de circonstances renversa rapidement la situation. D’une part, la Guerre de 14 et, peu après, la Crise économique de 1929 firent chuter dramatiquement les statistiques d’immigration au Canada; d’autre part, les connaissances médicales dans le domaine de la microbiologie et des maladies contagieuses avaient accompli d’énormes progrès depuis le début du siècle.

À compter de 1923, l’hôpital de la Grosse Île ne traitera plus que les infections graves telles que le typhus, le choléra ou la variole, maladies qui se feront par ailleurs de plus en plus rares; selon les conventions internationales sur la santé, les infections mineures et infantiles comme la diphtérie, la varicelle ou la rougeole ne nécessiteront plus, pour leur part, une mise en quarantaine. Le transfert, en 1923, de l’inspection des navires de Grosse-Île à Pointe-au-Père, en aval de Rimouski, conjugué à l’implantation de l’hôpital du Parc Savard (1907), à Québec, contribueront également au déclin de la station de la quarantaine de la Grosse Île. Celle-ci fermera définitivement ses portes en 1937.

Peu après la clôture de la quarantaine, durant la Seconde Guerre mondiale, la Grosse Île hébergea le Conseil des recherches pour la défense qui implanta sur l’île une station expérimentale visant le développement d’armes bactériologiques. On mit au point et on fabriqua plus particulièrement un vaccin contre la peste bovine et on entreprit des recherches poussées sur le bacille de la fièvre charbonneuse (anthrax). Après un arrêt momentané des expériences, la station reprit ses activités en 1951, les ministères de la Défense et de l’Agriculture poursuivant conjointement des recherches sur les moyens définitifs d’action contre une éventuelle attaque bactériologique sur le cheptel canadien. En 1956, les installations de la Grosse Île passèrent entre les mains du ministère de l’Agriculture qui y installa sa division de pathologie vétérinaire, chargée d’étudier les maladies animales et de former son personnel. À compter de 1965, enfin, la Division des maladies contagieuses du même ministère choisissait également d’utiliser la Grosse Île comme station de quarantaine pour les animaux d’importation.

Hôpital du Parc Savard, à l’origine de l’hôpital du Christ-Roi à Québec Hôpital du Parc Savard, à l’origine de l’hôpital du Christ-Roi à Québec
ANC, PA-23209

Introduction

Origine et contexte du projet
Quarantaine et santé publique
1847, l’année tragique
L’immigration canadienne à Québec à l’époque de la station de quarantaine de Grosse-Île