Le plan directeur

Quarantaine et santé publique

Évocation des premières installations, 1832 Évocation des premières installations, 1832
Illustration de Bernard Duchesne Parcs Canada, 1996
  • L’évolution de la station de la Grosse Île
  • Les grandes épidémies
  • Efficacité et modernité
  • Le vingtième siècle
L’volution de la station de la Grosse Île

Au cours de son existence, la station de quarantaine humaine de la Grosse Île a essentiellement eu pour mandat d’empêcher l’introduction de maladies contagieuses au Canada. Au fil des décennies, des événements de toute sorte ont ponctué l’histoire de la station, depuis son entrée en scène, en 1832, jusqu’à sa fermeture, en 1937, mais certaines conjonctures ont plus particulièrement façonné son évolution.

Les grandes épidémies

La station de la Grosse Île voit le jour dans un contexte tout à fait particulier. Depuis la fin des guerres napoléoniennes, un flot croissant de personnes quittent l’Angleterre, l’Irlande et l’Écosse pour refaire leur vie en Amérique du Nord. Vers 1830, cet exode représente, uniquement à Québec – de loin la principale porte d’entrée au Canada – une moyenne annuelle de 30 000 arrivants dont les deux tiers environ proviennent d’Irlande. Or cette immigration sans précédent sur le Saint-Laurent survient au moment où de grandes épidémies s’abattent sur l’Europe continentale mais aussi sur la Grande-Bretagne. La seconde pandémie de choléra (1827-1837) frappe l’Angleterre en 1831-1832; ce sont les migrants, dont les Irlandais qui s’embarquent souvent dans des ports anglais, qui transportent le choléra en Amérique.

L’arrivée annoncée du terrible fléau sur le Saint- Laurent incite les autorités coloniales à mettre sur pied une véritable station de quarantaine à la Grosse Île, sise en aval de Québec. Cette halte de sécurité est à nouveau confrontée au choléra en 1834, avant de livrer bataille, en 1847-1848, à une épidémie plus meurtrière encore, celle du typhus, dont les principales victimes seront, une fois de plus, les immigrants irlandais. Cette ère d’épidémies virulentes prendra fin après une nouvelle attaque du choléra, en 1854.

Ces premières décennies d’existence de la quarantaine de la Grosse Île portent d’autres marques bien caractéristiques : gestion coloniale d’une émigration dite « britannique », donc sans véritable droit de regard canadien sur ce mouvement de population; fonctionnement de la quarantaine empreint de précipitation, d’improvisation et de tâtonnement; ignorance des causes, des modes de propagation et des traitements des maladies infectieuses; incapacité quasi chronique d’accueillir et de soigner de façon sécuritaire le large flot des migrants, surtout les malades. Ajoutons à ce canevas les longues traversées océaniques à bord de voiliers surchargés où se propagent les maladies infectieuses, et nous avons sous les yeux une situation explosive et hors de contrôle qui explique en partie le décès de milliers d’Irlandais à la Grosse Île en 1847.


Introduction

Origine et contexte du projet
Quarantaine et santé publique
1847, l’année tragique
L’immigration canadienne à Québec à l’époque de la station de quarantaine de Grosse-Île